Aux poëtes, Du Camp, Chants modernes

Aux poëtes, Du Camp, Chants modernes

LES CHANTS MODERNES AUX POETES Poètes, croyez-moi 1 ne dites plus : « Ma lyre! ‘Vipe next page Ne dites plus : « O Mu Imitez Rabelais quan Au lieu t du dieu Bac Laissez tous les dieux morts dans leurscieux Délivrez-nous enfin de la mythologie; Laissez le vieux Silène et sa pause élargie, Et ses grands boucs lascifs de guirlandes liés! oubliés;’ mots ! fond du firmament, Ce n’est pas en priant, c’est avec des lunettes ; De tous ces détrônés on a fait des planètes, Et Mercure, aujourd’hui, L’Olympe n’est qu’un médicament. est écroulé ! Ce n’est pas que je blâme

Ceux qui vont s’inspirer aux splendeurs d’autrefois; Il est permis d’aimer les vieux dieux, les vieux rois, Et l’on peut allumer sa verve à toute flamme! 1 lest bon de savoir les récits du passé, D’apprendre les chants purs « dont la Grèce est la n:ère, » De connaître Platon, de méditer Homère, Et d’abreuver son âme à ce qu’on a pensé ! Travaillez, apprenez, comprenez;ô poètes! Sans trêve, étudiez et descendez au fond; Jamais votre savoir ne sera trop profond, Car il faut être fort, ‘esprit, 2 inspirations? Chantez donc nos espoirs, nos douleurs et nos craintes!

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passé, soitl mais chantez l’avenir! L’âge d’or est tout près, nous y touchons peut-être; Appelez de vos voeux celui qui doit paraître ; Ayez plus d’espérance et moins de souvenir ! De quoi vous plaignez-vous? Notre époque est féconde! Le bonheur et la foi vont sortir de leurs plis! Nous verrons couronner On va renouveler les efforts accomplis; la face du vieux monde ! 59 Nos temps sont aussi grands que les plus révérés ; Les vins de nos coteaux valent bien l’ambroisie; La nature, à tout vent, jette la poésie ; 1 Is’agit de la voir; cherchez, vous trouverez!

Nos maîtres de bailet vale 3 aphes ; sûrs que les arcs ou la fronde ! Nous avons rejeté les effrois superflus, la cause, et nous ne croyons Nous recherchons A des dieux courroucés lorsque Nos chevaux, aujourd’hui plus la foudre gronde! ne sont plus des « coursiers, Mais s’ils étaient lancés dans des courses hippiques, Is pourraient Oubliant, aux stades olympiques, triompher en chemin, leurs fameux devanciers ! Laissez donc le fatras des oeuvres révolues; Laissez I’Hymen éteindre t ses flambeaux; 4 que rien jamais n’arrête, Que grandit le ciel bleu, que grandit

Et qui vers l’avenir Chantez-le, celui-là, la tempête, tourne de longs regards ! sans repos et sans trêve. Dites-nous ses douleurs et ses enivrements, Ses extases, ses cris, ses larmes, ses tourments, Et sa réalité plus belle que son rêve.. Nous avons déjà vu bien assez de grandeurs, Nous sommes assez forts, nous sommes assez riches, Pour vivre de nous seuls et pour laisser en friches Les champs dont les anciens furent les moissonneurs. 62 — Arrivez aux combats et laissez là l’escrime; Accomplissez Frères, enfla vos devoirs sérieux; S désarmant la guerre!

Dans cent ans les soldats seront des laboureurs ; Les généraux seront les chefs de nos usines ; Avec les obusiers on fera des machlnes, Sur nos remparts détruits Alors on comprendra Peuvent briller on sèmera des fleurs. et la gloire que Ihonneur ailleurs qu’au milieu Les soldats d’aujourd’hui des combats. sont les derniers soldats, Et les chants du travail sont les chants de victoire ! Chantez la paix! chantez l’avenir du labeur 1 Jetez votre regard par del? S repoussez plus, d’un coeur délibéré, Les avertissements Chantez la liberté, que le ciel vous envoie. amour et le progrès,; Des liens du passé votre âme débridée Comprendra mieux la forme en fécondant l’idée, Et n’animera plus de stériles regrets. Quelques-uns vous ont dit s La Forme seule eît belle ! En vous parlant ainsi, c’est un non-sens qu’ils La Forme est belle, soit! font, quand l’idée est au fond! Qu’est-ce donc qu’un beau front qui n’a pas de cervelle? Cherchez-la, celle Forme, 65 et par tous les moyens ; Choisissez la plus pure et la Mais que son sein charma lus condensée, Choisissez la plus pure et la plus condensée, Mais que son sein charmant