Corpus : Honoré de Balzac, Flaubert

Corpus : Honoré de Balzac, Flaubert

Lors de sa première sortie au théâtre, il observe, déçu, cette Emme qu’il admirait tant naguère, cependant que celle-ci se livre au même examen et en tire des conclusions analogues. Ta vie nées page Comment cette scène et subtilement rocher eu la nature des relation accola Nous montrerons de deux personnages p ha regard symétrique, et-elle en évidence société parisienne ? Regard que les us étudierons ensuite l’influence de la société environnante sur les jugements des personnages.

Cette page est constituée de deux portraits successifs : celui de me de barreront, puis celui de lucide, « son amant Ces descriptions, largement dépréciatives, sont organisées autour ‘un double point de vue interne : le narrateur adopte dans un premier temps le regard de lucide sur me de barreront, comme l’indiquent les verbes de perception lui fit remarquer »), puis le point de vue s’inverse, comme le signale l’expression « De os toi eue nées page son côté Cette réciprocité du regard est subtilement mise en perspective par le narrateur, qui met en scène ce premier « bain » parisien du couple provincial en apportant des commentaires au présent de vérité générale (« En province il n’ a ni choix ni comparaison

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à faire ») ou en donnant des informations Ignorées Ar l’un ou l’autre des personnages : « la journée avait été employée à préparer une transformation Cependant, l’instance narrative s’emploie surtout à mettre en évidence l’évolution négative de ce double regard, qui exprime une désillusion réciproque. Cette scène est marquée par une évolution négative des regards. La syntaxe de la première phrase suggère déjà une progression du « plaisir » – plaisir mondain éprouvé par un jeune homme « voyant pour la première fois le spectacle à paris » au « déplaisir », lié aux effets de décalage entre les habitudes ravitailles et les codes de la société parisienne. De fait, tout va dans le sens d’une désillusion, d’une dégradation réciproque de la perception.

Dès lors, le texte est bâti sur des jeux d’antithèses opposant les Parisiennes à me de barreront : aux « délicates inventions » des coiffures de ces « jolies » dames s’oppose celle de sa maîtresse, « d’un goût affreux » ; aux adverbes valorisants pour caractériser la toilette des femmes de paris (« élégamment », « fraîchement ») correspondent « les vieilleries de la toilette » de me de barreront, une toilette dont la syntaxe et le rythme égueuler marqué par l’anophèle « ni » soulignent avec une insistance cruelle le caractère démodé : « ni les étoffes, ni la façon, ni les couleurs n’étaient de mode. » Parallèlement, le regard de me de barreront détaille l’aspect « prodigieusement 2 de mode. » Parallèlement, le regard de me de barreront détaille l’aspect « prodigieusement ridicule » de lucide, à travers des adjacents dévalorisants : « méchants » « étriqué il a donc symétrie dans l’évolution des regards. Une symétrie – presque – parfaite. Au contact de la haute société parisienne, lucide et me e barreront, encore amants, semblent éprouver, au même moment, le même type de désillusion.

L’un et l’autre se portent mutuellement un regard transformé par le « voisinage On peut donc parler de symétrie dans le changement de perception ‘ à première vue, lucide et luise semblent être traités de la même façon par le narrateur. Toutefois, un examen plus attentif indique déjà quelques inégalités. Ainsi, le regard de me de barreront semble beaucoup plus sévère que celui de son jeune protégé. L’énumération des épithètes dévalorisantes qualifiant les tentent de lucide culmine avec l’adjectival « ridicule » intensifié par l’adverbe « prodigieusement De plus, le dessinateur « le pauvre poète » traduit le regard quelque peu méprisant de me de barreront sur le jeune provincial. Il semble que, dans l’esprit de cette femme, les talents littéraires comptent désormais moins que l’apparence vestimentaire.

D’ailleurs, le narrateur précise malicieusement que la provinciale s’est déjà « employée à préparer une transformation Ce détail suggère à la fois une faille naissante dans le couple lucide/ luise, mais aussi ‘influence magnétique exercée par la société parisienne sur le jugement des personnages. Le monde dans lequel se sont immergés lucide et sa maîtresse semble être dominé par une forme de dictature du regard. Ce thème du regard domine d’ailleurs le passage : nous sommes 3 une forme de dictature du regard. Ce thème du regard domine d’ailleurs le passage : nous sommes au « spectacle c’est-à- dire, par antonymie, dans un lieu où il y a quelque chose à voir, un lieu dominé par l’apparence.

De plus, le texte s’organise et trouve même son mouvement à partir d’un double point de eu, comme l’indiquent les verbes de perception : « voyant » ; « es personnages semblent prendre du relief à partir remarquer de ces regards réciproques, derrière lesquels on devine celui de l’entourage : « le voisinage de plusieurs jolies Parisiennes ou des « jeunes gens du balcon Dès lors, le proverbe énoncé par le narrateur pour montrer qu’une belle provinciale « n’obtient pas la moindre attention à Paris » Dans le royaume des aveugles, les borgnes sont rois ») s’enrichit d’une signification seconde : la province est peuplée d’« aveugles c’est-à-dire de personnes qui ‘ont pas de « regard qui ne savent pas « voir En arrivant Paris, lucide et luise semblent, l’un après l’autre, avoir recouvré la vue, comme le suggère la antonymie suivante : « Les yeux de lucide faisaient la comparaison que me de barreront avait faite la veille entre lui et chatte. » Si Paris se définit comme un « royaume de voyants c’est qu’il conditionne le jugement des personnages. À travers cette scène, il semble que paris s’impose comme une référence absolue en matière de jugement.

Le narrateur s’attache d’ailleurs à souligner l’unicité de la capitale, en la distinguant de e lieu vague, confus et uniforme qu’est « la province » : « En province il n’ a ni choix ni comparaison à faire. » Cette sentence, assumée par le narrateur, suggère cependant le changement qui s’opère chez les personnages 4 sentence, assumée par le narrateur, suggère cependant le changement qui s’opère chez les personnages : désormais, tout ce qui se rapporte à la province est frappé d’anathème. lucide a d’ailleurs répudié une « grande quantité de ses idées sur la vie de province , me de barreront quant à elle, détaillant du regard la mise de son amant, s’arrête sur ses « gants de province

Le complément du nom, inattendu et comique, suggère un jugement déjà conditionné par les critères parisiens. De fait, il faut à chacun des protagonistes un point de comparaison pour regarder l’autre avec des yeux nouveaux. Pour lucide, c’est « le voisinage de plusieurs jolies Parisiennes » qui oriente son point de vue. La tournure affective « lui fit remarquer » rend sensible l’idée de conditionnement du jugement. me de barreront, pour sa part, s’est livrée à une « comparaison » « entre lui et chatte évidemment défavorable pour lucide. Cette puissante influence e l’environnement social reflète plus largement une absence de jugement personnel de la part des personnages.

Dominée par le regard et l’apparence, la société dépeinte par balança semble avoir ôté à ses représentants toute pensée personnelle. Ainsi, tous les jugements sont liés à des réfèrent extérieurs, comme SI les êtres étaient privés d’un « en-soi » aussitôt qu’ils s’immergeaient dans la comédie sociale parisienne. Il n’est d’ailleurs pas innocent que la « prise de conscience » de la médiocrité de son égérie ait lieu dans un théâtre : la frontière ui sépare la scène du public semble s’être effacée, et chaque membre de la société semble être figé dans un rôle appris par c?Ur. Aussi la tournure de lucide n’est-elle « prodigieusement ridicule » qu’ l’aune « de S par c?Ur.

Aussi la tournure de lucide n’est-elle « prodigieusement ridicule » qu’ l’aune « des gens du balcon », dont l’élégance implicite paraît constituer une indiscutable norme. Même son « étrange beauté » est reléguée au second plan, à l’intérieur d’une subordonnée concession. Son apparence globale est sèchement résumée dans une proposition brève, thème par des sonorités dentelés qui en accentuent la dureté : « Madame de barreront lui trouvait un air piteux. » Dépourvus de toute spontanéité, les personnages de cette « comédie humaine entre caméléons et perroquets, cherchent à se fondre et a se distinguer dans un univers où tout jugement n’est qu’un reflet du jugement social.

me de barreront, à cet égard, paraît plus talentueuse que son amant : clairvoyante sur elle-même, elle a déjà préparé « sa transformation et semble s’être déjà éloignée de son « pauvre poète h, ainsi que la bonne société de Paris le lui tacitement demandé… Ce passage est une scène décisive du roman. À travers le double regard réciproque de lucide et de me de barreront, progressant vers la déception, se jouent toutes les cruauté de la société parisienne au sexe siècle. Paris semble être le centre du monde, la référence ultime dans laquelle il s’agit de se fondre, au prix d’un abandon de ses convictions, voire de son jugement intime sur les êtres. Au-delà du titre du roman, cette scène au théâtre explique également le titre de l’ensemble romanesque dans lequel prend place Illusions perdues : La Comédie humaine.