Commentaire compose de la scene 1 de l’ile aux esclaves de marivaux

Commentaire compose de la scene 1 de l’ile aux esclaves de marivaux

EXPLICATION DU PASSAGE Introduction Premi? re sc? ne d’une pi? ce qui ne comporte qu’un acte. Cette sc? ne doit donc normalement remplir totalement son r? le de sc? ne d’exposition, ? tant donn? la bri? vet? g? n? rale de la pi? ce. (Rappel : une sc? ne d’exposition doit situer le contexte g? n? ral dans lequel va se d? rouler la pi? ce, donner les informations n? cessaires concernant des ? v? nements ant? rieurs au d? but de la pi? ce et donner les premiers ? l? ments de l’intrigue qui vont exciter la curiosit? du spectateur. ) I) Une sc? ne d’exposition Pr? sentation de l’utopie Une ? oque difficile ? situer : r? f? rences ? l’antiquit? , mais de mani? re assez vague (la seule r? f? rence est celle de l’esclavage en Gr? ce) ; On oublie assez facilement cette r? f? rence ? l’antiquit? et la pi? ce semble davantage se d? rouler ? une ? poque contemporaine (cf. le nom d’Arlequin, par exemple, r? f? rence ? la com? die italienne). Un lieu ? galement tr? s vague (cf. les indications de d? cor, avant le d? but de la pi?

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ce : une mer, des rochers, des arbres et des maisons). Une notation importante, celle de l’? le, caract? ristique des utopies : l’? le est un endroit isol? sans contact direct avec le monde habituel : on peut donc y ? tablir de nouvelles lois et abolir les anciennes. Mais aucune pr? cision g? ographique (situation de l’? le par rapport au reste du monde ; paysage environnant). Le contexte g? ographique n’est qu’un pr? texte ? la r? flexion d’ordre moral qui constitue l’essentiel de la pi? ce. Des personnages typiques : la com? die italienne et la com? die fran? aise – Arlequin : le type du zanni de la commedia dell’arte : valet spontan? , joyeux, apparemment sans malice extr? me. Accessoire traditionnel : la bouteille (signe ext? ieur du bon vivant). – Iphicrate : un personnage qui appartient davantage au fonds comique fran? ais. Un aristocrate s? r de sa position sociale, refl? t? e par le caract? re que lui pr? te Marivaux : ? go? sme (nombreux « je » d? s la premi? re r? plique du passage), condescendance (« mon cher Arlequin »), autorit? naturelle (nombreux imp? ratifs). Il s’agit donc de personnages comiques : la tonalit? d’ensemble de la pi? ce est ainsi donn? e sans ambigu? t?. Le d? but d’une intrigue Dans cette premi? re sc? ne qui commence par une rupture violente avec un pass? auquel le spectateur n’a pas acc? (le naufrage, l’utopie permet de lancer la probl? matique essentielle de la pi? ce : dans cette ? le o? les relations ma? tre / esclave sont renvers? es, que vont devenir les deux personnages que d? couvre le spectateur ? Au renversement concret de situation marqu? par le naufrage va peut-? tre correspondre un renversement d’ordre moral que revendique d? j? le valet, puisqu’il affirme d? s la premi? re sc? ne son refus d? sormais d’ob? ir ? Iphicrate, qui, lui, voudrait absolument fuir cette ? le. II) Le motif du couple valet / ma? tre Il est pr? sent d? s cette premi? re sc? e, sans qu’intervienne n? anmoins d’embl? e le th? me du changement de costume. Ce motif est d’embl? e plac? sous le signe du changement (essentiel du ressort dramatique de la pi? ce). Apr? s avoir compris le lien qui unissait le valet ? son ma? tre, le spectateur assiste ? la fragilisation progressive du pouvoir du ma? tre, qui trouve son aboutissement dans la revendication finale d’Arlequin. Le r? le du langage : au d? but du passage, Iphicrate associe ? troitement le sort du valet au sien : emploi du « nous », tout en montrant d’embl? e que seul lui importe son bonheur (trois emplois de « je »).

Le changement de situation sociale se manifeste par le passage du vouvoiement et du tutoiement dans les propos d’Arlequin, alors que son ma? tre le tutoie d’un bout ? l’autre de la pi? ce. Un changement qui symbolise une relation plus ? galitaire entre les personnages (mais qui ne durera qu’un temps, puisqu’? l’issue de la pi? ce, Arlequin vouvoiera ? nouveau son ma? tre). La fragilit? du pouvoir d’Iphicrate : elle appara? t d’abord dans l’? volution du comportement d’Iphicrate ? l’? gard de son valet : apr? s avoir donn? du « mon cher » ? son valet, il se laisse gagner par la col? re (cf. a didascalie « retenant sa col? re ») et injurie Arlequin (« esclave insolent ») et il lui prend m? me l’envie de tuer son ancien esclave (cf. la derni? re didascalie : « l’? p? e ? la main » : apparition de la violence d’ordre physique). Elle appara? t ensuite dans les r? flexions d’Arlequin : sans son gourdin, son ma? tre a perdu de sa force ; dans les r? flexions d’Iphicrate lui-m? me : il a besoin de « ses gens » ; on s’aper? oit plus loin que, m? me, il n’existe pas vraiment sans eux. Enfin, elle appara? t dans le comportement d’Arlequin qui passe de l’ironie badine (ordinaire chez ce personnage italien) ? ‘accusation s? rieuse (insistance de la didascalie sur ce changement : « d’un air s? rieux »). Le personnage fait ici preuve d’une grande capacit? de r? flexion, inattendue pour le spectateur (habitu? ? voir des Arlequins sur sc? ne), en faisant co? ncider l’id? e de souffrance et celle d’acquisition de la raison : la souffrance rev? t une valeur p? dagogique (une id? e qui sera d? velopp? e ? d’autres moments de la pi? ce). Conclusion Une sc? ne qui joue bien son r? le de sc? ne d’exposition, puisque le spectateur est d? s lors tenu en haleine : le ma? tre va-t-il tuer le valet ? Si non, comment r? agira-t-il ? a nouvelle condition d’esclave ? Comment Arlequin se comportera-t-il, en tant que nouveau ma? tre ? Qui sont ces « camarades » que le valet va retrouver ? Une sc? ne qui pose d’embl? e un probl? me fondamental dans la pi? ce : les relations ma? tres / esclaves : leurs fondements, leur l? gitimit? (ou leur ill? gitimit? ), leur fragilit?. Mais elle semble promettre de traiter cette grave question non pas de mani? re superficielle, mais en gardant une tonalit? comique. Les personnages ? voluent sans cesse ? la fronti? re du mensonge. Th? matique du th?? tre dans le th?? tre sous plusieurs formes : – la farce : on se d? uise pour faire « une farce » ? quelqu’un ; – la mise en place d’une com? die : ? change des r? les ; – la r? p? tition d’une pi? ce sur sc? ne. Cf. Jouvet : « pour jouer Marivaux, il faut jouer qu’on joue.  » Cf. plus tard, Pirandello : rapports entre fiction et r? alit? (et v? rit? ). Mais il ne s’agit pas d’utopie politique : l’ordre des choses est r? tabli ? la fin de la pi? ce. Pourtant, certains ont cru ? la port? e politique des pi? ces ; cf. jugement de Sainte-Beuve sur L’? le des esclaves : « Ce sont les saturnales de l’? ge d’or. Cette petite pi? ce de Marivaux est presque ? l’avance une bergerie r? volutionnaire de 1792. «