Ccnothomb

Ccnothomb

Classiques & Contemporains Collection animée par Jean-Paul Brighelli et Michel Dobransky AMÉLIE NOTHOMB Le Sabotage amoureux LIVRET DU PROFESSEUR établi par JOCELYNE HUBERT professeur de Lettre or21 Sni* to View DOCUMENTATION COMPLÉMENTAIRE SOMMAIRE Traité loglque et philosophique (L Wittgenstein) Fragments d’un discours amoureux (R. Barthes) ……. 3 ….. 3 Esquisse d’une psychologie au cinéma (A. Malraux) l’ensemble des faits, non pas des choses. 2.

Ce qui arrive, le fait, est l’existence d’états de choses. 3. Le tableau logique des faits constitue la pensée. 4. La pensée est la proposition ayant un sens. . 001. La totalité des propositions est le langage. 6. 1261. En logique, processus et résultat sont équivalents. (De ce point de surprise). 6. 1265. On peut toujours concevoir la logique de telle façon que chaque proposition soit sa propre preuve. 7. Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.

Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes, seuil, 1977 RAVISSEMENT. Épisode réputé initial (mais il peut être reconstruit après coup) au cours duquel le sujet amoureux se trouve « ravi » (capturé et enchanté) par l’image de l’objet aimé (nom populaire : coup de foudre ; nom savant : énamoration). . La langue (le vocabulaire) a osé depuls longtemps l’équivalence

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
de l’amour et de la guerre : dans les deux cas, il s’agit de conquérir, de ravir, de capturer, etc…

Chaque fois qu’un sujet « tombe » amoureux, il reconduit un peu du temps archaïque où les hommes devaient enlever les femmes (pour assurer Pexogamie) : tout amoureux qui reçoit le coup de foudre a quelque chose d’une Sabine (ou de n’importe laquelle des Enlevées célèbres). Cependant, curieux chassé-croisé : dans le mythe ancien, le ravisseur est actif, il veut saisir sa proie, rapt (dont l’obiet est une PAGF 91 omme une image), et c’est l’objet ravi qui est le vrai sujet du 4 rapt, l’objet de la capture devient le sujet de l’amour – et le sujet de la conquête passe au rang d’objet aimé. Du modèle archaïque, subsiste cependant une trace publique : l’amoureux – celui qui a été ravi – est toujours implicitement féminisé. ) POUR COMPRENDRE : quelques réponses, quelques commentaires Esquisse d’une psychologie au cinéma, André Malraux, Gallimard, 1946 Le cinéma peut raconter une histoire, et là est sa puissance. Lui, roman ; et lorsque le parlant fut inventé, le muet avait beaucoup prlS au roman. On peut analyser la mise en scène d’un grand romancier.

Que son objet soit le récit de faits, la peinture ou l’analyse de caractères, voire une interrogation sur le sens de la vie ; que son talent tende ? une prolifération comme celui de Proust ou à une cristallisation comme celui de Hemingway, il est amené à raconter – c’est-à-dire à résumer et à mettre en scène – c’està-dire à rendre présent. J’appelle mise en scène de romancier le choix instinctif ou prémédité des instants auxquels il s’attache et des moyens qu’il emploie pour leur donner une im ortance particulière. Chez presque tous, la mar de la mise en scène, après Austerlitz.

Le cinéma russe l’employait avec force à sa grande époque. Le roman semble pourtant conserver sur le film un avantage posslbillté de passer à l’intérieur des personnages. Étape 1 [Le théâtre des opérations, pp. 166-1671 : la 1 Les repères géographiques suivent une gradation croissante qui, au cinéma, se traduirait par un mouvement de zoom arrière élargissant le cadre : Tien An Men, Pékin, Chine ; mouvement suivi d’un zoom avant resserrant le cadre, de la VIIIe (Pékin) au quartier (San Li Tun) : le ghetto qui va servir de cadre à faction.

L’entrée en scène du personnage est doublement théâtrale : il paraît en posture hé[email protected] au centre de la plus grande place de la capitale de l’Empire Céleste, et l’ambiguité du « je » permet d’imaginer des aventures de type chevaleresque (n’était-ce le détail des ventilateurs et la référence à la Bande des Quatre). À la posture héroïque s’ajoutent les mouvements de zoom décrits plus haut qui inscrivent le personnage au centre du monde.

C’est une ouverture à tonalité épique légèrement décalée par le contraste entre l’écriture, très recherchée et l’univers enfantin décrit de l’intérieur : vision ?gocentrique du monde (l. 20), terminologie affective (l. 6-8), perception déformée du temps (l. 35-36). Cette exposition donne le ton du roman : une vision d’enfant, par un travail stylistique. 2 On retrouve tout au long du roman le dédoublement du regardenfant, cocasse et n t du regard-adulte (l. PAGF 1 une construction emphatique : « c’est » (l. 5, 89, 96, 98-99). La volonté de démonstration est évidente, comme le prouvent les énoncés de forme proverblale (l. 75, 78, 89, 92, 114). C’est la première réflexion sur la Chine, elle émane de l’adulte (l. 86-88) et permet d’associer ‘adulte-narrateur à l’adulte-auteur lorsqu’on connaît sa biographie 4 La fiction romanesque commence au Japon, l’héroine a quatre ans et « une esclave » pour la coiffer (p. 11). Elle quitte le Japon et arrive en Chine à 5 ans, en 1972 (p. 15).

La guerre mondiale du ghetto dure de 1972 à 1975. 6 7 La narration commence en Chine en 1974. L’héroine a 7 ans. Le poursuit par un retour en arrière composé de quatre fragments (cf. « À savoir p. 166). L’arrivée en Chine se différencie de l’entrée en scène de l’ouverture par la présence de l’environnement familial et une description précise es circonstances de l’arrivée dans un pays étranger. Le récit est chronologique et explicatif. La première ouverture est plus mystérieuse, plus dynamique également. L’exercice peut être [‘occasion d’une révision des compléments circonstanciels d’un point de vue morphologique, sémantique et structural. L’emploi de la 1re personne dans un récit rétrospectif devrait permettre PAGF s 1 verbes de cette catégorie. 6 On peut s’amuser à différencier le « vrai » syllogisme du « faux » à partir des modèles canoniques : 1 . Socrate est un homme. Tous les hommes sont mortels. Socrate est mortel. 2. Socrate est mortel. Tous les chats sont mortels. Socrate est un chat.

Le « vrai » établit une relation de transitivité de type : « Si A = B, et que B = C, alors A C. » 8 La recherche a pour but de mettre en évidence le contraste délibéré entre la toponymie réelle : Collines parfumées, Temple du Ciel, Temple des Nuages azurés, Porte de la Paix céleste, etc. et la toponymie dépréciative inventée par Amélie Nothomb : Boulevard de la Laideur habitable ; l’antithèse du « splendide » (vestiges de l’Empire Céleste) et du « h ideux » (République populaire).

Il ne s’agit pas de prise de position politique, mais plutôt d’un oint de vue esthétique sur le caractère déceptif du réel confronté ? l’imaginaire : le « pékin de tous les jours sent le vomi d’enfant » et regorge d’« immondices 10 La liste n’est pas exhaustive, on peut utiliser les ouvertures de romans dont le manuel en usage présente des extraits et y chercher les indices spatio-temporels, la présence du narrateur, et la nature de l’intrigue ! Étape 2 [La guerre du ghetto, pp. 168-169] e retour à la fiction est marqué par le retour à l’Histoire (l.

IL 250-254). La première coalition s’opère selon des critères géographiques, qui excluent les Alliés historiques (Amé ais : l. 264-266) et un 6 1 paradoxal du fragment (« Vive la guerre », « Éloge de l’ennemi », etc. ). 3 L’ingérence parentale reflète le monde géopolitique issu de la 2de Guerre mondlale, puls de la « guerre froide » : l’ennemi n’est plus l’Allemand de l’Ouest qui fait partie de la nouvelle alliance dont le ciment est l’anticommunisme ; d’où l’acceptation par les parents de la lutte contre les Allemands de l’Est, qui font partie de l’autre bloc.

La logique des enfants diffère de celle des parents rassurés de voir leur progéniture lutter contre le communisme ; or, ni les Russes, ni les Albanais, ni les Bulgares faisant partie du même bloc) ne les intéressent : seuls les Allemands, qu’ils soient d’Est ou d’Ouest, incarnent les « méchants », comme les Indiens dans le western traditionnel ! (cf. 1’« aphorisme cryptique », l. 650). 4 Le mot « benjamine » lance le début d’une revue de troupe, riche en lexique militaire (effectifs, bataillons, armée, patrouille, expédition) au point d’en être saturée.

Le vocabulaire crée un effet de réel qui donne au récit qui va suivre une grande partie de sa crédibilité, en même temps qu’il apparaît totalement disproportionné avec la réalité par les détails ‘âge et de taille des combattants. De ce décalage naît une forme d’humour spécifique à ce récit. 5 Au champ lexical guerrier s’ajoute le champ lexical médical hôpital militaire, personnel soignant, gaze stérile, placebo, panacée, etc. utilisé avec le même sérieux que le précédent. Il donne ses lettres de noblesse, tant du point de vue stratégique q e vue éthique, au premier PAGF 7 1 cargaison appartenant à l’ennemi en même temps que la création d’une antenne médicale sur le front même des combats. 6 Le portrait de l’héroine en éclaireur fait apparaître des qualités noblesse de cœur (l. 36-437) qui sont celles des héros de romans de chevalerie ou de cape et d’épée.

Le trait de caractère dominant qui apparaît dans les fantasmes est la générosité poussée jusqu’au sacrifice (rêves de gloire posthume) alliée à un désir éperdu de reconnaissance – ce que révèlent les fantasmes du « Prix Nobel de médecine ou martyre », leitmotiv du récit. 8 9 7 La première expédition était une agression classique à objectif noble soigner les blessés. La deuxième est une opération de commando (à l’arme bactériologique ! ) que la morale réprouve nous étions immondes ») mais ui satisfait les bas instincts c’était grandiose »). Ce long fragment est centré sur l’interrogatoire du prisonnier, passage obligé du récit d’aventures (capture et torture de Michel Strogoff ! ) et des jeux d’enfants (cf. texte de Louis Pergaud, pp. 185-187 du livre de l’élève). La séquence fait ‘ellipse des circonstances de la capture pour ne s’intéresser qu’à la torture. Après une courte exposition L 588-602), les trois temps forts du récit apporte un développement à l’affirmation initiale et pousse l’égocentrisme jusqu’à l’hypertrophie ! Plus dure sera la chute… (l. 755-756). Les coalltions ne correspondent pas aux alliances historiques, puisque les Anglais, les Américains et les Allemands de l’Ouest ne participent pas ? la « guerre du ghetto » (pour des raisons géographiques, cf. question 1). Cependant, elles reflètent, dans une certaine mesure, la politique l’époque : la Yougoslavie de Tito figurait au nombre des pays non alignés ; quant aux Roumains, ils faisaient presque alors figure de dissidents au sein du bloc soviétique, ainsi que les Albanais, proches des communistes chinois. 14 La référence à Kusturica est à double détente : tous ses films, depuis Te souviens-tu de Dolly Bell ? 981) à Chat noir, Chat blanc (1 998), s’attachent au monde de l’enfance et mêlent des scènes cocasses et burlesques (souvent scatologiques) aux situations les plus atroces. Comme les romans dA. Nothomb, les films de Kusturica ont été immédiatement remarques, couverts de prix, mais ont aussi déclenché des polémiques (Underground, 1995). Si l’on envisage l’époque d’écriture du roman, publié en 1993, on constate qu’il coïncide avec l’éclatement de la Yougoslavie et le siège de Sarajevo, où est né Emir Kusturica. Étape 3 [Révolution copernicienne Hyperboles, comparaiso . 170-1711 es et anaphores