Corrig d.m. romantisme / classicisme

Corrig d.m. romantisme / classicisme

Voici uniquement le contenu attendu – ce corrige n’est pas redige a l’exception de quelques paragraphes. Dans vos copies, tout doit etre redige, y compris l’insertion des citations. Corrige D. M. romantisme / classicisme – 1ES1 & 1S1 – 2008/2009 Une introduction presente le corpus, montre qu’on a compris le principal (raison d’etre du corpus, contexte historico-culturel… ) et reprend la question :

Introduction redigee : Le corpus reunit cinq poemes du XIXe siecle : « le Vallon », issu des Meditations poetiques que Lamartine fit publier en 1820 ; « El Desdichado » poeme appartenant au recueil de Nerval Les Chimeres paru en 1854 ; les trois poemes de V. Hugo, intitules « Parfois lorsque tout dort… », « Souvenir de la nuit du 4 » et « Reponse a un acte d’accusation » font respectivement partie des Feuilles d’automne (1830), des Contemplations, (1834) et des Chatiments (1852).

Nous constatons que ces poemes couvrent la premiere moitie du siecle, periode d’instabilite politique, d’agitation sociale et de developpement industriel. La revolution du siecle precedent et les mutations de ce siecle troublent les ecrivains et les artistes et donnent ainsi naissance au romantisme. Victor Hugo en exprime les principes, pour le theatre surtout, dans la « Preface » de Cromwell et, pour la poesie, dans la « Reponse a un acte

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d’accusation », de la section Aurore du recueil Les Contemplations. C’est essentiellement par le rejet des regles classiques (XVIIe siecle) et de l’ordre bourgeois ue se definit l’esthetique romantique. Le poete exprime ses sentiments, fait l’experience de la solitude, eprouve le mal du siecle, communie avec la nature, se revolte aux souffrances du peuple et vit une quete spirituelle. Nous allons voir dans quelle mesure chaque theme est represente dans ces poemes. Il est plus judicieux d’organiser sa reponse de facon thematique dans la mesure ou un meme theme peut se retrouver dans plusieurs poemes. 1. Les themes caracteristiques du XIXe siecle. ? Le moi, lyrisme, analyse de soi, complaisance dans l’expose de ses emotions et sentiments : Les marques de la premiere personne jalonnent trois de ces textes ; le poete est donc sujet et objet de sa poesie : – Lamartine, « Le Vallon » : adjectifs possessifs : « Mon » (V1) ; « mon » (V. 7), « mes » (V. 13) « mon » (V. 15), pronom complement « moi » (V. 3) ; « me » (V. 8), « m’ » (V. 18), pronom pers. sujet : « j’ » (v. 23), 25, 26, 33) ; – Nerval, « El Desdichado » : « Je suis » (V. 1) ; « ma » « mon » (V. 3) ; « m’ » (V. 5)… « j’ » (V. 12) – Hugo « Parfois lorsque tout dort » : « je », (V. 1, 3, 5, 7, 9, 10 ) ; « moi » (V. 10) forme tonique de la premiere personne ; On observe aussi le corollaire des marques de la 1ere personne : l’expression des sensations et sentiments : ? La mention du siege des emotions : le coeur et l’ame – Texte A : 3 occurrences de « coeur » : 1er et dernier mot du « Vallon » + V. 29 : au milieu du poeme ; « ame » (V. 15, 20, 29, 37). A partir du V. 37, l’ame devient destinataire du discours : pronom de reprise «  tu », « t’ » « toi », nombreuses marques de la 2e personne dans les 7 derniers quatrains, comme un dedoublement du locuteur. – Texte B : « coeur » (V. 7) – Texte C : « ame » (V. 8) ? L’expression d’une souffrance : Texte A : expression de la lassitude ; le poete est desabuse ; il n’attend plus rien de la vie : « lasse » (V. 1), « meme de l’esperance » (V. 1) ; « voeux » (V. 2). Expression d’un achevement : « n’ira plus » ; « s’est ecoulee » (V. 13) ; « n’aura pas reflechi » (V. 16) ; « l’ombre du passe » (V. 34). Recherche de l’oubli : 7e strophe : « le calme du Lethe » (V. 26), « oublie » (V. 27), « oubli » (V. 28) qui seul apporterait la « felicite » Expression d’une sensibilite exacerbee : « J’ai trop vu, trop senti, trop aime dans ma vie » (V. 25) qui a epuise le poete. Attente de la mort… Texte B : gradation : « le Tenebreux, – le Veuf – l’Inconsole » (V. 1) ; « [… ] est morte [… ] / Porte le Soleil noir de la Melancolie » (V. 3/4) : oxymore « Soleil noir » = insistance sur le desespoir. ? L’expression de la joie, de la plenitude – Texte C : « plein de joie » (V. 1) ; « emu » (V. 5) « roi mysterieux » (V. 11). Champ lexical de la fete et de la lumiere : « flamboie » (V. 2), « fete eternelle » (V. 5), « rayonnant » (V. 6), « pompe nocturne » (V. 11), « illumine » (V. 12) Bilan pour repondre explicitement a la question : Ces releves, bien que non exhaustifs, montrent que le yrisme, l’analyse de ses sentiments, sont constitutifs de la poesie romantique. (redige) ? L’experience de la solitude : – Lamartine : solitude recherchee, isolement voulu, rejet de la civilisation : « Pretez-moi [… ] / Un asile » (V. 3/4), « de silence et de paix » (V8) ; « J’aime [… ] et seul [… ] / A n’entendre que l’onde, a ne voir que les cieux » (V. 23/24), « Le bruit lointain du monde expire » (V. 30). – Victor Hugo, « Parfois… » : la aussi, solitude recherchee mais pour une raison differente : le poete a le sentiment d’etre choisi, elu, de beneficier d’un privilege.

Opposition entre « tout dort » et « je m’assieds » (V. 1) ; « que mon ame » (V. 8) ; « seul j’etais predestine » (V. 9) ; « Que j’etais, moi [… ] / Le roi » (V. 10/11) ; « pour moi seul » (V. 12). La solitude physique (il est le seul a veiller) traduit le statut du poete romantique qui se croit seul a comprendre l’humanite, le monde, l’univers : poete visionnaire. La solitude est recherchee, soit parce que le poete se sentant incompris par ses contemporains s’y refugie, soit parce que c’est le meilleur moyen d’acceder, en tant que poete visionnaire, a des verites profondes. redige) ? Le mal du siecle : – Lamartine : sa volonte d’isolement est une volonte de rupture avec le passe et avec ses contemporains car celui-ci est decevant : le poete a le sentiment que sa vie est obscure et sans gloire « La source de mes jours [… ] / [… ] a passe sans bruit, sans nom » (V. 13/14) , qu’il n’a jamais ete heureux « [… ] mon ame troublee / N’aura pas reflechi les clartes d’un beau jour » (V. 15/16), que rien n’est authentique ni perenne chez les hommes : « L’amitie te trahit, la pitie t’abandonne » (V. 8), « des faux biens que tu perds » (V. 54). – Nerval : crise identitaire : « Je suis » est suivi de quatre attributs : « le Tenebreux, le Veuf, l’Inconsole / Le Prince d’Aquitaine » (V. 1/2) ; incertitude-questionnement : « Suis-je Amour ou Phebus ?… Lusignan ou Biron ? » (V. 9) : recherche d’identite a la fois dans la realite et dans les mythes, tension traduite par le rythme binaire ; impression de revenir du monde des morts : « Et j’ai deux fois vainqueur traverse l’Acheron » (V. 12), statut indefini de « mort-vivant », inadapte au monde.

Ces deux poemes mettent en avant les difficultes eprouvees par un homme sensible, un poete, a vivre en harmonie avec la societe du XIXe siecle, le sentiment d’etre different, inadapte et decu. (redige) ? La communion avec la nature : ? « Le Vallon ». La description de la nature donne l’impression qu’elle est faite pour correspondre aux etats d’ame du poete et qu’elle le protege, voire qu’elle le materne : – paysage-etat d’ame : comparaison de la vie du poete et de l’ecoulement de l’eau : « La source de mes jours comme eux s’est ecoulee » (V. 2), comparaison de la fin de sa vie et de la saison  « Tes jours, sombres et courts comme les jours d’automne » (V. 45); le calme de la nature apaise le poete : « Mon ame s’assoupit au murmure des eaux » (comme une berceuse) (V. 20), l’apostrophe « Beaux lieux, soyez pour moi » (V. 27) ; « Repose-toi mon ame en ce dernier asile » (V. 37) ; « respirons [… ] / Ce calme avant-courreur de l’eternelle paix » (V. 43/44) ; « De lumiere et d’ombrage elle t’entoure encore » (V. 3) ; « Suis le jour dans le ciel, suis l’ombre sur la terre / vole avec l’aquilon // Glisse a travers les bois dans l’ombre du vallon » (V. 56/60): quatre injonctions a son ame qui traduisent l’harmonie entre celle-ci et la nature. – nature qui protege du monde, de la societe : « un asile » (V. 4), « l’etroit sentier de l’obscure vallee » (V. 5), « des bois epais » (V. 6) : refuge sur car presque inaccessible ; « courbant sur mon front leur ombre entremelee » (V. 8), « me couvrent » (V. 9) ; « Mais la nature est la qui t’invite et qui t’aime » (V. 49) nature maternelle : « vallon de mon enfance » (V. 3) : comme un berceau ; « Comme un enfant berce par un chant monotone, / Mon ame s’assoupit au murmure des eaux » (V. 19/20) ; « Plonge-toi dans son sein qu’elle t’ouvre toujours » (V. 50) ; ? « Parfois lorsque tout dort » : « la joie » ressentie par le poete, mentionnee au vers 1, interprete la nuit etoilee comme une fete, et, qui plus est, une fete donnee pour lui : « soleils de flamme » (V. 7) « n’echauffaient que mon ame » (V. 8) ; « a les comprendre seul j’etais predestine » ; « Que j’etais, moi, [… / Le roi mysterieux de la pompe nocturne / Que le ciel pour moi seul s’etait illumine ! » (V. 10 a 13). Les deux textes suggerent une exceptionnelle coincidence entre la nature et les etats d’ame, la situation, la vie du poete. Le poete romantique projette ses emotions, sensations et sentiments sur la nature. Il y trouve un echo beaucoup plus harmonieux que chez ses contemporains. (redige) ? Les souffrances du peuple, l’engagement politique : « Souvenir de la nuit du 4 », Les Chatiments ? Un texte pathetique : – entree en matiere brutale : « L’enfant avait recu deux balles dans la tete » pour choquer ; description du « logis » qui le valorise, insiste sur la vertu de ses habitants : « propre, humble, paisible, honnete » et pieux, et ne meritaient donc aucun chatiment. – Hugo multiplie les procedes pour exciter la compassion du lecteur : les allusions a l’enfance, a l’innocence, a travers la « toupie », le jeu « devant la fenetre » – par opposition aux voyous qui errent dans les rues – , sa jeunesse puisqu’il « n’avait pas huit ans », les details de ses blessures que Victor Hugo decrit dans cette horrible gradation : « deux balles dans la tete » (V. ), « on pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies » (V. 9), « Son crane etait ouvert comme un bois qui se fend (V. 11) le fait que deja le malheur avait frappe la famille : la mere du petit, fille de l’aieule, est morte ; l’enfant etait donc la seule famille de la vieille dame. – La vieille femme aussi est presentee de facon pathetique : des le vers 4, l’adjectif « vieille » et le verbe « pleurait » font mettent en scene l’ampleur de la tragedie. Les remarques sur la blancheur de l’enfant et « ses pauvres cheveux colles sur sa tempe » (V. 3/14) laissent croire que la grand-mere n’a pas encore tout a fait compris qu’il est mort. En decrivant les gestes qu’elle effectue, a savoir le prendre sur ses genoux (V. 15), le rapprocher du feu (V. 20), le narrateur accredite cette interpretation pour souligner qu’une telle tragedie est inconcevable. D’ailleurs, Hugo fait dresser par la grand-mere un portrait elogieux de l’enfant, corrobore par « ses maitres » ; ce portrait, plus qu’une plaidoirie pour affirmer l’innocence de l’enfant, est un requisitoire contre l’absurdite et l’injustice du gouvernement. paragraphe redige) ? Un texte ironique et sarcastique : Ce poeme ne se contente pas de rendre compte des malheurs du peuple. Une fois que le narrateur a conditionne le lecteur par l’emploi du registre pathetique, dans la premiere partie, et qu’il s’est ainsi assure de sa connivence, il peut donner libre cours a l’ironie et aux sarcasmes contre l’empereur. L’ironie se manifeste a travers l’antithese : « Est pauvre et meme prince », avec l’euphemisme « Il lui convient » et l’accumulation des signes luxueux comme les « chevaux, les valets, l’argent, les chasses… ».

C’est une vie de plaisirs et de loisirs, voire une vie de debauche qui ressort de la necessite d’avoir de « l’argent [… ] pour son alcove ». Le rapprochement de l’enumeration des plaisirs et de la phrase « par la meme occasion, il sauve / La famille, l’eglise et la societe » (V. 54/55) signifie l’inverse, cette derniere partie est une anti-phrase : l’empereur, d’apres Napoleon, ne s’occupe absolument pas de gouverner ni du bonheur de son peuple. Enfin, la vanite de l’empereur est soulignee par le desir d’etre « adore » par « les prefets et les maires » (V. 55).

Pour Hugo, ces representants de l’Etat, censes garantir l’ordre public dans tout le pays et protegeer la population, repriment tout mouvement populaire par la violence et maintiennent la crainte avec, pour seul but, la serenite de l’empereur. (paragraphe redige) Hugo, par le rapprochement de la misere populaire sous forme d’apologue, et du faste insouciant de l’empereur, fait en sorte de generer l’indignation chez le lecteur. Comme les romantiques laissent libre cours a leur sensibilite dans leur oeuvre, elle se developpe, aussi le spectacle de la misere les touche-t-il particulierement.

D’autre part, alors que les classiques n’admettaient que des personnages de la haute societe, les romantiques, voulant rendre compte de la vie, font souvent du peuple le personnage principal de leurs oeuvres. Enfin, revoltes contre l’ordre bourgeois, inadaptes a ce siecle materialiste, ils voient dans la souffrance du peuple un echo concret de leur souffrance morale et spirituelle. Enfin, (redige) ? La quete d’une spiritualite : – « Le Vallon » : la derniere strophe met en avant le lien entre la nature, creee par Dieu (son auteur), le fait que sa ontemplation mene a une reflexion metaphysique. La beaute et l’harmonie de la nature, sa correspondance avec les etats d’ame du poete, ne seraient pas un hasard ni une interpretation personnelle du poete mais bien un apercu de l’harmonie universelle creee par Dieu, et « comprise » par Pythagore qui a essaye de la demontrer mathematiquement (V. 55). – « El Desdichado »: melange de references chretiennes « les soupirs de la Sainte » (V. 14) et mythologiques « Amour », « Phebus » (V. 9), « la Grotte ou nage la Syrene » (V. 11), « l’Acheron » (V. 12); « Parfois lorsque tout dort » : « J’ecoute si d’en haut il tombe quelque bruit » (V. 3) : le poete se dit pret a recevoir la parole divine. Ne trouvant dans les dogmes et les pratiques catholiques ni l’exaltation ni l’authenticite qu’ils attendent de la spiritualite, les romantiques cherchent un autre contact avec la transcendance et la metaphysique. 2. La these d’Hugo et son opposition a l’ « Art poetique de Boileau ». ? La these d’Hugo est qu’il faut liberer la poesie et qu’aucun mot de la langue francaise ne doit etre juge indigne d’elle. Ce theme du mot jalonne le texte grace a son champ lexical souvent associe au champ lexical de l’exclusion et de la bassesse : « substantif manant», « verbe paria» (V. 1), « les mots que le bon gout proscrit » (V. 12), la lettre (V. 13), « le mot noble » (V. 15), le vocable ignoble (V. 16); « le mot peuple » (V. 21) (mot populaire) ; « vieux mots damnes » ; « qui delivre le mot ». Il faut dire les choses comme elles sont, sans les detours d’un exces ridicule de pudeur : « J’ai de la periphrase ecrase les spirales » (V. 23).

Or le bon gout etait le principe de base de toute production litteraire et artistique au XVIIe siecle. Boileau : « Par ce sage ecrivain la langue reparee / N’offrit plus rien de rude a l’oreille epuree » ; « Polissez-le sans cesse et le repolissez ». – Hugo se presente en meneur (il est le sujet de la plupart des verbes) de la revolte litteraire romantique qui libere la litterature et compare ce bouleversement a la Revolution francaise ; champ lexical de la violence et de la Revolution : « buveur du sang des phrases » (V. 7), « pris au collet » (V. 10) ; « Pendre [… / La lettre aristocrate a la lanterne esprit » (V. 13), « Danton », « Robespierre » (V. 14), « egorge » (V. 17), « crimes » (V. 18), « pris et demoli la bastille » (V. 19), « brise tous les carcans de fer » (V. 20) ; « ecrase » (V. 23). Victor Hugo aurait donc tue, elimine, toutes les regles classiques regissant la production litteraire. – Le ton est polemique et souvent dirige contre les rhetoriqueurs francais : Hugo rejette la tragedie racinienne (modele de litterature classique) a travers l’expression imagee : « Ils jeterent au vent les cendres du recit / De Theramene » (V. /5). Ce monologue, a la fin de la tragedie de Racine Phedre, raconte la mort d’Hippolyte au lieu de la montrer car ce spectacle etait juge choquant au XVIIe siecle. Toujours dans le vers 5 « [l’obscurcissement de l’Institut] » signifie que l’Academie francaise perd son rayonnement, donc son autorite. Au vers 17, il s’attribue, au figure bien sur, l’assassinat de « Dangeau » et de « Richelet », deux defenseurs de la rhetorique classique, proches de Boileau et de l’Academie.

Enfin, il s’en prend directement a Boileau lorsqu’il affirme : « j’ai battu des mains [… ] / Quand j’ai vu [… ] / L’Art poetique pris au collet de la rue » (V. 7, 8 et 10). Art poetique est le poeme dans lequel Boileau expose ses theories et Victor Hugo souligne la victoire populaire (« la rue ») sur l’academisme et l’elitisme. (redige) – Ce rejet du passe est exprime par « de l’ancien regime ils ont fait table rase » (V. 6) et annonce par le titre de la section Aurore qui traduit un debut, un renouvellement absolu. ? Victor Hugo oppose donc : la liberte lexicale a l’exigence de Boileau quant la precision du vocabulaire : « D’un mot mis en sa place enseigna le pouvoir », « Ce que l’on concoit bien s’enonce clairement / Et les mots pour le dire arrivent aisement », « Si le terme est impropre », « un pompeux barbarisme » – la liberte syntaxique a la correction academique : Hugo : « buveur du sang des phrases » (V. 7) ; Boileau : « Aimez sa purete » ; « la langue reveree », « l’orgueilleux solecisme » – Ces deux vers d’Hugo «Quand j’ai vu par la strophe ecumante et disant / Les choses dans un style enorme et rugissant » (V. /9) revendiquent une expression energique, spontanee, voire violente, ce que Boileau condamne avec la metaphore du torrent ; Hugo defend aussi l’enjambement, a travers l’image de la « strophe ecumante » et donc qui deborde, enjambement effectue entre ces deux vers puisque le complement d’objet de « disant » est rejete au vers suivant, alors que Boileau le recuse ainsi : « Et le vers sur le vers n’osa plus enjamber ». (redige) Pour Hugo, exclure certains mots parce qu’ils sont peu delicats, c’est rejeter le peuple ; or celui-ci est majoritaire en France (par rapport a l’elite sociale et intellectuelle). 3.

Les libertes prises par rapport a l’esthetique classique. ? Sur le plan thematique : (il ne fallait pas s’etendre dessus puisque la premiere question permettait de faire le tour des themes romantiques) : Premierement, la majorite de ces textes font du poete le sujet et l’objet, or le lyrisme etait banni : le poete, le dramaturge et le romancier devaient s’effacer totalement. Deuxiemement, le peuple etait juge indigne de figurer dans la litterature a la premiere place puisqu’il ne pouvait pas constituer un exemple a suivre ; il etait tout aussi hors de question de s’en prendre directement au souverain – or c’est ce que fait Hugo.

Troisiemement, si la nature etait idealisee dans les romans pastoraux, elle n’etait pas un refuge comme pour Lamartine. Quatriemement, la vie n’avait de valeur que sociale, et precisement a la cour du roi ; aussi, s’en exclure, rechercher la solitude, comme le font Lamartine et Hugo, etait extremement mal vu comme l’etaient, cinquiemement, le suicide et les tentations morbides evoquees par Nerval et Lamartine. Enfin, la spiritualite devait etre conformes aux preceptes de l’Eglise catholique, ce qui n’est pas le cas dans « Le Vallon » et « El Desdichado ». (redige) Sur le plan formel : (c’est sur ce point que la question portait) ? Abandon des formes fixes et de la concision a l’exception du sonnet de Nerval ; « Le Vallon » : 16 strophes ; « Souvenir de la nuit du 4 » : une premiere partie compacte de 48 vers, une seconde plus courte de 11 vers ; Aurore : poeme d’un seul tenant, sans strophe, dont nous n’avons qu’un extrait dans le corpus ; « Parfois lorsque tout dort » poeme court mais de deux strophes de 6 vers. / « souvent effacez » Boileau, Art Poeique. ? Dislocation, demantellement de l’alexandrin classique : – les enjambements : quelques exemples : « Le Vallon » « Mon coeur » (V. 1) sujet de « ira » (V. 2), « des bois epais » (V. 6) antecedent de « Qui » (V. 7) pronom relatif sujet de « couvrent » (V. 8) ; – « El Desdichado » : « mon luth constelle » (V. 3) sujet de « Porte » (V. 4) ; – « Parfois lorsque tout dort » : « cette fete eternelle » (V. 5) antecedant de « Que » (V. 6), « ces soleils de flamme » (V. 7) sujet de « echauffaient » (V. 8) ; – « Souvenir de la nuit du 4 » : « Sa bouche » (V. 5) sujet de « s’ouvrait » (V. 6) et l’adjectif appose est aussi rejete dans ce vers ; le groupe nominal « des coups » (V. 7) est determine par le complement du nom « De fusil » (V. 18) ; – Aurore : « Le substantif manant, le verbe paria » (V. 1) sujet de « Accoururent » (V. 2) ; le GN « du recit » (V. 4) est determine par le cpt du nom « De Theramene » (V. 5)… – la distribution des coupes : la cesure n’est plus necessairement a l’hemistiche : – « Le Vallon » : « Mon coeur, lasse de tout, meme de l’esperance » (V. 1) : cadence croissante : 2, 4, 6 ; « Beaux lieux, soyez pour moi ces bords ou l’on s’oublie » (V. 27) ; – « El Desdichado » : « Et la treille ou le Pampre a la Rose s’allie » (V. ) : pas d’hemistiche, le mot « Pampre » est a cheval sur les 6e et 7e syllabes ; – « Souvenir de la nuit du 4 » : « Il faut ensevelir l’enfant, dirent les notres » (V. 18) : 8 syllabes puis 4 ; « Helas ! je n’avais plus de sa mere que lui » : 2 syllabes puis 10 ; – Aurore : « Accoururent. On but l’horreur jusqu’a la lie » : pause forte apres quatre syllabes . ? Rupture de construction syntaxiques (anacoluthes) : « Souvenir de la nuit du 4 » : « Ses maitres, il allait en classe, etaient contents » (V. 28) ; ? Emplois d’expressions populaires : « Souvenir de la nuit du 4 » : « je vous demande un peu » (V. 2) « ils m’ont tue ce pauvre petit etre » (V. 34) : le pronom « m’ » est superflu et incorrect ; on appelle cet emploi le datif epique ; « vous autres » (V. 43). ? Emploi de majuscules et d’italiques non justifiees ; « El Desdichado » : « le Veuf, – le Tenebreux – l’Inconsole » ; de plus, les deux derniers sont des adjectifs substantives (utilises comme noms communs) ; « Etoile », « Soleil noir », « Melancolie », « Tombeau », « fleur », « Grotte », « Syrene », « Sainte », « Fee » ? Mepris de la mesure, gout pour l’hyperbole, l’antithese, l’oxymore… « El Desdichado » :  « Je suis le Tenebreux, – le Veuf, – l’Inconsole », « J’ai deux fois vainqueur traverse l’Acheron » ; – « Parfois lorsque tout dort » : « Sous le dome etoile qui sur nos fronts flamboie » (V. 2), « fete eternelle » (V. 5), « vaine ombre osbcure et taciturne » (V. 10), « le roi » (V. 11) ; – « Souvenir de la nuit du 4 » : « On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies » (V. 9), « Est-ce qu’on va se mettre / A tuer les enfants maintenant ? » (V. 30/31), « C’est pour cela qu’il faut que les vieilles grand-meres [… Cousent dans le linceul des enfants de sept ans » (V. 58 et 60) – Aurore : « On but l’horreur jusqu’a la lie » (V. 2), « buveur du sang des phrases » (V. 7), « egorge Richelet » (V. 17), « les vieux mots damnes, legions sepulcrales » (V. 22) ? Ignorance deliberee de la clarte : « El Desdichado », poeme enigmatique : references personnelles, melange de references historiques mythologiques, donc paiennes et chretiennes… abondance d’images… Les poetes romantiques brisent la rigueur et la mesure classiques afin que le vers s’adapte aux mouvement de l’ame, sans aucun contrainte ni aucune retenue.