Bac Français 2007

Bac Français 2007

– L’ANALYSE ET LES DIFFICULTES DU SUJET Sujet Contraintes • Une argumentation plus efficace ? Contrainte explicite : « Dans quelle mesure » : la question ainsi formulée appelle une réponse nuancée, — Objet d’étude : convaincre, persuader, délibérer. • Vous appuierez votre développement sur les textes du corpus. Exemples fournis par le sujet. • Vos lectures personnelles. — Exemples fournis par votre culture personnelle. • Et les oeuvres étudiées en classe.

Exemples fournis v CARACTÉRISTIQUES • Il s’agit de produire écrite comme un ess p g ENDU : re, qui doit être ?? Les allusions aux textes du corpus sont obligatoires, celles ? votre culture littéraire acquise en cours ou non, sont souhaitées, mais pas obligatoires. Il – UN TRAITEMENT POSSIBLE DU SUJET Le sujet invite à dégager tout ce qui, dans l’immense variété des textes littéraires, peut être mis au service de l’argumentation. Cependant, la réponse devra également être nuancée en montrant que la « forme » ne doit pas l’emporter sur le fond.

Ill – TYPE DE PLAN POSSIBLE PREMIERE PARTIE La littérature offre un cadre formel à l’argumentation à travers le choix de formes littéraires : genres et types de textes. ?? L’essai (et les genres qui lui sont apparentés : pamphlets, lettre,

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première personne et parfois de la seconde (lettre, discours etc. ), le recours a des expériences personnelles ainsi qu’à un argumentaire nourri en font un genre littéraire protéiforme particulièrement efficace pour convaincre.

Ainsi Voltaire dans son Traité sur la Tolérance alterne passages proprement argumentatifs, rappels historiques, récits circonstanciés de la mort de Callas et interpellations variées (au lecteur, aux juges, à Dieu… ), etc. On peut penser aussi à Montesquieu dans « De l’esclavage des nègres ». Seule limite : l’essai s’adresse à un nombre restreint de lecteurs cultivés. • Le récit, quel que soit le genre littéraire où il prend place, présente de nombreux avantages qui font de lui un genre tout à fait efficace pour l’argumentation.

Il permet en effet d’inscrire la réflexion à travers une histoire qui séduira, puis divertira plus facilement le lecteur et des personnages auxquels il lui sera possible de s’identifier. Par ailleurs, le récit est émaillé de descriptions qui peuvent participer à sa force de conviction. Parce qu’il s’adresse autant à la raison qu’aux sentiments, le écit s’avère donc un moyen particulièrement efficace de faire passer ses idées.

Il est par ailleurs très varié et s’inscrit dans de nombreux genres : le récit à valeur de témoignage (Texte B), l’apologue, récit concentré et donc particulièrement efficace (fables de La Fontaine, fabliaux, contes philosophiques… ), mais aussi passages de romans (chez Hugo ou Zola par exemple), scènes de théâtre et même poèmes (Texte C). Le dialogue enfin est une forme efficace pour présenter ses idées et convaincre le lecteur. En effet, il oppose en les mettant en scène deux idées différente 2 onvaincre le lecteur.

En effet, il oppose en les mettant en scène deux idées différentes. Le dialogue est au carrefour entre fiction et essai ce qui lui permet habilement de combiner les avantages de chacun des deux. Qu’il s’agisse d’un dialogue philosophique (De Platon à Tahar Ben Jelloun en passant par Voltaire) ou d’un dialogue théâtral, l’efficacité demeure évidente : des personnages incarnent des conceptions opposées (On pense aux Justes de Camus, aux Mains sales de Sartre, à l’Antigone d’Anouilh, au théâtre de Molière en général… et les font vivre sous les yeux du lecteur ou du spectateur. Forme dynamique et ouverte, le dialogue est un moyen particulièrement efficace d’aborder un débat complexe, nuancé. TRANSITION La forme littéraire est le premier choix que doit faire l’écrivain en vue de rendre son argumentation efficace. Elle lui offre un cadre mais ce n’est pas la seule dimension à prendre en compte. DEUXIEME PARTIE Le registre et les procédés de styles sont également des paramètres qui peuvent rendre une argumentation plus efficace. ?? Le choix du registre : – le registre polémique est, à nouveau, le registre conventuellement dévolu à l’argumentation. Il se caractérise par ne attaque franche et directe de la cible. Sa virulence permet au lecteur de saisir sans ambiguité l’objet de la critique de l’auteur. Par ailleurs, il traduira efficacement la colère, l’indignation de l’auteur. La fin du texte de Hugo (texte B) relève ainsi d’un registre polémique puisque le personnage permet à l’auteur de manifester sa colère face aux inégalités sociales. – Le registre pathétique utilise les émotions du lecteur afin de le persuader.

Plus qu’à la raison, il s’ad 3 pathétique utilise les émotions du lecteur afin de le persuader. Plus qu’à la raison, il s’adresse aux sentiments et incite le lecteur ? refuser une situation insoutenable. Ainsi, l’opposition entre l’homme « pâle, maigre, hagard souillé de boue » et la femme « en chapeau rose, en robe de velours noir, fraîche, blanche, belle…  » cherche à émouvoir le lecteur et à le dresser, au côté des petits, contre les puissants. – Les registres satiriques, ironiques ou comiques utilisent le rire pour convaincre et faire passer des idées.

On pense au texte de La Bruyère qui utilise énumérations, exagérations et détails pittoresque pour peindre le portrait de Gnathon et à travers lui dénoncer l’égolSme. On pense également à la tradition volontiers idactique du théâtre comique français : de Molière à Brecht en passant par Jarry, les dramaturges utilisent le rire pour convaincre et dénoncer de manière efficace. • Cependant c’est le style de l’auteur qui donnera vie ? ces registres. Les figures de style concourent à rendre une argumentation efficace, à forcer un trait, par l’énumération ou l’hyperbole par exemple.

Au contraire, elles permettent aussi de minimiser un fait (euphémisme) font également appel ? l’imagination du lecteur en tissant des liens avec d’autres réalités (comparaisons, métaphores… ). Elles mettent en valeur les idées de l’auteur (anaphore, antithèse, gradation… ). La Bruyère, par exemple, fait appel à de nombreuses figures pour brosser le portrait de Gnathon : énumération de ses actes discourtois, nombreuses asyndètes qui suggèrent que la liste de ses défauts serait encore longue, métaphore animale (le « râtelier », 1. 1), hyperboles qui tendent à la caricature, 4 encore longue, métaphore animale (le « râtelier », 1. 11), hyperboles qui tendent à la caricature, antithèse l’opposant aux autres (l. 20-21), etc. • L’auteur qui a le souci de rendre son argumentation efficace era également particulièrement attentif aux marques de son implication dans son texte. Plus que tout autre, le texte argumentatif est ancré dans une situation d’énonciation qui contribue fortement à le rendre efficace. L’auteur s’implique dans son argumentation pour la rendre convaincante.

Pour cela, il utilise des modalisateurs, des intensifs, des signes de ponctuation marquée, etc. De même, l’argumentation sera d’autant plus efficace qu’elle s’adresse directement au lecteur et cherche son adhésion (apostrophes et questions rhétoriques… ). Les lettres et les discours sont naturellement les textes argumentatifs les lus ancrés (cf. « J’accuse » ou « Lettre à la Jeunesse » de Zola) Enfin, c’est le choix des mots eux-mêmes qui contribuera à rendre efficace une argumentation. L’écrivain est plus que tout autre attentif à la porté et au sens des mots qu’il utilise.

Il jouera donc avec efficacité des connotations (mélioratives ou péjoratives), des champs lexicaux, des niveaux de langues, etc. Le poète, quant ? lui, pourra utiliser les sonorités pour donner à son texte une force suggestives plus grande. Ainsi, Prévert (Texte C) parle-t-il de « café crème arrosé de sang » pour suggérer l’opposition entre l’homme e la rue affamé et les clients d’un café attablés. La littérature met à disposition de l’argumentation une palette très riche de formes, de tonalités, de procédés. Cependant, il convient de garder en tête que la forme littéraire n’est qu’un moyen.

TROISIEME S procédés. Cependant, il convient de garder en tête que la forme littéraire n’est qu’un moyen. TROISIEME PARTIE Néanmoins, la littérature peut parfois présenter des limites. • La forme littéraire peut n’être qu’un cadre vide : Il convient de ne pas perdre de vue que c’est avant tout son contenu qui rend une argumentation efficace. La force des idées de l’auteur, leur justesse, leur pertinence dans le contexte social, historique, humain, la qualité de la réflexion de l’auteur, sa prise de recul face à ses convictions, son aptitude à la nuance sont primordiales.

Si l’auteur privilégie la forme au détriment du contenu, aussi brillant soit-il, le texte ne sera qu’un ballon de baudruche. Les exemples que nous avons conservés aujourd’hui sont pour la plupart des réussites. N’oublions pas que la littérature tend à oublier peu ? peu les mauvaises oeuvres. • Le lecteur peut passer à côté de la dimension argumentative. Dans le cas de la fiction (roman, apologue, théâtre), le lecteur envoûté par l’intrigue peut ne pas voir le message que l’auteur cherche à faire passer.

Comme le disait La Fontaine lui-même défendant le peuple athénien frivole « Si peau d’âne m’était conté, jy prendrai un plaisir extrême.  » Le lecteur entraîné par l’aspect séduisant du récit ne distingue que la face plaisante, ne lit qu’au premier degré. La leçon passe au second plan. L’émotion qui se dégage du récit l’emporte sur la réflexion. Cest « l’œuvre d’art » qui prime. De plus, dans le récit comme dans les dialogues, les Idées ont incarnées à travers des personnages. Ainsi, dans les Fables, la représentation d’une idée abstraite de façon allégorique n’est pas toujours facile à saisir.

Rousseau ainsi d idée abstraite de façon allégorique n’est pas toujours facile ? saisir. Rousseau ainsi demeure très critique à l’égard des fables. En effet selon lui, les enfants sont incapables de comprendre la moralité par le détour trompeur qu’elles utilisent. « Il faut dire la vérité nue aux enfants ». • La dimension littéraire peut parfois trop simplifier le propos. Cest particulièrement vrai pour l’apologue qui epose, précisément, sur une simplification de l’histoire et des personnages.

Ce qui, de prime abord peut être une qualité, peut aussi se retourner en défaut quand le schéma narratif devient récurrent et donc lassant. De plus la simplification des personnages induit une absence d’épaisseur psychologique qui tend parfois à la caricature et simplifie à outrance des problèmes parfois complexes. Dans d’autres proportions, cela pourrait s’avérer vrai dans le roman ou au théâtre. Molière représente à travers ses personnages des idées qu’il simplifie afin de faire jaillir le comique : Harpagon, parangon des avares, est-il ncore réaliste ?

La façon dont la littérature traite la réalité en la travestissant peut donc en limiter l’efficacité. CONCLUSION Une argumentation efficace dépend naturellement avant tout de son contenu. Toutefois, la littérature est un vecteur très efficace pour transmettre des idées. Pour cela, elle dispose d’un panel de formes qui lui permettent de s’adapter avec souplesse, précision et efficacité à tous les auteurs et à toutes les idées. Attention néanmoins à ne pas se limiter à une forme brillante mais vide ni ? réduire la littérature à un rôle fonctionnel.