Carolingiens

Carolingiens

On fixe communement comme origine a la lignee carolingienne le mariage, vers 630, d’Ansegisel fils d’Arnoul de Metz et de Begge d’Andenne fille de Pepin de Landen qui scelle l’alliance entre la famille des Arnulfiens et celle des Pippinides. Ceux-ci ont un fils, Pepin de Herstal, lui-meme pere de Charles Martel et grand pere de Pepin le Bref lequel deviendra le premier roi de la dynastie carolingienne le 28 juillet 754.

Plusieurs historiens[4],[5] ont formule l’hypothese du rattachement d’Arnoul de Metz aux rois francs de Cologne, via Bodogisel, Mummolin et Munderic. Les Pippinides detiennent pendant plusieurs generations, la charge de maire du palais sous le regne des souverains merovingiens d’Austrasie.

Au fur et a mesure de la desagregation du pouvoir de la dynastie merovingienne, durant la periode dite des « rois faineants », les maires du palais pippinides accroissent leurs prerogatives : deja Pepin de Herstal, puis Charles Martel dirigeaient de facon quasi autonome la politique du royaume, tels des souverains, mais sans le titre ; ainsi, ils nommaient les ducs et les comtes, negociaient les accords avec les pays voisins, dirigeaient l’armee, etendaient le territoire du royaume (notamment en Frise) et allaient meme jusqu’a choisir le roi merovingien.

La zone d’influence des Pippinides

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sera le territoire favori des Carolingiens : region de Liege (Herstal et Jupille), Aix-la-Chapelle et Cologne. Le regne de Pepin le Bref, premier roi carolingien[modifier] En 741, Charles Martel, maire du palais aupres des rois merovingiens qui avait sauve le royaume des francs, meurt. Il laisse deux fils : Carloman et Pepin. Se qualifiant de dux et princeps Francorum, duc et prince des Francs, ils vont assumer la fonction de maire du palais. En 747, Carloman decide de se retirer du jeu politique, cedant sa place a son frere, en rejoignant un monastere de Lombardie.

Quatre annees plus tard, Pepin, cherche a obtenir l’appui de l’Eglise (du Pape) et de l’aristocratie. Il posera ensuite une habile question au pape Zacharie : les rois n’exercent plus le pouvoir dans notre royaume, est-ce un bien ou un mal ? Ce dernier lui repondra qu’il vaut mieux appeler roi celui qui exerce le pouvoir veritablement afin que l’ordre ne soit pas trouble. En novembre 751, Pepin depose donc Childeric III, puis se fait elire roi des Francs, au champ de mai a Soissons[6]. En se faisant acclamer par une assemblee d’eveques, de nobles et de leudes (grands du royaume),

Pepin devient donc le premier representant de la dynastie carolingienne. Cette election se passe, pour une fois, sans effusion de sang. Apres avoir ete depose, Childeric III est tonsure (il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs) et va finir ses jours enferme au monastere de Saint-Bertin, pres de Saint-Omer[7]. A Soissons, l’eveque Boniface, son conseiller diplomatique, le sacre au nom de la sainte Eglise catholique. Le sacre est la nouveaute apportee par les Carolingiens, repris de l’Ancien Testament ou Saul est oint du Saint Chreme [ref. ecessaire] par Samuel puis a sa suite David. Sacre deja repris par les Wisigoths en Espagne un siecle plus tot. Le roi est alors « un nouveau David », a la foi roi et prophete, ce qui menera a la theocratie royale puis imperiale de Charlemagne, le gouvernement des hommes par le pere terrestre a l’image du Pere Celeste, le pouvoir spirituel et temporel en un seul homme a la foi eveque de l’interieur et de l’exterieur. Charlemagne et l’Empire carolingien[modifier] Article detaille : Empire carolingien.

Une piece avec pour effigie Charlemagne et autour l’inscription KAROLVS IMP AVG (Karolus imperator augustus) Charlemagne, fils de Pepin le Bref, est sans aucun doute le souverain qui marque le plus l’epoque carolingienne, par la longevite de son regne, mais aussi grace a son charisme, a ses conquetes militaires (il parvient a etendre le royaume des Francs a toute la Gaule hormis la Bretagne, a la majeure partie de la Germanie, de l’Italie et de l’Espagne) et a ses reformes (dans les domaines de l’education, de l’economie et avec un debut de restauration de l’Etat, etc… Charlemagne decoupe son empire en pagi ; dans les zones moins « pacifiees », il cree des duches (a caractere militaire) et fait garder les zones-frontieres (ou marches) par des hommes de confiance, qui deviendront plus tard les marquis ou margraves. Le comte est la plus importante de ces circonscriptions : a sa tete, Charlemagne place un fonctionnaire royal, generalement choisi parmi les puissantes familles de proprietaires terriens francs ; ce fonctionnaire exerce le pouvoir militaire et judiciaire (la potestas) en principe par delegation et il leve les taxes pour le compte de son souverain.

Il est assiste dans sa tache par des vicomtes et des viguiers. Il est aussi en principe revocable par l’empereur. En parallele et pour contrebalancer le pouvoir de l’aristocratie, Charlemagne s’appuie sur l’Eglise, qu’il reorganise en privilegiant l’autorite des eveques metropolitains (les archeveques) ; en ce qui concerne le monachisme, il dote les principales abbayes de terres a mettre en valeur et il en place les abbes sous son autorite directe.

Une autre mesure va dans le meme sens : a des hommes de confiance laics, qui sont ses envoyes, il adjoint en general un clerc a travers une nouvelle institution : les missi dominici (litteralement, les « envoyes du maitre »). Ces envoyes sont charges de regler les conflits entre les Grands et de relayer les ordres du roi aupres des detenteurs de charges, mais aussi de recueillir le serment de fidelite de ses sujets (ce qu’ils font a deux reprises durant le regne de Charlemagne).

On ignore la portee reelle de leur action, mais celle-ci semble indiquer que, deja a cette periode, le roi a du mal a faire respecter son pouvoir. Sous l’influence des nombreux chretiens lettres de son entourage, le roi est aussi legislateur : s’il faisait deja appliquer la loi a travers le ban germanique, il renoue avec la conception romaine du droit et renouvelle l’importance des actes ecrits dans le royaume. Apres les assemblees qui reunissent les Grands du royaume (les « plaids »), des ordonnances, decoupees en chapitres d’ou leur nom de capitulaires) sont emises par la chancellerie du Palais : elles sont une source precieuse pour l’etude de la periode. A un autre niveau, plus ideologique que politique, c’est aussi aux lettres chretiens que l’on doit la naissance d’une nouvelle idee de l’Etat. Celle-ci se veut au depart une restauration de l’Empire romain, pourtant elle repose sur des fondements tres differents en legitimant la royaute : profondement chretienne, elle fait du roi des Francs un nouveau David. L’idee de l’unite du royaume semble un temps l’emporter avec la renaissance de l’Empire d’occident, a la noel 800.

Du point de vue culturel, l’epoque de Charlemagne, de son fils Louis le Pieux et de ses petits-fils est connue sous le nom de « Renaissance carolingienne ». L’enseignement classique — en particulier celui du latin — est remis a l’honneur, apres avoir ete denature et delaisse a la fin du regne des Merovingiens. Cependant, la langue latine est desormais quasi exclusivement la langue du clerge, les milieux militaires lui preferant le francique : cette evolution ineluctable va faire du latin une langue morte et donner naissance aux ancetres des langues nationales que sont le francais et l’allemand : le roman et le tudesque.