Biographie

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L’organisation spatiale de l’Europe Les limites de l’Europe semblent aujourd’hui encore tres floues. La Russie est-elle europeenne ? Et la Turquie ? L’Europe « de l’Atlantique  a l’Oural » qu’evoquait le General de Gaulle semble un peu simplificatrice au regard de ces exemples. C’est l’Est qui pose le plus probleme car au contraire des continents americains, de l’Afrique ou de l’Oceanie, un ocean ne vient pas nettement separer l’Europe de l’Asie au sein de l’Eurasie. Les frontieres Ouest et Sud semblent en revanche relativement plus nettes grace a l’existence de limites « naturelles » que sont l’ocean Atlantique et le detroit de Gibraltar.

Ainsi nous delimiterons l’Europe aux pays de l’Union europeenne, aux membres de l’Espace Economique Europeen (Norvege, Islande, Suisse) et aux Balkans dans le cadre de notre analyse. En son sein apparaissent des disparites spatiales importantes, de grandes inegalites de developpement qui font apparaitre une structure de l’espace radicalement differente d’une region ou d’un pays a l’autre. Dans quelle mesure l’Europe, qui n’a pas de frontieres geographiques claires, montre-t-elle une certaine coherence dans son organisation spatiale ? Cette unite n’admet-elle cependant pas des limites ?

Certains phenomenes de recomposition spatiale caracterisent l’espace europeen. Par ailleurs, les echanges sont particulierement denses et structurants en son sein. Cependant l’espace reste, dans

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une certaine mesure, globalement heterogene. I- L’Europe : un espace metropolitain soumis a de nouvelles logiques de recomposition spatiale – Des villes a l’importance croissante : la metropolisation de l’espace europeen – Concentration urbaine exceptionnelle. L’Europe represente un foyer de population d’environ 600 millions de personnes (hors Russie), dont 75% vivent en ville (INSEE).

Cette concentration urbaine est caracteristique de la peninsule europeenne par rapport au reste du continent eurasiatique (ou environ 39% de la population est urbaine). L’espace europeen presente en cela une certaine unite. La densite de population dans l’Union Europeenne (114 hab. /km? ) est egalement parmi les plus elevees au monde sur un tel territoire, l’Asie du sud-est seule presentant des taux plus eleves. Selon Jacques Levy, «la ville tend a maximiser l’avantage de concentration, c’est-a-dire de copresence et d’interaction du plus grand nombre d’operateurs sociaux ».

Plus simplement, elle presente l’avantage d’associer, entre autres, habitat et emploi. Il ajoute egalement que «la densite differencie la ville europeenne de la ville nord-americaine, tres etalee ou l’espace public est voue a l’automobile ». En Europe au contraire, une place importante est laissee au pieton. L’urbanisation a connu son essor au XIXe siecle avec les revolutions industrielles mais a commence a ralentir a partir du XXe siecle. Elle semble aujourd’hui stabilisee en Europe occidentale. – Le phenomene metropolitain.

Cette urbanisation a place les metropoles, c’est-a-dire les villes principales du reseau urbain, au premier plan dans l’organisation spatiale en Europe. En effet, en plus de la population, les fonctions superieures de service, de commandement et de production se sont concentrees dans ces villes, generalement des capitales historiques, qui ont ainsi pris une dimension internationale, voire mondiale. Ce processus de concentration s’est accompagne de la formation d’un reseau metropolitain faisant prevaloir la connectivite entre ces villes sur les relations de proximite : « l’archipel metropolitain ».

On parle alors de «metropolisation ». Ce phenomene a connu un essor recent de par les progres dans les transports et les communications qui ont permis de relier plus facilement des villes eloignees geographiquement. Londres, Paris, Milan, Francfort voire Madrid, sont les plus representatives de ces phenomenes que l’ouverture europeenne a etendus a des villes comme Bruxelles ou Strasbourg. Nous etudierons cependant plus en detail dans la seconde partie les liens entre le developpement des metropoles et celui des echanges europeens. L’influence de la mondialisation : une logique de littoralisation – La prise d’importance des littoraux aux seins d’echanges multimodaux. Cependant certains facteurs, parmi lesquels la mondialisation, ont renforce d’autres logiques de recomposition spatiale, en particulier celle de «littoralisation ». En effet, l’accroissement global des echanges a place les interfaces maritimes dans une situation particulierement favorable a l’implantation d’activites economiques et, par la suite, de population. On a ainsi assiste a la formation de complexes ndustrialo-portuaires, en particulier sur la Mer du Nord, la Manche et, de plus en plus, la Mediterranee. – L’exemple du «Range  Nord-europeen » La Mer du Nord est la plus frequentee du monde et est consideree a ce titre comme la «porte de l’Europe ». On appelle «Range Nord-europeen » l’ensemble de ports allant du Havre a Hambourg et comprenant en particulier les ports d’Anvers et de Rotterdam. Ce dernier est le second port du monde apres Singapour et par lui seul transitent 328 des 600 millions de tonnes de marchandises qui passent chaque annee par le «Range ».

Ce poids economique est une raison essentielle de l’implantation de population dans cette zone ou les densites au kilometre carre sont les plus elevees en Europe. – Vers un espace euromediterraneen ? La Mediterranee constitue egalement aujourd’hui une region de plus en plus dynamique, notamment par le developpement des echanges avec europeens avec les rives est, et surtout sud. Ces relations ont ete encouragees et facilitees par la conference euromediterraneenne de Barcelone en 1995 renforcant les partenariats avec les pays du Maghreb et du Moyen-Orient.

Ainsi des regions avant considerees comme excentrees comme l’Est de l’Espagne, le Sud de la France et l’Ouest de l’Italie en particulier retrouvent par cette littoralisation une certaine attractivite et des soldes migratoires croissants. Ce developpement du Sud de l’Europe est loin d’etre acheve, d’autant plus que la situation des Balkans reste tres precaire. L’importance de cette region dans l’avenir de l’Europe est indiscutable. – Les effets de la construction europeenne : une recomposition territoriale autour des regions – Les Etats dans l’organisation spatiale europeenne.

Au debut du XXeme siecle, a la suite des guerres mondiales, l’espace europeen constitue auparavant de grands pays, parmi lesquels de nombreux empires multinationaux, s’est vu divise en une multitude d’entites territoriales : les Etats-nations. C’est cette logique qui a predomine pendant le reste du XXeme siecle et autour de laquelle s’est structure l’espace. L’organisation spatiale de chaque pays s’est ainsi faite a l’interieur des frontieres et generalement polarisee autour de la capitale (et/ou de la capitale economique si celle-ci est distincte du centre politique).

La centralisation est cependant differente au sein de chaque Etat (l’Allemagne est par exemple un modele d’Etat federal). – Les nouvelles donnes de la construction europeenne. La construction europeenne a cependant ete, et est toujours, a l’origine d’un processus de recomposition territoriale. En effet, l’ouverture progressive des frontieres et la mise en place de cooperations multiples ont reduit le role structurant des Etats au profit de l’UE qui se pose elle-meme en entite territoriale (meme si a geometrie variable) et propose un nouveau modele d’organisation de l’espace europeen, plus homogene et plus ouvert.

Une des particularites de cette nouvelle organisation qui la differencie d’un «super-Etat» est la polynuclearite ; en effet un processus d’eclatement de la capitale a ete mis en ? uvre par le choix de la repartition des institutions dans trois villes differentes : Luxembourg, Strasbourg et Bruxelles. – Les regions au c? ur du projet europeen. Mais si cette recomposition territoriale tend a marginaliser le cadre etatique, il renforce en revanche considerablement le role des regions.

Tout d’abord, la politique de cohesion de l’Union se fait essentiellement a l’echelle regionale, les disparites existant tout autant, voire davantage, entre les regions d’un pays qu’entre les pays eux-memes (Sud de l’Espagne ou de l’Italie, Allemagne de l’Est, etc. ). En reaffirmant l’importance des regions comme entites territoriales et en renforcant les pouvoirs des collectivites territoriales, l’UE remet en cause la centralisation de certains pays, parmi lesquels la France. Mais cette nouvelle importance des regions se fait aussi par une cooperation entre les regions elles-memes, en dehors du cadre national classique.

Ainsi le premier volet du projet INTERREG III engage une cooperation transfrontaliere par le biais d’espaces transnationaux reposant sur une langue, une histoire ou plus globalement une culture commune. Des amenagements sont realises en communs et des cooperations dans le domaine de la recherche, de l’environnement ou encore du tourisme. Ainsi l’espace europeen subit-il des mutations dans son organisation territoriale. Ces phenomenes auxquels il est soumis temoignent d’une ouverture interne allant de paire avec la construction europeenne qui est une autre caracteristique de l’espace europeen.

II- Une ouverture exceptionnelle au sein de l’Europe – Des flux importants et de nature variee entre villes et pays – L’importance du commerce europeen. Les echanges europeens sont de plus en plus denses et au sein de ces echanges, le commerce intra-europeen joue un role majeur. Il represente actuellement, selon les donnees de l’OMC, ? des exportations en Europe, une proportion qui reste inegalee dans les sept grandes regions distinguees par l’organisation (l’Afrique, la CEI, le Moyen-Orient, l’Amerique du Nord, l’Asie et l’Amerique du Sud et centrale) et qui temoigne bien de l’unicite de l’espace europeen.

Ces echanges sont particulierement dynamiques dans certains secteurs qui le sont moins a l’echelle mondiale : dans le secteur agricole le commerce intra-europeen a compte pour 38 pour cent des echanges mondiaux en 2004 ; dans le secteur automobile les exportations europeennes representent 57 du commerce mondial et sont en croissance, essentiellement grace au commerce intra-regional. Dans le secteur pharmaceutique enfin, secteur particulierement dynamique, le commerce intra-europeen represente a lui seul 56% des exportations mondiales. Le commerce intra-europeen represente globalement 60% du total des echanges des pays membres. Les investissements intra-europeens. Le phenomene des IDE (Investissements Directs a l’Etranger) est lui aussi representatif des relations privilegiees entre pays europeens. Ces flux ont partout cru de maniere importante ces dernieres annees avec la mondialisation, meme s’ils concernent en premier lieu les pays developpes (87% des flux sortants, 70% des flux rentrants). Selon une etude du CEPN (Centre d’Economie de Paris-Nord), les IDE intra-europeens sont importants et leur part dans les investissements de chaque pays s’est globalement accrue.

Ils representent entre 2/3 et ? du total des IDE recus par les pays europeens. Cette croissance des investissements directs intra-europeens pourrait paraitre etonnante. En effet, ils sont souvent consideres par les firmes transnationales comme des substituts avantageux a l’exportation en presence de barrieres a l’echange (barrieres douanieres). Or avec le Marche unique et la disparition de telles contraintes, cette motivation a disparu. Il semble donc que les motivations de ces investissements relevent plus aujourd’hui d’un souci d’efficacite.

Les pays de l’Union Europeenne disposent en effet dans leur grande majorite d’infrastructures modernes et d’innovations technologiques avantageuses pour les firmes. – Des migrations intra-europeennes ? L’Europe a ete longtemps une terre d’emigration (jusqu’au XIXe siecle), puis d’immigration, ce qu‘elle est encore aujourd’hui. Aujourd’hui, et ce malgre l’adhesion de pays de l’Est en developpement a l’Union Europeenne, les principaux mouvements de migration dans les pays de l’UE sont surtout d’origine exterieure.

En effet, l’afflux de travailleurs de l’Est n’a augmente que d’1% en 2004, contrairement aux previsions. Il existe cependant des flux migratoires dans l’espace europeen, en particulier en provenance des Balkans, (zone sinistree pendant les annees 90 par les guerres civiles et encore tres instable politiquement) et d’Ukraine, vers l’Europe centrale et surtout l’Allemagne. Une grande part des flux intra-europeens de population est aussi liee au tourisme : 88% du tourisme en Europe est intra-europeen. – Des echanges encore tres inegalitaires Des regions excentrees laissees a l’ecart des echanges. Comme le montre les cartes des reseaux de transports terrestres, les regions geographiquement excentrees, au Sud, au Nord et a l’Est, sont particulierement mal desservies par les reseaux de transports et de communications et de ce fait places a l’ecart des echanges. L’essentiel de ceux-ci se fait dans une zone relativement restreinte dans laquelle les infrastructures en place permettent une importante contraction de l’espace. – Des flux tres polarises : un «effet tunnel » qui beneficie essentiellement aux grandes villes.

On remarque egalement que les reseaux desservent essentiellement les metropoles. Or ce sont des reseaux de transports rapides (lignes de TGV, autoroutes) qui laissent a l’ecart les regions traversees, ne leur apportant rien si ce n’est des nuisances. Cette repercussion nefaste de la metropolisation evoquee precedemment s’appelle «effet tunnel » et il contribue a l’idee d’archipel metropolitain. C’est particulierement le cas a l’interieur du territoire francais entre Lyon ou les villes du Sud-Ouest et Paris. – Des differences qualitatives dans les changes : des relations souvent asymetriques. On peut egalement noter des disparites qualitatives dans les echanges, en particulier entre les pays les plus developpes de l’Ouest et les PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale) ou l’industrie et les modes de production sont plus archaiques et moins specialises. La production manufacturiere y est essentiellement tournee vers l’alimentaire, le textile la metallurgie et la transformation du bois et la productivite est de 50% inferieure a la moyenne du reste de l’UE (selon les chiffres de la Commission europeenne).

Ainsi si les echanges sont importants et croissants avec l’Est, ils sont dissymetriques dans la mesure ou les pays de l’Ouest exportent et produisent eux davantage de biens a haute valeur ajoutee technologiquement plus evolues. Cependant les aides apportees par l’Union Europeenne tendent a combler ce retard en permettant de developper la recherche et de moderniser les infrastructures. – L’Union Europeenne, acteur essentiel de cette ouverture – Le Marche Commun. Le Marche Commun mis en place par l’UE est un facteur essentiel de cette ouverture.

Il correspond a une zone de libre echange, fondee sur la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux. Objectif originel du traite de Rome de 57, il a ete finalise par l’Acte unique europeen en 1986 et a aboutit en 1992. Il presente un avantage considerable dans la mesure ou en supprimant les frontieres il supprime les droits de douane et encourage ainsi fortement les relations entre partenaires europeens. Il encourage egalement la competitivite des entreprises en renforcant la concurrence. – Les effets de la monnaie unique dans les echanges europeens.

A partir de 1999, l’Union monetaire est venue consolider le developpement des echanges intra – europeens. Les flux commerciaux intra – zone ont sensiblement progresse sans se faire veritablement au detriment d’autres partenaires. En effet, les importations communautaires en provenance des pays tiers se sont accrues. Cependant l’euro a aussi des consequences negatives : en hausse depuis plusieurs annees il a une incidence negative sur le tourisme. En effet, cette appreciation diminue les recettes des visiteurs etrangers et encourage les habitants de la zone euro a voyager a l’etranger. Une integration progressive au service d’une ouverture profitable a tous. Les nouveaux membres de l’Union doivent cependant repondre a certaines exigences de developpement avant de pouvoir beneficier pleinement de l’ouverture. C’est pour cette raison que les nouveaux membres arrives en 2004 ne sont pas encore integres a l’Espace Schengen. Ces avancees progressives permettent d’eviter des flux trop importants de main d’? uvre a tres bas cout dans le pays les plus avances et de mettre en place un espace le plus homogene possible qui beneficie a tous. III- Un espace de disparites

En premier lieu, l’Europe peut etre divisee en deux : Celle de l’Ouest, qui est developpee (PIB par habitant eleve) et celle de l’Est, qui est pauvre. Cette distinction est le resultat direct de dizaines d’annees de Guerre Froide. Toutefois, une analyse plus poussee nous permet en fait de discerner trois grandes zones dans l’espace europeen, les traditionnels « centre », « peripheries » et « marges ». – Le c? ur dynamique du continent : la « vieille Europe » Ce nom designe historiquement les pays de l’Ouest que sont l’Angleterre, la France, l’Italie, la Suisse, les Pays-Bas, etc. berceaux de l’humanisme, des cultures religieuses chretienne et protestante. Cette conception est toutefois un peu simpliste et a relativiser : la zone evoquee n’est pas veritablement homogene. – Des metropoles en grand nombre. Le centre est forme d’une multiplicite de grandes villes – souvent des capitales politiques et culturelles – comme Londres, Paris, Lille Francfort, Berne, Strasbourg, Bruxelles… Il n’y a pas d’hyper-centre, contrairement aux Etats-Unis. Par ailleurs, la plupart de ces villes sont des lieux de pouvoir politique et economique.

Grace aux bourses, le Luxembourg est un paradis fiscal ; Strasbourg et Bruxelles sont les capitales de l’Union europeenne ou se prennent les decisions et a La Haye se trouve la Cour de Justice internationale. – Un foyer de population transfrontalier. L’etude demographique permet de confirmer la presence au sein de cet espace d’une zone plus dynamique et transfrontaliere. On lui donne le nom de dorsale europeenne, « banane bleue », voire « pieuvre rouge » depuis peu. Elle comprend le sud-est de l’Angleterre, le nord-est de la France, des regions du Benelux, la Rhenanie, la Suisse et le nord de l’Italie. Elle est dans une phase d’expansion.

Dans ces regions, la population est tres dense, superieure a 500 habitants au km?. Les activites economiques – commerciale, industrielle, portuaire – y ont favorise la concentration du peuplement ainsi que l’urbanisation. – Des relations anciennes de circulation et de commerce. On se rend en effet compte que cet espace dynamique est organise autour du Rhin et de la region rhenane, des zones de circulation intense. Il existe en effet un couloir de flux suivant le trajet du Rhin qui dessine l’arrete centrale de la dorsale. Le fleuve relie en effet des regions allemandes, francaises, suisses, autrichiennes, etc. la Mer du Nord. Cette situation explique l’anciennete de la circulation et du commerce dans la region, vieux de plusieurs siecles (deja tres importants au Moyen-Age). La facade maritime y est en consequence tres developpee. La « Western range », ou range nord-europeenne, comprend en effet le plus grand port au monde : celui de Rotterdam. Le volume d’exportation de la region depasse notamment celui des USA et du Japon. Autrefois, l’Europe rhenane etait une region industrielle (miniere, charbonniere) ; aujourd’hui ce sont les multinationales qui s’y implantent.

Par consequent, l’activite economique des villes est devenue a dominante tertiaire : les services representent deux tiers des emplois en Europe rhenane. Aujourd’hui la dorsale regarde vers l’Est et le Sud, entre autres grace aux projets de l’UE. – Des peripheries plus ou moins bien integrees : l’Europe scandinave et mediterraneenne L’Europe reste toutefois un espace heterogene aux dynamiques regionales variables. Entre les peripheries et le centre completement integre, les richesses varient en effet de 1 a 4. – Des politiques europeennes efficaces qui ont contribue a developper certains pays du bassin mediterraneen.

La politique regional et les fonds structurels de l’Union europeenne tendent a rattraper le retard de developpement des peripheries, et il semble que cela fonctionne. Nous pouvons le constater dans les pays du bassin mediterraneen. L’Espagne, le Portugal et la Grece, qui etaient des pays dont les populations migraient, sont a leur tour des terres d’accueil car leur niveau de vie a augmente. C’est egalement flagrant en Irlande, pays qui a extraordinairement tire profit de son integration europeenne. Ces pays sont aujourd’hui parmi ceux ou la croissance est la plus elevee en Europe. Des pays moins bien integres aux dynamiques europeennes en raison de leur situation geographique excentree. Il existe une autre zone peripherique au sein de laquelle les pays sont tres developpes, et relativement integres. C’est la region scandinave (Norvege, Suede, Finlande, Danemark). Le fait que ces pays soient dits « peripheriques » traduit moins un niveau economique qu’une situation, climatique, demographique et simplement geographique, qui ne les integre pas completement aux dynamiques europeennes centrales. Cet eloignement, au sens ropre du terme, met a part et dans une plus grande mesure, des regions dites « ultra-peripheriques ». Celles-ci cumulent les handicaps : insularite, relief, climat… La Corse, les Acores, Madere ou les iles grecques en sont des exemples. – Des disparites regionales au sein des pays developpes. Comme pour ces regions ultra-peripheriques, il existe des disparites au sein des pays-memes. Certaines regions francaises (notamment le Nord et l’Est, en reconversion economique) ont ainsi beneficie de fonds structurels, alors que la France est un pays considere comme central et integre.

De maniere encore plus manifeste, il existe une inegale puissance des Lander allemands (dont les raisons historiques sont la encore liees a la Guerre Froide) : la Rhenanie, le Bade Wurttemberg et la Baviere sont beaucoup plus integres que l’Allemagne de l’Est qui souffre d’un taux de chomage deux fois plus eleve. Cette dualite se retrouve en Italie ou le Nord connait un taux de chomage inferieur a 5% contre 20% au Sud. – Une zone en marge : l’Europe de l’Est – Une marge historique par rapport a la vieille Europe.

Mais a cote de ces zones plus ou moins bien integrees existent des regions veritablement en marge. Elles correspondent globalement a l’Europe de l’Est e aux Balkans. Elle est bien sur en marge en partie a cause de son eloignement, geographique et culturel. L’Europe de l’Est n’a en effet jamais vraiment entretenu de liens tres etroits de commerce avec les pays de l’Ouest, qui sont aujourd’hui les plus dynamiques. Elle a toujours ete davantage associee a la Russie ou a la Turquie (Empire ottoman), quand certains pays n’en faisaient pas tout bonnement partie. Les traces de la Guerre Froide. Mais si les nouveaux moyens de communication auraient pu rapprocher ces regions de maniere significative, c’est la Guerre Froide et le Rideau de Fer imposes a l’Europe pendant 50 ans qui les ont durablement mises a part. Avec la chute de l’URSS et la fin de la separation physique et politique, l’aspiration au rapprochement Est-Ouest est apparue a l’Est, notamment en raison du retard pris en termes de niveau de vie et de revenu. Depuis 1989, 500 000 personnes ont emigre d’Europe centrale vers l’Ouest.

Par ailleurs, la densite de population y est faible, quoique le retard se comble peu a peu, surtout dans des zones non-urbaines comme la Roumanie ou la Hongrie. – L’UE comme voie integratrice ? Jusqu’en 2004, ces pays de l’Est n’appartenaient pas a l’Union europeenne et ne disposaient pas, a ce titre, d’aides economiques pour se developper. Les dix pays integres a cette date, puis la Bulgarie et la Roumanie en 2007, beneficient desormais des fonds structurels qui etaient avant essentiellement consacres aux pays du Sud de l’Europe. Ce n’est pas le cas de tous, des pays balkaniques ne particulier.

Pour se developper, ils doivent notamment faire evoluer leur industrie, voire en developper une dans certains pays a dominante agricole. Ils sont en bon chemin grace aux delocalisations vers l’Est. Par ailleurs, leurs infrastructures (voies de circulation a dominante ferroviaire, absence d’autoroutes ou de lignes a grande vitesse…) sont archaiques et exclusivement adaptees a l’industrie lourde, priorite de l’ex-URSS. Pour cette raison, les voies de communication doivent se renouveler afin de permettre davantage d’echanges entre l’Est et l’Ouest

L’organisation spatiale europeenne revele donc de grandes disparites entre des pays riches, acteurs de premier plan au niveau mondial, des pays pauvres, parfois encore secoues par les guerres (Balkans), et des pays ou regions inegalement engages sur la voie de l’integration. C’est aussi un espace en recomposition permanente depuis le debut du XXe siecle et au sein duquel le projet d’Union europeenne a considerablement apporte sur le plan de l’integration et de l’homogeneisation. Dans cette espace dont la delimitation pose encore probleme, l’UE devient un denominateur commun pour un nombre croissant de pays.  Europe » tend a devenir synonyme d’ « Union europeenne ». L’integration communautaire semble ainsi constituer la cle du futur faconnement de l’organisation spatiale de cet espace en mal d’identite. Bibliographie Atlas P. BECKOUCHE, Y. RICHARD, Atlas d’une nouvelle Europe : l’Europe elargie et ses voisins : Russie, Proche-Orient, Maghreb, Autrement, paris, 2004 Y. LACOSTE, Geopolitique : la longue histoire d’aujourd’hui, Larousse, Paris, 2006 N. CATTAN, D. PUMAIN, C. ROZENBLAT, Le systeme des villes europeennes, Anthropos, 2e edition, Paris, 1999 V. REY, T.

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Ressources en ligne Cartotheque de la Documentation francaise : http://www. ladocumentationfrancaise. fr/cartotheque/index. shtml Site web du Conseil de l’Europe, rubrique « cooperation transfrontaliere, euroregions » : http://www. coe. int/t/f/affaires_juridiques/d%C3%A9mocratie_locale_et_r%C3%A9gionale/domaines_dactivites/cooperation_transfrontaliere/Euroregions/ Site web de l’Organisation Mondiale du Tourisme, rubrique « facts and figures » : http://www. world-tourism. org/facts/menu. html