Bataille

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Philosophie Méthodologie de l’explication de texte L’explication de texte forme le troisième sujet proposé au baccalauréat en philosophie. Il s’agit d’expliquer un texte extrait d’une œuvre d’un des auteurs dont la liste figure au programme. Ce n’est pas un travail difficile à réaliser pour peu que l’on fasse attention à ce qui est écrit dans le texte et à ce que l’on en dit. C’est même une épreuve facile si l’on veut bien considérer que le candidat a tout sous ses yeux et qu’il lui suffit de lire avec attention le texte qui lui est proposé et de respec quelques principes si OF pour ce faire, on doit dib

Ripe next page Une introduction (thème, thèse, structure du texte) L’explication proprement dite (deux, trois ou quatre parties) Une conclusion. Cintroduction Elle doit comporter trois éléments et amener le lecteur ? l’explication qui suivra cette introduction. Ces trois éléments sont les suivants (dans l’ordre où ils doivent apparaitre sur votre copie) Thème Thèse Structure de l’argumentation argumentatif (ce qu’il dit). Exemple : introduction à l’explication du texte de G. Bataille ci- dessous : G. Bataille, L’Erotisme, p. 88-289 Je pose en principe un fait peu contestable : que l’homme est ‘animal qui n’accepte

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pas simplement le donné naturel, qui le nie. Il change ainsi le monde extérieur naturel, il en tire des outils et des objets fabriqués qui composent un monde nouveau, le monde humain. L’homme parallèlement se nie lui-même, il s’éduque, il refuse par exemple de donner à la satisfaction de ses besoins animaux ce cours libre, auquel l’animal n’apportait pas de réserve. Il est nécessaire encore d’accorder que les deux négations que, d’une part, l’homme fait du monde donné et, d’autre part, de sa propre animalité, sont liées.

Il ne nous appartient pas de onner une priorité à l’une ou à l’autre, de chercher si l’éducation (qui apparait sous la forme des interdits religieux) est la conséquence du travail, ou le travail la conséquence d’une mutation morale. Mais en tant qu’il y a homme, il y a d’une part travail et de Pautre négation par interdits de l’animalité de l’homme. ntroduction à l’étude de ce texte . Dans ce texte, G. Bataille (penseur et écrivain du XXème siècle) traite de l’homme et de son rapport à la nature. Il affirme que ce qui caractérise ce dernier est un rapport de « négation » de la nature.

Il commence par poser cette affirmation n principe puis développe les deux aspects de cette ation sur la nature ? 0 aspects de cette négation : négation sur la nature à rextérieur de lui (monde) et négation sur la nature en lui (animalité). Enfin, il affirme l’existence d’un lien entre ces deux formes de négation. L’énoncé du thème est surligné en jaune. L’énoncé de la thèse est surligné en bleu. ‘énoncé de la structure argumentative est surligné en vert. Remarque 1 : Quand on énonce la structure argumentative, on ne donne pas les numéros des lignes.

On se contente de décrire le mouvement du texte. On évite de parler de « première artie « deuxième partie etc. Remarque 2 : Quand on a fait cela, on a terminé la rédaction de l’introduction. Il n’est besoin de rien d’autre. Le développement ou explication à proprement parler Une fois l’introduction achevée, il faut entrer dans le développement, c’est-à-dire dans l’explication du texte proprement dite. Cette explication doit se faire ligne après ligne (phrase après phrase), en suivant la structure dégagée dans l’introduction.

En effet, SI, par exemple, on a distingué trois mouvements dans l’introduction, l’explication sera développée en trois parties correspondant aux rois mouvements décrits dans Pintroduction. On commencera donc par expliquer la première phrase, puis la seconde, etc. , jusqu’à la fin du texte en se centrant, d’une part, sur les points importants et, d’autre part, sur les difficultés que présente le texte 1 . Cette ex lication ne doit pas être mécanique : il ne s’agit pa 30F 10 être mécanique : il ne s’agit pas, par exemple, comme le font certains élèves paresseux ou craintifs, de citer chaque phrase avant d’expliquer.

On se gardera bien d’opérer ainsi, sauf si l’on veut assommer son lecteur (ce qui n’est peut être pas de bonne politique). Il n’est pas interdit de citer, même une phrase longue, pour peu que cela serve à expliquer et à condition que cela ne soit pas systématique. Par ailleurs, quand on citera le texte, il conviendra de citer un passage significatif (qui a du sens). Par exemple, on écrira : « L’auteur commence son propos en posant ce qu’il appelle « un fait peu contestable Quel est ce « fait » ?

C’est, dit-il, que « l’homme est l’animal qui n’accepte pas simplement le donné naturel, qui le nie Ensuite, il s’agit d’interroger le texte en posant des questions sur des points importants et en y répondant. Exemple : ? Que veut dire l’auteur quand il dit, dans cette phrase, que l’homme nie le donné naturel ? Et, pour commencer, qu’est-ce que le « donné naturel » ? On peut penser que par cette expression, l’auteur désigne ce que l’homme trouve naturellement autour de lui. En effet, on a coutume de distinguer entre ce qui est naturel et ce qui est artificiel.

Par ce dernier terme, on désigne ce qui est fabriqué par l’homme, par opposition à ce qui ne Pest pas et qui est, justement, naturel. C’est cela que désigne Bataille par cette expression de « donné naturel » : tout ce qui ne porte pas la trace de ‘homme, que l’homme n’a as encore modifié, constitue I 4 0 tout ce qui ne porte pas la trace de l’homme, que l’homme n’a pas encore modifié, constitue le « donné naturel Et c’est ce « donné naturel » que l’homme « n’accepte pas simplement » et « nie Arrêtons-nous un instant sur ce passage important.

L’homme, dit l’auteur, « n’accepte pas simplement » ce donné. Sil ne l’accepte pas simplement, cela implique deux choses : d’une part, cela implique qu’il accepte ce donné naturel et, d’autre part, cela implique que cette acceptation n’est pas sans détour, sans complication. Or, ce détour, c’est précisément le détour de la égation : c’est parce qu’il le nie, ce donné naturel, que l’homme ne l’accepte pas de façon simple. Mais, ? nouveau, la question rebondit : que signifie ici « nier » ?

C’est ? cette question que l’auteur répond ensuite en deux temps… » I s’agit toujours de faire ressortir l’implicite du texte. C’est-à-dire d’expliquer ce que l’auteur ne dit pas expressément (ou explicitement) mais qui est inclus, impliqué dans ses propos. Dans l’exemple précédent, j’ai fait ressortir cet implicite notamment lorsque j’ai expliqué que ne pas accepter simplement le donné naturel, c’est nécessairement l’accepter ais de façon compliquée.

De même, je vais expliciter l’implicite lorsque je vais expliquer, ensuite, ce que signifie nier le donné naturel. La règle d’or de l’explication, de ce point de vue, est de toujours rechercher dans le texte les réponses aux questions que ron se pose à ce sujet. Cela n’est pas toujours possible, mais il questions que l’on se pose à ce sujet. Cela n’est pas toujours possible, mais il Quand, lors de la première lecture, vous ne comprenez pas quelque chose, cela doit attirer votre attention : ce sera un point à expliquer lors de la rédaction de votre copie. ut le faire autant que possible. Ainsi, ce n’est pas « dans ma tête » que je vais trouver ce que veut dire Bataille quand il parle de la négation du donné naturel, mais c’est dans le texte : En effet, juste après cette première phrase, l’auteur explique ce qu’il entend par là. Il s’agit d’une part de ce qu’il appellera plus bas la « négation du monde donné Y, d’autre part de l’éducation, autrement dit, d’une part de la négation de la nature autour de lui et, d’autre part, de la négation à l’intérieur de lui.

Cette négation ? l’extérieur de lui, Bataille dit que l’homme l’accomplit en hangeant le monde extérieur naturel, en en tirant « des outils et des objets fabriqués qui composent un monde nouveau, le monde humain De même, et cela a lieu « parallèlement l’homme accomplit sur lui-même, sur sa propre animalité, ? l’intérieur de lui cette négation de la nature que nous cherchons ici à expliquer. Or, si l’on se concentre, pour commencer, sur la première négation, que signifie, sous la plume de l’auteur, « nier Cela signifie « transformer ».

En effet, quand on transforme quelque chose, on ne laisse pas cette chose être ce u’elle est. On la nie dans son être pour la faire 6 0 ans son être pour la faire devenir autre que ce qu’elle est au départ. Ainsi, lorsque rhomme transforme le monde extérieur naturel en en tirant des outils et des objets fabriqués, il nie la nature autour de lui telle qu’il la trouve parce qu’il la transforme. par exemple, il nie la branche d’arbre en tant que branche d’arbre lorsque, la taillant, il la fait devenir flèche… ? Enfin, il est nécessaire de comprendre que quand on cherche ? expliquer un terme ou une expression d’une phrase, on n’est pas condamné à chercher dans cette seule phrase les indices qui nous permettraient de comprendre ce terme ou cette xpression. En effet, bien que l’explication doive suivre un ordre linéaire, il n’est pas interdit, au contraire, d’utiliser tout le texte pour éclairer un élément qui se trouve dans une phrase.

Ainsi, dans le texte de Bataille, on a tout à fait le droit d’expliquer la négation réalisée par l’homme à l’extérieur de soi en ayant recours aux passages où l’auteur en dit plus sur celle-ci. C’est ainsi que l’on peut apprendre et expliquer que la négation réalisée à rextérieur de soi est le travail et que la négation interne est l’éducation. Non seulement on a le droit de e référer à un passage situé ? la fin du texte quand on explique une phrase du début, mais c’est même une nécessité : ne pas le faire serait une erreur, et même une faute.

Il faut aussi comprendre que cela ne compromet en rien le travail d’explication qui doit être fait ensuite car quand on explique, on est centré sur un passage, e d’explication qui doit être fait ensuite car quand on explique, on est centré sur un passage, et non pas sur un autre, même quand on fait usage d’une indication contenue dans cet autre passage.

Ainsi, quand on explique la négation externe (deuxième phrase) et que ‘on se réfère au passage où Bataille nomme le travail (avant- dernière phrase et dernière phrase du texte) pour qualifier cette négation, on éclaire le sens de la deuxième phrase sans se priver de ce que l’on devra dire pour expliquer ce qu’il écrit dans l’avant-dernière phrase. Car quand on en viendra à l’avant-dernière phrase, il s’agira d’expliquer le double lien entre le travail et l’éducation alors que quand on en était à la deuxième phrase il s’agissait d’expliquer la négation de la nature à l’extérieur de Phomme. ne fois que l’on a réalisé, phrase après phrase, l’explication otale du texte, il faut rédiger un propos conclusif. Conclusion Dans celle-ci, qui n’a pas à être longue, on récapitule les principales idées de l’auteur en prenant de la perspective sur tout ce que l’on a expliqué et l’on énonce la question à laquelle l’auteur a cherché à répondre. Dans le texte de Bataille, l’auteur a cherché à répondre à la question « qu’est-ce que rhomme ? » en envisageant celui-ci comme un animal singulier dans la nature puisque c’est le lieu ou la nature est en contradiction avec elle-même.

Erreurs à éviter B0 Français ou de grammaire. On ne fera pas d’analyse rammaticale ou stylistique. Mais cela n’interdit pas pour autant de noter, par exemple, l’ironie d’une proposition. Ne pas chercher à expliquer un terme en se référant systématiquement au sens qu’il a pour nous aujourd’hui : ce serait oublier que le philosophe effectue un travail terminologique précis et qu’il faut, par conséquent, toujours saisir le sens d’un mot dans son contexte, c’est à-dire en se référant au texte proposé (« règle d’or » mentionnée ci-dessus).

Ne pas réciter une leçon, un cours : il s’agit d’expliquer un texte (cf. la consigne). Ne pas chercher des exemples à rextérieur du texte quand ‘auteur en fournit luimême. Quand l’auteur n’en fournit pas, ne pas multiplier les exemples. Un ou deux exemples suffisent pour illustrer une idée. Ne pas plaquer la doctrine d’un autre auteur sur celle qui est exposée dans le texte proposé. Il n’est pas interdit de faire des rapprochements, mais il faut qu’ils soient justifiés.

Sinon, non seule brillerez pas, mais vous effet, ce serait une grave erreur de se limiter, dans les explications que l’on donne, sous un pareil prétexte. Il faut, bien au contraire, tout expliquer, comme si on avait la mission de tout faire comprendre à une jeune personne ui serait, par exemple, en troisième ou en seconde, et désireuse d’accéder au sens du texte. Vous avez donc Intérêt à vous glisser dans la peau d’un… professeur. Eviter d’utiliser la première personne. Il ne faut pas confondre l’explication d’un texte et la confession autobiographique.

Cependant, il n’est pas interdit de faire part des difficultés éprouvées à comprendre certains passages. Dans ce cas, on évitera d’écrire « je trouve ce passage dfficilement compréhensible… » et on préfèrera « le lecteur peut trouver ce passage un peu difficile à comprendre… Ensuite, on expliquera pourquoi et on cherchera à résoudre les difficultés en procédant à une enquête rationnelle dans le texte, en n’oubliant pas que la réponse à nos questions est là, sous nos yeux. u’il suffit de lire, de bien lire. On cherchera toujours à se justifier quand on affirmera quelque chose. Pour ce faire, on présentera les raisons qui nous conduisent à cette affirmation. Il ne faut pas hésiter ? raisonner. Au contraire ! Que serait un travail de philosophie sans raisonnements ? Bon courage ! Et, n’oubliez s : tout est sous vos yeux ; il ne s’agit que d’expliquer ce 0 0