Cornette

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Chapitre 1 : La France de l’Ancien Régime entre archalSme et « novelletés » Les structures, les institutions, et les attitudes s’inscrivaient dans la longue durée. C’est pourquoi toute nouveauté, étrangeté, danger, menace sont autant de changements difficilement acceptés. Les réactions de rejet peuvent conduire jusqu’à la révolte. Souvent, les lois anciennes et les coutumes (usages écrits ou non) étaient plus légitimement établies que les édits du roi dans sa lointaine capitale. Pour comprendre l’importance des changements de ce s mesurer les pesante vie de chacun mais a potentialités et les ri Un Royaume mosaïque

L’un… or 89 Sni* to View ges qui régissaient la La prééminence du roi et l’unité du royaume s’observe malgré la constellation de territoires, de suzerainetés concurrentes. Le roi est un roi seigneur, qui domine la féodalité, le primus inter pares, le seigneur des seigneurs. Le roi reste radicalement au- dessus de toutes les hiérarchies selon les légistes il est « sires de la loy » que les officiers royaux imposent à travers tout le royaume et ce jusqu’à la Révolution. Il y a cependant des entraves à l’unité.

Au début du XVIème siècle, les hommes du souverain font en sorte que les grands féodaux perdent l’essentiel e

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leurs droits régaliens. Ils exigent d’eux des soldats, lèvent des un véritable Etat dans l’Etat, avec une capitale, une administration, une politique propre L’unité du royaume est donc entravée par les enclaves féodales et les territoires soumis à des puissances étrangères (Calais appartient à Angleterre, Avignon au pape). Les suzerainetés sont partagées et disputées. Des terres sont sujettes à conflits quant à leur partage et leur possession.

II s’agit de poudrières juridiques et institutionnelles pendant plusieurs siècles, notamment autour des frontières. Le royaume, récemment agrandi, laisse aux territoires nnexés une certaine indépendance car le roi, dans ces provinces, était comte ou duc avant d’être roi. Il y a donc une confusion juridique dans un territoire plus ramassé et compact que celui de Charles Quint (450 000 km2). L’obsession qui commande toute la politique étrangère de la France jusqu’? Louis XIV et de ne pas se faire encercler par les possessions des Habsbourg.

On surestime la puissance réelle de Charles Quint car malgré ses de 17 couronnes, son empire immense est éclaté et ingouvernable. Les villes et les sociétés sont représentées par des états et des diètes qui avaient un pouvoir considérable. Il s’agit d’une société d’ordres où chacun à sa place dans une hiérarchie stricte que l’on pense constituée par Dieu, issue d’un ordre supérieur du monde. Le souverain est à sa tête et domine les trois ordres ou estats, le clergé (prière), la noblesse (guerre) et le tiers état (travail) qui représente 97% de la population.

Des représentations aux pratiques concrètes. a possibilité, bien que limitée, de changement d’un statut à un autre (exemple de OF ag limitée, de changement d’un statut à un autre (exemple de 1 sur 44 Maurice Sauron), d’ascension sociale, reste réelle. Malgré cette tricte ordonnance, la diversité l’emporte dans le royaume .. et le multiple Le privilège et la coutume, qu’ils soient écrits ou non, garantissent contre toute novelleté et existent à de multiples échelles (province, ville, village, groupe Ils sont défendus avec social) acharnement.

Le rôle du roi et de reconnaitre, légitimer, harmoniser et arbitrer ces privilèges. L’étranger, le « horsain est celui qui vient perturber l’équilibre (juge, soldat, receveur fiscal). On compte 60 coutumes générales et 300 locales mises par écrit à partir de 1454 pour unifier et réaffirmer la supériorité de la loi du prince Un tour de France des pays d’états permet de comprendre la diversité du royaume. Normandie : attachée à la « charte aux Normands » qui garantissait les privilèges de la province.

Languedoc : états du Languedoc les plus représentatifs du royaume : le tiers état était bien représenté notamment chez les députés (65 députés sur 101). Dauphiné : rattaché au royaume en plusieurs étapes de 1249 à 1457, forte personnalité politique. Comté de Provence : revendique une grande indépendance jusqu’à la Révolution. Duché de Bretagne : lié à la France par le mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII. Il ne subit pas la abelle à la fin du règne de François Ier. Bourgogne : privilèges confirmés lors de l’avènement de Charles VIII. ? Nous èees » Jean Bodin. Cette sommes vos sujets, mais ag entre pays d’état et roi. En effet les états provinciaux ont un rôle fiscal, ils votent et contrôlent l’impôt, ainsi qu’une fonction politique avec les cahiers de doléances lors de chaque assemblée. « Plaisant, opulent et abondant royaume » Le plus peuplé et le plus riche des Etats européens Le témoignage des contemporains mentionne un pays grand, peuplé, puissant car compact. Les étrangers sont admiratifs (Henri VIII, Marino Cavalli ambassadeur énitien).

La confirmation des historiens s’appuie sur des travaux des démographes et des économistes qui confirment ces témoignages malgré une large part d’incertitude. La France compte entre 18 et 20 millions d’habitants dans la première moitié du XVIème siècle sans jamais dépasser de seuil des 20 à 22 millions. Diversité des « pays » au sens de paysage Dans ce monde fragile la préoccupation numéro une est de se nourrir car la peur de manquer est dominante. On compte quatre grands modèles régionaux.

Les campagnes de champs ouverts constituent la France du roi. Constitué d’openfield (40 abitants au krn2), parsemé de fermes-manoirs et de villages groupés. L’assolement triennal est dominant pour un meilleur rendement (La premiere sole : blés d’automne, céréales nobles. Deuxième sole : céréales de printemps, avoine, et quelques pois et fèves. Troisième sole : sans culture, jachère cest à dlre régulièrement labourée, fumée). Il s’agit des régions proches de paris, de pôles de croissance, vecteurs du pouvoir, où le roi tend à imposer sa loi.

Les bocages, et la polyculture sont dominés par la France sei 01 y est avare, les terres seigneuriale. Le sol y est avare, les terres froides et lessivées par luie ce qui rend l’agriculture peu évidente, on parle de « mauvais pays symptômes d’archaïsme divers. On y cultive le seigle, des égumes, du lin, du sarrasin, des fourrages, du blé noir. Cassolement y est biennal. Les rendements sont donc moindres. Les habitats sont dispersés, et on ne trouve pas de grandes exploitations. Cautorité du seigneur y est restaurée et maintenue car les structures urbaines sont rares et peu puissantes.

Cette « France des seigneurs » mènera ? la Révolution. Les pays du Sud représentent la France des puissances urbaines, proche de 2 sur 44 l’Espagne, de l’Italie. On y cultive la trilogie millénaire (vin, pain, huile). Le soleil impose sa loi et l’irrigation doit être minutieuse. Il y a une opposition entre les terres cultivées régulièrement (ager) et les immenses friches pierreuses (saltus). Le réseau d’autorités collectives issu de l’Empire romain (cité et diocèse) est particulièrement serré en Provence et en Languedoc.

Enfin les pays de montagne consacrent la puissance des communautés rurales. Il s’agit d’un monde répulsif et terrifiant pourtant plus densément peuplés que de nos jours. Le monde rural y est fort et se bat pour conserver ses structures, ses valeurs et ses iens communaux (82% du territoire du Briançonnais). Quelques budgets de familles paysannes La notion de salaire et différente de celle d’aujourd’hui. La rétribution du travail se fait arfois en nature, et il y a une variati Trois prélèvements sont revenu.

Pour un paysan moyen en Auvergne début XVIIème siècle et gagnant environ 100 livres les prélèvements seigneuriaux l’impôt royal et la dîme eccléslastlque (6%) font passer le revenu net à 80 livres. Mais comment vivre avec 15 livres par an ? D’après une étude de Vauban à la fin du règne de Louis XIV, un ouvrier agricole effectuant 190 ournées de travail par an, payées chacune 9 sous et un fois retranché la taille, la capitation, la gabelle et la dépense essentielle du pain dispose de 15 livres pour les dépenses courantes, ce qui condamnent à la misère 8 mlllions de personnes.

Les très riches heures dun laboureur au XVIIIe : Pierre Bordier Le monde des travailleurs de la terre, en majorité analphabète ne laisse que peu de sources. Les « papiers » de Pierre Bordier, un Compendium et un Journal très précieux qui détaillent sa vie, sont donc un trésor. On l’appelle « coq de village » car il sait lire et écrire. Fermier, il se marie vec sa servante après la mort de sa première femme et gagne bien sa vie. Il est ouvert au monde car il parcourt régulièrement un espace de 4 lieues grâce à son commerce.

Il porte un regard sur la « grande » histoire qui témoignent de la fonction de Ir « opinion publique » au siècle des Lumières. Toutefois, son inquiétude principale demeure toujours le grain, le blé et la nature avec lesquels il entretient une relation intime, charnelle, famllière et redoutée (porte une attention particulière au temps qu’il fait). Du village au roi Enracinement Une culture de la violence PAGF OF ag acun détient son on territoire familier (± 5km alentour) qu’il est prêt à défendre au prix de sa vie. La violence est coutumière et tend à rejeter les horsalns.

Territoire, honneur, privilèges locaux, fille du VIIIage ? défendre sont les principales raisons des homicides. La terre familière où étaient enterrés les ancêtres, portait un nom propre. On dépend d’une paroisse, d’un territoire qu’on ne quitte pas de sa vie, où l’on s’enracine. Encadrements Les solidarités urbaines, dans un monde fragile sont vitales. Chacun fait partie de plusieurs réseaux de solidarités (paroisse, quartier, corps de métier) qui onditionne la participation aux habitudes et aux activités collectives.

Les trois piliers de la société sont, la communauté des habitants, la seigneurie, et la paroisse. La communauté des habitants constitue un noyau, qui défend les droits d’usage, résiste aux pressions extérieures du seigneur, du bourgeois, du receveur d’impôts. Pendant l’Ancien Régime, le pouvoir de contester est réduit par les seigneurs, la bourgeoisie urbaine, les riches laboureurs et les notables. On dénombre 70 000 à 80 000 seigneuries (ensemble de terres propriété et territoire de juridiction d’un seigneur) qui détiennent 3 sur 44 n pouvoir puissant et respecté.

Le statut de seigneur est achetable et est très convoité. La seigneurie se décompose en deux parties, le domaine (maison et terres dépendant directement du seigneur) et les censives et les tenures (exploitées par des tenanciers). 40 000 paroisses se partagent le territoire et s lus ou moins fortes 7 OF ag Elles gèrent les échanges entre I’ « ici-bas » et l’ « au-delà », apportent un réconfort spirituel et ont de multiples obllgatlons (« charge d’âmes école, église, presbytère, médiateur entre la ville et la campagne, entre le pouvoir du roi et les habitants).

Croyances Le calendrier parle chrétien selon une formule de Lucien Febvre. L’Eglise christianise la société. Par la messe, la confession, la communion, la connaissance minimale des prières et des commandements, les péchés, les sacrements, les « journées sont saturees de religion rythmés par le clocher. Toutefois on note une grande distance entre le dogme de l’Église et la foi vécue au quotidien, la religion des clercs, et la religion des fidèles dans laquelle le surnaturel est omniprésent (anges, saints protecteurs, diables, fées, feu follets).

Tous les évenements politiques, naturels, ou catastrophiques sont interprétés de manière eligieuse. Erasme se moque de ces pratiques. Culture « populaire » ? Religion « populaire » ? Il y a une limite floue et mouvante entre populaire et savant, religion et superstition, raison pour laquelle on ne peut pas étiqueter comme tel. Par exemple la Vierge noire, mélange de dévotions orientales, de formes iconiques de la Vierge et d’adorations immémoriales portées à la terre mère. Ces phénomènes sont expliqués par le peu d’emprise qu’avaient les hommes sur un monde angoissant.

Dans des moments de peurs et de souffrances collectives ou on ne distinguait plus rien (homme et femme, clerc et laïc, riche et pauvre). La différence est abolie face à l’ « autre h. Espace sacré, espace profane se superposent. L’espace du re le territoire, bali PAGF ag autre Espace sacré, espace profane se superposent. L’espace du village structure le territoire, balisé par de nombreux édifices religieux, espace de sociabilité (église), moment de représentation sociale (messe). Le cimetière, espace des ancêtres, mémoire du village, est un véritable espace de rencontre et de vie.

La forge, le cabaret, et la taverne, véritable « contre-église » pour les hommes ; le puits et le lavoir pour femmes et la place publique constituent les autres lieux de vie. Le temps apprivoisé, le cycle hivernal se compose de la Toussaint, de Saint Nicolas, et de Noël, autant de cérémonies, divertissements, et réjouissances. Ils sont suivis par a « fête des Fous » (jours après Noël durant lesquels tous les excès permis), la « fête des Rois la Chandeleur, Pâques, carnaval et Carême, mercredi des Cendre.

Carnaval, transgression, et révolte sont des mots très fortement liés car carnaval abolit toute distinction hiérarchique, et marque une inversion sociales et sexuelle, consacre les moqueries et l’insolence. Les violences sont ritualisées ou transgressives (moquerie du roi). Le cycle printanier et estival débute par des fêtes joyeuses pour célébrer la jeunesse et la fécondité, se poursuit par YAscension, Pentecôte, et des cérémonies pour favoriser la « bonne murison du blé Juin et le mois des mariages.

C’est aussi un moment des grandes violences (défis entre villages). On met des chats noirs dans le feu pour éloigner le malheur. En juillet et en août les travaux des champs battent leur plein. L’Assomption est un mélange de profane et de sacré. Une lutte séculaire entre culture de l’Eglise et culture folklorique pour s et de sacré. Une lutte séculaire entre culture de IE-glise et culture olklorique pour s’approprier les fêtes du calendrier agraire est en court. L’Eglise essaie d’imposer les cérémonies religieuses aux moments des fêtes profanes.

Il y a un syncrétisme du sacré et du profane qui prévaut, des conflits permanents pour tenter de maintenir un dialogue entre les hommes et les forces de l’invisible Retour au Roi La souveraineté du roi s’exprime aussi par la médiation de la paroisse, les édits sont lus pendant la messe afin de rapprocher pouvoir du roi et puissance de Dieu. Le but du pouvoir royal et de 4 sur 44 jouer de cet ensemble de structures qui ont une légitimité ncienne, pour que les gens admettent ses lois et son autorité, et afin de « gagner le cœur de ses sujets ». sur 44 Chapitre 2 : Renaissance et Réformes La France est touchée par une crise longue difficile don les prémices se font sentir dès 1280-1320. On note une baisse brutale de la population qui chute de 18 M en 1320 à 10 M en 1420 et qui s’accompagne d’une chute de la production. Parallèlement il y a une réorganisation des institutions étatiques, une obsession macabre, un bouleversement des représentations et des angoisses. La Renaissance est un processus de transformations multiples. Un beau XVIe Siècle » ?