Bac Blanc Francais

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INTRODUCTION. Extrait du chapitre VIII des Caractères, intitulé « De la Cour », le passage donné ici, qui constitue une unité, est consacré ? la présentation d’une « région » insolite, aux mœurs étranges, dont le narrateur semble avoir entendu parler, sans la connaître vraiment. Le texte repose en effet sur l’utilisation du « regard étranger qui joue sur les apparences, brouille l’énonciation et feint de ne pas pouvoir définir par leur vrai nom les réalités décrites. L’effet, dépaysant, permet au lecteur de voir d’une autre manière ce qu’il connaît déjà sans doute. Lecture du texte

Problématique : La distorsion, dérang critique indéniable. La lecture analytique 1. Un narrateur étran p g e crée, a un effet aître 3 éléments : 2. Une présentation organisée et structurée. 3. Les éléments de la critique. DÉVELOPPEMENT. 1. Un narrateur étranger. les Indices de l’énonciation Plusieurs formulations laissent penser que celui qui parle rapporte des paroles entendues et décrit ce qu’on lui a présenté mais qu’il n’a pas vu lui-même. A. L’utilisation du « on Ce pronom ouvre le texte sans que le lecteur puisse savoir si le narrateur s’inclut ou non dans le groupe.

Ce n’est donc pas un ndice révélateur à lui

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seul. On remarque la présence d’un deuxieme « on », « où l’on commence ailleurs à la sentir D, qui peut poser le même pas. B. les références à une région étrange. Le mot « région », caractérisé par la présentation de ceux qui y vivent, est repris par l’expression « cette contrée », puis par « pays Le terme « peuple » (au singulier ou au pluriel), ou la périphrase « Ceux qui habitent » font également penser à un pays étranger dont la population aurait des comportements Inattendus.

La localisation géographique qui termine le texte, par rapport au ôle d’une part, de l’autre à des tribus indiennes, termine sur une note exotique qui accentue l’aspect « pays lointain » et inconnu de la région décrite. Le texte se trouve ainsi ouvert et fermé par l’évocation d’un pays original, dans lequel les comportements sont constamment dépaysants. C. Les périphrases et l’insistance sur l’apparence. Le pays n’étant pas nommé, on ne peut appeler ses habitants par leur nom. La périphrase « Ceux qui habitent cette contrée » permet de les désigner en jouant sur l’ignorance.

D’autres expressions vont dans le même sens : les cheveux étrangers » désignent les perruques. Par ailleurs la formulation « qu’ils nomment », « qu’ils appellent » insiste sur le fait qu’il s’agit de pratiques et de terminologies peu connues. La récurrence des verbes soulignant l’apparence joue le même rôle : « semblent « paraît Ces différentes formulations se combinent pour brouiller l’énonciation : le lecteur ne sait pas de quoi il est question, ni dans quelles circonstances celui qui parle émet son message.

Il ne sait pas non plus comment ce dernier se situe par rapport à ce qu’il rapporte des éléments de présentation entendus ? propos d’un pays lointain dont les coutumes, prése 2 OF s apporte des éléments de présentation entendus à propos d’un pays lointain dont les coutumes, présentées un peu approximativement, ne sont pas clairement élucidées : utilisation de « comme si » à propos des femmes (« comme si elles craignaient de cacher l’endroit par où elles pourraient plaire interprétation erronée de l’emploi des perruques empêche qu’on ne connaisse les hommes à leurs visages h). emploi de ce procédé est de nature à créer l’étonnement du lecteur et sa curiosité : il devient de ce fait plus réceptif à un message qui présente l’intérêt de l’exotique ou de l’insolite. . Une présentation organisée et structurée. la structure du texte Malgré l’absence de mots de liaison, on peut observer une organisation de la présentation, qui va de la « région » au « pays en passant en revue les habitants à travers leurs façons de vivre, puis le roi et les relations qu’ils entretiennent avec lui. Cette structure se met en place par simple juxtaposition.

On observe successivement : * La présentation des jeunes gens, avec leur manière d’être en général, leur manière de manger puis de boire. Cette présentation se fait par comparaison de ce groupe avec elui des vieillards (« L’on parle.. de l’eau-forte * La présentation Les femmes… à leur visage h) des apparences vestimentaires des femmes d’abord (maquillage, vêtements) puis des hommes en général, avec une insistance sur les perruques et sur leur utilité (ici, empêcher que l’on reconnaisse ceux qui les portent, ce qui est une interprétation volontairement erronée). Cexistence de « grands », d’un prince, d’un dieu : c’est l’occasion de rapporter un rituel 3 OF s L’existence de « grands d’un prince, d’un dieu : c’est l’occasion de rapporter un rituel en le déformant et en le représentant sous n jour volontairement naif (comme le fera Montesquieu dans les Lettres persanes). L’exposé est précis, relevant de ce qui est visuel, avec des notations brèves et simples qui traduisent un peu naiVement des cérémonies empreintes de toute la pompe versaillaise.

La progression qui suit le texte est donc perceptible : Le présentateur commence par des catégories d’âge et par ceux qui sont le plus éloignés du roi, pour aborder ensuite les courtisans plus proches, puis le roi lui-même. Cette hiérarchie Inversée se retrouve dans l’analyse de la subordination : « ce peuple paraît adorer le prince, et le prince adorer Dieu Or, c’est précisément l’ordre suivi par le présentateur de cette « faune » insolite : peuple, femmes, grands, prince, Dieu.

Cette classification permet à celui qui parle de mettre en relief de nombreux éléments critiques. La présentation de chaque catégorie est caractérisée par l’utilisation d’un vocabulaire très nettement dépréciatif : adjectifs connotés négativement, insistance sur les défauts, mise en relief des contradictions ridicules. A. Les caractérisations négatives. On observe l’emploi d’adjectifs comme « durs « féroces », eux- mêmes hyperboliques, ou comme « pas nette », « confuse « mbarrassee ‘expression « sans mœurs ni politesse » marque également l’absence.

Tout le comportement alimentaire et amoureux des jeunes gens souligne qu’ils sont blasés, excessifs, comme s’ils avaient déj? tout connu. Le narrateur fait ici le ortrait r 4 OF S sont blasés, excessifs, comme s’ils avaient déjà tout connu. Le narrateur fait ici le portrait rapide de libertins, comme le souligne le terme « débauche » B. L’expression des comportements outrés ou contradictoires. L’utilisation de verbes d’action met en relief des gestes et des actions présentées sous une forme critique. Toute l’attitude des femmes est rendue par l’activité (présentée comme néfaste) du maquillage.

La première phrase qui leur est consacrée met en relief, par l’opposition « déclin de leur « beauté » / « servir à les rendre belles les contradictions de choix qui conduisent à l’opposé des effets cherchés, sous l’influence de la mode, la « coutume Les attitudes contradictoires et étonnantes, pour cette raison, sont aussi celles des courtisans qui sont avec le roi à l’Église : « les grands forment un vaste cercle… et tout le cœur appliqués » : au lieu de se tourner vers l’autel et vers le prêtre, ils regardent le rince dans une attitude d’idolâtrie. C.

Le ton naiT de certaines formulations. La présentation du roi dans un rituel religieux est faite dans une tonalité presque naiVe que l’on perçoit d’une part à la simplicité du vocabulaire, d’autre part au souci de précision :« les grands de la nation… faces élevées vers le roi ». La simple juxtaposition des remarques, l’insistance sur les apparences donnent une apparente importance feinte à des comportements qui sont ceux, habituels, des courtisans. En affectant de faire passer pour insolite ce qui est usuel, La Bruyère en souligne les ridicules et les outrances. S OF s