Christophe colomb

Christophe colomb

La navigation Les voyages de Christophe Colomb s’inscrivent dans le cadre des Grandes Decouvertes entre 1400 et 1500. Pour mieux comprendre l’importance de ses decouvertes, il est necessaire de prendre en consideration les causes qui ont encourage et rendu realisables ces voyages. Dans la seconde moitie du XVeme siecle, en depit de la prosperite retrouvee, les pays d’Europe occidentale subissent de nombreuses entraves au developpement de leurs activites economiques.

La necessite de passer a la fois par les exigences turques et le monopole de Venise et de Florence pour se procurer les produits precieux d’Orient leur cree des difficultes communes. Deux pays du sud-ouest de l’Europe, l’Espagne et le Portugal, tentent des voies nouvelles qui font d’eux les pionniers de l’economie moderne. On peut resumer les causes de ces expeditions sous trois ordres : Causes militaires et religieuses – Causes economiques – Causes techniques A/ Causes militaires et religieuses

La peninsule iberique, longtemps occupee par les Maures, se libere peu a peu de ses conquerants arabo-berberes. La Reconquista est reprise avec l’union des souverains d’Aragon et de Castille (Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille) ; apres une longue periode de guerre civile, ils travaillent a la restauration de l’unite espagnole et de l’autorite

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souveraine. Pour cela, un adversaire commun est indispensable : ce sera l’Infidele. La prise de Grenade (1492) amene la disparition du dernier lambeau de domination musulmane sur le sol hispanique.

Le Portugal s’est longtemps oppose au royaume de Castille ; limite dans ses ambitions dans la peninsule iberique, il est contraint de se tourner vers le grand large pour trouver les terres necessaires a son expansion demographique. D’autre part, le besoin en ble conduit les souverains de Lisbonne a commercer avec le Maroc et les Portugais s’installent a Ceuta des 1415. Ce contexte de la Reconquista est domine par une volonte d’apostolat pour convertir a la vraie religion les peuples lointains et inconnus.

La chute de Constantinople (1453) marque la fin provisoire de l’antagonisme qui oppose l’Eglise catholique aux Eglises orthodoxes tombees sous le joug des Turcs. B/ Causes economiques L’apaisement des conflits internationaux (guerre de Cent ans, lutte entre les maisons de Castille et d’Aragon, etc) et le retablissement de l’ordre public (fin de la guerre des deux roses en Angleterre, de la lutte des Armagnacs et Bourguignons en France) constituerent des circonstances favorables a une reprise generale de la vie economique.

La courbe demographique recommence a croitre, donnant ainsi aux activites une pulsion nouvelle. Mais les troubles politiques du XIVeme siecle ont apporte des bouleversements durables a l’economie d’avant guerre. Les anciens foyers de production ont decline et de nouveaux se sont eveilles ; les routes des echanges se dont deplacees. La plus grande partie des marchandises provenant d’Orient n’empruntent plus les cols des Alpes pour atteindre les villes de foire d’Allemagne ou de Champagne. La nouvelle route est maritime et relie Genes et Venise a Londres et Bruges par le detroit de Gibraltar.

De la, les marchandises partent vers les villes hanseatiques (Breme, Hambourg, Riga, etc. ). Les villes de foire continentales periclitent alors que les ports de l’Atlantique (Seville, Lisbonne, Anvers) prosperent. Les techniques bancaires et commerciales se modifient : – creation du systeme des assurances met les armateurs a l’abri des aleas de la mer et des attaques des pirates ; – la comptabilite en partie double facilite les controles et les bilans ; – la lettre de change evite les transferts de fonds et le change manuel des monnaies.

Elle favorise le developpement des formes primitives du capitalisme ; – la mise sur pied de grandes societes anonymes a actions dans la banque et le commerce international. La reprise demographique, l’amelioration des conditions de vie, l’entree d’un plus grand nombre de personnes dans une economie d’echanges ont pour consequence une faible couverture des besoins par la production. Il devient donc urgent de rechercher d’autres territoires pouvant fournir les demandes. D’autre part, certains produits de luxe font d’autant plus defaut que la clientele est plus nombreuse.

Les epices, la soie, le sucre arrivent au compte-gouttes a Venise et a Genes qui detiennent le monopole du commerce avec l’Orient. Certains affirment que la chute de Constantinople a ferme la route des epices et de la soie ; en realite il n’en est rien, le commerce continu, soit par Alexandrie, la Mer Rouge et la cote des Malabars (voie maritime), soit par voie terrestre a travers les plaines d’Ukraine, le Caucase et l’Inde. Enfin, les metaux precieux, l’or qui sous-tend l’activite economique, ne sont plus produits en quantite suffisante pour repondre aux besoins monetaires.

Les pays iberiques, en contact avec le monde arabo-musulman par l’intermediaire du Maroc ont entendu parler, a travers les recits de geographes, des immenses richesses de l’Empire Songhai de Tombouctou. Ils vont donc s’efforcer dans un premier temps de trouver une route qui puisse les mettre en contact avec l’Empire Songhai, puis de contourner l’Afrique pour s’approvisionner directement en Inde et court-circuiter le monopole des villes marchandes italiennes. C/ Causes techniques et scientifiques Elles sont de trois ordres : geographiques, navales et nautiques. – La revolution geographique Depuis le Veme siecle apres J. -C. , tous les savants savent que la terre est ronde. Les Arabes transmettent aux Europeens les travaux de l’antiquite hellenistique (periode d’Alexandre le Grand) et notamment de Ptolemee qui a fait une synthese de tous les travaux anterieurs. Sa Geographie est une vaste compilation destinee a l’etablissement d’une carte du monde connu. Les cartes qui accompagnent l’edition de sa geographie au XVeme siecle repandent l’idee que des cotes d’Europe, en faisant voile vers l’ouest, on atteindrait facilement l’Asie.

Les geographes arabes fournissent d’importantes indications sur l’Afrique, la peninsule arabique et l’Inde. D’autre part, a la suite des croisades, les Occidentaux entreprennent de grandes expeditions en Asie dont la plus connue est celle de Marco Polo en raison de son Livre des Merveilles dans lequel il decrit les richesses des pays traverses. La plupart des voyageurs de l’epoque ont laisse leurs relations de voyages, et c’est grace a la compilation de tous ces periples que des traites de geographie voient le jour. Mais les connaissances sont erronees.

Certains geographes, comme l’italien Toscanelli (1471) demontrent que les donnees sont fausses. Ceci est du au manque de precision des instruments de mesure permettant de faire des releves. La carte permet d’abord la conquete intellectuelle du monde avant d’accompagner et de guider son exploration ; les voyageurs, loin de partir vers l’inconnu, ont voulu verifier dans les faits l’existence de mondes que la speculation intellectuelle avait d’abord suscite pour agrandir l’univers des mappemondes. L’entreprise de la decouverte trouve dans la carte un objet conventionnel fonde sur des principes scientifiques et susceptible d’ameliorations.

A la fin du XIIIe siecle, les portulans sont apparus. Un portulan (dans beaucoup de langues « portolan »), etait une sorte de carte nautique servant essentiellement a reperer les ports et connaitre les dangers qui pouvaient les entourer : courants, bas-fonds… Les portulans etaient grossierement dessines, les details ne s’attachant qu’a ce qui avait de l’importance pour la navigation. L’etablissement de ces cartes nautiques etait base sur un mode de navigation par cabotage, genre de navigation maritime qui consiste a se deplacer de port en port en restant a proximite des cotes.

Les portulans representent les ports de commerce, les amers (objets fixes et visible servant de point de repere en mer ou sur la cote), les iles et les abris. Ces cartes, ancetres des cartes marines, utilisees par les marins ne detaillent pas l’interieur des terres. Cette revolution des connaissances geographiques se poursuit au XVIeme siecle avec la mise au point du systeme de projection de Mercator qui permet de representer sur une surface plane le globe terrestre. Cette decouverte facilitera grandement la navigation. Mais en eme temps que les connaissances geographiques augmentent, des decouvertes techniques importantes revolutionnent l’art de naviguer. 2 – Les nouvelles techniques navales : un nouveau type de bateau et de gouvernail La caravelle est un navire a voile, a hauts bords invente par les Portugais sous le regne d’Henri le Navigateur au debut du XVe siecle pour les voyages d’exploration au long cours. Evolution marine de la caraque du Moyen Age, elle s’en distingue par une taille plus elevee (entre 20 et 30 metres), un tonnage d’environ 200 tonnes et un tirant d’eau allonge.

Le gaillard d’arriere et le chateau avant augmentes conferaient aux caravelles une plus grande stabilite mais une moins bonne man? uvrabilite. Cette evolution a ete concue notamment pour permettre une meilleure descente au vent. Munie d’un greement double (voiles carrees pour les allures au vent arriere, voiles latines pour naviguer vent debout). Le navire possede trois mats, ce qui permet, avec les nombreuses combinaisons des greements, de pouvoir se jouer des vents et de conserver le cap ; tous est dans la maniere de man? uvrer du capitaine.

La coque est construite « a carvel » avec des bois ajustes (chene), bord a bord et d’impeccables calfatages, ce qui assure un glissement dans l’eau bien superieur a ce que procurait la construction « a clin » c’est-a-dire en bois chevauchant. C’est avec les caravelles la Pinta et la Nina — ainsi qu’une caraque, la Santa Maria — que Christophe Colomb entreprit l’expedition qui lui permit de decouvrir l’Amerique en 1492 lui permettant ainsi d’acceder a la posterite. Le gouvernail est un dispositif mobile destine au controle directionnel d’un bateau et plus generalement de tout engin se deplacant sur l’eau, dans l’eau ou dans l’air.

Les embarcations maritimes de l’Antiquite, meme les plus importantes, etaient equipees de deux rames, l’une a babord, l’autre a tribord, fixees de facon que leur extremite plonge dans l’eau en arriere de la poupe. Cette technique est concurrencee a partir du Xe siecle par une autre, qui consiste a n’utiliser qu’un seul aviron lateral, fixe en general a tribord. Le gouvernail d’etambot monte sur un axe vertical, fixe a la poupe, est apparu en Europe du Nord au debut du XIIIe siecle sur les cogues.

Mais on a retrouve son modele en Chine, sur la maquette en terre cuite d’un bateau, objet funeraire des Han de l’Est. Le gouvernail est un ensemble constitue par : – une surface immergee appelee safran pouvant generer une force laterale, generalement mobile en rotation autour d’un axe sensiblement vertical, – un prolongement hors de l’eau servant au controle en rotation du safran : la meche de gouvernail (axe physique), la partie haute d’un safran exterieur, – un levier de commande : la barre, actionnee manuellement.

Le gouvernail d’etambot donnait un meilleur controle sur la direction. L’utilisation du gouvernail d’etambot facilite donc la direction sans effort du navire et reduit l’espace necessaire aux man? uvres tournantes, ce qui permet d’emporter des cargaisons plus importantes. Cela signifie non seulement que les benefices tires de chaque voyage seront plus importants, mais aussi que les expeditions pourront etre de plus en plus lointaines a condition d’emporter suffisamment de vivres ou de pouvoir se ravitailler dans les comptoirs. 3 – Les instruments de navigation

Ces instruments de navigation permettent de s’affranchir de la cote et de pouvoir naviguer en pleine mer. Les nouveaux instruments permettent de partir le dos a la terre, ailleurs qu’en Mediterranee. (La Mediterranee est une mer fermee ; apres quelques jours de navigation en gardant le meme cap, on est certain de trouver une terre connue). Les navigateurs peuvent s’orienter en pleine mer grace a deux instruments : la boussole et l’astrolabe. La boussole est une invention chinoise apportee par les Arabes, dont l’activite sur mer etait tres grande et dont ils adopterent et en repandirent l’usage en Europe.

L’aiguille aimantee, ficelee au milieu d’un petit fagot de bois, flotta longtemps encore dans un bol d’eau avant que l’italien Flavio Gioja, eut l’idee, au XIV eme siecle, de la mettre sur un pivot et de loger le tout dans une boite. La boussole permet de s’orienter et de garder un cap. Bien que le fagot flottant ne fut pas bien precis, ni le gouvernail tres pratique encore, les voiliers n’etaient plus obliges desormais de suivre le lit du vent. L’astrolabe est une double projection plane (le plus souvent une projection polaire) qui permet de representer le mouvement des etoiles sur la voute celeste.

L’astrolabe a probablement ete invente par Hipparque et ameliore dans le monde islamique, avant d’atteindre l’Europe vers 970, par l’intermediaire du moine Gerbert d’Aurillac. Ce dernier le ramena d’Espagne, d’ou il rapporta aussi nombre de connaissances scientifiques transmises par les Arabes, qui occupaient en partie la peninsule iberique. Sous Jean II du Portugal (1455-1495), les mathematiciens du cap Saint-Vincent decouvrent le moyen de calculer la latitude d’un lieu quelconque grace a l’astrolabe. On mesure l’angle de l’etoile polaire avec l’horizon et l’on se reporte a des tables astronomiques.

Christophe Colomb se serait d’ailleurs servi de ces tables lors de son quatrieme voyage, pour predire une eclipse de lune, qui lui aurait sauve la vie ainsi que celle de son equipage (voir site « idees recues et mythes scientifiques »). Au XVe siecle, le fabricant d’instrument francais Jean Fusoris (v. 1365–1436) a commence a les vendre, avec des cadrans solaires portatifs ainsi que d’autres instruments scientifiques populaires a cette epoque. Dans sa forme simplifiee, « l’astrolabe nautique », fut le principal instrument de navigation du XVIe siecle au XVIIIe siecle, siecle ou fut invente le sextant.

L’astrolabe est un instrument suffisamment precis pour que la prevision des equinoxes y soit manifeste. Malheureusement les instruments de mesure du temps sont encore trop rudimentaires pour calculer correctement la longitude. Le seul moyen employe est le sablier de Vingt-quatre heure qui permet de determiner approximativement le fuseau dans lequel on se trouve. Sur un long voyage, il etait possible de se tromper de 20° (400 lieues). Avec des cartes sommaires, une boussole et la possibilite de faire un point approximatif, les marins disposaient de quelques moyens fiables pour naviguer en haute mer.

Une meilleure connaissance de la geographie generale et des routes maritimes au fur et a mesure des avancees, la mise a disposition d’instruments de navigation plus fiables et l’emploi de navires adaptes a la navigation hauturiere constituent les conditions techniques qui permettent de se lancer dans l’aventure du grand large. Les navigateurs portugais et espagnols, formes tres souvent par les Genois, vont mettre a profit les courants marins et les vents dominants pour longer les cotes d’Afrique et chercher le passage vers les Indes.