Biblographie sur joseph kessel de wikipedia

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Joseph Kessel est ne a Clara (Argentine), le 10 fevrier 1898. Fils de Samuel Kessel, medecin juif d’origine lituanienne (a l’epoque en Russie imperiale) qui vint passer son doctorat a Montpellier, puis partit exercer en Amerique du Sud, Joseph Kessel vecut en Argentine ses tous premiers mois, pour etre emmene ensuite de l’autre cote de la planete, a Orenbourg, dans l’Oural, berceau de sa mere (nee Lesk), ou ses parents residerent de 1905 a 1908, avant de revenir s’installer en France.

Il fit ses etudes secondaires au lycee Massena, a Nice, ensuite au lycee Louis-le-Grand, a Paris. Infirmier brancardier durant quelques mois en 1914, il obtint en 1915 sa licence de lettres et se trouva engage, a dix-sept ans, au Journal des debats, dans le service de politique etrangere. A dix huit ans,il s’engage dans l’aviation de combats puis participe en 1936 a la guerre de la Siberie et entre dans la nation en 1941. Tente un temps par le theatre, recu en 1916 avec son jeune frere au Conservatoire, il fit quelques apparitions comme acteur sur la scene de l’Odeon.

Mais a la fin de cette meme annee, Joseph Kessel choisissait de prendre part aux combats, et s’enrolait comme engage volontaire, d’abord

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dans l’artillerie, puis dans l’aviation, ou il allait servir au sein de l’escadrille S. 39. De cet episode, il tirerait plus tard le sujet de son premier grand succes, L’Equipage. Il termina la guerre par une mission en Siberie. Ainsi, quand le conflit s’acheva et que Kessel, des qu’il eut atteint sa majorite, demanda la nationalite francaise, il portait la croix de guerre, la medaille militaire, et il avait deja fait deux fois le tour du monde.

Il reprit alors sa collaboration au Journal des debats, ecrivant egalement a La Liberte, au Figaro, au Mercure de France, etc. Mais, pousse par son besoin d’aventure et sa recherche d’individus hors du commun, ou qu’ils soient et quels qu’ils soient, il allait entamer une double carriere de grand reporter et de romancier. Il suivit la guerre d’independance irlandaise et la naissance d’Israel ; il explora les bas-fonds de Berlin ; au Sahara, il vola sur les premieres lignes de l’Aeropostale, et navigua avec les negriers de la mer Rouge.

Son premier ouvrage, La Steppe rouge, etait un recueil de nouvelles sur la revolution bolchevique. Apres L’Equipage (1923), qui faisait entrer l’aviation dans la litterature, il publia Mary de Cork, Les Captifs (Grand Prix du roman de l’Academie francaise en 1926), Nuits de princes, Les C? urs purs, Belle de jour, Le Coup de grace, Fortune carree (qui etait la version romanesque de son reportage Marche d’esclaves), Les Enfants de la chance, La Passante du Sans-Souci, Le Lion, ainsi qu’une biographie de Jean Mermoz, l’aviateur heroique qui avait ete son ami.

Tous ces titres connurent, en leur temps, la celebrite. Avec Georges Suarez et Horace de Carbuccia, il fonda en 1928, a Paris, un hebdomadaire politique et litteraire, le Gringoire. Romain Gary, qui deviendra plus tard son ami, y publia meme deux nouvelles a ses debuts, L’Orage (le 15 fevrier 1935), puis Une petite femme (le 24 mai 1935), sous son veritable nom, Roman Kacew. Joseph Kessel fut egalement membre du jury du prix Gringoire, fonde par l’hebdomadaire, parmi d’autres ecrivains de l’epoque et sous la presidence de Marcel Prevost.

Lorsque le journal, « fortement oriente a droite, puis a l’extreme-droite », afficha des idees fascistes et antisemites, Gary renonca a envoyer ses ecrits1. Kessel appartenait a la grande equipe qu’avait reunie Pierre Lazareff a Paris-Soir, et qui fit l’age d’or des grands reporters. Correspondant de guerre en 1939-40, il rejoignit apres la defaite la Resistance au sein du reseau Carte, avec son neveu Maurice Druon. C’est egalement avec celui-ci qu’il franchit clandestinement les Pyrenees pour gagner Londres et s’engager dans les Forces francaises libres du general de Gaulle.

En mai 1943, dans l’enceinte du pub de Coulsdon The White Swan2 dans la banlieue sud de Londres, l’oncle Kessel et son neveu Druon composent les paroles du « Chant des Partisans » qui deviendra le chant de ralliement de la Resistance, et Kessel publie, en hommage a ces combattants, L’Armee des Ombres. Il finit la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survole la France pour maintenir les liaisons avec la Resistance et lui donner des consignes. A la Liberation, il reprend son activite de grand reporter.

Il est l’un des journalistes qui assiste au proces de Nuremberg, pour le compte de France-Soir, et voyage en Palestine. Il recoit le premier visa du tout nouvel etat d’Israel quand il se pose a Haifa, le 15 mai 19483. Il continue ses voyages, ces fois-ci, en Afrique, en Birmanie, en Afghanistan. C’est ce dernier pays qui lui inspire son chef-d’? uvre romanesque, Les Cavaliers (1967). Entre-temps, il avait publie Les Amants du Tage, La Vallee des Rubis, Le Lion, Tous n’etaient pas des anges, et il ferait revivre, sous le titre Temoin parmi les hommes, les heures marquantes de son existence de journaliste.

En 1950 parait Le Tour du Malheur, livre comportant quatre volumes. Cette fresque epique, que l’auteur mit 20 ans a murir (cf. avant propos), contient de nombreux elements de sa vie personnelle et occupe une place a part au sein de son ? uvre. Elle depeint les tourments d’une epoque (La Grande Guerre puis l’entre-deux-guerres), des personnages sans commune mesure dans leurs exces et une analyse profonde des relations humaines. Consecration ultime pour ce fils d’emigres juifs, l’Academie francaise lui ouvre ses portes.

Joseph Kessel y est elu le 22 novembre 1962, au fauteuil du duc de La Force, par 14 voix contre 10 a Marcel Brion, au premier tour de scrutin. Il tient a faire orner son epee d’academicien d’une etoile de David4. « Pour remplacer le compagnon dont le nom magnifique a resonne glorieusement pendant un millenaire dans les annales de la France, declara-t-il dans son discours, dont les ancetres grands soldats, grands seigneurs, grands dignitaires, amis des princes et des rois, ont fait partie de son histoire d’une maniere eclatante, pour le remplacer, qui avez-vous designe ?

Un Russe de naissance, et juif de surcroit. Un juif d’Europe orientale… vous avez marque, par le contraste singulier de cette succession, que les origines d’un etre humain n’ont rien a faire avec le jugement que l’on doit porter sur lui. De la sorte, messieurs, vous avez donne un nouvel et puissant appui a la foi obstinee et si belle de tous ceux qui, partout, tiennent leurs regards fixes sur les lumieres de la France. »