Ddp 23 MegereApprivoiz

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Théâtre national de Marseille Théâtre 23 Création Shakespeare LaMégèreApprivoisée 28>31 janvier Adaptation et mise e Traduction Delphine Comédie de jeuness or21 Sni* to View énigmatique, comédie libertine et gaillarde, com die populaire, comédie du théâtre dans le théâtre, La Mégère Apprivoisée revient nous questionner sur la nature des rôles déterminés et déterminants de l’homme et de la femme. Production déléguée : Théâtre National de Bretagne/Rennes. Coproduction : Association 2052 ; Théâtre de la Ville – paris ; MC2:Grenoble ; Théâtre de Saint

Quentin en Yvelines / Scène nationale ; Maison de la Culture de Bourges ; Maison de la Culture d’Amiens. La compagnie Association 2052 est soutenue par la Région Bretagne et la DRAC Bretagne. La traduction de Delphine Lemonnier-Texier est publiée aux éditions de l’Arche. sens possibles en affirmant bien haut que nous sommes au théâtre, toujours entre mensonges et vérités. Nos héros ne seraient-ils pas simplement des acteurs qui jouent ? accepter les lieux communs qui régissent les rapports homme/femme, domination de l’un, soumission de l’autre ?

Avec Peter Bonke Baptista Ludmilla Dabo La Veuve Laetitia Dosch Catherine David Jeanne-Comello Hortensia Clara Ponsot Bianca Yuval Rozman Lucien Jean-Benoît Ugeux Grumio Vincent Winterhalter Petruccio Jean-François Wolff Gremio Scénographie David Bersanetti Dramaturgie Delphine

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Lemonnier- Texier Lumières Christian Dubet Vidéo Cyrille Leclercq, David Bersanettl Costumes Laure Maheo Son Jérôme Leray Assistants à la mse en scène Magalie Caillet-Gajan, Vincent Voisin PRESSE & COMMUNICATION RENSEIGNEMEN S RÉSERVATIONS CONTACTS RELATIONS AVEC LE PUBLIC Béatrice Duprat 04 96 17 80 34 b. [email protected] PAGF 91 avec des serviteurs à sa disposition. Décidé à faire durer la laisanterie, le Lord propose à Sly de lui faire jouer une pièce comique et morale pour le divertir. Baptista, vieil aristocrate de Padoue, a un souci : celui de marier sa fille aînée, Catherine, au caractère bien trempé et qui veut toujours avoir le dernier mot. Ainsi pourra-t-il marier sa seconde fille, la douce Bianca, que convoitent déj? deux prétendants, les seigneurs Hortensio et Gremio.

Arrivent de Pise le jeune seigneur Lucentio. Il tombe amoureux de Blanca et, pour l’approcher plus facilement, il se déguise en professeur, ce qui le fait pénétrer dans la rivalité avec Gremio et Hortensio. Puis vient ensuite de Vérone le gentilhomme Petruccio, avec son serviteur Grumio. Petruccio n’a qu’une idée en tête : épouser une femme riche pour combler sa vie. Il va donc trouver Baptista, et le convaincre de lui présenter sa fille ainée.

Après cette scène de connaissance très mouvementée, il prie Baptista de lui donner la main de Catherine, qu’il emmène ensuite à Vérone. Entre-temps, Lucentio a trouvé le moyen d’évincer Gremio auprès de Bianca et la séduit. Ils se marient en secret et Hortensio, désespéré, s’en va épouser une veuve. La pièce se clôt sur le retour de Petruccio et Catherine au omaine du père de cette dernière. Afin de fêter les noces, tous les convives se réunissent, ainsi que Lucentio et Hortensio avec leurs épouses.

Les trois hommes font un pari, gageant laquelle de leurs femmes sera la plus soumise. Seule Catherine obéit ? l’appel de son époux, et P orte le pari haut-la-main. Petruccia remporte le pari haut-la-main. « Mon peuple bien-aimé, Ainsi je suis venue parmi vous ici ce jour non pas pour ma distraction et mon plaisir, mais parce que je suis résolue à vivre et à mourir à vos côtés, au milieu et au plus fort de la bataille, et pour offrir à mon Dieu et à mon peuple, mon onneur et mon sang même si je dois mordre la poussière.

Je sais que mon corps est frêle, c’est celui d’une faible femme, mais j’ai le cœur et l’estomac d’un roi et d’un roi d’Angleterre – et je me moque que le Duc de Parme ou n’importe quel prince d’Europe ait l’audace denvahir les rivages de mon royaume. Plutôt que de risquer d’encourir le déshonneur, je vais moi-même prendre les armes, je vais moi-même être votre général » Elisabeth 1ère d’Angleterre Note d’intention Je souhaite rester fidèle à Shakespeare, qui écrit une pièce dans une pièce.

Ainsi le spectacle débute par un casting de femmes qui viennent uditionner pour jouer dans la Mégère Apprivoisée. Les textes des essais sont le monologue de Catherine dans l’acte V (elle y explique pourquoi la femme se doit d’être entièrement dévouée à son époux, à un homme), ou le discours d’Elisabeth Ière à son armée où elle s’excuse d’être femme. Shakespeare décontextualise sa pièce de l’Angleterre à l’Italie, pays de l’amour.

Je propose de transférer l’univers patriarcal et riche de Padoue ? la fin du XVIe siècle dans le monde série B, lieu où se 1 années 60 début 70, au croisement, notamment avec la création du MLF, d’un monde patriarcal et d’un nouveau monde plus ?galitaire. Bianca sera beaucoup filmée en gros plan par Lucentio et dans chacun des plans, sublimée : le pouvoir de l’image. En contraste, Petruccio et Catherine détiennent le pouvoir des mots. En faisant de Catherine une aussi grande « actrice » et manipulatrice que lui, Petruccio nous donne une leçon sur le pouvoir et en même temps sur l’art du comédien.

Avec Delphine Lemonnier Texier, la traductrice, nous avons veillé à garder au maximum la beauté de la langue tout en s’assurant que l’humour soit bien perceptible. Car, même si au cœur de la pièce l’enjeu est celui du pouvoir, de ‘oppression et de la liberté de la femme, La Mégère apprivoisée est une comédie, grivoise, moqueuse. Mélanie Leray Cette comédie populaire est l’une des premières pièces de Shakespeare, et, malgré un succès jamais démenti outre-Manche, La Mégère Apprivoisée a été très peu montée en France.

La Mégère apprivoisée est-elle une pièce sur l’art de dompter la femme ? Il s’agit, comme souvent chez Shakespeare, d’une énigme et la mise en scène va placer le politique au centre de la réflexion : le véritable pouvoir ne serait pas celui du statut mais celui de la arole et de la manipulation ? A l’époque où PAGF s 1 maîtresse de la parole. Mélanie Leray a souhaité commander une nouvelle traduction ? Delphine Lemonnier-Texier.

Elle s’effectue en deux temps : le premier, celui du face à face du traducteur avec le texte ; le second celui de la confrontation avec le metteur en scène ; deux temps intrinsèquement liées au processus de création. Notes sur l’adaptation de la Mégère Apprivoisée La société de l’époque de Shakespeare est fondamentalement patriarcale. À tous les niveaux, la femme est assujettie à l’homme. Pourtant, dans les premières pièces historiques qu’il écrit au début des années 1590, Shakespeare oue avec les stéréotypes en développant des rôles féminins forts, autour desquels l’action gravite.

La Mégère apprivoisée prend pour sujet la figure de la femme insoumise, en rébellion contre l’autorité : elle refuse de se cantonner au rôle soclal que lui dicte la norme en vlgueur, celui de l’épouse dont le devoir est, par excellence, de s’enfermer dans le silence. Ces femmes qui refusent de se taire sont qualifiées de mégères et des punitions publiques leurs sont infligées (port d’une bride de mégère, exposition publique sur des charrettes, sévices divers… ).

Face à cette violence faite à la femme et à son orps, Shakespeare prend le parti de la comédie. La langue de la mégère de Shakespeare : un sens inné de la répartie Le personnage de Catherine détonne. Le cadre imposé par les conventions PAGF 1 en dénonçant son artificialité et le jeu social (et théâtral) dont il relève. Cest une femme qui manie parfaitement la rhétorique et l’humour, qui a un sens inné de la répartie, qui sait jouer avec le langage et avec les mots. Elle fait donc peur à tous les hommes, et se retrouve isolée et rejetée.

Ce n’est qu’avec Petruccio, initialement intéressé par la richesse de sa famille, qu’elle trouve, nfin, un partenaire de jeu, de dialogue, à la hauteur de son talent. La première rencontre des deux personnages est un festival de réparties, toutes plus vives et drôles les unes que les autres. La logique est donc l’inverse exact des punitions infligées aux megeres à l’époque de Shakespeare : la langue de la femme insoumise est la source vive d’un moment de théâtre jubilatoire pour le spectateur autant que pour les deux protagonistes.

Le régime imposé à Catherine Catherine, contraire de la femme idéalisée, presque éthérée a les pieds sur terre, et elle a un solide appétit – est mise au régime par Petruccio, qui la elle sèvre de viande (comme on sèvre un rapace pour le dresser ? chasser pour l’homme). Il empêche, dans un premier temps, sa nouvelle épouse de se livrer ? son activité favorite, récriminer, ronchonner, râler, crier et tempêter. En prenant littéralement le rôle de la mégère, il en prive Catherine.

Alors qu’elle assénait ? tous ce type de discours, c’est maintenant elle qui doit les écouter et les subir. Jusqu’au moment où elle I loue… PAGF 7 OF compris qu’il faut entrer dans son jeu. Catherine a intégré la leçon, l’élève se hisse à la hauteur du maître, et jubile autant de lui que des bons tours que ela leur permet de jouer aux autres. L’école de Petruccio De retour à Padoue, Petruccio lance une compétition pour voir lequel des autres hommes récemment mariés aura l’épouse la plus obéissante, récompense en or à la clé.

Catherine, complice, montre le visage de l’obéissance la plus parfaite et s’offre le luxe de faire la leçon aux deux autres épouses, dont sa soeur que toujours on a placée au-dessus d’elle. Le discours qu’elle prononce et qui met en parallèle l’obéissance au monarque et celle de l’épouse est aussi celui qui lui donne le premier rôle. Sa plaidoirie pour l’obéissance conjugale est rononcée avec toute l’emphase d’un discours trop énorme pour ne pas être ironique. Elle monopolise la parole et un certain type de discours pour meux piéger son auditoire.

Elle joue le rôle de la femme soumise pour extorquer ? son propre père une coquette somme d’or tout en faisant passer sa soeur pour une idiote avec tout le talent et la jubilation à jouer un rôle qu’elle a appris de Petrucc10 ; loin de réduire Catherine au sllence, la fin de la pièce la met de plus en plus au centre. Consciente que tout discours est affaire de circonstances et d’auditoire, et que les mots rononcés n’ont de valeur que relativement à ce es futurs maris apprendraient à dresser leur femme, n’existe que dans l’imagination des hommes de Padoue.

La véritable école de Petruccio n’a qu’une seule élève, Catherine, et c’est l’école du théâtre. Monter cette pièce aujourd’hui Les « lieux » que Shakespeare fait visiter au spectateur sont des clichés, des lieux communs (poétiques, dramaturgiques) des relations entre hommes et femmes : femme-image, femme-objet inaccessible, amour au premier regard (coup de foudre) qui rend idiot, amours contrariées par le vieillard têtu (aux airs de Pantalone de la commedia dell’arte) qui sert de père à la jeune femme.

Ces rchétypes contrastent violemment avec Catherine, qui refuse d’entrer dans ce rôle réservé à la femme, et Petruccio, qui est trop formidable (au sens premier du terme, à savoir énorme, hors norme) pour entrer dans le cadre conventionnel. Tout l’enjeu de la piece est de mettre ces deux personnages en présence l’un de l’autre, rencontre où chacun trouve un adversaire à sa démesure… Au cœur de cette comédie, l’enjeu est celui du pouvoir, de l’oppression et de la liberté de la femme.

Les thèmes que parcourt la pièce sont intemporels : masculin/féminin et guerre des sexes, normes sociales, conventions et liberté de arole et de pensée, identité sociale et jeu de rôles, conformisme et manipulation. La comédie est un moyen de rire de l’oppression, de la tyrannie, de démonter un certain type de discours normatif en exposant ses rouages et en soulignant sa théâtralité, sans jamais oublier que les armes su osées de la femme (la laneue et les larmes) s nce même de l’art du 91 langue et les larmes) sont aussi l’essence même de l’art du comédien.

Delphine Lemonnier-Texier Une traduction nouvelle de La Mégère Apprivoisée La musique de la Mégère Tout, dans une pièce de Shakespeare, tourne autour de la langue, e son style, ses registres, ses rythmes, ses sonorités. L’ensemble de ces éléments dessine une topographie sonore porteuse de sens et d’indications de jeu pour les comédiens, et chaque personnage a sa musique spécifique.

La matérialité, la musicalité des rôles (dont les recherches récentes sur les conditions de jeu ? l’époque shakespearienne ont démontré toute l’importance) a été notre premier guide, parce qu’ils sont les composantes essentielles de cette grande partition. Les deux langages de la pièce La ligne de partage qul détermine le degré de proximité ou de distance avec e spectateur réside avant tout dans la langue utilisée.

Il est essentiel que la langue ne soit pas un obstacle à l’immédiateté de la comédie, ne fasse pas obstacle à Vhumour ; il faut qu’elle soit aussi limpide, vive et immédiate que l’est celle du texte anglais, y compris pour le spectateur d’aujourd’hui. Il faut rendre aussi toute l’amplitude de l’éventail de la comédie que Shakespeare y déploie, les scènes de farce et les chapelets d’injures cohabitant avec des effets d’incongruité, de parodie et de caricature. Traduire l’immédiateté du plateau L’écriture de Shakespeare u sens le plus large du