Biographie de victor hugo

Biographie de victor hugo

II Biographie de Victor Hugo [pic] A) Son enfance : un talent precoce (1802-1826) Victor Marie Hugo fut, historiquement, un enfant de la Revolution. Ses parents firent connaissance en 1796 et se marierent l’annee suivante. Son pere, Leopold Hugo, appartenait a une famille d’artisans de Nancy, tandis que sa mere, Sophie Trebuchet, etait nee dans la bonne bourgeoisie nantaise : Hugo etait donc issu de deux milieux tres differents. De l’union assez malheureuse de Leopold et Sophie naquirent trois enfants : Abel (1798), Eugene (1800) et Victor (1802).

Victor Hugo vit le jour le 26 fevrier 1802 a Besancon ou son pere, qui s’etait enrole tres jeune, etait en garnison. Leopold Hugo suivit les drapeaux vainqueurs de Bonaparte ; il connut une ascension rapide dans la hierarchie militaire, ce qui lui permit d’acceder au poste de gouverneur d’Avellino en Italie, puis d’etre nomme gouverneur de trois provinces et comte de Siguenza en Espagne. L’enfance de Victor fut quelque peu mouvementee, partagee entre Paris et les lieux de mutation de son pere, entre l’amant de sa mere (le general Victor Lahorie) et les maitresses de son pere. A quatorze ans, le futur poete ecrivit sur un cahier d’ecolier : «!

Je veux etre Chateaubriand ou rien! » A dix-sept

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ans, il fonda avec son frere Abel une revue, le Conservateur litteraire, redigee presque integralement par lui. A vingt ans, le jeune poete publia ses Odes (1822), recueil encore classique par sa forme mais plein d’audace, qui lui valut une pension royale. Il devait le remanier quelques annees plus tard, sous le titre Odes et Ballades (1828). La disparition de sa mere en 1821 permit a Victor d’epouser l’annee suivante Adele Foucher, son amie d’enfance. De ce mariage, il eut quatre enfants : Leopoldine (1824), Charles (1826), Francois-Victor (1828) et Adele (1830).

Il s’engage ensuite prudemment sur la voie du romantisme, declarant encore dans une nouvelle Preface des Odes, en 1824, qu’il n’est ni classique, ni romantique, mais conciliateur. B) Un chef de file du romantisme (1827-1830) Victor Hugo reve d’assurer le triomphe du romantisme par un coup d’eclat : la conquete de la scene. En 1827, la preface qu’il redige a sa tragedie, Cromwell, sa premiere ‘ uvre dramatique, devint immediatement le manifeste du theatre romantique. Hugo definissait ainsi, contre l’esthetique du theatre classique, les regles d’un nouveau genre theatral, le drame romantique.

Le drame romantique ne des theories de Hugo se caracterise par l’introduction du laid et du grotesque sur la scene theatrale, par un plus grand souci de la couleur locale et surtout par le melange des genres, puisqu’au sein d’un meme drame figurent des elements tragiques et comiques. Le 25 fevrier 1830, la representation de la piece Hernani, qui donne a Hugo l’occasion de mettre lui-meme en pratique ses principes, se deroula dans une atmosphere surchauffee par les polemiques entre defenseurs de la tradition et tenants des nouvelles doctrines.

C’est cette soiree mouvementee, restee dans l’histoire litteraire sous le nom de «! bataille d’Hernani! », qui fit officiellement de Hugo le chef de file du romantisme francais. Hugo illustra encore ses theories au theatre, notamment avec des drames passionnes comme Le roi s’amuse (1832), interdit par la censure, Lucrece Borgia (1833) ou Ruy Blas (1838), un de ses drames les plus connus. C) Sa gloire litteraire (1829-1843) Sa renommee de poete lyrique etait confirmee par la publication de divers recueils de vers.

L’eclatante revelation de Hugo comme poete romantique date en effet de 1829 avec le recueil des Orientales, nourri d’images de la Grece en flammes et de visions de villes espagnoles. Par ailleurs, un autre triomphe suit de tres pres celui d’Hernani. En effet, apres le theatre, Victor Hugo annexe au romantisme le roman avec Notre de Dame de Paris, paru en 1831 et qui met en scene un couple devenu mythique, Quasimodo et Esmeralda. Il y donne la mesure de son imagination, de sa puissance verbale, et exploite habillement le gout du temps pour le Moyen Age qui l’avait deja inspire dans ses Ballades.

D’autre part, des Feuilles d’automne (1831) au recueil les Rayons et les Ombres (1840), s’affirment les themes majeurs de la poesie hugolienne : la nature, l’amour, le droit du reve. De plus, dans ses recueils lyriques, on y voit evoluer ses idees, s’affirmer son originalite et se preciser sa conception de la poesie. Au fil du temps, le succes public ne se dementit pas, malgre quelques demeles avec la censure (l’interdiction de Marion Delorme par exemple, en 1829). En 1833, Hugo rencontra Juliette Drouet, qui devait le suivre en exil et rester sa maitresse devouee pendant cinquante ans.

Poete consacre, officialise par son election a l’Academie francaise en 1841, Victor Hugo fut doublement affecte, au cours de l’annee 1843, par l’echec de son drame les Burgraves, qui marquait le premier signe de la decadence du theatre romantique, et surtout par la mort tragique de sa fille Leopoldine, noyee dans la Seine avec son mari. Le poete composa en souvenir de son enfant les poemes qui prirent place dans le quatrieme livre des Contemplations (1856) D) Sa vie politique (1843-1851) Detourne en partie de l’activite litteraire, Hugo va chercher un derivatif dans l’action politique.

La mission du poete telle qu’il la concevait trouvait la son aboutissement normal. D’autre part, apres etre reste reserve a l’egard de Louis-Philippe, il avait ete conquis par la jeune duchesse d’Orleans, admiratrice enthousiaste de son ‘ uvre (1837). Il avait pu penser qu’en accedant au trone le prince heritier l’appellerait au ministere. La mort du duc d’Orleans (1842) avait mis fin brutalement a ses reves, sans detruire son attachement a la duchesse et a ses enfants. Nomme pair de France en 1845, il intervient a la chambre haute en faveur de la Pologne, parle contre la peine de mort et l’injustice sociale.

En 1848 il tente vainement de faire proclamer la regence de la duchesse d’Orleans. Depute de Paris a l’Assemblee constituante puis a l’Assemblee Legislative, Hugo se montre d’abord partisane resolu du prince Louis-Napoleon. Il est de ceux qui ont prepare son succes de longue date, en contribuant a repandre (depuis les Chants du Crepuscule) la legende napoleonienne ; il a appuye chaleureusement sa candidature a la Presidence de la Republique; il semble meme avoir envisage un moment sans repugnance l’etablissement d’un regime d’autorite en faveur du prince.

Mais soudain, pour des raisons a la fois ideologiques et personnelles il se rapproche de la gauche, denonce les ambitions et les menees du prince-president, combat le cesarisme dans un journal qu’il a fonde, l’Evenement. Au 2 decembre, il s’efforce sans succes de soulever le peuple de Paris et, risquant d’etre arrete, doit passer la frontiere. E) Son exil (1851-1870) Apres l’epreuve d’un deuil cruel, l’epreuve de l’exil acheve de murir le genie de Victor Hugo. Le poete commence alors une nouvelle carriere; c’est en exil qu’il va composer ou parfaire ses ‘ uvres maitresses.

Il sejourne d’abord a Bruxelles (1851-52) ou il aborde la tache la plus urgente : stigmatiser le coup d’Etat et son auteur; il redige a cet effet un recit virulent, l’histoire d’un crime (qui ne paraitra qu’en 1877) et un pamphlet, Napoleon le Petit. En aout 1852 il passe a Jersey et s’installe avec les siens a Marine-Terrace. Poursuivant son ‘ uvre vengeresse, il compose et publie Les Chatiments (Bruxelles, 1853), satire eloquente, ironique, enflammee, ou il clame son mepris et sa haine pour Napoleon III, son amour de la liberte et son espoir en des temps meilleurs.

Repandu clandestinement en France, l’ouvrage galvanise l’opposition republicaine qui reconnait dans l’illustre proscrit son chef spirituel. En septembre 1853 une amie recue a Marine-Terrace, Delphine de Girardin, l’initie au spiritisme; dans les sombres mois d’hiver et de tempete, il est hante par l’idee de la mort, le mystere de l’ame et du monde. Alors se libere en lui la tendance latente a une poesie hallucinatoire, et il ebauche, sous forme de visions apocalyptiques, une epopee philosophique qui borde le probleme du mal : La Fin de Satan, et le probleme de l’infini : Dieu. Ces deux ‘ uvres, commencees l’une en fevrier-mars 1854, l’autre au printemps de 1855, ne paraitront qu’apres sa mort, en 1886 et 1891. L’agitation des proscrits inquietant les autorites locales, Hugo doit quitter Jersey pour Guernesey (octobre 1855). Il y acquiert une maison, Hauteville-House, ou son imagination vibrera au spectacle de la mer et des cotes de France dans le lointain. En I856 il fait paraitre les contemplations, son chef-d » uvre lyrique.

Renoncant ensuite pour un temps a l’epopee metaphysique, il se consacre a l’epopee humaine, qu’il traduit sous deux formes, dans les vers de la legende des siecles (1859), et dans un immense roman, fruit d’une longue elaboration, les Miserables. Cependant, des le debut de la guerre de 1870, Hugo songe a rentrer en France; il est a Bruxelles en aout et a Paris des le lendemain de la proclamation de la Republique, le 5 septembre. F) Sa vieillesse (1870-1885) L’ecroulement de l’Empire lors de la guerre contre la Prusse en 1870 permit a Victor Hugo de revenir en France.

Son retour fut triomphal et, en fevrier, il fut elu depute a la Constituante avec 214 169 voix. Il avait de vastes projets politiques : abolition de la peine de mort, reforme de la magistrature, defense des droits de la femme, instruction obligatoire et gratuite, creation des Etats-Unis d’Europe. Mais, au bout d’un mois, desillusionne, il demissionna. Avec l’Annee terrible (1872), sa poesie retrouva le ton des Chatiments pour temoigner des evenements de la Commune.

Hugo etait alors devenu pour les Francais une sorte de patriarche national des lettres. Lorsqu’il s’eteignit, le 22 mai 1885, un cortege de plusieurs centaines de milliers de personnes suivit, depuis l’Etoile jusqu’au Pantheon, le «! corbillard des pauvres! » qu’il avait reclame. «! Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je desire etre porte au cimetiere dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les Eglises. Je demande une priere a toutes les ames. Je crois en Dieu.! » : ce furent la ses dernieres volontes.

Victor Hugo fut peut-etre, de tous les ecrivains francais, le plus remarquable par la longevite de son inspiration et par sa parfaite maitrise technique. Aussi aborda-t-il tous les themes, utilisa-t-il tous les registres et tous les genres, allant de la fresque epique au poeme intimiste. Son influence est encore aujourd’hui incommensurable. Certains de ses textes d’observation comme Choses vues ou de ses textes critiques comme Litterature et philosophie melees (1834) ou William Shakespeare (1864) temoignent, s’il etait besoin, de la coherence esthetique et de la plenitude de l’’ uvre hugolienne.