Change t-on ou restons nous le meme?

Change t-on ou restons nous le meme?

Changeons-nous ou restons nous le meme ? Note : Observations : Il existe plusieurs concepts qui, selon les usages que nous en faisons, tendent a prouver que l’homme au cours du temps admet des modifications plus ou moins importantes. Cependant,ceci nous amene a nous demander s’il est raisonnable d’utiliser le terme de changement. En effet, peut-on affirmer reellement que ces modifications ont des consequences sur notre identite personnelle dans la mesure ou nous sentons bien que nous restons toujours le meme.

L’idee de « changer ce  nous-meme » peut paraitre absurde du fait qu’on a bel et bien cette sensation de ne jamais changer radicalement d’identite. Pourtant, dans la vie de tout les jours, on s’apercoit bien que nous peinons parfois a reconnaitre des gens que nous avons cru connaitre. Dans un premier temps, nous etudierons ce qui nous semble le plus logique, qu’au cours de notre vie nous sommes affectes par de multiples changements qui modifient notre caractere aussi bien physique que psychologique. Mais nous viendrons rapidement a remettre en question l’evocation de ce « nous» ; se limite-il simplement aux deux caracteres cites ci dessus ?

Chaque individus est caracterise par ce qui est visible,remarquable aux yeux d’un autre. Afin de definir et

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
de differencier un tel de tel, on utilise des traits qui lui sont exterieurs ; c’est a dire d’une part le physique, et d’autre part, son caractere psychologique. Toute personne possede un caractere moral et physique specifique, avec des qualites qui lui sont propres, et auxquelles on s’identifie afin de nous distinguer les uns des autres et d’affirmer ainsi nos differences. En ce qui concerne la partie physique, la question du « changement » parait vidente, dans la mesure ou nous avons tous conscience que notre corps se modifie au cours des annees. Nous naissons bebe et nous finissons vieillard. Une comparaison physique de ces deux « etats» prouveraient obligatoirement de differences engendrees par de nombreux changements ; l’un est grand, l’autre est petit, l’un a des cheveux blancs, l’autre n’en a pas. Il est difficile de deviner qu’il s’agit du meme individus a des etapes,certes differentes de son existence, pour un etre autre que cet individus. En effet, on se base en particulier sur des caracteres physiques pour identifier ceux qui nous entourent.

Or si ceux-ci ne nous apparaissent plus, on ne reconnait pas et on admet qu’il y’a donc « changement ». La question des qualites, possedees par l’individus revele le meme probleme. Ce sont celles-ci qui font que nous sommes plus ou moins apprecie par d’autres individus, qui nous aime pour ce qu’on a et ce qu’on a pas, comme le rappel Pascal dans son oeuvre,Les pensees,V ou il demontre qu’ «  on aime personne mais seulement des qualites ». En effet, l’observateur s’interesse toujours et uniquement a ces qualites empruntees et se basent sur celles-ci pour caracteriser n’importe quel individu.

On apprecie un tel pour sa generosite, on se mefie d’un autre pour sa lachete, ainsi est regi les liens plus ou moins forts qu’entretiennent les differents individus. Or, au cours de notre vie, rares sont les qualites qui nous suivent tout au long de notre existence. En effet, chacune d’entre elle n’est que provisoire,empruntee et variable. Un individu peut tres bien etre durant un instant, une personne ayant beaucoup d’humour et souriante, et la minute d’apres se frustrer pour une reflexion quelconque et perdre ce sourire qui l’avait caracterise un petit moment avant.

Les deux attitudes sont radicalement opposees, et caracteristiques du comportement humain qui est infiniment changeant, d’ou l’entree de l’adjectif « lunatique » dans la langue francaise qui est dans ce sujet tres significatif. En effet, designant une humeur changeante et imprevisible, cette qualite meme, possedee par certains d’entre nous, prouve la variabilite de nos sentiments,de nos emotions, et de certaines autres qualites qui ne sont plus en accord avec l’humeur du moment. Dans ces instants, on change. Du moins, aux yeux des autres qui ne voient qu’a travers nos qualites.

En effet, les autres individus ne se basent que sur ces caracteristiques, et non pas sur le « soi » qui n’est pas remarquable chez l’autre : On a conscience de l’existence de notre « moi » mais celui des autres,on a des doutes ( Descartes ). Or s’il arrive qu’une de nos connaissances, possedant les qualites auxquelles on se referait pour l’identifier, les perd, celle-ci devient des lors differente et de ce fait devient aussi meconnaissable pour nous, qui ne la « connaissions » pas sous cet angle, c’est a dire sans ses qualites qui la caracterisaient.

Dans ce genre de situation, les traits de caracteres necessaires a l’identification de la personne auxquelles on se rapporter pour decider du lien, fort ou non, qui nous unissait avec elle, n’ont plus aucun sens puisqu’ils n’existent plus ou du moins, ne s’expriment plus. Prenons un exemple quotidien ; Si une personne, qui m’insupportait pour ses bavardages frequents, devient quelqu’un de discret et de calme ; je n’ai plus de raison de ne pas la supporter dans la mesure ou le defaut responsable de mon manque d’affection envers cette personne a disparu.

L’idee que cette personne soit « restee la meme » parait des lors absurde puisque si elle etait restee la meme, elle m’insupporterait toujours autant. Or, les raisons sur lesquelles je me basais pour expliquer mon peu d’affinite n’existent plus et ont entrainees par la meme occasion un changement dans mon attitude envers cette personne. A mes yeux, j’en conclus donc, moi, qui ne peut voir qu’a travers ses qualites, que la personne parait avoir changee puisque elle me montre une toute autre nature, une toute autre identification sur laquelle je dois me baser desormais.

En effet, l’ancienne personnalite qu’avait enregistre mon opinion n’a plus lieu d’etre;elle n’a plus aucun sens a present puisqu’elle designe une personne qui n’exprime plus les memes caracteres. En effet, je ne vois plus la personne bavarde que j’ai pu connaitre, mais decouvre un tout autre individu radicalement oppose a l’ancien. Nous sommes obliges d’admettre qu’aux yeux des autres, nous changeons constamment puisque nous nous basons uniquement sur les caracteres « exterieurs » a l’individu ( physique et qualites ).

Nous subissons donc au cours de notre existence, de nombreuses variabilites au niveau de notre phenotype mais aussi au niveau de nos qualites. Des lors, on ne reste pas le meme aux yeux des autres, on devient quelqu’un d’autre qui ne correspond plus aux identifications sur lesquelles on se basait pour l’identifier. Mais changer en apparence, est-ce changer tout le contenu? Le changement exterieur caracterise t-il reellement et surtout notre personne entierement ? Il parait evident que la definition d’un individus ne se limite pas a ses simples caracteristiques exterieures a lui-meme.

En effet, s’il existe des caracteristiques dites« exterieures », on en vient a penser qu’il en existe aussi,mais a « l’interieur ». Cependant, celles-ci sont beaucoup moins perceptibles aux yeux des autres, si ce n’est imperceptibles du tout. L’une de ces caracteristiques « interieures » n’est presente que chez l’Homme et explique ainsi sa superiorite par rapport aux animaux ; sa capacite de penser, c’est a dire de dire « Je ». « Je suis donc j’existe » : L’homme a conscience de soi car contrairement au reste des etres vivants, il utilise l’entendement.

Or, d’apres Kant «  L’Homme est une personne ; et grace a l’unite de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et meme personne; je ». L’homme, grace a cette connaissance du soi, n’est pas soumis aux lois de la nature mais possede son libre arbitre ; il est lui-meme responsable de ses actes. La seule condition pour cela, c’est bien de pouvoir se representer soi-meme comme un sujet unique et permanent. Ce qui rend en particulier compte de notre « Je », c’est la memoire.

Celle-ci prouve de facon concrete que nous sommes toujours le meme individu, que nous sommes toujours nous meme puisque nous sommes toujours affectes par le meme passe et les memes souvenirs. En effet, certaines experiences dramatiques d’une vie peuvent aussi bien nous toucher sur le moment present mais aussi quelques annees apres. Imaginons la mort d’un etre proche ; malgre les annees ecoulees, notre « je » peux quand meme ressentir a nouveau de la tristesse. Ceci prouve ainsi que le « je », affecte lui aussi par cet evenement tragique quelques annees plus tot, est toujours la, en nous.

Si on changeait veritablement, nous ne garderions pas les souvenirs d’un autre et nous ne serions pas touches de la meme facon par notre passe. Une autre part de ces caracteristiques « interieures » n’apparaissent pas forcement aussi remarquablement que les traits physiques ou psychologique, du fait d’une connaissance scientifique requise. Seul l’esprit scientifique se doute de son existence ; il s’agit ici, de l’information genetique contenue dans chacun des etres vivants.

N’importe quel individus possede une forme unique de molecule d’ADN, qui lui est propre et qui le definit dans son ensemble a l’aide d’ un programme genetique. Chaque organisme vivant est a l’origine de l’execution de ce programme,regi par des regles rigoureusement mecaniques. Ce sont, selon les quatre bases azotees et leur emplacement entre elles, qui vont determiner le plan de notre organisme. Tel gene, sur tel locus de chromosome, affectera la couleur des yeux, ainsi est construit tout individu. Un phenomene aussi bien organise ne peut pas etre a l’origine du pur hasard selon Descartes mais d’une intention divine.

Dieu aurait intentionnellement cree le monde vivant et decide de la finalite de chaque organisme. Or, si la finalite a ete orchestre avant meme notre creation, cela signifie donc qu’on ne change pas ce « nous », mais qu’on devient seulement ce qu’a prevu la finalite. De plus, la science definie l’ADN comme une serie d’informations qui prescrivent l’etre que nous serons. Ce sont ces informations precises qui vont etablir toutes les etapes par lesquelles chaque individus va passer durant sa formation, avant d’atteindre sa finalite qui n’est rien d’autre que la mort.

En fait, au cours de notre vie, nous ne faisons que « devenir en acte ce que nous sommes deja en puissance ». Nous possedons en nous le principe de notre croissance. Il n’est certainement pas question de changement, mais plutot de la continuite d’un phenomene qui nous affecte. Nous portons en nous ce que nous serons demain; c’est a dire nous sommes munis de qualites en puissantes qui decideront de s’exprimer a des moments precis de notre existence. L’ADN constitue alors la veritable identite d’un individus.

C’est dans ce concept que la question de changement peut etre remis en question car la molecule d’ADN, au cours de notre existence, reste toujours la meme, elle est inscrite en nous et ce pour toujours. L’ADN est notre carte d’identite infalsifiable. Qu’on prenne une prise de sang a l’age d’un an, ou de quatre-vingts ans, notre groupe sanguin, selon le systeme ABO,  « restera le meme » a n’importe quel moment de notre vie. Il nous est propre. Des lors, il ne s’agirait que d’une erreur de langage lorsque nous parlons de changement puisque nous ne devenons que nous-memes, c’est-a-dire que nous n’exprimons que ce qui est deja en nous.

On peut apres analyse du vocabulaire du sujet , affirmer que le terme changer est trop radical ; « On peut changer de vestes, d’automobiles car ils nous sont exterieurs, mais changer de soi,quel reve! ». En effet notre identite nous est transmise a la naissance,nous est propre et restera la meme en toutes circonstances. Le « soi » ne change en aucun cas. Lorsque a l’oral nous disons changer, on l’utilise en fait, dans le sens d’evoluer ; les modifications physiques ou mentales ne sont que la continuite d’un phenomene organise ; se sont perpetuellement des caracteres en puissance qui deviennent en acte.