Comment devient-on citoyen?

Comment devient-on citoyen?

La citoyennete Problematique : Comment devient-on citoyen ? Introduction : La citoyennete designe la qualite du citoyen, c’est-a-dire le membre d’un Etat considere du point de vue de ses droits et de ses devoirs civils et politiques. Pour comprendre la citoyennete en general et les specificites de la citoyennete francaise en particulier, il faut analyser les conditions et le contexte dans lesquels elle emergea au XIXe siecle. La citoyennete est intimement liee a la notion de democratie. La citoyennete ne peut etre concu ors du champ protecteur qu’offre la democratie et qui garantit la liberte et l’egalite. En effet, comment concevoir citoyennete sans le vote, et donc l’egalite. La citoyennete a donc ete Si on s’interesse a l’histoire du vote on s’apercoit que le moment cle est le XIX° siecle. Cette histoire du vote est marquee par un paradoxe qui decoule du fait que le vote a ete introduit dans les systemes politiques europeens avant que l’on sache ce qu’etait le vote. Les francais sont devenus des electeurs que bien apres que ce systeme du vote ait ete mis en place. L’apprentissage du vote se fait au XIX° siecle. * Comment imaginer la citoyennete sans le debat publique, et donc la liberte.

La question de

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la citoyennete ne regroupe pas seulement les droits et devoirs qui sont rattaches mais aussi les conditions d’acquisition de cette citoyennete. La definition formelle et informelle est ici interrogee. Un debat ardu a depuis la revolution francaise transforme a plusieurs reprises notre perception de ce qu’est un citoyen. Ce qui en decoule, c’est une diversite dans la conception meme de la citoyennete. En particulier sur les modalites d’acquisition de celle-ci et la question de l’adhesion ou non a des valeurs communes.

Des lors il faut differencier la citoyennete autant que notion abstraite, et la citoyennete dans les faits. * Aujourd’hui la question n’est plus de definir des droits et devoirs abstraits et relies a la citoyennete mais de questionner la maniere dont on devient aujourd’hui citoyen et les difficultes qu’apportent des influences qu’un monde multiculturel. Mais si aujourd’hui d’un point de vue purement theorique, la question du vote ne pose plus de probleme, il n’en reste pas moins que la construction de la citoyennete et du vote a ete progressive (I), et d’un point de vue factuelle, l’acces la citoyennete reste problematique (II).

I. La citoyennete : une notion a la construction progressive La citoyennete est intimement liee au droit de vote. Or l’histoire du vote trouve son tournant au XIXeme siecle. En effet, si le ce droit fut accorde bien plus tot, ce qu’est le vote moderne trouve racine dans un affrontement conceptuels sur le suffrage et ses formes (A) qui a des implications sur la production du votes (B). A. Le suffrage et ses formes : un affrontement conceptuel En effet, si l’idee du droit de vote est admise par tous aujourd’hui, qu’est-ce qu’etre un citoyen et quel sens donner au vote fut ong a determiner. Dans un premier temps il fallut regler le debat sur la forme du suffrage (1), mais hormis ce debat conceptuel, dans un second temps il s’est avere necessaire d’operer un apprentissage de cette citoyennete (2). 1. Un debat conceptuel : la forme du suffrage * Ce debat debute en France avec la Revolution francaise et il porte sur la raison d’etre du vote. La question porte alors sur la finalite du vote. Deux conceptions vont alors s’affronter : * Une conception qui considere que la raison d’etre du vote est d’assurer le regne de la Raison. L’autre these defendue consiste a dire que le vote doit permettre a tous les citoyens de participer a la vie publique. Dans le premier cas on s’inscrit dans la tradition liberale de la democratie, et dans le second cas, on s’inscrit dans la tradition participative de la democratie. * La tradition liberale de la democratie : * Le vote n’est pas un droit accessible a tous les citoyens. Le vote est une fonction qui doit etre reservee a une partie des citoyens qui disposent des qualites qui leur permettront de choisir les gouvernants les plus competents.

Le droit de vote doit etre reserve « aux actionnaires de la grande entreprise sociale » (Sieyes). C’est en vertu de cette vision du vote que le suffrage restreint va etre utilise en France de 1789 a 1848. * Reste la question du critere discriminant. D’une part on retrouvera un suffrage censitaire base sur la richesse, car les riches en s’enrichissant ils ont montres qu’ils avaient des competences. Le vote est reserve aux citoyens payant un certain nombre d’impots. D’autre part, ce droit doit etre ouvert aux plus competents donc les individus qui de par leurs etudes et leur profession ont demontres leurs competences.

D’ou la reforme de 1861 qui ouvre le droit de vote aux les individus qui exercent des professions attestant de leurs competences intellectuels (professions liberales, les officiers generaux, les universitaires…) * La tradition participative de la democratie : * Le vote est un droit auquel tous les citoyens doivent acceder. Cette conception emerge tardivement. En 1793 comme en 1848, sa mise ne place du suffrage universel se fait par pression de la rue. Cette conception du vote comme un droit fait peur aux elites de l’epoque, c’est un danger de la stabilite sociale, qui peut remettre en cause la Republique comme en 1849.

Cela prouve pour les liberaux que le Peuple ne protege pas necessairement ses interets. * Les effets du suffrage universel ne seront identifies qu’apres coup en France. Pour les autres pays europeens, contrairement a la France, l’instauration du suffrage universel va se faire plus progressivement par une ouverture progressive du suffrage censitaire. 2. La citoyennete : un apprentissage * La conception moderne du vote, dans laquelle le vote est concu comme l’occasion donnee a chaque citoyen de faire un choix politique, d’exprimer une opinion politique, ne s’impose que tres rogressivement au cours de la periode 1870-1914. Dans un premier temps, deux conceptions s’affrontent : * La conception communautaire du vote. Pour les citoyens l’enjeu de l’election ce n’est pas d’exprimer une opinion politique mais d’affirmer une appartenance a la communaute dans laquelle ils vivent. Lors des elections les electeurs vont alors voter de maniere « collective » pour le meme candidat. Ce qui a pour consequence que jusqu’a la II° Republique la moitie des deputes sont elus soit des le premier tour soit sont elus directement car il n’y a pas d’opposants. * La conception « clientelaire » du vote.

Les electeurs considerent que le vote est pour eux l’occasion de marchander leur voix et d’essayer d’obtenir de la part des candidats des avantages materiels individuels ou des avantages materiels collectifs. On va donc tout naturellement retrouver a l’Assemblee Nationale des « deputes muets » car une fois elus ils considerent qu’ils n’ont pas ete elu a l’Assemblee Nationale pour discuter politique. Les notables vont apparaitre comme les candidats les plus a meme de negocier les avantages promis. * Ces deux conceptions du vote sont tres fortes jusque dans les annees 1870.

Elles vont commencer a etre remises en cause a mesure que vont participer aux elections electorales des hommes politiques et mettre en avant des idees qu’ils defendent car c’est la seule chose qu’ils ont a offrir. Ces nouveaux hommes politiques, pour mener a bien leurs campagnes, vont avoir besoin de soutien financier d’un parti politique national. En contrepartie de ce soutien, le candidat qui se presente aux elections devra defendre le programme politique du parti. En 1914 se met en place la conception ou l’election est consideree comme un moment ou les electeurs prennent position sur des questions politiques nationales.

On assiste au mecanisme de politisation des elections. Dans le cas de la France, les citoyens ont ete electeurs avant d’avoir une idee precise de ce qu’etait etre electeur. B. Les implications sur la production des votes La production des votes fait l’objet d’une sous discipline de la science politique a savoir, la sociologie electorale. Celle-ci a pour but d’identifier et de quantifier les contraintes qui pesent sur la participation politique des citoyens (1) et les determinants du vote (2). 1. La participation politique : des inegalites persistantes

Les regimes democratiques reposent tous sur l’idee que tous les citoyens sont forcement attentifs aux questions politiques et ont une opinion politique. La sociologie electorale montre que meme si on met en place une egalite juridique entre les citoyens, il existe malgre tous des inegalites entre eux. Un certain nombre de facteurs sociaux pesent sur le rapport des citoyens avec a politique. Il existe deux types de facteurs sociaux : – Les variables bio-sociales : L’age des citoyens et leurs sexes qui influent sur la participation des citoyens.

Cette participation s’explique par differents types de comportements. L’age et le sexe influent sur la place que les individus pont dans la societe. Jusque dans les annees 1980 les femmes etaient moins inseres socialement que les hommes. C’est cette place dans la societe qui influe la participation des citoyens a la vie politique. La participation est maximale pour les citoyens entre 35 et 65 ans car ils ont une stabilite professionnelle et familiale : c’est la periode l’age de la maturite politique.

Depuis les annees 1980, les taux de participation des hommes et ceux des femmes tendent a se rapprocher car la maniere dont les femmes se sont inserees dans la societe se rapproche de celle des hommes. * Les variables culturelles liees a l’education des citoyens : Les regimes democratiques reposent sur l’attribution du droit de vote a l’ensemble des citoyens. Juridiquement les democraties ont faits de l’egalite des citoyens devant le droit de vote un de leur principe fondateur. Pour Daniel Gaxie, malgre la suppression des obstacles juridiques, des inegalites sociales subsistent.

Il y a une difference du taux de participation selon le milieu social. En 1970, 68% des cadres superieurs se declarent interessaient par la politique alors qu’ils ne sont que 25% des agriculteurs a l’etre. C’est le niveau d’education qui determine la competence politique des individus. La competition politique obeit a des regles qui lui sont propres. Les hommes politiques utilisent des enjeux, un vocabulaire qui n’est pas accessibles a tous les citoyens. Le niveau d’education des individus determine les chances qu’ils ont de s’interessaient ou pas aux questions politiques. 2. Le vote : des determinants sociologiques

Quand les citoyens votent ils expriment la position qu’ils occupent au sein de la societe. Le vote est sociologiquement determine. P. Lazarsfeld dans « The people’s choice » qui traite de la reelection de Roosevelt, pose les questions suivantes : * Comment les electeurs americains votent ? * Les moyens de communications et la campagne electorale influent ils sur le choix des electeurs ? * Quand les citoyens votent, font-ils un choix politique raisonne ? Pour lui, les electeurs en votant expriment uniquement les caracteristiques de leur rang social, leur situation geographique (identite regionale,…).

Il en deduit qu’il y a deux grands types d’electeurs aux Etats-Unis : * Les electeurs catholiques, issus de milieux modestes et vivent a la montagne. Ces electeurs votent, trois fois sur quatre, democrate. * Les electeurs protestants, urbains, issus de milieux aises votent republicain. Lors des elections les resultats sont quasiment acquis avant meme le debut de la campagne electorale. L’Ecole du Michigan, en 1960, a publie une etude dont l’une des conclusions etaient : « on ne choisit pas plus pour qui on vote que l’on ne choisit sa nationalite ou sa religion ».

Le vote des parents influent sur le vote des enfants. L’enjeu est avant tout d’affirmer une identite. Transition : Si tous les citoyens ne sont pas egaux face au vote et n’ont pas les meme capacites, s’ouvre alors la question de l’acces a la citoyennete. En particulier, le debat se porte sur l’acces des immigrants a la citoyennete. A ce titre, deux modeles se concurrencent. Avec d’une part le modele francais republicain et le modele anglo-saxon multiculturel. C’est donc l’objet de la seconde partie. II. L’acces a la citoyennete : une concurrence entre deux modeles

Ce qu’on appelle modeles de citoyennete fait reference a la capacite des Etats a incorporer les populations immigrantes au sein de la communaute nationale. C’est la conception collective de la citoyennete de Brubaker. Ces modeles ont alors une dimension legale (A) et une dimension culturelle (B). A. La dimension legale : des inegalites formelles On peut distinguer deux modeles principaux qui ont construit la vision europeenne de la nationalite d’un point de vue legal. Leurs constructions ideologiques et historique a ete determinante dans notre conception moderne de la nationalite.

Meme si de maniere factuelle, ces modeles ces modeles ne s’appliquent plus et recouvrent des realites diverses, on va aborder, le modele francais dit du droit du sol (1), et le modele allemand du droit du sang (2). 1. Le modele francais : le droit du sol * Le modele republicain francais se fonde sur une conception republicaine, politique, contractuelle, civique de l’Etat. Le principe sur lequel on se fonde pour accorder la citoyennete est le droit du sol (jus solis). * Ce modele repond a une construction historique qui commence avec la revolution francaise : La constitution de septembre 1791 : « Sont citoyens francais ceux qui sont nes d’un pere francais ; ceux qui nes d’un pere etranger ont fixe leur residence dans le royaume ; ceux qui nes a l’etranger d’un pere francais viennent se fixer en France apres avoir prete le serment civique » Cette conception purement jus sanguinis est deja contre balance dans les faits, et la nationalite francaise est attribue aux etrangers « qui par leurs sentiments, leurs ecrits et leur courage s’en sont montres dignes » (decret du 26 aout 1792). En 1803, c’est le triomphe du droit du sang, ainsi le code civil au sujet de la jouissance des droits civils institue le jus sanguinis comme critere exclusif d’attribution de la nationalite francaise a la naissance. * Par la loi du 7 fevrier 1851, est mis en place le « double droit du sol » : desormais, l’individu ne en France d’un pere etranger lui-meme ne en France est Francais des la naissance. Cependant, il garde la possibilite, a sa majorite, de repudier cette nationalite francaise s’il le souhaite. * Par la loi du 26 juin 1889, la possibilite de repudiation de la nationalite est supprimee.

De plus, desormais l’enfant ne en France de parents qui ne le sont pas devient francais automatiquement a sa majorite. *  Par la loi de 1927, la nationalite est attribue par le jus solis, la naturalisation et le mariage : un enfant d’etranger peut devenir francais avant la majorite par simple declaration, un etranger peut solliciter une demande de naturalisation apres trois ans de sejour et non plus dix, enfin, les femmes francaises se mariant avec un etranger ne perdront plus la nationalite francaise. * Apres-guerre, on assiste a l’elargissement du jus sanguinis a la mere. La situation actuelle : Le code de la nationalite integre plusieurs criteres d’attribution de la nationalite francaise. * Le droit du sang (« est francais l’enfant dont l’un des parents est francais »). * Le droit du sol (qui s’exprime a la majorite de facon automatique et avant suivant certaines demarches). * Le mariage peut entrainer l’obtention de la nationalite francaise par une declaration aupres du tribunal d’instance apres un an de mariage. * La naturalisation est une demarche individuelle d’une personne etrangere vivant au moins depuis cinq ans en France.

Cette demande est deposee en Prefecture et doit repondre a certains criteres. Le dossier est etudie, rejete ou accepte. Dans le denier cas, un decret est pris par le Premier Ministre qui est publie au Journal Officiel. * Mais il est faux de pretendre que la France est le pays du droit du sol par vertu excessive. Si on ne peut nier que la vocation universaliste de la republique francaise est indeniable, la France a ete un modele europeen au XIXe siecle pour l’introduction du droit du sang dans le Code civil. Le ralliement au droit du sol n’est survenu qu’en 1889, motivee en grande partie par des preoccupations demographiques et militaires. . Le modele Allemand : le droit du sang * Le modele allemand, quand a lui, repond a une conception de la communaute nationale en termes ethno-culturels avec une importance accordee a l’histoire, a l’identite commune, a l’existence d’un peuple allemand. Le principe sur lequel on se fonde pour accorder la citoyennete est le droit du sang (jus sanguinis). * En illustration, la question de l’Alsace-Lorraine apres l’annexion Allemande en 1871. Les penseurs allemands justifiaient les revendications territoriales en des termes ethnoculturels (langue, traditions, mode de vie).

Alors que les penseurs francais « Les Alsaciens sont Francais parce qu’ils veulent l’etre »). * Si en France, la Nation s’est construite dans le cadre institutionnel et territorial de l’Etat, en Allemagne, la Nation se concoit comme une communaute organique de culture, de langue et de race, ou le sentiment national est anterieur a l’Etat Nation. * Ces conceptions se retrouvent dans le mode d’attribution de la nationalite : * La Prusse a adopte le jus sanguinis sur le modele francais, par la suite, l’Allemagne a maintenu cette preference. Ceci s’explique par le fait la fin du XIXeme, l’Allemagne est devenu un pays a la demographie dynamique et surtout un pays d’emigration : 3,5 millions d’Allemands vivent a l’etranger en 1910. Ainsi, le maintien du jus sanguinis permet aux allemands immigres a l’etranger de transmettre leur nationalite a leurs enfants. * Les lois nazies vont renforcer cette idee d’une approche raciale de la nationalite chez les Allemands. * La question du droit du sol s’est pose dans les annees 1990 quand l’Allemagne, enfin reunifiee et devenue desormais une terre d’immigration, a decide d’introduire le droit du sol dans son code de la nationalite en 2000.

La coexistence du jus sanguinis et du jus solis s’inscrit desormais a l’echelle europeenne. La creation d’une citoyennete europeenne a pour la premiere fois dissociee la citoyennete et la nationalite (des etrangers residant en France et membres d’un des pays de L’Union Europeenne peuvent voter a certaines elections francaises). Transition : Mais la question des identites nationales demeure encore sensible au sein de l’Union europeenne. Car helas de nos jours on n’est pas encore a l’abri de nouvelles polemiques sur le code de la nationalite.

Pour preuve les propositions aux Pays Bas, en France et ailleurs en Europe de retirer la nationalite a des citoyens issues de l’immigration ayant une double nationalite ou encore s’ils ont des comportements delictueux ou criminelles repetes. Ce qui nous amene a considerer au-dela de la dimension formelle, la dimension culturelle et informelle d’acces a citoyennete et les inegalites et autres difficultes qu’elle pose. B. Une dimension culturelle : des inegalites et des difficultes informelles La dimension informelle et culturelle consiste dans les obligations mposees par l’Etat aux immigrants pour qu’ils puissent appartenir de fait a l’espace national (Koopmans). Selon la theorie normative (Taylor), elle prend deux formes. A savoir (1) le monisme culturel (l’assimilation) et (2) le pluralisme culturel (le respect de differences). 1. Le monisme culturel : une gestion republicaine des differences culturelles * D’un point de vue ideologique et historique : l’assimilation * Le modele republicain francais dissocie la sphere privee et la sphere publique pour fonder l’identite nationale sur des principes universels. * C’est epouser la culture francaise qui prime et non le lien de sang.

La France pendant tres longtemps a nie la difference culturelle pour s’acharner a assimiler les populations immigrantes. Dans l’espace publique les individus repondent a une identite commune et universelle, l’identite francaise. C’est une sorte de negation de la specificite culturelle qui doit se cantonner a la sphere prive. * Les outils de socialisation identitaire, « le bras arme » de la republique, sont d’une part l’ecole et d’autre part l’armee. Dans le cas de l’ecole, elle vehicule l’essence meme de la republique et qui est « liberte, egalite, fraternite ».

La base de toute identite etant la langue, l’ecole a permis d’assoir une langue commune et officiel, le francais. L’armee, quant a elle, fut l’outil de socialisation le plus important a mon sens. Du fait meme de sa nature. En effet, elle a reunis sous le meme uniforme, le meme drapeau, les memes conditions de vie, des francais aux langues differentes et echelles sociales variees. Mais ce qui a permis d’ancrer un sentiment national c’est helas la guerre de 1870 face a la Prusse et surtout la Premiere Guerre Mondiale. Enfin la laicite, qui en separant le politique du religieux, et en instaurant un Etat impartial face aux communautes. En effet, en evacuant la question religieuse comme critere discriminant de l’identite commune, les francaise ont pu se retrouver autour de valeurs universelles qui leurs sont communes. * D’un point de vue ideologique et factuel moderne : l’integration * La France a developpe aussi le concept d’integration qui s’est dissocie de l’assimilation et de l’insertion pour offrir une autre voie. En effet, le Haut-Conseil a l’integration a estime qu’il faut voir dans l’integration un processus specifique.

Il s’agit d’effectuer un tour de force d’incitant des individus aux horizons et cultures differentes a la participation active a la societe nationale. Et en prenant acte leurs specificites culturelles, sociales ou morales individuelles et communautaires pour enrichir l’ensemble de cette variete. * Garder des liens avec sa culture d’origine est un droit mais l’individu doit se plier aux lois et regles sociales de la republique. Ce qui suppose de bannir les pratiques contraires aux regles fondamentales de la societe francaise, par exemple : * Respect de l’integrite physique : l’excision est lourdement condamnee (Cour ’assises, Paris, 16 fevrier 1999, 8 ans de prison ferme pour l’exciseuse); * Egalite entre les hommes et les femmes : le mariage force des filles, l’enfermement des femmes au foyer, la repudiation de l’epouse, le retrait des filles de l’ecole avant la fin de leur scolarite… * Le Haut-Conseil affirme sa conviction que la conception francaise de l’integration doit obeir a une logique d’egalite et non a une logique de minorites. Une egalite devant de la loi de tous les individus, peu importe leurs appartenances religieuses, ethniques, … Ce qui de facto exclue du champ institutionnelle la reconnaissance des minorites. Le modele d’integration francais reste cependant ambigu, pour exemple le taux de perte de la langue maternelle par les enfants (50 pour cent pour l’arabe et 55 pour cent pour le portugais). Ce qui montre l’extreme difficulte de concilier une identite nationale universelle et son identite communautaire. * Les difficultes du modele d’integration : * Le modele francais d’integration est souvent dit en panne. * Les jeunes dit d’origine etrangere mais qui sont francais nes en France ne peuvent faire encore l’objet d’integration.

Ils sont francais, n’ont connu que la France et refusent qu’on les ramene constamment aux origines de leurs parents. Mais ils sont egalement en difficulte par rapport a leur culture d’origine qu’ils connaissent peu ou mal. L’integration au lieu de concilier les identites a donc prive ces jeunes de leur identite communautaire au point qu’aujourd’hui ils sont en crise identitaire. * Les difficultes actuelles de l’integration viennent pour une tres large part de la crise economique. On le constate du fait que plus encore que le clivage ethnique, c’est le clivage sociale qui amene a les individus a se sentir exclus de la societe francaise.

La concentration des difficultes sociaux-economiques sur des communautes ethniques ou culturelles amenent a l’illusion que ce sont ces criteres qui sont discriminant et non la question sociale. 2. Le pluralisme culturel : une gestion multiculturelle des differences culturelles * Les principes du modele multiculturel : * Le modele multiculturel anglo-saxon fonde l’integration des immigrants sur la reconnaissance des appartenances communautaires. * Le modele multiculturel, est un mode de conception de la societe qui s’inscrit dans la juxtaposition des groupes et non de fusion de ceux-ci au sein d’une identite universelle.

L’identite du groupe est alors primordiale et occulte la singularite de l’individu. Martine Abdallah Pretceille parle ainsi d’une « conception mosaique ». * Pour ses defenseurs, ce modele permet d’eviter les tensions ethniques, religieuses,… En d’autres termes, on evite ainsi un affrontement communautaire frontal. * De plus en l’absence d’affrontement, les conceptions xenophobes et racistes reculent. * Les decisions politiques resultent des lors de rapport de force entre communautes qui defendent chacune leurs interets propres.

La necessite de ces rapports de force pousse les communautes a s’impliquer politiquement et a communiquer avec les autres communautes pour trouver un consensus. Les decisions politiques sont alors impulses ou amandes par ceux qui sont concernes. * Les limites du modele : * Le multiculturalisme institutionnel viole expressement le principe liberal de la neutralite de l’Etat vis-a-vis des cultes ou des Eglises. * Il ne respecte pas le principe constitutionnel de l’egalite de tous les citoyens devant la loi, sans distinction d’origine, de race ou de religion.

La question des recensements ethniques et de la politique de quotas. * Par le desir de defendre leurs interets, les communautes seront necessairement amenees au conflit. * Une instabilite et un climat conflictuel au sein de la societe de la societe de par la volatilite de l’equilibre des rapports de force. * La reconnaissance et donc la revendication des diverses identites, morales, … implique l’abandon du principe fondateur des democraties, l’egalite. Conclusion : En somme, la citoyennete au meme titre que la democratie releve de concept parfois concurrent.

Que ce soit sur le plan de la definition de la citoyennete elle-meme, ou sur le conditionnement de l’acces a celle-ci par les individus. On retrouve des lors un debat sur la forme du suffrage qui a fait rage entre une vision traditionnaliste et participative. Celui-ci a abouti a l’instauration du suffrage universelle et l’avenement de l’idee un homme/une voix. Ensuite c’est la finalite meme du vote qui fut remise en question et a vue s’affronter une vision clienteliste et une vision politique du vote pour aboutir la encore au triomphe du vote comme mode d’expression d’une opinion politique.

Enfin, et c’est ce qui occupe l’actualite francaise notamment, la question de l’acces a la citoyennete. Sur le plan purement legale, le sujet souffre de peu de contestation malgre le fait que sur le plan formelle, c’est depuis peu que l’amalgame entre droit du sol et droit du sang est fait. En revanche sur le plan formel, les passions se dechainent encore, sur l’integration et ses limites. Longtemps la France fut un Etat nation assimilationniste, mais aujourd’hui l’integration comme une troisieme voie entre l’assimilation et insertion. La France a toujours eu une vision individualiste et universaliste de la citoyennete.

Et la se pose le probleme. Dans un monde mondialise ou le multiculturalisme double parfois de communautarisme a l’Anglo-Saxonne rayonne, la France tente tant bien que mal de soutenir encore cette portee individualiste et universelle. Ce modele republicain est d’ailleurs en constante mutation. Cette question est si presente qu’on voit aujourd’hui que le debat sur l’identite nationale et la citoyennete a ete institutionnalise. Des lors comment mettre en ? uvre la necessaire transformation du modele republicain d’integration, alors que l’Etat est dissout par l’effet combine de la globalisation et de l’immigration ?