Barrage des olivettes

Barrage des olivettes

Breve histoire des barrages Les barrages etaient autrefois uniquement destines a l’irrigation ou a l’alimentation en eau potable. Depuis l’apparition des generateurs electriques a la fin du XIXe siecle, l’eau peut produire une energie facilement transportable et utilisable. Les barrages hydroelectriques ont cette vocation. D’autres servent a la fois a l’irrigation des terres et a l’ecretement des crues.

C’est le cas, dans le departement de l’Herault, des barrages du Salagou (1964-1968), sur la commune de Clermont-l’Herault, et des Olivettes (1986-1988), sur celle de Vailhan. L’Herault et ses affluent L’Herault, avec un bassin versant de 2 500 km2 , constitue un des fleuves cotiers les plus importants du Languedoc. Long de 150 km, il recoit une douzaine d’affluents. Les principaux se situent sur sa rive droite et drainent les versants sud des monts du Larzac et de l’Escandorgue, de Faugeres et de Cabrieres avant d’atteindre la plaine alluviale.

On retiendra la Lergue (39 km), la Dourbie (3,4km), la Boyne (22km), la Peyne (29 km) et la Thongue (30km). Les contrastes, habituels dans cette region mediterraneenne, y sont tres marques. Le haut bassin appuye sur le versant Sud du Massif Central, et domine par le Mont Aigoual, recoit des precipitations annuelles superieures a 2 000

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
mm, alors que la basse vallee alluviale, peuplee et viticole, en recoit moins de 600.

Les crues, extremement brutales dans le haut bassin (en septembre 1958, le debit de l’Herault a Saint-Guilhem-le-Desert est passe en quelques heures de 2,5m3/s a 2500 m3/s) ou elles sont favorisees par les precipitations exceptionnelles et les pentes des versants, inondent regulierement la basse vallee tandis que les ressources naturelles en eau sont insuffisantes en periode estivale pour satisfaire notamment aux grands besoins de l’agriculture et d’une population permanente et saisonniere chaque annee plus nombreuse.

La necessite d’une maitrise de l’eau s’est revelee indispensable pour l’ensemble de l’economie regionale, qu’elle soit agricole, industrielle ou touristique. Le controle des « accidents climatiques » est ainsi devenu une priorite pour le departement. Des janvier 1980, une commission Vallee de l’Herault se voyait chargee de definir un plan d’amenagement global : ecretement des crues de l’Herault certes, mais aussi irrigation agricole, soutien d’etiage et developpement touristique.

Plusieurs annees de reflexion ont ete necessaires pour determiner les travaux a realiser. Construire une retenue sur l’Herault est apparue comme une evidence, et l’idee d’implanter l’ouvrage a Saint Guilhem-le-Desert a domine jusqu’a ce que le laboratoire d’hydrologie de l’Universite des sciences de Montpellier demontre que les crues les plus importantes venaient d’ affluents de la rive droite du fleuve. La Peyne, en particulier, qui draine les hautes collines a bauxite de Bedarieux et de Pezenes-les-mines.

Le choix d’un barrage a Vailhan s’est alors impose, permettant de controler 30 km2 du bassin versant de la Peyne. Des ouvrages ont ete prevus en aval de Pezenas pour accompagner le barrage principal : endiguement du fleuve au-dela de Saint-Thibery et chenal de derivation d’Agde. Le barrage des Olivettes Presentation Implante sur le cours superieur de la Peyne, a 4 kilometres de ses sources et a 15 kilometres au nord-ouest de Pezenas, le barrage des Olivettes appartient au domaine prive du Conseil general.

L’etendue aquatique de la retenue s’etend, au niveau du pertuis normal d’exploitation, sur une longueur de 2 kilometres pour une largeur moyenne de 200 metres, soit 40 hectares de superficie. Les travaux Compte-tenu de la superficie du bassin amont de la Peyne, des precipitations moyennes (905 mm), du debit moyen (0,2m3/s mais pouvant atteindre 49 m3/s), il a ete decide de construire un ouvrage possedant une cote de retenue normale a la hauteur geographique de 163 m correspondant a 4,1 millions de m3, et une cote maximale exceptionnelle a 168,80 m soit 50 ha de surface noyee retenant 6,7 millions de m3 d’eau.

Apres la mise au point du financement (65 millions de francs pris en charge par l’Europe/35%, l’Etat/20%, la region Languedoc Roussillon/15% et le Conseil general de l’Herault/30%), les longues procedures d’achat des terrains de la cuvette des avril 1985, les procedures d’appel d’offres et la pose de la premiere pierre le 15 janvier 1986, les travaux ont veritablement demarre a l’ete 1986… pour etre interrompus le mercredi 15 octobre par une crue de la Peyne noyant le barrage en construction et inondant les faubourgs piscenois.

Une technique inedite Chargees de la construction, les entreprises Bec Freres et Mazza ont fait faire appel a une technique jusqu’alors inedite en Europe pour les grands ouvrages : celle du beton compacte au rouleau (BCR). Il existe deux types d’ouvrages hydrauliques classiques : les barrages en beton classique : ils necessitent un sol stable, non compressible, et la mise en ? uvre de coffrages importants qui en font des ouvrages couteux, les barrages en terre ou enrochements : ils peuvent etre construits sur des sols compressibles mais ne peuvent etre surverses.

Par rapport a ces deux types de construction, les barrages en BCR offrent les avantages du beton sans en avoir les inconvenients et leur realisation simplifiee est comparable a celle des barrages en terre. Le BCR est un beton essentiellement mis en ? uvre a l’aide des materiels classiques de terrassement : le beton est amene en camion a son lieu d’utilisation, etendu en couches minces (0,30 cm aux Olivettes) par bulldozer puis compacte par un rouleau vibrant.

La colline de Roque Redonde, au Sud-Est du village de Vailhan, a fourni les materiaux de preparation du beton. Employe pour la premiere fois au debut des annees 1970, le BCR a connu depuis lors un developpement rapide au Japon et aux Etats-unis. Le barrage des Olivettes represente le premier grand ouvrage francais utilisant cette technique qui a conduit a une economie du cout global du projet de l’ordre de 11%. Elle n’avait ete utilisee jusqu’alors que sur un ouvrage experimental relativement modeste a Saint-Martin-de-Londres (80 m de long sur 6 m de haut).

L’interet principal de cette technique reside dans sa vitesse d’execution. Commence a l’ete 1986, le barrage sera acheve en 1988 mais sa mise en eau se fera laborieusement d’avril 1989 a mars 1993 durant quatre annees secheresse. Une double vocation Implante dans le haut bassin de la Peyne, le barrage des Olivettes repond a une double vocation : ecreter les crues de la Peyne. Le barrage permet de contenir les eaux de ruissellement en cas de fortes pluies, les empechant d’aller alimenter trop brutalement l’Herault en aval de Pezenas.

Les precipitations annuelles moyennes sur le bassin versant de la Peyne sont de l’ordre de 905 mm et le debit annuel moyen de la riviere n’est que de 0,2 m3/sec, cependant de fortes crues sont enregistrees a l’exemple de celle de novembre 1984, une des plus importantes connues jusqu’ici, qui a porte ce debit a 49 m3/s. Le barrage des Olivettes suffit-il a lui seul a preserver completement Pezenas ? Si la Bayelle, le Saint-Martial et le ruisseau de la Prairie gonflent la Peyne avant Pezenas, les crues y sont aujourd’hui moins nombreuses et de moindre amplitude. ssurer le stockage des eaux pour des besoins multiples, en particulier l’irrigation indispensable a l’introduction de cultures diversifiees dans la plaine entre Roujan et Pezenas. Si, dans les regions meridionales, les precipitations sont relativement importantes, on observe cependant de forts deficits en eau pendant la periode estivale. En fin de printemps et en ete, la cuvette du barrage des Olivettes est peu a peu videe afin d’alimenter le lit de la Peyne et de permettre ainsi l’irrigation des terres agricoles par l’intermediaire d’une station de pompage implantee entre Caux et Roujan.

Cette gestion permet en outre d’avoir une cuvette pratiquement vide en automne lorsque les crues sont importantes. Une pompe installee dans le barrage amene par ailleurs l’eau dans le village de Vailhan a des fins agricoles ou d’entretien (arrosage des jardins, remplissage des cuves a sulfatage, nettoyage de la voirie). A cette double vocation s’est ajoutee une dimension touristique non negligeable. Dans un tres beau paysage naturel de rochers schisteux, calcaires et quartziques, un plan d’eau de loisirs a ete creuse en aval de l’ouvrage et entoure d’espaces paysages.

Le lac de retenue est, quant a lui, un lieu propice a la peche. La mise en valeur du patrimoine piscicole a ete confiee a la Federation de Peche de l’Herault qui a introduit des cyprinides (goujons, vairons, ablettes, gardons) ainsi que quatre especes de carnassiers : le sandre, la perche, le black-bass et la truite arc-en-ciel. Un silure y a ete capture lors de la vidange du lac en 2000. Depuis son second remplissage, les pecheurs y prennent des brochets dont on ignore la provenance.

Les prises de perches sont toujours frequentes mais le sandre s’y fait plus discret. La gestion du barrage est confiee a la C. N. A. B. R. L. Un technicien effectue une visite hebdomadaire afin de verifier l’integrite de l’ouvrage. Quel avenir pour le barrage ? Le rechauffement climatique et la diversification des activites agricoles vers des cultures exigeantes en eau conduisent aujourd’hui le Conseil general a etudier un projet de conduite forcee entre le lac des Olivettes et la ville de Pezenas.

Les agriculteurs de Vailhan tiennent a ce que cette conduite servent egalement a irriguer leurs propres terres, en particulier vers la plaine de Gabian, sans que soit remise en question la preservation de la faune et de la flore dans le cours superieur de la Peyne en periode d’etiage Sources Le barrage des olivettes, sur la Peyne, premier barrage en France en beton compacte, Chantiers de France, n° 197, fevrier 1987, pp. 11-17. Jacques Amiel, L’Herault, fleuve mediterraneen, Les Presses du Languedoc, Montpellier 1998, 190 p. Les Arts Vailhan, A la decouverte du barrage de Vailhan, Vailhan 2007, 17 p.