Chomage

Chomage

Mais pratiquement toujours il vit dans une situation d’assisté et chez le chômeur, un sentiment de culpabilisa- 0 te et de honte s’ajoute aux traumatismes décrits ci-dessus. En outre, privés de leur emploi, les chômeurs sont également privés de leurs moyens d’organisation et de dé- fentes habituels, et notamment de l’action syndicale. Toutes ces conséquences ne restent ensuite pas sans effet sur le chômeur. Les uns optent pour la violence (agressions, vols, voire homicides), d’autres retournent leur agressivité et leur dépression 25 contre soi et se réfugient dans l’alcool ou d’autres drogues.

D’autres encore ?craquent » et doivent être hospitalisés dans des hôpitaux psychiatriques. Et les cas de suicides ne ont même plus rares. On volt donc que le chômage est loin d’être un ?petit » problème. Essayons maintenant de voir quelles sont certaines des causes qui en sont responsables. 30 Tout d’abord, il y a les crises économiques. Une telle crise peut être provoquée par l’augmentation du prix des matières premières (p. Ex. Le pétrole), qui a son tour entraîne une hausse massive des produits dérivés de ces matières premières.

En simplifiant l’extrême, on aurait l’enchaînement suivant: la hausse du prix des matières premières fait diminuer la production; cette dernière fait

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monter les prix, ce ui entraîne une 35 baisse de la demande, et cette dernière fait de nouveau diminuer la production. Or moins de production signifie moins de travailleurs nécessaires, donc licenciements, donc chômage. Une autre cause du chômage que l’on avance est l’explosion démographique 2 subissons actuellement les conséquences. La montée du chômage depuis les années 40 soixante est souvent rapprochée de la montée des jeunes.

Elle coïncide, en effet, avec l’arrivée massive sur le marché du travail des générations nombreuses issues du ?baba-boom » de l’après-guerre. En outre le chômage est en relation avec ‘accroissement 3 du nombre d’élèves. Toujours plus de jeunes aspirent à des métiers valorisés socialement. Or ces métiers étant plus rares, les débouches sont vite bloqués, de sorte qu’au 45 chômage ?traditionnel » (dans le secteur industriel et administratif) s’ajoute le chômage intellectuel (professeurs, ingénieurs, médecins).

Dans le contexte des études, il faut également parler des élèves qui quittent l’école trop tôt, sans diplôme et sans qualification professionnelle. Pour eux, le chômage est quasiment programmée. Comme responsables du chômage, on doit ensuite citer la rationalisation t l’automatisation. 50 En temps de bien-être général, les patrons industriels pouvaient encore s’offrir le ?luxe » de garder des ouvriers qui n’étaient pas indispensables. Mais en temps de crise, ils invoquent cette dernière pour les renvoyer et pour garder un minimum de personnel pour un maximum de production.

De plus, la concurrence étant grande, les industriels ont cherché à moderniser leurs installations pour réduire les coûts et pour élargir leur ca- 55 pacte de production. Ainsi l’installation de robots et d’ordinateurs chasse les ouvriers de leur lieu de travail. Pou es machines-robots ont 3 n’ont pas de revendications salariales, n’exigent pas de meilleures conditions de travail, n’ont pas besoin de congé et peuvent travailler vinaigrette heures sur vingt-quatre. Finalement c’est le système capitaliste lui-même qui 60 provoque le chômage.

De par sa nature, un système économique orienté exclusivement vers la consommation, l’exploitation et l’enrichissement d’une minorité aux dépens de tout un hémisphère (le Tiers Monde) est secoué de temps en temps par des crises. Périodiquement, en effet, la production qu’on espérait illimitée, rencontre ses limites. Le problème de la rentabilité du capital se pose alors. La solution adoptée par les pp- 65 torons consiste souvent à ?détruire » tout le capital superflu. Cette destruction peut être définitive.

C’est le cas des faillites et de la disparition de firmes. Elle peut aussi être temporaire. Alors le capital est ?mis au chômage », ou comme la dit kart mari, ?mis en jachère » (braconnage): c’est le cas dune firme temporairement fermée, parce qu’elle n’est plus rentable pour le moment pour les patrons. Ces derniers attendent des jours 70 meilleurs, ou bien ils ouvrent des filiales dans des pays notations, où les conditions de production sont meilleures et les ouvriers moins chers et plus dociles. Ceux du pays d’origine sont renvoyés.

Telles sont quelques-unes des causes du chômage. Voyons, pour terminer, quelles solutions on envisage pour combattre ce problème. Du côté des cc- 75 uniques, on espère qu’une bonne édité » guerre résoudra le problème du chômage. En 4 balayer le surplus de chercheurs d’emploi et pour relancer une production stagnante après la destruction massive des produits existe-4 tant? Après la eue Guerre Mondiale, les millions de chômeurs de l’avant-guerre avaient aspira au cours des batailles et dans les camps de concentration nazis.

Les travaux 80 de reconstruction d’après-guerre donnaient largement de travail aux survivants. Bien que cette solution soit des plus cyniques, il ne faut pas croire qu’on n’ recoure pas de temps en temps. Ainsi il y a quelques années seulement, la Grande-bretonne a essayé d’assainir sa désastreuse situation économique en envoyant ses boys », chômeurs ou non, aux îles malsaines… Cependant il y a également des méthodes moins barbares 85 pour assurer le plein-emploi. Une solution plus réaliste seraient de nouveaux investissements.

Au lieu de laisser leur profit au chômage ou ?en jachère », les patrons devraient l’investir dans la construction de nouveaux complexes industriels. ?Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain, et les investissements de demain créent les emplois d’après-demain », disait naguère le chancelier allemand H. Schisme. 90 Cette action donnerait de nouveau du muscle aux entreprises, datant plus si l’État lui-même contribue financièrement à ces investissements.

Mais cette politique doit aussi tenir compte de certains effets secondaires néfastes: accroissement de la pollution par a création de nouvelles industries, exploitation encore plus massive de certaines matières premières limitées et Nice veaux produits sont S 8 nécessaires et se- 95 rond achetés. Du côté des partisans de la gauche, on propose une autre solution: augmenter les salaires pour renforcer la consommation, et par l la production et le plein-emploi. Mais cette solution connaît également des Inconnues.

Comment être sûr que les consommateurs avec plus de salaire achèteront les produits des usines qui ont besoin d’une relance? Il se pourrait très bien aussi que les consommateurs gonflent 00 plutôt leurs économies, si les temps leur paraissent sombres. De plus les patrons seraient contraints d’augmenter les prix de vente de leurs produits pour compenser la hausse des salaires, ce qui pourrait très bien entraîner une baisse de la consommation. Ensuite on parle beaucoup de la semaine de 35 heures.

Dans le même contexte, on propose de prolonger la scolarité obligatoire, d’allonger la durée des congés et d’- 105 baisser l’âge de la retraite. Toutes ces mesures amélioreraient la qualité de la vie des travailleurs et libéreraient en même temps des emplois pour les chômeurs. Mais de ne faut pas voir ces solutions avec trop d’optimisme. Nouveau, I En effet, un emploi de plus ne signifie pas automatiquement un chômeur de moins. Pourquoi? Tout d’abord parce qu’un chômeur nia pas toujours la qualification professionnelle requise par le 110 nouvel emploi.

Ou encore il habite trop loin de l’endroit où il y un emploi libre. Un autre problème est posé par la semaine de 35 heures: celui des salaires. Si on maintient l’ancien salaire pour un tria e, et si les patrons embauchés, la production risque de nouveau de devenir plus chère. Par conséquent le prix de vente augmente. Et avec la concurrence international- 115 le, cela pourrait provoquer une rupture de l’équilibre commercial et pousser l’inflation. D’autres croient pouvoir résoudre le problème du chômage en renvoyant au foyer familial les femmes qui travaillent.

Or cette solution est sexiste et ne serait sûrement pas couronnée de succès. En effet, les emplois (?typiquement ») masculins et féminins ne sont pas interchangeables dans notre société toujours assez patriarcale. La majorité 120 des hommes n’en veulent même pas des métiers généralement exercés par des femmes. Quel homme aimerait exercer le métier de standardiste, de sténodactylo, de caissier au supermarché? Quel homme aimerait remplacer une femme pour trier et emballer à longueur de journée des produits défilant sur une chaîne?

Et même s’ils acceptaient ces métiers, ils exigeraient immédiatement des salaires supérieurs à ceux des 125 femmes, dont on sait comment elles sont sous-payées par rapport aux hommes. En temps de crise, on entend ensuite régulièrement que l’État n’aurait qua renvoyer les ouvriers étrangers et donner leur travail aux chômeurs autochtones. Cette solution est e nouveau une impasse. Car n’oublions pas que les travailleurs immigrés font chez nous généralement les travaux les plus durs, les plus ingrats, les plus dangereux, les 130 plus sales et les moins payés aussi.

Il faut se demander si les chômeurs de chez nous ou les jeunes en quête du polo seraient d’accord 8 travaux aussi pénibles et mal payés. On voit qu’aucune des solutions proposées jusqu’ n’offre de solution satisfaisante, c’est-à-dire de solution efficace et définitive. C’est qu’on ne s’attaque jamais 135 vraiment aux racines du problème. Le chômage survivra aussi longtemps que l’on se intentera de le limiter par des manipulations à l’intérieur de notre système économique: le système capitaliste.