Biographie de jane austen

Biographie de jane austen

Jane austen Biographie en resume Une des grandes romancieres du XIXe siecle (1775-1817), elle decrit avec un art delicat et un esprit d’une grande independance, les amours et les ambitions de la gentry, la moyenne bourgeoisie anglaise. L’univers de ses romans est, a l’instar de sa vie, singulierement depeuple des drames ou du pittoresque qui font la trame de la litterature de son epoque. Aux compositions touffues et aux histoires compliquees goutees par le public de l’epoque, elle oppose, dans un style simple, des ouvrages dont l’interet reside en premier lieu dans la qualite de l’observation et la sincerite des sentiments exposes.

Pionniere du realisme social, elle est une des premieres a s’interesser a la peinture de la vie quotidienne, des passions simples d’une classe dont les preoccupations tournent pour l’essentiel autour de l’amour, de la consolidation des fortunes familiales ou de l’elevation sociale par le mariage. Fortement attachee a la vie rurale, eprise des beautes sobres de la campagne anglaise, elle a decrit son milieu avec un regard, qui bien que sans complaisance, est exempt du mepris si frequent dans la litterature francaise pour la vie provinciale.

Loin des tourments revolutionnaires et des guerres napoleoniennes qui dechirent le continent, du romantisme qui

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balaie le paysage litteraire, le monde de Jane Austen forme une sorte de parenthese close dans laquelle on decouvre une societe paisible, dominee par une affabilite pouvant faire sourire aujourd’hui mais qui n’est pas sans charmes. Certains ont qualifie de marivaudages anglais ses romans dont les intrigues se nouent et se denouent heureusement a la faveur d’un destin genereux.

Walter Scott, Macaulay — qui la placait au second rang apres Shakespeare — et Lewes furent les premiers admirateurs de la romanciere qui connut peu de succes de son vivant. Son ? uvre, resume un critique du XIXe, revele «une femme superieure dont on peut dire, en empruntant a Balzac le mot qu’il s’appliquait a lui-meme, qu’elle a porte toute une societe dans sa tete. » Vie et ? uvre «Jane Austen est nee en 1775 a Steventon, pres de Basingtoke, en Angleterre. Elle etait fille d’un ministre anglican; un de ses freres fut de meme ministre anglican ; deux autres furent marins et parvinrent au grade d’amiral dans la flotte anglaise.

Sa vie s’est passee tout entiere a la campagne ou dans des villes de province. Elle n’est qu’occasionnellement venue a Londres. Elle ne s’est pas mariee. On ne lui connait ni passion, ni engagement d’amour. Elle n’a laisse aucune action a raconter. Elle existe par les romans qu’elle a ecrits : Pride and Prejudice, Northanger Abbey, Sense and Sensibility, Mansfield Park, Emma… Le premier, Pride and Prejudice, presente en 1798, a l’editeur Crabe fut dedaigneusement refuse.

Le second, Northanger Abbey, vendu d’abord a un editeur de Bath, pour la somme de dix livres sterling, fut ensuite retourne. L’editeur a la reflexion, s’estima heureux de recouvrer son argent. Enfin les editeurs Egerton et Murray, a Londres, consentent a publier ses romans, qui paraissent anonymement. Quand Miss Austen meurt en 1815, a quarante-deux ans, son nom commencait a etre connu. Le premier biographe qui s’occupe d’elle, apres sa mort, en 1818, va jusqu’a dire que de bons juges pensaient que ses livres pouvaient soutenir la comparaison avec ceux de Miss Edgeworth. t de Miss Burney, les deux femmes de lettres illustres du temps. Cependant la celebrite et la gloire surviennent. Elles se manifestent d’abord par l’admiration d’hommes comme Walter Scott, Macaulay, G. L. Lewes. Sa renommee a depuis toujours grandi et elle occupe maintenant, du consentement de tous, une des premieres places dans la litterature anglaise. Miss Austen s’est developpee spontanement, par elle-meme. Elle est devenue auteur d’une facon d’abord inconsciente, pour obeir a l’appel de facultes natives.

Elle a ecrit pour se satisfaire, sans preoccupation premiere de gloire, de fascination a exercer sur le public, sans s’inquieter des jugements qui seraient portes sur son ? uvre, par des critiques, des confreres ou la multitude. Il n’est pas d’ecrivain et d’artiste de race qui ne se comporte plus ou moins de la sorte et qui n’obeisse a la force cachee en lui. Mais cette maniere d’etre tend cependant, de nos jours, a etre faussee par toutes les fatalites qui pesent sur la vie, le besoin immediat du succes, les preoccupations du renom, des recompenses a acquerir, du public a satisfaire, de la critique a desarmer.

La personnalite la plus robuste est ainsi soumise a mille attaques. La grande originalite, la production repondant a la maniere d’etre intime doivent donc devenir de moins en moins frequentes. Et on voit en effet, de plus en plus, des ? uvres entamees par les influences du dehors, dont l’ensemble manque d’unite, qui ne subsistent que par parties et qui continuent a se produire en s’affaiblissant, alors que l’invention premiere est epuisee.

Miss Austen, par la singularite de sa survenue a la campagne, dans un milieu etranger a tout souci litteraire, donne, dans sa plenitude, l’exemple d’un art developpe tout entier sur lui-meme, puisant dans le fond de son auteur ses elements d’existence. C’est pourquoi elle a eu d’abord si peu de succes, ne s’inquietant point de s’adapter au gout du moment, et pourquoi elle a ensuite sans cesse grandi et est devenue souveraine. Elle possedait l’existence propre, l’originalite dominatrice; elle a ainsi echappe, ce qui est une condition d’avenir, aux passions fugitives et a l’influence des coteries ou des cenacles. »