desirer fait il necessairement souffrir ?

desirer fait il necessairement souffrir ?

Tout être vivant a des besoins : la plante a besoin d’eau et de lumière, l’animal a besoin de boire, de dormir et de se nourrir. Parce qu’il fait partie des êtres vivants l’homme connaît le besoin. De même, puisque l’homme est un être de conscience il n’est pas seulement un être de besoins, il est aussi et surtout un être de désirs. Le désir se distingue du besoin dans la mesure où il n’est pas lié à une nécessité vitale. par ailleurs, nous savons que nous désirons quelque chose quand nous souffrons de ne point le posséder. En effet, la notion désirer provient du latin « desiderare », ‘est-à-dire « regretter fabsence de ».

Et si tout désir anticipant un plaisir fait souffrir, alors une vie heureuse serait une vie sans plaisir. La question est de savoir si il est possible de désirer sans souffrir. Autrement d Nous verrons dans situation qui amène nous verrons que da tous désirs, nous res 2 Svipe nextp g ement souffrir ? esirer est une euxième temps, nce est effacée de ent de plénitude totale. Enfin, une nouvelle question se posera à nous : se demander si en désirant le possible, l’homme sera écarté de toutes souffrances. On dit

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que l’homme est par essence un être de désir.

Spinoza isait « Le Désir est l’appétit avec consc ShAipe to Wew next page conscience de lui-même « Comment Ihomme peut-il donc aspirer à ce qu’il désire le plus, c’est à dire le bonheur et l’ataraxie si le désir est lié à la souffrance ? Nous verrons dans un premier temps que désirer consiste à combler un manque mais également que l’homme recherche infiniment le désir. Mais que dans les deux cas l’homme est exposé à la douleur. Tout d’abord, on peut poser le désir comme manque car nous désirons ce que nous ne sommes pas ou ce que nous n’avons pas.

En effet, on ne désire pas ce que l’on a déjà, Descartes disait insi «Je désire, c’est-à-dire qu’il me manque quelque chose On donne une réponse mythique au fait que l’homme désire. L’origine du désir est le regret de notre nature primitive et du tout que nous formions avant d’être séparé par Zeus. Effectivement cette réponse s’appuie sur le mythe d’Androgyne qui explique que les hommes en cherchant à égaler les Dieux vont être punis et coupés en deux. L’homme semble être destiné à chercher continuellement son être manquant et est condamné à être insatisfait et se prépare ainsi aux pires souffrances. ar ailleurs, le ésir est la recherche d’un objet que l’on imagine source de satisfaction. On pourrait relier cette affirmation à la jalousie qui semble précéder le désir. Girard disait que « le désir est mimétique ou médiatisé Cette citation implique la question suivante : le désir ne s’inscrit t-il pas avant tout dans une relation de soi à a 20F 12 question suivante : le désir ne s’inscrit t-il pas avant tout dans une relation de soi à autrui et non pas seulement de soi à un objet ?

Ainsi le désir met en jeu le désir de l’autre, la concurrence et la jalousie montrent que l’on désire souvent e que les autres désirent. Si autrui désire un objet, cet objet nous devient désirable. Nous désirons ce que désire l’autre parce que son désir rend la chose désirable. Une fois l’objet en notre possession nous avons besoin d’être désiré et reconnu ? notre tour. Le désir apparait alors fondamentalement comme un désir de reconnaissance. Prenons l’exemple de l’enfant qui se met à désirer le même jouet que l’autre enfant vient de prendre alors que jusque là, le jouet lui était indifférent.

Hegel montre que ce désir prend la forme d’une lutte à mort dont e vainqueur deviendra le maître et le vaincu sera l’esclave, si bien que Nietzsche reprend cette idée en formulant « le désir de reconnaissance est un désir d’esclave ». D’abord, le désir est quelque chose de superflu, d’artificiel et d’ illimité. Comme nous l’avons dit précédemment, le désir met en jeu une recherche de soi, un manque de quelque chose. Il appartient alors à son essence de ne pouvoir être satisfait, contrairement au besoin. Le désir est donc une recherche sans fin.

D’autre part, nous n’avons jamais fini de désirer, nulle possession d’objet ne parvient à épuiser nos appétits : il ne s’agit amais d’avoir ceci ou cela, 30F 12 jamais d’avoir ceci ou cela, mais d’avoir ce qu’autrui convoite, en sorte que le désir se renouvelle toujours et se déporte. Il est vrai que lorsqu’un bien est possédé par tous, il n’intéresse plus personne et le désir se porte alors sur autre chose. Le désir semble, de ce fait, refuser sa satisfaction puisque à peine satisfait, il s’empresse de renaître. Se déplaçant d’objet en objet, le désir est illimité.

Nous sommes condamnés à l’insatisfaction radicale. Ce cercle infernal, menant de la souffrance du désir à l’ennui de a satisfaction jusqu’à la souffrance d’un nouveau désir, indique que l’on ne peut désirer sans souffrir, mais que l’on souffre de ne pas désirer. Selon Schopenhauer « La vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui Dans une vision plus positive du désir, l’homme recherche l’infini dans le fini, donc en partie dans la possession d’objet. Cest par ce fait que nous faisons un effort pour persévérer dans notre être, pour favoriser notre conatus.

Par ailleurs, dans le Gorgias, Platon met en scène un dialogue entre Socrate et Calliclès. Calliclès pose que désirer sans limite est le signe d’une âme forte, que seuls les faibles peuvent poser qu’il faut limiter ses désirs. Selon lui, ne plus chercher le plaisir, c’est ne plus souffrir, mais surtout ne plus vivre, ou alors comme un mort. Cependant, il fa 4 2 c’est ne plus souffrir, mais surtout ne plus vivre, ou alors comme un mort. Cependant, il faut distinguer le plaisir, qui est la simple satisfaction d’un désir et qui n’est pas un état durable, du bonheur, qui est un état durable de plénitude.

Calliclès propose une vie qui n’atteint jamais de bonheur. On pense ici au personnage de Bel Ami qui enchaîne les conquêtes amoureuses sans jamais être heureux. Ne faut-il pas alors renoncer à certains désirs ? En revanche Socrate pense que chercher toujours à satisfaire ses désirs, c’est se préparer aux pires souffrances. D’ailleurs, une fois un désir satisfait, l’homme cherche immédiatement à en satisfaire un autre. Socrate associe cette idée aux tonneaux des Danaïdes, en référence aux femmes punies pour avoir tué leurs maris et qui furent condamnées ? remplir des tonneaux percés toute leur vie.

L’idée de remplir es tonneaux vides renvoie à l’idée de vouloir combler tous ses désirs. On sait que l’homme est en quête infinie de tout désir et que le désir est posé comme manque. On sait également que tout désir entraîne un effort qui peut être vain puisque tout désir ne peut pas être satisfait. Cependant, il semble étonnant qu’on associe le désir et la souffrance dans la mesure où l’aboutissement du désir doit être le plaisir, le contraire de la souffrance. Existe t-il une possibilité d’échapper à la souffrance ? Placer le désir sous le signe du manque et de la douleur c’est oublier 2