cours de sociologie

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Faculté des sciences économiques et de gestion, Université de la Méditerranée Cours de Sociologie des organisations Licence EM/AGES, U Emmanuel Le Masson Bibliographie indicative Initiation • Askenazy Ph. (2004), Les désordres du travail. Enquête sur le nouveau productivisme, coll La République des Idées, seuil. • Bagla L(2003), Sociologie des organisations, La Découverte, Coll. Repères. • Durand J . P. (2004), flux tendu et servitud volontaire, Seuil. • Lafaye C. , (1996) La 128. 4 p g iller aujourd’hui : ions, Nathan, Coll. • Linhart D.. (2004), La modernisation des entreprises, La Découverte, Coll. Repères, • Pérez R. (2003), La gouvernance de l’entreprise, La découverte, coll Repères. • Scieur Ph. (2005), Sociologie des organisations, A. Colin • Thuderoz Ch. (1997), La sociologie des entreprises, La Découverte, Coll. Repères, 1997. Approfondissement • Alter N. (1996), Sociologie de rentreprise et de l’innovation, PIJF. • Amblard Bernoux Ph. , Frédéric-l_ivian Y. , Herreros G. 1996), Les nouvelles approches sociologiques des organisations, Seuil. • Bernoux Ph. (1985), La Sociologie des organisations, Seuil, Coll. Points. • Bernoux Ph. (1995), La Sociologie des entreprises, Seuil, Coll. ratiques, Ellipses. • Paugam S. (2000), Le salarié de la précarité, PIJF. • Plihon D. (2003), Le nouveau Capitalisme, La Découverte, coll

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Selon Max Weber, le syst 2 14 ration bureaucratique système bureaucratique repose sur une définition de règles abstraites, impersonnelles et appliquées aux fonctions officielles de l’organisation ; les subordonnés ne se soumettent pas dans ce système à une autorité relevant d’une légitimité de type charismatique mais à la nature rationnelle, formalisée (écrite), impersonnelle et légale des règles.

Il délimite les domaines de compétence de chacun par une définition précises des tâches dans ‘organisation ; la hiérarchie y est parfaitement définie : chacun dans l’organisation sait de quel chef il dépend. L’attribution des responsabilités et l’évolution des carrières dépendent essentiellement de statuts acquis ((diplômes, certificats). Cependant, il convient d’effectuer certaines distinctions entre ce modèle idéal-type et le modèle taylorien.

Tout d’abord, Max Weber, en tant que sociologue, n’a jamais voulu prescrire des solutions pour les chefs d’entreprise, contrairement à F. W. Taylor ; il n’a jamais non plus considéré que son modèle s’adapterait totalement à une quelconque réalité d’entreprise, achant pertinemment que toute réalité sociale ne peut pas s’enfermer dans un modèle purement rationnel et être réduite en un simple lieu d’expression d’activités instrumentales. Enfin, l’une des différences essentielles entre l’O.

S. T et le système d’administration bureaucratique réside dans la différence suivante d’appréciation de M. weber et de F. w. Taylor : le premier considérait comme nécessaire une distinction entre propriété et pouvoir dans l’organisation afin d’assurer l’élaboration de décisions véritablement rationnelle 3 14 ce sens, Max Weber avait une position de visionnaire, annonçant a future séparation entre les détenteurs d’actions et les directeurs généraux.

Mais, c’est également pour 2 cette raison, que son modèle correspond mieux à la réalité de l’institution militaire ou de l’administration d’Etat- Mais ces deux modèles — modèle taylorien et modèle bureaucratique annonce l’ère des organisateurs et des managers qui considèreront l’entreprise en tant qu’organisation, c’est ? dire en tant que groupement autonome, crée de façon volontaire pour coordonner de la manière la plus efficace possible des moyens en vue d’une fin particulière » 1 . C’est aussi, ? artir de la conception de ce modèle, que l’ensemble des sociologues du travail vont se positionner.

Document no Selon Denis Segrestin, « dans le contexte supposé de la conversion des entreprises au mode de domination « légal-rationnel » décrit par Max Weber, l’idéal-type de la bureaucratie fut le repère initial dont tout procéda objectivement, que ceci fût ou non à l’insu des intéressés. En caricaturant à peine, on pourrait dire en effet que l’essentiel du programme de la théorie des organisations tel qu’il se déroula par la suite fut une vaste évolution autour de l’énigme du modèle bureaucratique.

La forme bureaucratique était donnée pour la forme émergeante de l’entreprise: il fallait la tester dans les faits, la mettre à l’épreuve, la regarder fonctionner, 4 14 modèle taylorien et le modèle de l’administration bureaucratique sont considérés comme les bases de l’organisation du travail de nombre d’entreprises qui s’appuient : – soit, sur une structure technique du processus de production impliquant l’absence d’autonomie pour l’ouvrier dans son travail ; – soit sur l’édification de règles et de normes nécessitant tout autant son obéissance ou plutôt, le maintien de son activité dans le cadre de ce qui a été rescrit comme devant être une conduite rationnelle au travail. La réalité de la rationalisation du travail mêlera ces deux formes de domination, chacune de ces formes ne recoupant pas la réalité des modèles taylorien et bureaucratique décrit plus haut.

Plus précisément, la sociologie des organisations a pour objet l’étude des règles et de la logique de fonctionnement de l’action collective au sein des groupements organisés tels que les entreprises ou les administrations. par conséquent, elle dispose d’un champ de recherche relativement autonome et spécifique vis-à-vis de la sociologie du ravail qui privilégie l’étude de l’évolution de l’organisation du travail et de l’activité productive (analyse de la division du travail – taylorisme, fordisme, toyotisme, etc. – et des rapports de travail). Pour le dire autrement, si ces deux disciplines ont manifestement et globalement les mêmes champs d’investigation, leur objet d’étude n’est cependant pas le même.

Pour tenter une autre distinction- presque d’une façon caricaturale – entre ces deux disciplines, on peut aussi penser que la sociologie des orga son attention sur les 14 sociologues en Segrestin (D. ), « Sociologie de l’entreprise », op-cit, p. 6. 3 « conseillers du manager alors, que du côté de la sociologie du travail, l’attention est concentrée sur le dévoilement des rapports de domination ou sur – plus simplement — les souffrances au travail. Corganisation se définit en tant qu’ensemble cohérent d’actions visant à atteindre un ou plusieurs objectifs par la mobilisation de moyens dans le cadre d’une structure plus ou moins hiérarchisée. Selon C.

Ménard « Une organisation se caractérise par : – un ensemble de participants ; – une entente, implicite ou explicite, sur certains objectifs, et des moyens pour exprimer on accord avec ses objectifs ou s’en dissocier (contrats, démission, grèves, etc. – une coordination formelle, définissant une structure caractérisée par son degré de complexité (la hiérarchie), par des règles et procédures (la formalisation), et par son degré de centralisation (la décision). » Mais l’étude des travaux des sociologues des organisations montrent que les définitions retenues ont changé au cours du temps : les organisations ont d’abord été définies comme des réponses techniques et rationnelles aux contraint S 14 sciences de l’organisation, Gareth Morgan, a conçu une ngénieuse grille d’analyse.

Il a regoupé l’ensemble des grilles de lecture en autant d’ « images » qui dévoilent chacune une facette de la vie des organisations. L’organisation peut être regardée tour à tour comme une machine (modèle taylorien et webérien), un organisme vivant (courant des relations humaines), un système politique (approches systémique et stratégique), une famille (approche psychanalytique), un instrument de domination s. Sciences humaines (Ouv Coll) (2005), « Les organisations », Sciences humaines, 2005, p. 22. La question de la distinction entre organisation et institution se pose. Si toutes les organisations sont des institutions, toutes les institutions ne sont pas des organisations.

Dans cette perspective, il convient de relever que la notion d’institution ne renvoie pas nécessairement à l’existence de règles formalisées et qu’en outre, elles ont une vocation ? participer à la définition de la régulation globale de la société. Au sens général, une institution est un ensemble de valeurs, de normes et de pratiques communes à un certain nombre d’individus qui organisent et structurent de façon stable leurs relations. Pour M. Mauss et P. Fauconnet , les institutions sont « un ensemble d’actes ou ‘idées tout institué que les individus trouvent devant eux et qui s’imposent plus ou moins ? eux. (… ) Nous entendons donc par ce mot aussi bien les usages et les modes, les préjugés et les superstitions ou les organisations juridiques essentielles ». par exemple le langage est une institution.

Ces deux aute ne vision élareie de la 14 chez Emile Durkheim et qui constitue pour eux l’objet 4 d’étude de la sociologie. Pour Emile Durkheim en effet, la sociologie peut être définie comme la « science des institutions de leur génèse et de leur fonctionnement ». Pour Max Weber, toutes les organisations ne sont pas des nstitutions, la Secte au sein laquelle la légitimité est charismatique et qui n’a pas de prétention universelle, n’est pas une institution. La sociologie de l’entreprise apparaît comme une discipline plus récente. Elle prend son essor en France dans les annéesl 980, à partir du mouvement de réhabilitation de l’entreprise dans la société.

Elle a pour objet d’étude les relations entre entreprise et société, vues sous un angle culturel et social Selon Ch. Thuderoz, l’entreprise est ? définir « en tant qu’ensemble articulé de trois sous-systèmes autonomes : le système productif, le système organisationnel, e système institutionnel, en interaction étroite avec un éco- système, l’environnement de l’entreprise » èc Selon l’INSEE l’entreprise représente « toute unité légale, personne physique ou personne morale qui, Jouissant d’une autonomie de décision, produit des biens et des services marchands »; CHAPITRE I : LES MODELES BUREAUCRATIQUE ET TAYLORIEN ET LEURS DYSFONCTIONNEMENTS Nombres d’auteurs en sociolo ie des organisations (notamment R. K. Merton), n’ont 8 14 organisations. ) Modèle wébérien de la bureaucratie et Modèle taylrorien A) Le modèle wébérien de la bureaucratie Pour Max Weber, l’ensemble des activités se dégagent de ’emprise de la tradition ou du sacré (sociétés agraires) pour se définir en fonction d’une logique propre du calcul et de l’efficacité (économie moderne) : extension de la rationalité (rationalisation) – droit systématique et universel et non plus coutumes locales – rapports formels et impersonnels et non plus relation d’homme à homme du travail artisanal (Ex : Cadministration publique et les organisations militaires). Par rationalisation, il faut entendre « l’organisation par la division et la coordination de diverses activités sur la base dune étude précise des rapports entre les hommes, avec leurs nstruments et milieu en vue d’une plus grande efficacité de rendement »2. La rationalisation n’est pas à confondre avec une taylorisation qul impose un « one best way » mais comme un dispositif précis et formalisé de contrôle des incertitudes.

Ce processus donne lieu à la formation de l’idéal type bureaucratique. La bureaucratie est liée à la constitution des grands états nationaux. Elle facilite la concentration des moyens dans les mains de l’autorité centrale. Dans cette perspective, les fonctionnaires sont « chargés de mettre en œuvre des règlements et des procédures écrites. » . Par bureaucratisation, on ntend le processus qui tend à imposer au travail un cadre homogène dans lequel on trouve en général la stabilité de I’ rchie des traitements et g 14 système bureaucratique, l’autorité s’exerce à travers un système normatif et par des procédures impersonnelles.

Il considère que cette forme d’organisation est la plus efficace possible du fait qu’elle élimine toute incertitude par : – le rejet des motivations spécifiques du leader (autorité charismatique) et des coutumes et traditions (autorité traditionnelle) ; – la stricte répartition des rôles et des compétences de chacun dans le travail ; le contrôle omniprésent de la structure hiérarchique ; – la formalisation écrite de toutes les règles dans l’organisation ; – une revalorisation du rôle des experts ; une dépersonnalisation permettant de meilleurs contrôles et une meilleure coordination. M. Weber considérait que cette forme d’organisation s’étend ? toutes les sphères de l’activité sociale, notant au passage qu’elle était déjà en place dans les entreprises, l’armée, ou encore dans les administrations publiques. Le système bureaucratique, décrit par M.

Weber, est un idéal-type, auquel peut être comparée la réalité des formes ureaucratiques en œuvre dans la société. Plus précisément encore, les caractéristiques du système bureaucratique sont les suivantes 1. La subordination à une autorité impersonnelle La bureaucratie suppose une autorité qui définit les compétences selon des règles fixes. exemple : les attributions des fonctionnaires sont arrêtées par les lois et des règlements. Chacun obéit à un ordre impersonnel, celui qui obéit n’obéit pas comme membre d’un groupe mais à un règlement formel et donc pas à un chef. Exemple : un centre des im ôts. Dans cette perspective, archiques seront 214