Autrui

Autrui

Introduit en philosophie par Hegel, le concept d’ « Autrui » se concoit comme l’alter ego, c’est a dire l’autre moi. Il est a la fois semblable et different de ce moi. D’abord semblable en ceci qu’il est un sujet conscient comme moi; different, parce qu’il possede une conscience singuliere, propre a ce sujet. De la, comment expliquer qu? Autrui peut etre a la fois comme moi et autre que moi ? Si l’on part du principe qu’Autrui est un sujet, cela implique qu’il possede une conscience, sous differentes occurrences.

Il possede egalement un corps et une raison, qui lui permettent d’agir et d’etre ; il a donc une identite. En ce sens, il est mon semblable car il possede les memes attributs que moi. En revanche, il est vrai qu’autrui est tout autre, l’autre quel qu’il soit : mon ami ou mon ennemi, mon pere ou mon frere, l’un de mes proches ou un etranger. Sa conscience est singuliere- c’est-a-dire propre a lui-meme, elle est peut etre reflexive, morale ou encore gregaire, elle peut etre donc differente de la mienne. De plus, l’alterite, ou ce qui ’est pas soit, marque la distanciation entre moi et autrui, marque la difference. Aussi, si

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autrui etait mon semblable, la relation avec lui ne serait envisageable, en ceci que l’on possederait la meme identite. (« Autrui c’est l’autre, c’est a dire le moi qui n’est pas moi » Jean-Paul Sartre) Pour Descartes, si l’on se contente de la perception, il n’y a pas de difference entre autrui et un objet. C’est-a-dire qu’un passant dans la rue peut etre considere comme un automate, et non un sujet. (« Que vois-je de cette fenetre si ce n? st des chapeaux et des manteaux (…) qui ne se remuent que par ressorts ? ») Ceci nous renvoi au concept de la pensee rationnelle. En effet, pour Descartes, seule la raison permet d’acceder a la connaissance. Avant d’etre un autre que moi, Autrui est considere comme un objet anime, une simple substance materielle. Pour Bachelard en revanche, Autrui est considere comme essentiel a la construction du moi. Il l’aide a s’eveiller, et la rencontre de leurs deux consciences cree l’etre. (« La rencontre nous cree. »)

Autrui n’est donc pas une chose pour Bachelard comme chez Descartes, mais bien une personne. De la, on vient a s’interroger quant a la tradition rationaliste, qui rend difficile la rencontre avec Autrui. Le cogito cartesien est une experience personnelle aboutissant a la prise de conscience de soi. La connaissance de l’existence de l’autre passe alors par la raison, c’est-a-dire par la conscience de soi. La philosophie rationaliste freine donc la rencontre avec Autrui, en ceci qu’il faut d’abord se connaitre soi- meme avant de connaitre l’autre.

Pour Merleau-Ponty, et d’apres la these phenomenologique, la conscience de soi presuppose la connaissance d’autrui. Je ne pourrai etre conscient de mon existence sans etre en meme temps conscient de l’existence d’autrui. La conscience est d’abord dirigee vers le monde avant d’etre consciente de soi. Afin de pourvoir etre conscient de mon existence et de mes experiences, je dois d’abord etre conscient qu’autrui percoit les memes choses que moi, ce qui facilite et rend plus facile la relation avec autrui.