CNAEM 2013 Eco Droit

CNAEM 2013 Eco Droit

CONCOURS NATIONAL D’ACCES AUX ECOLE DE MANAGEMENT (ENCG/ESI) FILIERE ECONOMIQUE ET COMMERCIALE OPTION TECHNOLOGIQUE Lundi 27 mai 2013 -de 8h à 12 h or21 Svage to View EPRELJVE : ECONOMI (4 heures) L’épreuve d’économie-droit comprend g pages. L’épreuve est structurée en une partie «Economie», composée de deux parties : la note de synthèse et la réflexion argumentée et d’une partie «Droit».

Les deux sujets de l’épreuve « Economie » et « Droit » seront traités sur des copies separées Aucun document ni matériel ne sont autorisés croissance Document 1 . Rigueur et crossance pour éviter l’enfer Depuis des années, la dépense publique a été utilisée pour autre chose que ce pour quoi elle est essentiellement faite, à savoir investir dans les biens collectifs (santé, éducation, infrastructures) et relancer l’activité quand tout va mal.

Les ressources publiques ont été affectées en priorité aux dépenses de fonctionnement et au soutien des prix des produits de base. Le budget a toujours présenté un solde déficitaire ; la politique des finances publiques a fait du déficit structurel et pas seulement conjoncturel : même en période de forte croissance, elle n’a pas été capable e s’attaquer aux rigidités des dépenses improductives, alors que c’est durant les périodes d’abondance

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que l’on constitue les réserves pour affronter les temps de disette.

La politique publique a été utilisée pour remettre à demain la résolution de nos problèmes. Prenons la Caisse de compensation : plutôt que de gérer la connexion entre prix internationaux et prix nationaux et de programmer un désengagement progressif, l’Etat est même revenu sur le mécanisme d’indexation des prix des produits énergétiques. Prenons les niches fiscales : l’Etat a multiplié les xonérations, exemptions, aides et contrats aidés, financièrement coûteux et pas toujours efficaces sur le plan économique.

Prenons un autre exemple, celui des marchés des biens et services : plutôt que de mener des réformes pro-concurrentielles, qui suppriment les barrières à l’entrée, stimulent la productivité et l’emploi, l’Etat a privilégié la protection des rentiers et des positions dominantes sur les marchés. La dépense publique a seNi à gérer PAGF 91 des positions dominantes sur les marchés. La dépense publique a servi à gérer les conséquences indésirables de nos immobilismes, ?vitant ainsi de s’attaquer à leurs causes.

Mais retarder la résolution d’un problème structurel ne le résout pas, ça ne fait que l’amplifier dans le temps. On peut arguer qu’en 2013 la croissance sera de retour et le redressement des finances publiques se fera automatiquement. En fait, il ne faut pas s’attendre, du seul retour de la croissance, à la restauration de nos finances publiques. On peut prétendre qu’un plan de rigueur risque de plomber la croissance. Rien n’est moins sûr. Le fait de dessiner une trajectoire claire et ambitieuse de réduction pluriannuelle des déficits envoie un signal crédible ? ‘ensemble des acteurs économiques.

Plus fondamentalement, la sortie de la crise n’est pas tant ? rechercher dans l’impact conjoncturel d’une politique de rigueur que dans les réformes à venir que le Maroc va devoir engager pour soutenir une croissance forte sur le long terme. On aurait tort, au vu de la bonne année agricole, qui n’est pas encore assurée, de conclure que la croissance globale est solidement installée. Tout d’abord, la hausse du PIB n’est pas, on le sait, synonyme d’accroissement du bien-être, même si la crise rappelle combien sa baisse peut être douloureuse.

Deux ou trois ponts e PIB de plus, c’est certes quelque chose comparé à ce qu’on pouvait redouter avec une mauvaise année agricole, mais cela représente quelques milliards de dirhams en autoconsommation des ménages ruraux et en activité féminine rurale non rémunérée. Ensuite, la crise que nous subissons est d’une telle ampleur que, malgré les perspectiv 3 1 ampleur que, malgré les perspectives d’une bonne croissance, ses effets seront encore loin d’être effacés.

Mais surtout, il y a de bonnes raisons de douter que la situation économique continuera de s’améliorer à un rythme de 4-5% de croissance par an tant que otre économie continuera de subir les effets de la crise qui agite nos partenaires du vieux continent. Le poids des déficits ne sera véritablement allégé que par le retour de la croissance durable, dont les principaux leviers sont les réformes en profondeur du système productif et de la gouvernance des politiques publiques.

Rappelons-nous, les plans de relance des années 2008-2010 n’ont pas enrayé la spirale de la crise et n’ont pas permis un redémarrage soutenable de l’économie. L’économie nationale porte encore les stigmates de la crise de ces années, avec un niveau élevé des déficits publics et n chômage qui s’est au mieux stabilisé. Elle se trouve aujourd’hui face à une spirale structurée autour de quatre faiblesses qui se renforcent mutuellement : la crise des finances publiques, la fragilité des comptes extérieurs, une croissance globale fluctuante et très moyenne, et des turbulences politiques causées par des carences institutionnelles.

Ces faiblesses sont toutes présentes, et l’aggravation de l’une d’entre elles pourrait déclencher un cercle vicieux menant à une tourmente financière et à un blocage ab upt de la croissance. La solution durable à la crise ne réside pas seulement dans des justements budgétaires -aussi nécessaires soient-ils à court terme- ni dans radoption de mesures de rigueur, mais dans des réformes porteuses 1 soient-ils à court terme- ni dans l’adoption de mesures de rigueur, mais dans des réformes porteuses d’une nouvelle politique de croissance. La Vie éco. wvw,/. lavieeco. com. 013-02-20 Document 2. La croissance pénalisée par la panne industrielle. Entre 1999 et 2009, le taux de croissance du PIB s’est caractérisé par une très grande volatilité, affichant un mince en 1999 pour culminer à 7,8% en 2006. Sur ces douze ans, le taux de roissance moyen (moyenne linéaire) s’est établi à soit un taux plus élevé que celui de la décennie des années 90. Dans les détails cependant, et à chaque fois que la croissance progressait de plus de c’était en raison d’une bonne campagne agricole, ce qui illustre l’effet de dépendance aux aléas climatiques.

Depuis le début des années 2000, toutefois, le Maroc semble avoir franchi un palier avec un taux de croissance moyen (moyenne linéaire) de la valeur ajoutée hors agriculture qui s’établit à près de 4,5% et n’était-ce les effets de la crise internationale, en 2009, ce taux, entre 2004 et 2008, aurait même atteint De fait, c’est surtout le secteur tertiaire (commerce et services) qui alimente le PIB : entre 2004 et 2008 son apport en termes de croissance au PIB a tourné autour de 2,7 points, quand le secteur secondaire, lui, y contribuait pour 1,5 point à peine, en moyenne, au cours des cinq années considérées.

En 2009, la valeur ajoutée du secteur secondaire a même reculé de quand le tertiaire augmentait de 4%, alors que l’agriculture, elle, dopait l’année avec une progression de 26% et, en 201 0, il est prévu que le secteur secondaire, effet de rattrapage, progresse de 5,6% quand le tertiaire aff PAGF s 1 révu que le secteur secondaire, effet de rattrapage, progresse de 5,6% quand le tertiaire afficherait + En conclusion, la croissance au Maroc semble pénalisée par un triple problème. rlmo, une maitrise encore insuffisante des effets des aléas climatiques créant un effet yo-yo et qui devrait trouver un début de solution dans le Plan Maroc Vert, mais pas avant 5 ? 7 ans. Deuzio, un trop faible apport de l’industrie à la création de richesses et qui trouve son explication dans son orientation trop prononcée vers l’export, alors que le marché intérieur est fortement importateur de produits finis. Tertio, une activité de ervices plus basée sur la quantité que la forte valeur ajoutée.

A part la Vision 2010 pour le tourisme qui a boosté le secteur tertialre, les autres plans, que sont Emergence et Rawaj, n’ont pas encore produit suffisamment d’effets pour permettre au PIB de faire fi de la qualité d’une saison agricole. www. lavieeco. com. 2010-08-02 Document 3. Les exportations stagnent, les importations explosent, les devises fondent. Déficit structurel de la balance commerciale, mais aussi les effets d’une crise économique internationale qui ont brusquement fait chuter les recettes de services et de transferts courants servant usque-là de couverture à la faiblesse des exportations de biens.

Le Maroc a mal à ses comptes extérieurs et cela dure depuis 2007. L’effet sur nos avoirs en devises étrangères est perceptible. Elles couvrent aujourd’hui à peine 5 mois d’importations. Sur le premier trimestre de 2010, dont les données viennent d’être publiées par l’Office des changes, le compte courant des transactions courantes a déjà enregistré un déficit de 1 PAGF 1 l’Office des changes, le compte courant des transactions courantes a déjà enregistré un déficit de 10,45 milliards de DH et l’année devrait s’achever sur un déficit tournant autour de 40 illlards. ourtant, la balance des services a été excédentaire de plus de 8 milliards de DH, grâce essentiellement aux recettes de voyages, et celle des transferts courants positive de 13,5 milliards de DH et provenant à 99,17 % des envois des Marocains résidents à l’étranger (MRE). Mais ces soldes positifs ne suffisent pas à combler le trou béant de la balance des biens, chiffré à – 33 milliards de DH. Si, en fin de compte, la balance des paiements (qui récapitule l’ensemble des flux) a pu dégager un solde équilibré, c’est grâce au compte de capital et d’opérations inancières, excédentaire de mllliards de OH.

Et là encore, l’effet de la conjoncture est très perceptible puisque cet excédent provient des crédits commerciaux et des emprunts, alors que les investissements étrangers ont, eux, accusé une baisse de 12,6 milliards de DH. Solution : améliorer les exportations de biens agricoles à forte valeur ajoutée et de produits technologiques (auto, composants, électronique… ) grâce aux plans sectoriels. Mais à quel horizon ces plans donneront-ils leurs fruits ? www. lavieeco. com 2010-08-02 Document 4. Le manque de liquidités risque de freiner la roissance économique.

La sous-liquidité du système bancaire marocain persiste et inquiète. Jusqu’à fin 2006, le marché était structurellement excédentaire, grâce à des transferts des MRE, des recettes de voyages et des investissements étrangers en expansion. Mais ? partir de juin 2007, il est devenu déficitaire. June part PAGF 7 1 investissements étrangers en expansion. Mais à partir de juin 2007, il est devenu déficitaire. D’une part, la flambée des cours des matières premières a alourdi le poids des importations. De l’autre, le déclenchement de la crlse internationale a affecté es recettes en devises du Maroc.

Ceci, conjugué à un rythme élevé de distribution des crédits, notamment par rapport à la collecte des dépôts, a plongé le marché dans un manque de liquidités qui atteint actuellement plus de 20 milliards de DA. Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Les taux débiteurs ont augmenté et les banques ont durci les conditions d’octroi des crédits à l’encontre de certains secteurs. Certes, la Banque centrale a réduit à plusieurs reprises le taux de la réserve obllgatoire des banques, ce qui a permis d’injecter plusieurs milliards de DH sur le marché.

Elle soutient également les banques à travers ses avances à 7 jours, et ce, à coup de milliards de DH. Mais ces instruments ne permettent pas de résoudre définitivement le problème. Le taux de la réserve obligatoire est à son plus bas historique (6%), le coefficient d’emploi des dépôts est à plus de 92%, et les avances de Bank Al-Maghrib aux banques rendent leurs ressources plus chères. Solution ? La titrisation ne permet en fait que de recycler d’anciens engagements et non d’apporter de nouvelles ressources.

Seuls le renforcement de la bancarisation, actuellement à 47%, l’encouragement de l’épargne ongue et l’endettement en devises permettront au marché de souffler. wvuw. lavieeco. com. 2010-08-02 Document 5. Compétences : la qualité fait déjà défaut, la quantité posera problème. Pour garantir un haut niveau de c 91 déjà défaut, la quantité posera problème. Pour garantir un haut niveau de croissance, il convient d’investir, de favoriser la consommation intérieure et d’encourager les exportations. Mais sans ressources humaines de qualité, il sera difficile d’aller loin.

Cela est d’autant plus vrai pour une économie comme le Maroc qui veut passer de la sous-traitance à une ndustrie productrice de valeur ajoutée. Et, en l’état actuel de la situation, la mise à disposition de personnel qualifié n’est pas si simple. Sur la période 2009-2015, il y aura 220 000 emplois à pourvoir dans l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, le textile-cuir et l’agroalimentaire, si tous les investissements attendus du pacte national pour rémergence industrielle (Pacte) sont réalisés.

Dans le tourisme, l’objectif de 72 000 emplois fixés pour la Vision 2010 est loin d’être atteint. Aujourd’hui, le marché de l’emploi est moins tendu, mais il y a uste deux ans, quand l’économie mondiale était bien orientée, les opérateurs des TIC s’arrachaient les ingénieurs et les techniciens, les hôteliers avaient du mal à trouver un bon cuisinier et les professionnels du bâtiment allaient même inciter des ouvriers du textile à venir les rejoindre.

En cas de forte reprise, ce scénario pourrait se représenter avec, à la clé, une hausse du coût de la main-d’œuvre et, in fine, le recul de la compétitivité. En dépit des efforts de ces dernières années, le système éducatif a encore du mal à produire des ressources suffisantes, particulièrement ur le plan qualitatif. Preuve en est que le chômage frappe particulièrement les diplômés. Et ce n’est pas forcément parce qu’elles n’en ont pas be chômage frappe particulièrement les diplômés.

Et ce n’est pas forcément parce qu’elles n’en ont pas besoin que les entreprises leur tournent le dos, mais parce qu’ils ne sont pas opérationnels. La solution, «associer encore davantage les professionnels à la définition du contenu pédagogique et surtout insister sur les moyens de développer le savoir-être», conseille un expert en RH qui illustre ainsi le second point : «Un ingénieur incapable de rendre des initiatives ne peut apporter grand-chose». w. mv. lavieeco. com. 2010-08-02 Document 6. Faut-il baisser la consommation ou l’investissement pour réduire les déficits ?

Pour réduire le déficit budgétaire, il n’y a pas trente-six solutions, il y en a trois : baisser substantiellement les charges de subventions, donc accepter une hausse des prix des produits décompensés (totalement ou partiellement) ; augmenter les impôts pour récolter plus de recettes fiscales ; ou réduire fortement le budget d’investissement. Une combinaison, à petite dose, de ces trois options est également possible, mais comme la Loi de finances est déjà votée, il est impossible d’agir sur le volet fiscal, sauf Loi de finances rectificative…

Au-delà de 2013, cependant, l’arbitrage entre ces différentes options parait devoir s’imposer ; ce qui reviendrait, au fond, à s’interroger sur le modèle de croissance suivi jusque-là. Le ministre de l’économie et des finances, Nizar Baraka, vient de sonner le tocsin en évoquant, pour la première fois, les menaces qui pèsent sur l’indépendance des décisions de politique économique, et le Haut commissariat au plan (HCP), deux jours auparavant, avait clairement pointé les limites du modèle de cr