conscience

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Lalande (20è) – « La conscience est la connaissance plus ou moins claire qu’un sujet possède de ses états, de ses pensées et de lui- meme.  » On admet que la conscience est une forme de connaissance, une connaissance de soi. Les « pensées » apparaissent comme le contenu principal de la conscience ; « lui-même » renvoie ? l’identité et donc à la connaissance de soi. Depuis ses origines, le projet de se connaître soi-même est l’ambition de la philosophie.

Socrate s’est approprié la formule de l’oracle de Delphes : « connais-toi toi-même Puis un philosophe comme Descartes ré aussi aisément, aussi e connaît elle-mêm que ces philosophes » s’agissait simpleme p g nne à connaitre pre pensée : l’âme onde. Mais ce aissance de soi e l’homme. Nous sommes avant tout un esprit. Cette thèse répond à la question « qu’est-ce qu’un homme en général », mais elle ne répond pas ? la question « qui suis-je en particulier » en tant qu’individu, en tant que sujet.

Or lorsqu’on se demande « la conscience peut-elle être connue », c’est bien de la conscience individuelle qu il s’agit, de l’homme en tant qu’individu qui s’interroge naturellement sur ses qualités personnelles, ses sentiments etc… Donc dans ce sens, u’est-ce que

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cela signifie connaitre sa conscience, se connaître soi-même ? Cette connaissance est-elle possible, a-t Swige to vie' » next page a-t-elle des limites ? Est-ce que la réflexion suffit ? Faut-il plutôt agir, faut-il plutôt se fier aux autres ? Et surtout : n’est-ce pas la quête à jamais inachevée d’une vie ?

Finalement, se connaître soi- même reviendrait surtout à connaitre les facteurs extérieurs qui nous déterminent en nous laissant l’illusion d’être une conscience individuelle maîtresse d’elle-même. « Se connaître soi-même » reviendrait-il- comme avait ironisé Socrate – à « savoir qu’on ne ait rien » La conscience peut d’abord être définie par l’intériorité, et l’intériorité par l’ensemble notre vie dite intérieure : pensées, sentiments, passions, émotions, sensations, etc. Cela suppose un « extérieur’, c’est-à-dire le monde réel par opposition au monde de la conscience.

N’oublions pas que l’adjectif « intérieur » n’est qu’une métaphore, car à l' »intérieur » de nous, il n’y a que des organes En l’occurrence l’ « intériorité » du sujet s’applique au caractère immatériel de la conscience toujours par opposition au monde extérieur, dont fait partie le corps. D’où cette opposition ntre l’âme et le corps. L’« âme » désigne le principe vivant d’une chose, ce qui anime une chose. Aristote distinguait encore une âme végétative, et il est absurde d’affirmer que les « animaux » n’ont pas d’âme.

Seulement, il leur manque sans doute l’intellect et, la conscience ‘ mol ». D’une façon générale, posséder une identité, c’est d’abord savoir que l’on existe. II y a deux vérités immédiates et incontournables que tout être humain sait de lui-même : 2 existe. II y a deux vérités immédiates et incontournables que tout être humain sait de lui-même : « Je suis » (être) et « je suis oi !  » (être-un). ‘individualité répond à « quoi », « que suis-je?  » objectivement, pour les autres. Un individu, un « soi » Plutôt qu’un « mol » La conscience de ce moi individuel n’est pas évidente.

Elle est le résultat d’un processus d’identification. La première, baptisée « stade du miroir » par le psychologue Henri Wallon, concerne le processus par lequel le jeune enfant, dès l’âge de 6 mois, parvient à la reconnaissance de sa propre image, de sa propre forme corporelle. Car, aux premiers âges de la vie, l’enfant ne perçoit distinctement que des fragments de son orps, puisque à aucun moment il n’a pu se contempler dans un miroir. L’animal placé devant un miroir, soit fait mine de ne rien voir soit se comporte agressivement comme s’il était face à un congénère.

En résumé : « je » me vois d’abord tel que je suis vu par l’autre, et en plus je ne me vois pas tel que je suis vraiment. – Kant (18è) – « Mais il est remarquable que l’enfant, qui sait déj? parler assez correctement, ne commence pourtant qu’assez tard (peut-être bien un an après) à dire Je; jusque là, il parlait de lui à la troisième personne (Karl veut manger, marcher, etc. ); et il emble que pour lui ce soit comme une lumière qui vient de se lever, quand il commence à dire Je; à partir de ce jour, il ne revient jamais à l’autre manière de parler. Auparavant il ne faisait que se sentir, maintenant il se pense ». 3 l’autre manière de parler. – Auparavant il ne faisait que se sentir, maintenant il se pense » Justement, la deuxième forme d’identification s’opère au moyen du langage. Elle Intervient beaucoup plus tard. Kant avait déj? remarqué que l’enfant jusque vers 3 ans parlait souvent de lui ? la troisième personne, qu’il ne parvenait pas à dire « je » et « me ? ou « moi » : Donc au lieu de dire je me suis fais mal » Bébé Quentin vas dire « Quentin s’est fait mal ».

Cette maîtrise une fois acquise, comporte des implications sociales et existentielles. Quand l’enfant maîtrise l’usage combiné du « je » et du « moi » son individualité s’inscrit distinctement dans la vie sociale. – Descartes (17è) – « Par le nom de pensée j’entends ce qul est tellement en nous que nous en avons immédiatement connaissance ». On ramene souvent la conscience au phénomène de la pensée prise au sens le plus large. Descartes assimile pensée et connaissance.

Le propre de la pensée, c’est de pouvoir se eprésenter des objets mais aussi de pouvoir se représenter : c’est précisément en cela qu’elle est consciente, c’est-à-dire réfléchie. Donc, pour Descartes, toute pensée est consciente, et toute conscience n’est faite que de pensée. – Descartes  » e pense donc je suis.  » Mais Descartes montre que le sujet, dans l’acte de penser, se saisit lui-même dans son existence et dans son essence. Descartes expose de manière raisonnée que: je sais que j’existe et je sais que je suis moi. Je pense donc je suis » : il y a trois vérités en u 4 j’existe et je sais que je suis moi. « Je pense donc je suis » : il y a rois vérités en une : 1) Je pense, donc je suis, j’existe (Parce que je ne peux pas douter du fait que je pense : je ne peux même pas imaginer que je n’existe pas) 2) Je pense, donc je suis bien moi, c’est moi qui pense (personne ne pense à ma place) 3) Je pense, donc je suis essentiellement un être pensant. La première de toutes les vérités, C’est la certitude dexister et d’être sois même !

Pour le démontrer Descartes procède en plusieurs étapes successives. 1)Dubito. Descartes aligne une série de doutes successifs. D’abord il part du constat que les sens nous trompent souvent, et avec eux l’imagination. Apparemment les vérités logiques et mathématiques semblent résister au doute car 2 et 3 font toujours 5. Et pourtant si l’esprit adhère à ces évidences de façon immédiate, il ignore la source de ces vérités : qui me dit que, même en raisonnant de la sorte, je ne suis pas en train de rêver ? ) Cogito. En imaginant précisément que les vérités pourraient n’avoir aucun fondement, par exemple qu’un mauvais génie pourrait s’amuser à me tromper systématiquement.. Car qu’on me trompe ou non, dès lors que je doute, au moment où je doute, une chose est sûre et certaine : c’est que je pense. Douter, ‘est penser. Donc à supposer que je pense faussement chaque fois que je pense, il est certain néanmoins que je pense, et que c’est moi qui pense, autrement dit ma conscience. )Ego sum. Ce qui nous amène à la formule complète S pense, autrement dit ma conscience. 3)Ego sum. Ce qui nous amène à la formule complète : cogito ergo surn- Si je ne peux pas douter que je pense, je ne peux pas douter non plus que c’est bien moi qui pense : personne ne peut penser à ma place ! Ily a une identification entre la pensée, l’être, et le moi. « Je pense donc je suis » n’est qu’une déduction c’est une intuition.

C’est pourquoi on ne saurait dire de la même manière et dans le même sens «je marche donc je suis » : pour marcher, il faut être, c’est logique, et pour penser il faut être aussi, c’est encore logique, mais le fait de marcher n’est pas une activité réfléchie comme le fait de penser! 4) Res cogitans. Si ma pensée se trouve à ce point liée à mon existence, ma pensée doit être en même temps le principe de mon existence. Descartes distingue deux substances : la matière et la pensée, plus une troisième qui combine les deux chez l’être humain, l’âme et du corps.

L’homme est l’union d’une âme et d’un orps, mais l’essentiel de cette nature humaine est bien l’âme. 5) Dieu existe. Considérant que la pensée est immatérielle, Descartes rejoint logiquement la thèse chrétienne selon laquelle l’âme, doit être immortelle et de nature divine. Donc si la première vérité est que j’existe, la seconde doit être que Dieu existe. Donc « Etre conscient » signifie bien dans un premier temps « être conscient de soi Ily a bien un sujet conscient qui unifie et qul rend possible la diversité de nos expériences vécues.

Mais pour l’instant cette con unifie et qui rend possible la diversité de nos expériences vécues. Mais pour l’instant cette connaissance de soi reste bien théorique et abstraite. – Sartre – « Ce n’est pas dans je ne sais quelle retraite que nous nous découvrirons : c’est sur la route, dans la ville, au milieu de la foule, chose parmi les choses, homme parmi les hommes.  » La conscience est une projection dans le monde, Or cela définit aussi bien l’existence. Vivre dans le monde, s’extirper hors de soi n’est pas seulement le fait de la conscience, cela devient même un devoir, une règle de vie.

Ce qu’on appelle conscience ne serait-il pas finalement un mode intériorisé du langage ? Il faudrait alors commencer à revoir e rôle et l’importance de la conscience.. Il faut mettre en évidence le rapport étroit entre la conscience et le langage, avec la « fonction symbolique » en général. Serions- nous conscients si nous ne pouvions nous parler à nous-mêmes « intérieurement » ? Que signifie « se représenter quelque chose » si ce n’est à l’aide des mots ? La question de savoir « comment penser sans les mots »!

D’autres, comme Hegel, ont clairement établi qu’il n’était pas question de concevoir des idées sans être capable de les exprimer clairement : une idée qu’on ne sait pas ou qu’on ne peut pas exprimer n’est tout simplement pas une idée. N’y a t-il pas en effet une sorte de conscience « collective » faite de langage qui aurait finalement plus d’impact sur moi-même que ma propre conscience, que mes propres pensées personnelles ? Ce que j’appe sur moi-meme que ma propre conscience, que mes propres pensées personnelles ?

Ce que j’appelle « ma » conscience n’est-il pas avant tout un phénomène social ? – Marx (1 9è) — « Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré donné du développement de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports forme la structure économique de la société, la fondation réelle sur laquelle s’élève un édifice juridique et politique, et à quoi répondent des formes déterminées de la conscience sociale.

Le mode de production de la vie matérielle domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle. Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur consclence. i’ Marx, avec Nietzsche et Freud, est le troisième penseur à avoir sérieusement mis en doute le statut central de la conscience chez ‘homme. pour Marx c’est la société qui fabrique et détermine usqu’à notre propre conscience personnelle, et c’est l’économie, les forces productives matérielles qui sont à l’origine des idées…

On avait cru Jusqu’à présent que la conscience, en tant qu’individuelle, était notre propriété, à l’abri de toutes les influences extérieures. Or non seulement notre conscience est déterminé par notre existe 8 ais encore elle est le déterminé par notre existence sociale, mais encore elle est le reflet de la classe sociale à laquelle on appartient. Bref ce qu’on appelle la « conscience » n’est finalement qu’un ymptôme déterminé d’une réalité sociale et historique complexe Conclusion : La conscience peut-elle être connue ?

Finalement, nous avons le sentiment de ne plus nous connaître, parce que le doute s’est installé concernant l’origine et la transparence même de notre conscience. Si l’on écoute Marx et Freud, on pourrait croire que la conscience n’est pas synonyme de connaissance mais d’illusion ! Ce n’est pas parce que le mensonge et l’illusion dominent le monde, qu’il ne faut pas résister et tenter de se libérer. Si le terme de conscience signifie quelque chose de réel, il s’accorde vec celui de connaissance au moins dans le processus de prise de conscience.

Encore ne s’agit-il pas, à proprement parler, dune connaissance de soi, mais plutôt de la réalité. Cest en effet la notion de « moi » qui pose le plus de problème : Freud a proposé la théorie de l’Inconscient psychique pour rendre compte justement des divisions du moi. Curieusement, il continue de préconiser la « connaissance de soi », à condition d’accepter justement l’existence d’une part inconnue et insaisissable du sujet, l’Inconscient. Sans la prise en compte de cet aspect, toute tentative de connaissance irrémédiablement vouée ? g