Cours sur la vérité/réalité

Cours sur la vérité/réalité

Le langage courant ni éviter de tomber. Pp de diamants « vrais » o à une chose au lieu d FOIE swaps annexe g le, faux sinon. Ans laquelle il faut râle d’or, de marbre, rite ou la fausseté AI faut le voir comme un raccourci : tel objet n’est pas fait d’or « vrai » ou « faux », il est réellement fait de ce dont il est fait (or, marbre, stuc, plastique, etc.). C’est l’idée qu’il est fait d’or, de marbre… Qui peut être vraie ou fausse. Mais comment savoir si un énoncé quelconque est vrai ? Comment peut-on démontrer 1 (au sens large : prouver) la vérité d’une proposition?

Les sciences, qui passent aujourd’hui euro les disciplines les plus fiables et les plus rigoureuses, avancent-elles des théories dont vérité serait parfaitement établie? Si même les théories scientifiques ne peuvent être considérées comme absolument vraies, faut-il pour autant tomber dans un scepticisme radical (l’idée que toutes les idées, tous les points de vue se valent, que les sciences se contentent de proposer une vision du monde parmi d’autres possibles, sans qu’il soit possible de les hiérarchiser en termes de vérité?

La raison et les sens constituent les principales facultés de connaissance de l’homme. L’argument

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d’autorité est immédiatement suspect (d’où provient l’autorité en question? ), la foi (religieuse ou autre: le sentiment, l’intime conviction… ) est subjective et variable tandis que la raison et les sens sont fondamentalement semblables (sauf dans certains cas pathologiques) chez tous les hommes. Cela appelle quelques précisions.

La raison recouvre en effet plusieurs facultés différentes: l’intuition (en un sens qu’il conviendra de préciser plus loin) qui permet aux esprits humains de saisir de façon immédiate et sans raisonnement certains énoncés simples et fondamentaux, des énoncés intellectuellement évidents »; le raisonnement logiciel-déductif (ou formellement vrai: voir plus loin); le raisonnement inductif (en partie fondé sur le témoignage des sens: il consiste à généraliser à partir du constat répété de cas particulier).

Le témoignage des sens lui-même peut être entendu de diverses façons: il peut s’agir d’un témoignage immédiat et direct (ce je vois spontanément l’?il nu, sans réflexion préalable) ou d’une observation contrôlée en laboratoire à l’aide d’instruments précis lors dune protocole expérimental visant à tester une hypothèse rationnellement instruite au préalable.

Fondamentalement, le problème est le suivant: l’homme ne peut se rapporter à la réalité qu’ travers les instruments de connaissance dont la nature la doté (raison et sens). Mais qu’est- ce qui peut garantir 2 3 instruments de connaissance dont la nature la doté (raison et sens). Mais qu’est-ce qui peut garantir que ces instruments sont fiables? L’homme est forcément prisonnier de ses propres structures cognitives et sensorielles, il ne peut s’en extraire pour comparer en toute impartialité la réalité et l’image/l’ de qu’il s’en fait.

Que répondre, dès lors, au sceptique radical qui soutiendrait que la raison et les sens sont peut-être radicalement fallacieux, et que la quête de la vérité est dès lors totalement vaine? 1- Le problème du doute radical. Dans les Méditations Métaphysiques, dessertes entreprend de réfuter le scepticisme radical, et de montrer que l’esprit humain (même s’il lui arrive de se tromper lorsqu’ use mal de ses facultés… ) est bien armé pour la quête de la vérité.

dessertes est non seulement un métaphysicien, mais aussi un mathématicien, un physicien, un astronome et un biologiste ères impliqué dans la refonte des sciences qui s’opère à son époque (peu après la révolution coopéreraient en astronomie), et soucieux de démontrer que les nouveaux savants, lorsqu’ usent correctement des instruments dont la nature les a dotés, accèdent bel et bien à une forme de vérité. I s’agit donc pour lui de prouver que la connaissance est possible, en prouvant que les facultés humaines de connaissance sont fondamentalement fiables.

En bon philosophe, dessertes se refuse à balayer la position sceptique d’un revers de main, il va entreprendre une réfutation en bonne et due forme. Autrement dit, il s’agit de prendre le scepticisme au sérieux, afin de mieux pouvoir le réfuter ensuite. dessertes veut prouver entre autres que les sciences naturelles accèdent 3 3 réfuter ensuite. Accèdent au vrai, en usant correctement du témoignage des sens. Mais – disent les sceptiques – s’il est vrai que mes sens me trompent parfois, comment savoir s’ils ne me trompent pas toujours?

Peut-être que la réalité entière qui m’entoure n’est qu’un rêve, un mirage extrêmement réaliste. Pour l’aider à entrer dans ce doute sceptique radical concernant le témoignage des nés, dessertes imagine qu’un Malin Génie, très vicieux et très puissant, s’emploie en permanence à le tromper de la sorte. Alors que les sciences naturelles exploitent conjointement la raison et les sens, les sciences mathématiques, elles, reposent uniquement sur la raison: à partir d’évidences intellectuelles premières, on déduit logiquement des propositions de plus en plus complexes.

dessertes veut montrer que les mathématiciens accèdent bel et bien au vrai – comme tout un chacun est spontanément enclin à le penser, mais dessertes, en philosophe, ne veut pas se contenter de suivre l’opinion commune, sans revue valable. Les mathématiques reposent en dernière instance sur des idées simples et évidentes pour tous. Mais après tout, peut-être sont-elles fausses, peut-être les sceptiques radicaux ont-ils raison, après tout.

ces difficile à envisager, alors pour l’aider à le faire (et aider le lecteur du même coup), dessertes développe temporairement une hypothèse, celle du Dieu trompeur – un Dieu qui aurait pu créer l’esprit humain dune manière telle que, même lorsque cet esprit est dans l’évidence la plus complète concernant même les énoncés mathématiques les plus simples, il se trompe. 1+1=2″ serait donc faux en réalité, 4 3 même les énoncés mathématiques les plus simples, il se trompe. 1+1=2″ serait donc faux en réalité, mais le Dieu trompeur aurait fait en sorte que l’esprit humain pense de façon irrésistible que c’est vrai. Dès lors, garantir la fiabilité (partielle) des facultés humaines de connaissance suppose de réfuter l’existence d’un Dieu trompeur et d’un Malin Génie en démontrant l’existence d’un Dieu vorace. La seule façon de régler définitivement son compte au sceptique, c’est de montrer que l’esprit humain a été créé par un Dieu à la soi tout puissant et infiniment bon.

Si c’est bien le cas, les idées mathématiques les plus simples seront nécessairement vraies: un Dieu infiniment bon ne pourrait pas me faire croire que « 1+1 est vrai alors que ce serait faux en réalité, ni que le monde matériel existe alors qu’il n’existerait pas en réalité. Or on peut démontrer (selon dessertes) que le Bon Dieu existe. Dès lors, je peux toujours me tromper dans un raisonnement mathématique (j’en fais parfois l’amère expérience), mais c’est alors de ma faute (j’ai manqué d’attention, j’ai mal usé des facultés en elles-mêmes fiables que Dieu ma données).

Je ne peux pas me plaindre de ce que Dieu ne ma pas donné des aptitudes intellectuelles absolument parfaites au point que je pourrais les mettre en ?ivre sans effort et de façon toujours payante (Dieu seul est parfait), mais je pourrais me plaindre s’il m’avait donné un esprit radicalement vicié, radicalement inapte à la vérité dans ses fondements mêmes. Heureusement, Dieu ne la pas fait, car il est bon. On l’aura compris, tout ce raisonnement repose sur une clé de voûte qui est la démonstration de l’existence de Dieu.

Si cette démon s 3 raisonnement repose sur une clé de voûte qui est la mémorisation de l’existence de Dieu. Si cette démonstration n’est pas possible, si l’esprit humain est l’?ivre d’un Dieu imparfait (ou d’une nature aveugle et sans but), ou même s’il est impossible de trancher entre les différentes possibilités quant à l’origine de l’esprit humain, rien ne permet de garantir que l’esprit humain fonctionne correctement à la base: le fait que tous les hommes puissent être dans l’évidence concernant certains énoncés même très simples n’ changera rien.

La preuve de l’existence de Dieu la plus fameuse que dessertes propose dans les Méditations métaphysiques est une preuve récemment inspirée des démonstrations de type mathématique. De la même façon que lion peut partir, par exemple, de la définition du triangle et déduire par étapes successives les propriétés de cette figure (par exemple: la somme de ses angles est égale à 1800), on peut partir de la définition de Dieu et en déduire la propriété d’être… Existant.

La démonstration paraît très simple: Dieu est par définition un être parfait; or l’existence est la première de toutes les perfections; donc Dieu existe. Évidemment, c’est de Dieu seul que l’on peut déduire qu’il existe l’existence des autres choses n’est pas quelque chose qui se déduit mais qui éventuellement se constate), parce que sa définition est unique en son genre: lui seul se définit comme être parfait. Par exemple, on peut déduire de la définition des triangles que (s’ils existent) la somme de leurs angles sera égale à 1800, mais on ne peut pas déduire qu’ils existent effectivement.

ces parce que leur définition n’implique en rien leur existence. De Dieu use 6 3 effectivement. ces parce que leur définition n’implique en rien leur existence. De Dieu seul on peut donc dire qu’il existe accessoirement, l’existence de toutes les autres choses est contingente. Il faut donc se défaire de l’impression immédiate que, en vertu du raisonnement cartésien, on pourrait déduire l’existence de n’importe quoi (de pages, ou autre être de fiction plus ou moins loufoquerie… ): cette objection ne tient pas. La démonstration de dessertes parait correcte d’un point de vue formel.

Ainsi, si un problème se pose, c’est soit au niveau de la première prémisse (la définition de Dieu), soit au niveau de la seconde (l’existence comme perfection). La première prémisse, de prime abord, paraît relever d’un parti pris ethnologiques: roque partir de la définition du Dieu chrétien et pas de celle d’autres divinités? Mais l’objection là encore ne tient pas: on pourrait partir de la définition de n’importe quelle autre divinité, mais on ne pourrait rien déduire les concernant (puisque le Dieu chrétien seul se définit comme parfait, par différence par exemple avec les Dieux grecs).

Autrement dit, dessertes se contente de poser la définition d’un certain Dieu, et cherche à voir ce qui s’ensuit. Dépares lui, il s’ensuit que ce Dieu existe. Si problème il y a, c’est donc au niveau de la seconde prémisse. Peut-on affirmer que l’existence est une perfection? Il semble qu’il y ait, selon dessertes, une liste de perfections objectives et incontestables que l’on pourrait dresser sans le moindre débat (être suprêmement beau, être suprêmement bon, être suprêmement juste, être suprêmement puissant, et « être » tout court – cade être « existant »).

coexistence 3 suprêmement puissant, et « être » tout court – cade être « existant »). L’existence serait même la première de toutes les « perfections » / qualités que l’on peut avoir, puisque sans elle les autres qualités ne peuvent pas… Exister. Le problème, c’est eu la notion de perfection n’est pas une notion très claire, contrairement à la notion de triangle, par exemple.

Il semble en outre s’agir d’un jugement de valeur subjectif les hommes considèrent certaines choses comme des qualités auxquelles ils accordent un certain prix, mais est-ce un point de vue objectif et impersonnel ou une simple préférence reflétant le point de vue humain sur la question? Les hommes accordent presque instinctivement de l’importance à la beauté, la bonté, la justice, et au fait d’être plutôt que de ne pas être, mais peut-on dire qu’être est « objectivement meilleur » que de ne pas être?

Les hommes préfèrent la plupart du temps être que de ne pas être, parce qu’ils sont instinctivement attachés à leur propre existence. Mais peut- on dire qu’un objet réellement existant est (indépendamment de ses autres qualités, et simplement en tant qu’il existe) plus parfait que s’il n’existait pas? La bouteille que j’ai devant les yeux a-t-elle « quelque chose de plus et de vraiment intrinsèquement précieux » (elle « est ») que la bouteille dont il est question dans tel ou tel roman (elle « n’est pas »)?

Il est probablement oiseux de poursuivre un tel débat – la « perfection » est une notion trop jette à interprétation pour que ce débat puisse mener quelque part. A choisir cependant, il semble toutefois que d’un être fictif, on ne dise pas qu’il est « moins parfait » que s’il était. On dira simplement qu’il n’existe pas. 43 qu’il est « moins parfait » que s’il était. On dira simplement qu’il n’existe pas. Intuitivement (si jamais on peut parler dune intuition communément partagée sur un sujet aussi obscur) on dirait plutôt que l’existence est la condition ou le support de toutes les perfections, pas qu’elle est elle-même une perfection.

On pourrait ajouter que l’idée d’un être suprêmement parfait est d’autant plus confuse que les différentes « perfections » ne semblent pas pouvoir exister ensemble au plus haut degré dans un même être: un être suprêmement juste sanctionne chacun comme il le mérite, un être suprêmement bon et miséricordieux pardonne même aux pécheurs; un être suprêmement puissant peut tout, mais un être suprêmement bon ne peut pas… Aire du mal; un être suprêmement intelligent sait tout ce que chacun a fait et va faire, un être suprêmement bon sanctionne parce que chacun aurait pu faire autrement… Autrement dit, l’idée de Dieu parait intrinsèquement contradictoire. A priori, en vertu des lois de la raison, un être suprêmement parfait ne peut donc pas exister (on ne peut pas être X et non-X à la fois, sanctionner et pardonner, pouvoir et ne pas pouvoir faire le mal, savoir ce que chacun va faire et laisser chacun libre de décider de ce qu’il fait).

De la définition même de Dieu, ne s’ensuit-il donc pas qu’il n’existe pas ? Ce sont là des problèmes classiques sur lesquels théologiens et philosophes ne sont jamais parvenus à se mettre décora, et la soi-disant preuve de dessertes n’ pas davantage suscité le consensus que dessertes escomptait (il était persuadé eu ses démonstrations mettraient tout le monde d’accord, l’instar des démonstrations mathématiques). Il a mieux démonstrations mettraient tout le monde d’accord, à l’instar des démonstrations mathématiques). Ah a mieux encore (ou pire… ): non seulement l’idée que l’on puisse démontrer « à la façon des mathématiciens » (dix dessertes) l’existence de Dieu est contestable (on vient de le voir), mais le raisonnement d’ensemble de dessertes dans les Méditations aurait dû, semble-t-il, lui interdire toute tentative en ce sens. dessertes au départ fait mine de douter de la raison humaine, y compris des évidences les plus fondamentales, cade des idées les plus simples qui soient.

En toute rigueur, il devrait douter aussi des capacités humaines de raisonnement (notamment des lois logiques qui permettent de déduire d’autres idées à partir des idées les plus simples). Silo ne le fait pas, c’est qu’il n’est pas fidèle à son hypothèse de départ (le Dieu trompeur); s’il le fait, il s’enferme dans un doute dont il est impossible de sortir. En bref, pour tenter de prouver l’existence de Dieu, dessertes est obligé de présupposer la fiabilité de la raison humaine, alors que sa méthode le lui interdisait.