Apollon

Apollon

La complexite du personnage d’apollon attribues :Apollon est partage entre un aspect pacifique, symbolise par la lyre, lie a la pratique des arts, a la musique et au chant, a l’elegance, la beaute de la jeunesse et la sante, et un aspect violent, symbolise par l’arc, lie a la colere et a la destruction, a la menace que represente sa force. Quand il arrive sur l’Olympe, l’arc bande, les dieux bondissent de leur siege, saisis d’effroi ; c’est Leto qui lui ote son arme et lui fait prendre place dans l’assemblee, qu’il ne tarde pas a inviter au chant et a la danse.

Apollon etait surtout celebre en tant que dieu de la Musique. De nombreuses representations le montrent avec une lyre, instrument notamment utilise pour les concours de poesie. Apollon etait fier des sons melodieux qu’il tirait de sa lyre. Le satyre Marsyas voulut se mesurer a lui, pretendant que la musique de sa flute etait plus douce que celle d’Apollon. Apres que les Muses, qui avaient servi d’arbitres, eurent declare Apollon vainqueur, celui-ci fit ecorcher vif Marsyas pour son impertinence. l orna une autre fois le crane du roi Midas d’oreilles d’anes pour avoir prefere la flute de Pan a

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sa lyre. Quant a la divination, elle est egalement double. Apollon connait l’avenir, il repond aux questions des humains en enseignant la meilleure voie a suivre, et les oracles de la Pythie donnent vite naissance a une sagesse delphique fondee sur la lumiere de la raison ; mais Apollon est aussi qualifie de « Loxias », l’Oblique : il est aussi habile a poser des enigmes qu’a en resoudre, et ses oracles sont parfois dangereusement ambigus.

Marcel Detienne, dans Apollon le couteau a la main, met en lumiere cette double figure d’Apollon. Apollon est certes un dieu de l’ordre divin, qui elimine le monstre Python pour remplacer les puissances primitives incontrolees par l’ordre stable et definitif de Zeus ; et un dieu de la mesure, qui punit les sacrileges impitoyablement. Mais c’est aussi un dieu de violence et de passion, amateur de sacrifices sanglants. Toutefois si l’on n’ a garde aujourd’hui d’apollon que la dimension de beaute et perfection physique c’est en partie grace au role qu’a joue celle-ci dans la vie des grecs.

Apollon une necessite vitale dans la vie des grecs. Apollon source du desir de beaute grec : Dans La naissance de la tragedie Nietzsche, reconnait que l’antiquite grecque nous offre le spectacle d’un «intarissable debordement de beaute». «Bienheureux peuple des Hellenes», auquel nous devons, a travers le _«marbre radieux» _des statues, les «lignes nobles et pures» de son architecture, ou la «langue harmonieuse» des heros de la tragedie «les plus splendides dans ce que Nietzsche nomme la tendance apollinienne, pulsion artistique qui a domine tout le monde hellenique.

C’est dans l’instinct apollinien que les Grecs puisent leur sens de la mesure ‘ eux qui craignent par dessus tout l’_hubris_, l’exces ‘ ainsi que leur gout pour la simplicite, la clarte et la belle ordonnance. Sont apolliniens la limpidite a la fois pure et lumineuse du style d’Homere, le langage des heros de Sophocle, la figure majestueuse des statues des dieux olympiens aux proportions parfaites. Dans le monde apollinien «tout parait simple, transparent, beau». La beaute Apollinienne, c’est la beaute ideale, la «belle apparence de monde des reves», a la fois impassible et sereine.

Pour comprendre le veritable sens du culte grec de la beaute, en effet, il faut adjoindre a l’instinct apollinien un instinct oppose, et chronologiquement premier; a cette pulsion originaire Nietzsche a donne le nom de pulsion dionysiaque. La beaute apollinienne, dont il faut restaurer le soubassement pessimiste si on veut la comprendre, se revele alors vitale. Elle est ce voile enchanteur qui recouvre et dissimule «la profonde horreur du spectacle du monde», cette magnifique illusion qui transfigure la dissonance et qui console l’homme grec emporte par le «fleuve glacial et terrifiant de l’existence». Il n’y a pas de surface vraiment belle sans une terrifiante profondeur». Nietzsche verra dans le celebre tableau de Raphael, La transfiguration, une representation allegorique de la necessite vitale de la culture apollinienne. La partie inferieure du tableau offre le spectacle de la douleur originelle, principe eternel du monde revele par la connaissance dionysiaque: le jeune garcon possede, les apotres et les croyants pris de panique.

La partie superieure, qui nous montre la vision eblouissante du Christ flottant au milieu d’un nuage de blancheur, renvoie au monde nouveau cree par l’artiste. L’un des mondes est la condition de l’autre. La belle serenite grecque n’est pas naturelle, mais durement conquise: elle est la victoire remportee par le monde hellenique, grace au mirage de la beaute, «sur le mal et la philosophie du mal». Apollon dans l’evolution de la pensee philosophique et politique grecque : Le culte d’Apollon delphien est place sous le signe des maximes de la sagesse delphique.

Sur le fronton du temple sont inscrites ces maximes, « connais-toi toi-meme », « rien de trop ». Ces maximes, jointes aux oracles de la Pythie, dessinent une philosophie de la mesure et une morale qui sont autant de motifs de reflexion pour les philosophes. Ceux-ci utilisent ces maximes et ces oracles, les citent dans leurs ouvrages, reflechissent a leur sens. Au cours de la periode, cette reflexion, toujours inextricablement liee a la dimension religieuse de toute philosophie grecque, debouche sur ’elaboration de systemes theologiques cherchant a definir autrement que par les mythes originels la divinite et l’ordre du monde. Pour Platon, dans La Republique et les Lois, Apollon devient le fondateur de cites et le grand Exegete, qui a en charge tout ce qui concerne les cultes des dieux et des heros dans la cite ideale de la Republique ; dans les Lois, les arrets de l’oracle de Delphes sont poses en modeles a respecter pour le legislateur de la cite, et c’est a Delphes qu’il faut rendre des honneurs et porter des offrandes en tout premier lieu.

Ce mouvement de reflexion sur les mythes et de refondation philosophique des valeurs religieuses se poursuit apres la periode classique. Plutarque consacre trois dialogues a Delphes. Dans Sur l’E de Delphes, il interprete le E inscrit au fronton du temple d’Apollon Pythien comme l’abreviation de « Ei », « tu es », qu’il considere comme le seul precepte eternel de l’univers.

Il assimile Apollon a l’existence immuable (il connait les fins et le commencement), par opposition au flux du temps et du devenir, qu’il assimile a Pluton ; Apollon est accompagne des Muses et de Mnemosune, la Memoire ; Pluton est accompagne de Lethe, l’Oubli, et de Siope, le Silence. Quoique tardif par rapport a l’epoque classique, Plutarque reste tres influence par les theories platoniciennes. L’influence du culte d’Apollon dans le domaine politique est tout aussi grande.