comment rendre compte la mobilité sociale?

comment rendre compte la mobilité sociale?

Chapitre 7 – Comment rendre compte de la mobilité sociale ? Dans ce chapitre nous allons nous intéresser à la mobilité sociale et à la question de sa mesure, avant de tenter de comprendre quels sont les principaux déterminants de cette mobilité. 1) Comment mesurer la mobilité sociale ? Les sciences sociales étudient de nombreux types de mobilité. On peut par exemple étudier la mobilité géographique (étude des migrations, des changements de résidence).

Nous nous intéresserons dans ce chapitre exclusivement à la mobilité professionnelle (l’emploi étant une dimension essentielle du tatut social) et en pa intergénérationnelle. Définissons quelqu Position sociale : II s’ Origine sociale : Il s’a individu. OF Swipe View next Oti fessionnelle e p éder : elle d’un individu. arents d’un Reproduction sociale : On parle de reproduction sociale lorsque position sociale et origine sociale d’un individu sont identiques.

Mobilité sociale : On parle de mobilité sociale lorsque position sociale et origine sociale d’un individu diffèrent. Mobilité ascendante (aussi appelée Promotion Sociale) : Quand la position sociale de Hindividu a un statut supérieur à son origine sociale. Mobilité descendante (aussi appelée Démotion Sociale) : Quand la position sociale de Pindividu a un statut inférieur à son origine Mobilité

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horizontale : Quand bien q to Wew next page que l’individu occupe une position différente de ces parents, celle- ci a un statut équivalent.

Comment sont réalisées les enquêtes sur la mobilité sociale ? Pour étudier la mobilité sociale, l’INSEE utilise les tables de mobilité (on dit « les » car comme nous allons le voir par la suite il y en a deux : table de destinée et table d’origine). pour construire ces tables, on ne s’intéresse pas à l’évolution des professions de a vie d’un individu mais à la profession qu’il occupe par rapport ? celle de ces parents.

On étudie en fait uniquement la mobilité intergénérationnelle et non la mobilité intra-générationnelle. Étant donné que la profession peut évoluer, on recense par convention la profession du père à la fin des études de l’enfant et la position du fils à un âge compris entre 40 et 59 ans (en effet, plus on avance dans la vie professionnelle et plus la mobilité intra-générationnelle est faible, le faire à plus de quarante ans assure donc une certaine fiabilité).

Quels problèmes pose cette méthode ? Certains sociologues du genre (dans les années 1970 et 1980 notamment) ont critiqué cette méthode en soulignant qu’elle ne prenait pas en compte les femmes, ce qui conduisait à des biais statistiques et à ce que les phénomènes observés dans les tables ne soient pas représentatifs de la réalité. par exemple, un foyer ou seul Phomme travaille et un foyer où les deux parents travaillent n’aura pas le même revenu.

Ceci conduit à ce qu’on considère dans la même catégorie deux groupes hétérogènes et que donc qu 0 Ceci conduit à ce qu’on considère dans la même catégorie deux roupes hétérogènes et que donc qu’on gomme voire fausse les observations. Cette critique est d’autant plus importante que l’on a assisté à une féminisation du marché du travail. Toutefois, cette critique doit être atténuée par le fait que le statut de la femme est très souvent lié à celui de son conjoint (ce qui est lié à l’endogamie) et que très peu de femmes sont inactives toute leur vie.

Quoiqu’il en soit, l’approche et la méthode quantitative décrites ci-dessus restent dominantes pour Pétude de la mobilité sociale, bien que de plus en plus des études qualitatives soient faites celles-ci s’attachent par exemple à reconstituer un historique de la vie professionnelle, mais présentent évidemment l’inconvénient de ne pas fournir des données aussi synthétiques et faciles à analyser). Quelle différence entre table de destinée et table de recrutement ?

Nous avons mentionnée qu’il y avait deux tables de mobilités : la table de destinée et la table de recrutement. Voici un exemple de table de mobilité . Dans cette table de mobilité, on peut analyser les résultats soit en ligne, soit en colonne. Intéressons-nous au chiffre 310 (3ème ligne, 3ème colonne): Quand on lit ce chiffre en colonne, on peut dire que sur 1 31 8 000 fils cadres, 310 000 avaient un père qui était cadre et 144 000 un père ouvrier.

C’est la table de recrutement : on s’intéresse ? l’origine des fils. Quand on lit ce chiffre en ligne, on peut dire que sur 590 000 pères cadres à l’origine des fils. pères cadres, le fils (on rappelle que ce sont les fils qui déclarent le métier de leur père dans l’étude, il n’y a donc par construction qu’un fils par père) de 310 000 d’entre eux est aussi cadre et le fils de 52 000 d’entre eux est ouvrier. C’est la table de destinée : on ‘intéresse à ce que deviennent les fils de cadres.

Piège : Comme les effectifs de chaque catégorie ne sont pas les mêmes, il faut toujours raisonner en proportion. Montrons le problème partir d’un exemple issu de la table précédente. Il y a plus de fils ouvriers qui avaient un père cadre que de fils artisans qui avaient un père cadre (52 000 contre 37 000) mais une fois ramené en proportion on remarque que 11. 6% des fils artisans avaient un père cadre alors que seuls 8. 8% des fils ouvriers avaient un père cadre. Comment calculer la mobilité observée ?

Définition : Mobilité observée : Cest la mobilité observée dans les tables de mobilité. On la mesure grâce aux taux absolus de mobilité. Nous verrons par la suite que quand on s’intéressera aux déterminants de la mobilité on devra expliquer cette mobilité observée par la mobilité nette et par la mobilité structurelle. Formule : Mobilité observée = 100 * (Effectif total – effectif de la diagonale)/Effectif total Ainsi, dans notre tableau on obtient que la mobilité est de 100 * (7047-(1373 + 108 +263 +310 + 182 + 64. 9%. Il s’agit du dernier taux de mobilité que l’on a (il date de 2003). Ce 4 0 182 + = 64. 69%. Il s’agit du dernier taux de mobilité que l’on a (il date de 2003). Ce taux augmente sur le long-terme puisqu’il était de en 1970 et de 49% en 1953 mais il s’est stabilisé ces dernières années. Cependant, cette mobilité observée correspond à un indicateur de mobilité de la société et non pas d’une catégorie particulière. Il s’agit en quelque sorte d’un taux absolu de mobilité.

Pour comparer des catégories, on peut mesurer la dépendance entre l’origine et la position sociale par le « odds ratio » (en français : méthode du rapport de chances relatives). Cette mesure orrespond à ce que Pon appelle la fluidité sociale, c’est-à-dire la mobilité d’une catégorie sociale par rapport à une autre, ce qui correspond à un taux relatif de mobilité. Comment se calcule-il en pratique ? Faisons-le à partir d’un exemple issu de notre table de mobilité.

On veut comparer les chances qu’ont les fils d’ouvriers de devenir cadre et les chances qu’on les fils cadres de devenir cadres. Notons q la proportion (en de fils de catégorie ouvrier qui sont cadres et p la proportion de fils de catégorie cadre qui sont cadres. La formule est alors ou encore Dans notre cas, c’est donc (52. 5/47. 5) / 10/90) = 9,9. Ainsi, un fils de catégorie cadre a 9. 9 fois plus de chances d’être cadre qu’un fils de catégorie ouvrier.

La méthode de calcul n’est pas forcément à connaître par cœUr, par contre il faut retenir que ce rapport ne dépend pas des effectifs mais des pr connaitre par cœur, par contre il faut retenir que ce rapport ne dépend pas des effectifs mais des proportions. Astuce : On peut retenir que la fluidité sociale est un indicateur des « chances de » et non pas le « nombre de Si l’on fait les calculs, on peut remarquer que les Individus qui connaissent une mobilité sociale verticale (ascendante ou escendante) connaissent plus souvent des trajets courts que des trajets longs.

Ceci signifie qu’un individu tend davantage à être dans la catégorie juste au-dessus ou juste en-dessous de celle de son père que dans une catégorie très éloignée (l’exemple typique est celui du fils d’ouvrier devenant employé). Avant de passer aux déterminants de la mobilité sociale, montrons que les tables de mobilité souffrent tout de même de certaines limites pratiques (en plus des limites liées à la méthodologie vue ci-dessus) : Elles ne prennent en compte que la population masculine entre 0 et 59 ans et ne concernent donc pas toute la population active (seulement environ 25%).

Le statut social de la même position peut évoluer au cours du temps. Par exemple, être professeur aujourd’hui n’a pas le même statut qu’il y a 30 ans. On dira qu’il y a eu reproduction sociale si un fils de professeur est aussi professeur mais pour autant son statut social n’est pas forcément le même. Catégoriser en CSP reste relativement imprécis et cache certains détails (mais subdiviser davantage est compliqué). 2) Les déterminants de la mobilité sociale Comment expliquer la mobilité et l’im 6 0 ompliqué).

Comment expliquer la mobilité et l’immobilité sociale ? Tout d’abord il nous faut comprendre que de par même les évolutions de la structure de l’emploi, les individus connaissent une certaine mobilité. Par exemple, les fils d’agriculteurs sont quatre fois plus nombreux que le nombre total d’agriculteurs en France, ils ne peuvent donc pas tous être agriculteurs. À l’inverse, les cadres ont généralement relativement peu d’enfants hors le nombre de cadres dans la société augmente.

Par conséquent, certains fils cadres doivent être logiquement issus de parents d’autres catégories. Les grands mouvements liés à la mobilité structurelle sont donc dus à des taux de fécondité différents selon les CSP (par exemple les agriculteurs ont en moyenne plus d’enfants que les cadres) et à l’évolution du marché du travail (disparition des emplois agricoles au profit des emplois ouvriers, puis des postes ouvriers au profit des employés avec la tertiairisation).

Globalement, cette mobilité structurelle a été responsable ces dernières années d’une certaine mobilité ascendante puisqu’on a assisté au développement des cadres et professions intellectuelles supérieures et des professions ntermédiaires parallèlement au déclin des agriculteurs, des artisans, commerçants et chefs d’entreprise et des ouvriers. Le reste de la mobilité correspond à la mobilité nette.

Notons aussi que de plus en plus, la peur du déclassement anime les individus, notamment parce que la plus grande plus en plus, la peur du déclassement anime les Individus, notamment parce que la plus grande mobilité sociale signifie aussi qu’il y a aussi davantage de mobilité sociale descendante. Définition : Déclassement : Descente d’un individu dans Féchelle sociale. Il peut être intergénérationnel, intragénérationnel ou ncore scolaire (le niveau de diplôme devrait conduire à des postes socialement plus reconnus que celui que l’individu occupe, par exemple un individu ayant un bac + 5 travaillant dans un fast- food).

De nombreux débats concernent cependant la reproduction sociale que l’on attribue généralement en grande part aux inégalités scolaires (mesurée par les inégalités de diplôme notamment). Ainsi, on remarque que les inégalités de diplôme sont assez prégnantes dans la société. Par exemple, de 1964 à 1968 un fils de cadre avait 75% de chances d’obtenir son baccalauréat contre eulement 20% pour un fils douvrier. La massification scolaire et l’école républicaine et méritocratique n’ont donc pas permis de faire disparaître les inégalités de réussite scolaire.

Comment expliquer ces inégalités ? Par le coût financier des études? Si intuitivement, il semble que le fait de disposer de parents qui peuvent financer les études est un avantage considérable, dès les années 1940 les sociologues se sont rendus compte que ce n’était pas le facteur le plus déterminant, notamment parce que les inégalités apparaissaient avant même que ne se posent ce genre de questions (avant l’âge inimum légal de fin des études).

De B0 même que ne se posent ce genre de questions (avant l’âge minimum légal de fin des études). De plus, des systèmes de bourses ou de prêts à taux faibles pour les étudiants ayant les meilleurs résultats scolaires diminuent l’importance de ces considérations. par la possession dun capital culturel ? C’est du moins la thèse que défend le sociologue Pierre Bourdieu. En effet, la réussite scolaire serait liée à la possession de capital (il en existe différents types mais on s’intéressera seulement au capital culturel).

Or, our lui, la culture inculquée par le système scolaire correspond à celle des catégories sociales supérieures (on pourrait parler de culture savante) et cela favorise donc les enfants issus de ces milieux-là. Le système scolaire participerait donc à la reproduction de ces inégalités tout en les légitimant (puisque l’on pense que l’école est méritocratique, ces inégalités ne seraient dues qu’au travail). Par les choix d’orientation ? C’est du moins ce que considère Raymond Boudon.

En effet, l’origine sociale d’un individu va l’influencer dans ses choix. Considérons deux bacheliers brillants colairement, Fun fils de cadre et l’autre fils d’agriculteur. Le premier, parce que les attentes de sa famille en terme de poursuite d’études sont importantes (elle ne s’imagine pas qu’il n’en fera pas) va par exemple choisir sous la pression de son milieu (consciemment ou inconsciemment) de faire une classe préparatoire pour ensuite intégrer une Grande École.

Le second qui ne connaîtra pas forcément beaucoup qui ne connaîtra pas forcément beaucoup de gens ayant fait des études supérieures, va peut-être décider de ne pas les poursuivre ou de faire un diplôme moins valorisé. À niveau scolaire ?quivalent, c’est la différence de groupe de référence (notion déjà mobilisée en première) qui va alors perpétuer les inégalités scolaires. D’autres facteurs ?

Beaucoup d’autres facteurs ont pu être mobilisés pour expliquer ces inégalités. En voici quelques exemples : catégories les plus modestes ont en général plus d’enfant (et donc moins de temps et d’argent par enfant ? consacrer pour les aider et leur inculquer du capital), lien entre réussite professionnelle et scolaire (des parents ayant bien réussi professionnellement sans avoir réussi scolairement vont parfois oins inciter leurs enfants à poursuivre leurs études), etc.

Notons toutefois que le diplôme n’est pas une garantie pour avoir un statut social élevé, comme montré par exemple en Seconde (Chapitre : Le diplôme, un passeport pour l’Emploi Ainsi, de nombreux individus ayant un niveau de diplôme identique ou supérieur à celui de ses parents ne vont pas occuper une position sociale supérieure. C’est ce qu’on appelle le paradoxe d’Anderson, du nom du sociologue américain Charles Anderson. Le débat concernant la dévalorisation ou non du diplôme occupe aujourd’hui le centre des débats entre de nombreux sociologues. 0 0