Brazaville

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séduites au lieu d’employer la terminologie « ethnique » honnie par le régime marxiste, mais il est évident pour tous que le clientèles ethnie-régionale est une composante essentielle de la lie politique. Carte nul Les multiples consultations électorales de 1992 étaient l’occasion de profondément renouveler le personnel politique dans un esprit démocratique et de rompre avec ces pratiques. Or, face à la nécessité de constituer des majorités, les candidats ont systématiquement pris le parti de recomposer la population congolaise en clientèles Parti unique (le PIC) qui domine.

Dans le Pool, (autour de brailleuse) le parti d’opposition de B. Kolas obtient presque 2/3 des voix, tandis que le pouvoir actuel, massivement soutenu par les régions du sud ouest (nierai, lokoum, abonnez) est fortement minoritaire dans la capitale et dans ses environs. A brailleuse même, où l’on observe une géographie très contrastée des ethnies et des origines régionales, la distribution de la population favorise la répercussion de ces clivages électoraux entre quartiers.

Si bien que les tensions politiques qui ont suivi les élections se sont vite traduites par des tensions urbaines, d’autant plus que les artiste politiques poursuivent à l’intérieur de la capitale la stratégie d’ancrage spatial qu’ils mènent dans le reste du carte

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no 2 Souvent rodés à la politique gouvernementale ou opposants de onguent date. 2 semaine, F. , 1993, Élection présidentielle de 1992 au congé, entreprise politique et mobilisation électorale, de CAEN-PIE, Bordeaux, PP. 3 MICA : Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral: candidat : bernera kolas. Où P. Liaisons dépasse 80 % des suffrages. E. Dormir-appareil – Des quartiers pour territoires ? La carte électorale de brailleuse en 1992 se superpose tactiquement avec celle de la répartition des groupes ethnie-ré noyaux, montrant le clivage entre quartiers nord demi 2 6 et maquereller sont deux vieilles cités, à la fois mon-ethniques et mon-régionales, forte identité « ethnique ». Et peuplées à plus de 95 % de caria, :est à dire de congé originaires du Pool, dont la majorité sont nés à brailleuse. Le parti de B.

kolas (MICRO), considéré par l’opinion comme le « parti lirai » y a son siège, sa milice de jeunes maniais . B. kolas lui-même réside dans le quartier. Au contraire, le parti présidentiel est très minoritaire à brailleuse. Il a puisé son électorat dans les régions rurales dénuement peuplées du sud-ouest (nierai, abonnez, lokoum, surnommées INHIBANT). A brailleuse, il n’est bien implanté que dans les quartiers mouflon. Il s’agit dune arrondissement périphérique du sud-ouest, peuplé lui aussi à plus de 80 % de congé mais dont une importante minorité est originaire du ‘inhibant » et que l’on surnommé ‘ennoblies »6 .

Dans ces quartiers, la mouvance présidentielle va tacher d’ancrer sa légitimité en armant, sans vraiment les contrôler, un conglomérat de bandes de jeunes plus ou moins déclassés qui se font appeler soûls. C’est entre mouflon et bacon que va se cristalliser le conflit sanglant de 1993-1994. En 1993 à la suite dune différent électoral, le quartier de bacon s’est soulevé contre le ouvertement élu , élevant des barricadées . Les exactions des miliciens ananas amènent de nombreux résidents de groupes minoritaires ? en particulier les ennoblies ? à fuir le quartier.

A la fin de la même année, l’armée mitraille et assiège bacon pendant plusieurs semaines, sans parvenir à l’affaiblir réellement. Au retrait de l’armée commence une guerre de 3 6 déposition) et soûls des quartiers mouflon, ponctuée de éoliennes meurtrières (2 000 victimes) à l’encontre des groupes minoritaires de chacun des deux quartiers lirais à mouflon, et ennoblie à bacon). Art. n 04 carte ne L’explication ethnique est d’emblée mise en avant par les protagonistes eux-mêmes thèmes politiques, leaders de partis, jeunes miliciens, habitants des quartiers).

Pour désigner les massacres, et le vaste chassé-croisé qui a entraîné le déplacement de plus de 100 000 personnes entre juin 93 et février 94, certains commentateurs n’ont pas hésité à parler d’épuration ethnique des quartiers . 5 Sur la formation de la milice mania, cf.. Bastringues, rems, 1996, Milices politiques et bandes armées à brailleuse, les études du CERF, no 13, avril 96, pp. Fondation anal des sciences politiques. 3 En majorité, ces « ennoblie » sont aussi des congé ! 7 cf.. Le Bris, E. , et P.

quant, 1 992, « Les barricades sont-elles :institutionnelles , Politique africaine, 1992, ne, 9142-145. Sur le déroulement de cette guerre, cf.. Dormir-appareil,E. , 1995, ‘Géographie des ethnies, géographie des conflits brailleuse », ni Villes du sud, sur la route d’statuais, RESSORT Éditions, p 259-289. Or cette dimension « ethnique » du conflit broussailles ne rend pas empoté des enjeux 4 6 quartiers . En effet, au recensement de 1 984 (le dernier), 80 % des broussailles de moins de vingt ans étaient nés dans la capitale, et plus de 90 % des moins de 15 ans d’alors… Tranche d’âge des miliciens de 1993 ) I De plus, les violences de 1993-94 ne se sont pas déroulées entre groupes ethniques bien d frénésies, ou entre quartiers « nordiques » et « séduites », mais l’intérieur des quartiers sud, de peuplement congé dominant, où seule diffère l’origine $graphique des habitants. Par simplification, tous les « séduites » se sont longtemps défini :homme « congé » dans une pétale où toutes les ethnies du pays sont représentées, par opposition aux « nordiques’ qui étaient en position politiquement dominante.

Mais depuis des siècles « le » groupe congé (au sens large) n’ pas constitué une entité culturelles et politiquement homogène. A brailleuse, la problématique actuelle serait dominée par l’antagonisme qui oppose une partie du congé (notamment les caria, originaires du Pool, avec la milice mania) et les originaires des pays du nierai, (en majorité aussi congé, mais identifiés comme « ennoblies », avec la milice soûl).

Pour autant il ne s’agit pas de la résurgence de vieux antagonismes tribaux (pour reprendre les formules de la presse locale) qui auraient marqué l’histoire des congé. Au contraire, les violences entre ananas et soûls semblent conforter deux ethnographes issues de la modernité urbaine et imprudemment utilisées par les partis en compétition pour développer leur ancrage local dans la capitale.

Dans les ré arrestations, l’identité lirai (déjà ancienne) et l’identité inhibé S 6 étroitement associées, à brailleuse, aux quartiers-territoires des milices mania et des bandes soûls. Deux identités liées à la modernité urbaine congé, berceau de l’identité lirai Au début de ce siècle, devant le refus de coopération des teks originaires du site de brailleuse, qui se replient vers le nord, la France s’appuie sur les congés vivant au sud du Pool qui sont appelés d’abord balais.

Dans les faits, tant du point de vue linguistique que :ultérieur, l’identité balai ne constitue pas alors une réalité historique très affirmée au sein du congé. Dénuement quadrillé par les missions catholiques et protestantes et leurs écoles, intensément mise en valeur pour l’approvisionnement de la capitale, le sud du Pool et notamment la région e bock va rapidement fournir les éléments les plus instruits et dits « évolués » de la population Indigène au service de l’administration coloniale, puis les premiers cadres de l’Indépendance.

Ils huent un rôle actif lors de la création de brailleuse, De cette aliénation émerge l’identité lirai qui se cristallise dans la ‘cité indigène » de bacon, travers l’urbanisme colonial de regroupement par origine. La :sinon sociale et culturelle de bacon est un trait marquant de l’histoire broussailleuse.

Par rapport aux autres groupes, ces lirais, massivement installés dans le sud de la ville ont l’avantage u nombre mais aussi celui du moindre éloignement par rapport à la région Dordogne, qui leur permet de maintenir longtemps de forts liens éloigneras et de perpétuer des relations étroites avec le village. Dans les années :inquiété, G. Balancier, décrivant cette cohésion entretenue par la vie citadine V perçoit un la vie citadine y perçoit une cf.. Dormir-appareil,E. , 1995, ni Villes du sud. E. Dormir-appareil ? Des quartiers pour territoires ? ‘tendance unitaire et exclusive » 10 .

A l’époque, l’autorité coloniale s’inquiète aussi du développement, dans le sud du Pool et à bacon de événements religieux prophétiques et messianiques (cannibalisme, puis nationalisme) qui renforcent le sentiment d’unité des populations et comportent une double dimension dentaire et sonoriseraient, au point que l’on peut observer « une quasi fusion entre nationalisme et « hilarité », entre identité ethnique et identité religieuse »11 L’invention du ennoblie : une ethnologues sur les bases de la régionalisation administrative Bien plus encore que pour la « hilarité », le terme d’ethnie est évidemment impropre pour définir l’identité ennoblie, qui n’est vraiment devenue une catégorie dentaire que depuis la campagne électorale de 1992. Le « pays ennoblie » n’ jamais constitué une réalité culturelle. Bien que le terme revête une consonance « étincelante », il s’agit dune Identité régionale récemment Inventée. Ce néologisme provient d’un moyen mnémotechnique employé l’école . Le manuel officiel de géographie divise le congé en grands ensembles économiques régionaux, parmi lesquelles les « pays du nierai » : nierai, abonnez, lokoum. Le projet de regroupements administratifs transat-régionaux fondés su mimiques, envisage en 6 faveur du parti présidentiel.

Le sobriquet de ennoblie s’est banalisé pour désigner à la fois les habitants de ces régions Surnommées « inhibant »), et les partisans de Pascal Liaisons. Ce terme remporte finalement un véritable succès médiatisée, et fonctionne comme un pourvoyeur détendit commune, selon une logique ethnies, à la multitude de groupes de la région. L’institutionnalisation de cette nouvelle catégorie ennoblie est exemplaire de l’ambiguïté délibérément entretenue entre la notion d’ethnie et celle d’appartenance régionale. nierai et abonnez sont deux régions prospères, dénuement peuplées, à mi-chemin entre brailleuse et Pointe Noire, stimulées par les deux seules voies de Chemin de fer du pays. Elles forment une solide entité géographique et économique et le ‘centre nappage du congé rural ».

Située entre les deux, la lokoum est économiquement plus défavorisée, et surtout plus marginale, partiellement peuplée de teks, et susceptible d’entrer dans la zone d’influence du PIC. Il est donc d’autant plus habile de lui proposer le projet d’une solidarité d’identité et de destin ennoblie. Cet ensemble transat-régional constitue une remarquable base électorale, car il est divisé en un grand nombre de districts ruraux, qui, selon la loi électorale, forment autant de reconstructions électorales aux élections législatives . Dans ce « grand nierai », la stratégie électorale doit cependant composer avec une très forte hétérogénéité ethnique (voir carte no 1).

La référence à l’espace régional, plus neutre et plus fédératrice que l’appel à la communauté ethnique était donc habile, mais surtout indispensable pour le candidat Liaisons. Au une ethnie très 8 6 Appartenant à une ethnie très minoritaire (nazi, implantée à la frontière japonaise), il est hors de question pour ululer de s’appuyer sur une base électorale ethnique; il doit fédérer. D’autre part, s’il veut honorer son image d’intellectuel de progrès, le ‘Professeur » Liaisons doit incarner la modernité régionale, plutôt que l’archaïsme tribal. 10 Balancier, G. , op. Cite. Pp 119. 11 cf.. Tondant, J. , « Crise, aliénation et dynamiques dentaires : trois situations congolaises », communication au :loque Identités et démocratie en fa que, Pointe Noire, 14-16 déc.. 1995, de P.

neige/ Rupture-Min de la coopération paraître) 12 Selon la récente loi électorale (1995), tous les PIC et districts ruraux de 1 à 15 000 habitants accèdent au statut de circonscription électorale. En ville, chaque circonscription doit :méprendre jusqu’ 30 000 personnes. Cette loi conduit donc à minorer le poids des villes, dans un pays marqué par un fort taux d’urbanisation. (source R. Savoura, article à paraître). Revendiquée par les intéressés, la dénomination de ennoblie affirme en tous cas l’identité des Pays du nierai tout en la colorant d’une pseudo–ténacité qui lui confère une sorte de légitimité . Sa résonance dans l’arrondissement de mouflon est liée à la proportion relativement élevée (1/4 en 1980) d’habitants de ces quartiers originaires des régions du sud-ouest. Ces ainsi que’

brailleuse, mouflon constitue le bastion de la mouvance présidentielle, quadrillé par les soûls Qui revendiquent l’identité 9 6 d’affiliation politique, d’origine géographique et d’identité ethnies qui sont brandies par les miliciens ananas e t soûls, bien d’autres éléments opposent canon/maquereller à mouflon, et notamment le décalage entre la :luter urbaine ancienne, active et profondément enracinée de bacon, et la mauvaise Intégration souci-économique des quartiers périphériques de mouflon. canon présente depuis longtemps un fonds citadin stabilisé plus important que les autres routiers : en 1955, 36,5 % de ses habitants étaient déjà nés brailleuse. Ils étaient 59 % en 1 984, toujours plus que la moyenne de la capitale. L ‘homogénéité d’origine (Pool), l’ancienneté citadine, le quasi monopole des échanges marchands en direction du sud (bacon possède le plus gros marché alimentaire de la ville, appelé marché Total), la prégnante des liens familiaux et économiques de proximité, constituent les bases matérielles d’une culture urbaine fortement territoriales.