Commentaire: le gland et la citrouille

Commentaire: le gland et la citrouille

Mais, comme la comédie qui « chatte les m?ours par le rire elle porte, sous ‘apparence d’une démonstration presque scientifique [il, un message grave sur le monde et la société [il]. I. Une petite comédie 1. Une piécette en deux «actes » Le premier « acte au cours duquel le villageois veut donner une leçon à Dieu (v. 4 à 19), met en relief la prétention du paysan. Le rythme des vers – en majorité des ectoplasmes – est alerte. Le deuxième « acte » prend la forme d’une démonstration par l’expérience : c’est alors la nature qui donne une leçon au paysan (v. 0 à 31). Le rythme des vers ? en majorité des lésinerais – est plus ample et plus posé. Les vers 32 à 35 se présentent comme la conclusion de l’anecdote. Le rythme des vers (ectoplasmes) redevient alerte. Cette structure donne à la fable la forme d’une démonstration close, comme en témoigne la ressemblance entre sévi. ‘pie toi entre les vers 1 et 32 qui célèbrent la louange du Dieu créateur. 2. Un personnage de farce e personnage unique de cette piécette est un villageois.

Sa description physique est schématique et ne mentionne que des parties

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de son corps, « son nez son « poil au menton Le personnage a un comportement assez fruste. Ses paroles rapportées au style direct révèlent un parler pittoresque. La moitié de la fable est occupée par les paroles qu’il s’adresse à lui-même (v. 6 à 19), dont la tonalité présente un mélange humoristique de familiarité : le vocabulaire est parfois trivial (« barbelé ») et la syntaxe est celle du langage parlé (reprise pronominale et postposition du sujet : « À quoi songeait-il l’Auteur de tout cela ? . 6) ; de ton très théâtral et didactique : il profère une sorte de maxime un peu pédante (« Tel fruit, tel arbre, pour bien faire v. 1 1) ; plus loin, il se désigne pompeusement par la eu personne du singulier (« plus je contemple/Ces fruits ainsi placés, plus il semble à gara z il me semble]/ Que l’on a fait un quiproquo » (v. 16-19). 3. Le comique de situation : des airs de comédie délétère Menues péripéties et petits tableaux amusants se succèdent, selon des rythmes variés le lecteur imagine d’abord le villageois qui contemple la citrouille (v. -21), puis son somme sous l’arbre (un seul vers : v. 22), enfin la chute du gland – avec un gros plan sur le « nez meurtri » (v. 23-26). À cette fantaisie s’ajoute un comique du retournement 2 À cette fantaisie s’ajoute un comique du retournement de situation, celui de l’arroseur arrosé. gara n’est décidément pas l’égal de Dieu ! La mention du « quiproquo » dont Dieu serait l’origine est pleine d’humour. 4. Un mélange des tons propre à la comédie La fable aborde des sujets sérieux touchant à la question de l’homme Dieu, l’Univers »).

Son propos – le raisonnement sur les effets et les causes (« car pourquoi… ? ») – en fait une fable « philosophique Mais en même temps, le ton peut être très trivial la nature est représentée par des végétaux sans grande noblesse (gland et citrouille) ; les parties du corps auxquelles il est fait référence sont peu nobles (nez, poil). L’humour domine, marqué par le comique d’exagération hyperbole : « Son nez meurtri/Oh, oh, dit-il, je saigne ! Ah personnification : Citrouilles », « Gland » créent une sacralisation périodique des éléments de la fable ; la drôlerie des périphrases : « l’Auteur de tout cela, celui que prêche ton Curé » (z Dieu), « le dormeur » (z gara) ; le jeu sur les sonorités, censées reproduire ce dont le fabuliste parle (allitération « lourde » en g et ou avec « gland/gourde/lourd Le mélange et le décalage entre le sujet, philosophique, et la référence burlesque (la Citrouille) parodient les grands débats humains.

Cependant, derrière cette vivacité, ce ton burlesque et polaire, se cache une leçon grave. Il. Une leçon sous forme de démonstration scientifique ? 3 burlesque et populaire, se cache une leçon grave. 1. Une morale explicite clairement posée La morale explicite qui encadre la fable donne à celle-ci un caractère démonstratif. La fable commence et finit sur une assertion.

Dès les premiers vers, une vérité est posée d’emblée par La Fontaine : Dieu (cause première et premier mot de la fable) fait ce qu’il fait (évidence tautologie) et il le fait « bien Cette assertion posée comme une vérité à prouver trouve à la fin e la fable son écho, qui suggère la formule CAFÉ (« ce qu’il fallait démontrer »): « Dieu fait bien ce qu’il fait// Dieu ne la pas voulu [… ]/ En louant Dieu de toute chose 2. Une démonstration… De science expérimentale La fable prend alors des allures de raisonnement scientifique _ gara est une sorte d’expérimentateur de la nature.

Le gland qui tombe rappelle neutron. La démarche n’est pas mathématique mais bien expérimentale. Le raisonnement et la démonstration sont menés en deux temps : ère expérience : gara pose que, dans la nature, la logique n’est pas respectée. L’exemple est concret (glands dans les arbres et citrouilles qui poussent par terre) et la phase d’observation about it à une constatation 01. 17-19) confirmant le présupposé : la nature a tort (v. 6) eu expérience la chute du gland est suivie d’une observation qui about it à une nouvelle vérité, contraire à la première la nature a raison.

La conclusion renvoie au ver 4 vérité, contraire à la première : la nature a raison. La conclusion renvoie au vers 1, vérité énoncée et mise au compte de La Fontaine : en réalité, gara sert de démonstration au fabuliste. Les tournures, les faits d’écriture sont eux aussi caractéristiques de la démarche expérimentale : questions (v. 6, 14-17, 26-28), hypothèses… il. Une leçon de philosophie, de morale et de vie 1. Le regard du fabuliste : la satire de la prétention La fable est marquée par la présence de La Fontaine, qui se met en scène (« Dans les Citrouilles je la trouve Mais, surtout, il fait sentir son jugement.

I prend une distance amusée par rapport à son personnage et jette sur lui un regard ironique notre homme L’ironie tient au contraste souligné à dessein entre les deux vers qui se suivent On ne dort point quand on a tant d’esprit/il va prendre son somme il dort] ou à la désignation de « dormeur Notez bien Lorsque vous citez une expression du texte, qualifiez-la, caractérisez-la en précisant le procédé de style utilisé et commentez-la. La fable fait la caricature de l’autosatisfaction de gara (qui se met en lieu et place de Dieu).

Elle critique aussi sa rhétorique obtuse et son manque de recul dans le raisonnement. Le villageois ressemble avant l’heure – nous sommes au suivie siècle – pantalons dans le Candide de volontaire (mais, au départ, il soutient a thèse inverse : « Tout en eut été mieux » ; pour lui, tout n’est pas « pour le mieux dans le meilleur des mondes S « Tout en eut été mieux» pour lui, tout n’est pas « pour le mieux dans le meilleur des mondes À la fin, au fond, il croit désormais aux causes finales (la nature ne fait rien en vain ni de superflu), comme pantalons.

AI est devenu présidentialisme, mais aussi sottement que quand il soutenait la thèse opposée. En soulignant, à la fin de la fable, le ridicule de gara contraint d’avouer sa défaite, La Fontaine fait la satire de la prétention. 2. Une leçon sur la nature, sur Dieu et la création La fable, « végétale » et non animale, met en scène la nature, sorte d’intermédiaire qui « aide » Dieu dans sa démonstration par les faits. La nature rappelle à l’homme qui il est ; la blessure prend un sens symbolique : elle est la représentation concrète de l’infirmité intellectuelle de renommé.

Le thème central de la démonstration est bien « Dieu », nommé deux fois et désigné par des périphrases (v. 6 et 13). gara remet en question les choix du créateur. Or, il est démontré que la création est parfaite. La Fontaine participe là à un débat philosophique et scientifique ui opposait à l’époque la religion et les sciences : qui des deux régit le monde et la nature ? Dans la fable, Dieu est la antonymie de la nature, il est l’opposé de la science. gara, observateur de la nature, opte pour la science.

C’est sa logique empirique qui lui fait remettre en cause les choix de Dieu. La Fontaine trouve un moyen de concilier science et religion. 3. Une réflexion sur l’homme : leçon de bons Fontaine trouve un moyen de concilier science et religion. 3. Une réflexion sur l’homme : leçon de bons sens et d’humilité ? Plus profondément, la fable comporte une condamnation de la démesure. La Fontaine fait comprendre qu’il y a du gara en chacun de nous (« notre homme », v. 20) : nous croyons tous que notre raison égale Dieu.

La Fontaine montre aussi que la vérité n’est pas accessible tous : des esprits forts ou sots (comme gara) doutent de cette évidence. La morale ultime de la fable serait qu’il faut se taire devant cette évidence, conclusion à laquelle il about it aussi dans La Querelle des Chiens et des Chats et celle des Chats et des souris » (SI, 8). Au total, en faisant comprendre à son lecteur que l’homme n’est pas capable de rivaliser avec Dieu, La Fontaine lui donnerait une acon d’humilité, de bon sens utile, qui conseille d’accepter la nature telle qu’elle est.