déontologie

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RSI 70 13/03/03 1459 page 66 R ECHERCHE Patenaude, H. Gélinas, C. , Vandal, Sr, Fillion, L. Facultés des sciences infirmières université Laval ÉLABORATION D’UN FATIGUE SECONDAIRE À LINE POUR LA PRATIQUE INFIRMI RÉSUMÉ SUMMARY 7 S. wp next page UR EXPLIQUER LA IMPLICATIONS Diverses définitions et modèles conceptuels de la fatigue secondaire à une difficulté de santé ont été élaborés, particulièrement à partir d’études qualitatives et quantitatives réalisées majoritairement auprès de populations atteintes de cancer. ? partir d’une recension des écrits, le premier objectif de cet article st de réaliser une analyse critique et une synthèse du concept de fatigue afin de proposer un cadre conceptuel sur lequel pourrait s’appuyer les éléments de l’exercice infirmier. Le deuxième objectif est de faire framework from the definitions chosen. The third objective is to describe different coping strategies and nursing interventions in relation With the conceptual framework. The literature review includes studies on fatigue in general With an emphasis on cancer related fatigue in particular- The review was conducted from 3 scientific data bases, Medline,

Cinahl and Psychlit, for the last twenty years. The relevance of the conceptual framework for nursing intervention is discussed. Mots clés : fatigue, auto-soins, interventions infirmières, cadre conceptuel. Keywords

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: fatigue, self-care, nursing intervention, conceptual context. 66 Recherche en soins infirmiers NO 70 14:59 page 67 – septembre 2002 ÉLABORATION D’UN CADRE CONCEPTUEL POUR EXPLIQUER LA SECONDAIRE À UNE DIFFICULTÉ DE SANTÉ ET IMPLICATIONS LA PRATIQUE INFIRMIÈRE La fatigue est une expérie 2 OF uotidienne, lequel pourrait s’appuyer les éléments de l’exercice infirmier.

Plus spécifiquement, l s’agit de : 1) décrire différentes perspectives conceptuelles de la fatigue; 2) relier les différents concepts retenus afin de proposer un cadre conceptuel intégrateur. Pour y arriver, à partir d’une méthode bien définie, une recension critique des écrits relatifs aux modèles et définitions conceptuels de la fatigue a été complétée. Un cadre conceptuel illustré par un schéma est proposé comme synthèse de l’analyse. Le second but, plus exploratoire, est de faire ressortir l’implication de ce modèle pour la pratique infirmière.

Plus spécifiquement, les objectifs sont de décrire différents ésultats escomptés chez le client atteint de maladies chroniques tel le cancer, dont les autosoins efficaces, ainsi que les éléments de l’exercice infirmier associés en proposant des pistes d’interventions. été examinées afin de s’assurer qu’aucun article pertinent n’ait été oublié. CRITÈRES D’INCLUSION Deux critères d’inclusion devaient être présents simultanément pour qu’un article soit retenu . ) Échantillons représentatifs des populations visées : personnes atteintes d’une maladie chronique comme le cancer, les pathologies pulmonaires ou articulaires. ) Référence primaire (étude empirique) ou secondaire (recension des écrits scientifiques critique) provenant d’une revue scientifique. DESCRIPTION DES ÉTUDES RETENUES Plus de 200 études publiées ont été répertoriées. La lecture de leurs résumés a permis d’en sélectionner une centaine pour un examen attentif.

Parmi ces dernières, certaines ont dû être éliminées our les raisons suivantes : 1) les études p ndrome de suivantes : 1) les études portant sur le syndrome de fatigue chronique, considérant rabsence de consensus sur la définition et le traitement de ce syndrome ; 2) la résence de limites méthodologiques (critères d’inclusion et d’exclusion non définis, échantillons hétérogènes, absence de contrôle de variables confondantes ou nuisibles, choix de tests statistiques non appropriés au type de données ou de devis). Un échantillon de 79 articles a été constitué pour une analyse critique et systématique.

Parmi ceux-ci sont inclus dix études qualitatives sur la définition du concept, neuf études théoriques sur la proposition de cadre conceptuel, 60 études quantitatives sur les facteurs associés, les stratégies d’autosoins et des pistes ‘interventions visant à diminuer la fatigue. METHODE RECENSION DES ÉCRITS Sélection des articles La sélection des articles scientifiques s’est effectuée avec trois bases de données soit Cinahl, Medline et Psychlit en utilisant les descripteurs suivants : fatigue, sociologie, évaluation, intervention, stress et cancer. Elle a porté sur les articles des 20 dernières années (1980-1999).

Les listes des références des documents retenus ou des recensions des écrits répertoriées ont 1) Définition du concept de fatigue et ses différents modèles Malgré effo rt pluridisciplinaire Berger, McCutcheon, Soustr Walker et Wilkinson, 1991 67 4 ,’ fatigue. La fatigue peut être définie comme un symptôme associé à la maladie, comme une conséquence du stress vécu sous différentes formes, comme un déséquilibre physiologique entre la formation et l’utilisation de l’énergie par le corps humain et comme une expérience phénoménologique propre au vécu de la personne. ) Perspective symptomatique La fatigue peut être définie comme le symptôme d’une maladie et correspond alors à un sentiment subjectif d’épuisement (Piper et al„ 1987). Selon cette perspective, le ymptôme de fatigue se distingue de l’état transitoire de fatigue physiologique. La fatigue physiologique ou normale est un état bien circonscrit dans le temps. Elle est associée au cycle circadien et est souvent conséquente à une activité ou à un effort quelconque. Elle se résorbe par un sommeil adéquat.

De façon opposée, le symptôme de fatigue est une condition anormale, son intensité est disproportionnée par rapport aux activités ou à l’effort physique et n’est pas soulagée par le sommeil. Si le symptôme de fatigue persiste sur une période supérieure à un mois, on la ualifie de chronique (Piper et al. , 1987). Dans son modèle d’intégration de la fatigue (Piper et al. , 1987), des explications physiologiques au symptôme de fatigue réfèrent à la notion de balance énergétique, c’est-à-dire l’équilibre entre la formation et la dépense d’énergie.

Ainsi, la fatigue peut s’expliquer par l’accumulation de déchets métaboliques suite à la destruction cellulaire (Piper, 1991), par l’épuisement ou la diminution de substrats nécessaires à la production d’énergie des tissus normaux, par l’incapacité de transport des ifférents éléments ou par des demandes élevées créées par la croissance d’une tumeur ou le dévelo pement d’une infection (Portenov et Itri, 199 s 1 créées par la croissance d’une tumeur ou le développement d’une infection (Portenoy et Itri, 1999).

Des changements dans la production, la distribution, l’utilisation et l’équilibre de substances comme les protéines, le glucose, les électrolytes et les hormones peuvent contribuer à l’expérience de la fatigue. Selon cette perspective, la fatigue correspond à un symptôme physique de la maladie et est expliquée par des aspects hysiopathologiques. 8 b) Perspective de stress La fatigue peut également être définie comme une réponse inadaptée à un stresseur complexe (correspondant ici au fait d’avoir une difficulté de santé chronique) et continu incluant des stresseurs internes ou externes, physiologiques, psychologiques et situationnels ainsi que la maladie elle-même et son traitement (AiStars, 1987 ; varncchi0, 1985). Plusieurs de ces sources de stress contribueraient à épuiser les réserves en énergie.

La fatigue serait le résultat d’une difficulté voire d’une incapacité à restaurer l’énergie dépensée AiStars, 1987 ; Blesch et al. , 1991 ; cameron, 1973 ; Jensen & Given, 1991, Lee et al. , 1991 ; Varricchio, 1985). Cette perspective conceptuelle rejoint celle de la composante d’épuisement du syndrome général d’adaptation au stress, proposée par Selye en 1950. Après une réaction d’alarme initiale, une phase de résistance serait observée et, après un certain temps, l’épuisement des mécanismes nécessaires au maintien de l’homéostasie se manifesterait par la fatigue.

Plusieurs études ont précisé par la suite la réponse physiologique de stress et certaines amènent des récisions aux mécanismes hysiologiques pour expli 6 1 (1974, 1975) a expliqué ce mécanisme physiologique en associant l’action de plusieurs systèmes, principalement les systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire s’intégrant dans l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) (Werner, 1996).

En présence de stresseurs (Figure 1 page suivante), à court terme, l’activation du système nerveux sympathique (SNS) est notamment associée à une libération des catécholamines ayant un impact multisystémique. Puis, à moyen et long termes, la libération de cortisol par les glandes surrénales entraîne plusieurs éactions sur différents systèmes dont l’immunosuppression et la libération, par le système immunitaire de cytokines pro-inflammatoires (Rabin, Cohen, Ganguli, Lysle et Cunnick, 1989).

La production de cytokines semble expliquer en partie le mécanisme de la fatigue. Les cytokines inflammatoires telles que l’interleukine-1P, l’interleukine-6 et le TNF-a tumor necrosis factor sont des protéines libérées par les leucocytes, les lymphocytes et les macrophages lors de la réaction inflammatoire dans le but de réparer les tissus lésés et de circonscrire l’éventuel envahisseur (virus, bactérie, tumeur). En quantité élevée, ces cytokines peuvent être toxiques et contribuer à une perception de fatigue (Piper, 1993 et 1997).

L’interleukine-l# a été reliée positivement à la fatigue Recherche en soins infirmiers NO 70 – septembre 2002 page 69 ,’ réponses autonomes, elles impliquent à nouveau une activation du système nerveux sympathique ainsi qu’une stimulation de l’axe HPA. Dans cette perspective de stress, la fatigue ne constitue pas un indicateur de pathologie mais plutôt un indice de difficulté prolongée à s’adapter aux stresseurs physiques et psychologiques dont ceux associés à la maladie.

Elle est conséquente à une mobilisation excessive de l’organisme et pourrait correspondre à un état de déplétion des ressources physiques, une condition d’épuisement. De plus, lorsque la maladie implique une composante inflammatoire, la réponse de stress pourrait interagir avec la libération de cytokines inflammatoires et alimenter de façon concomitante la perception de fatigue. ) Perspective d’un déséquilibre énergétique S’approchant de la perspective de stress où la fatigue est définie comme un épuisement des ressources, la fatigue peut être définie comme la résultante d’un éséquilibre entre la formation et l’utilisation de l’énergie (Levine, 1973 ; Ryden, 1977 ; Miller, 1983). Figure 1 : Réponse biologique de stress (Gélinas, 2001). auprès d’une clientèle (N = 15 hommes atteints d’un cancer de la prostate) en cours de traitements de radiothérapie (Greenberg et al. , 1993).

Ainsi, l’interleukinel> pourrait être associée à la fatigue lors de la destruction cellulaire reliée aux traitements adjuvants du cancer. Quoique des recherches demeurent nécessaires, il est possible de croire que la présence de phénomène inflammatoire soit associée à des variations de ytokines pouvant en partie expliquer la perception de fatigue. Cette accumulation de cytokines se manifesterait par exemple, par des réponse es, comportementales et 8 31 physiologiques, comportementales et autonomes (Baumann & Gauldie, 1994 , Kent, Bluthé, Kelley & Dantzer, 1992 ; voir tableau 1 page suivante).

Les réponses physiologiques se résument par de la fièvre, des changements au niveau du métabolisme et du système hématologique. Les réponses comportementales consistent en une diminution de l’activité, de l’interaction sociale et de l’attention, de l’apparition ‘une humeur négative, de dépression et d’altérations cognitives (Aubert et al. , 1995 ; Hart, 1988 ; Kent et al. , 1992). Ces comportements de Selon le modèle infirmier de conservation de Levine (1973), la fatigue est une manifestation du corps qui utilise son énergie pour guérir ou pour s’adapter.

Elle peut ainsi résulter d’une difficulté d’adaptation de la personne face à son environnement. La fatigue apparaît lorsque l’apport d’énergie ne peut combler la demande en énergie du corps. À ce moment, le repos s’impose pour restaurer l’équilibre énergétique Ce modèle conceptuel est basé sur quatre principes de onservation. Le premier principe concerne la conservation de l’énergie qui représente l’épuisement des réserves énergétiques se manifestant par le sentiment de fatigue.

Le second principe correspond à la conservation de l’intégrité de structure qui réfère à la capacité de l’organisme ? maintenir son homéostasie dans le processus physiologique de guérison. Le troisième principe représente la conservation de l’intégrité de la personne qui se définit par la reconnaissance du » soi » comme être entier et unique. Elle correspond à l’évaluation que la personne fait des stresseurs auxquelles lle fait face, aux réactions émotionnelles associées ainsi qu’aux moyens qu’elle utilise pour s’adapter.

Enfin, le quatrième principe est la conservation de l’intégrité qu’elle utilise pour s’adapter. sociale qui correspond aux stresseurs environ- 69 Recher che en soins infirmiers NO 70 – septembre 2002 Page 70 Tableau Réponses d’adaptation de l’organisme à la libération de l’interleukine-l Réponses comportementales Réponses autonomes Fièvre Augmentation des heures de sommeil Augmentation de l’activité du système nerveux sympathique : Altération du métabolisme hépatique Diminution de l’apport ali 0 7