Antoine Emaz

Antoine Emaz

Antoine Emaz ou l’anti-lyrisme Antoine Emaz : En-deça, Fourbis, 1990, non paginé, De l’air, Le Dé bleu, Eclats d’encre, 2006, 112 p Est-il possible, envisageable même, que la poésie se prive du secours du lyrisme ? Certes, elle a pu être épique, comique, objectiviste, donc rarement sans ce je ne sais quai d’enthousiasme qui priver de ce doigté d org soufflés sur le mond es Sni* to View nextÇEge de perdre l’essentiel veuve d’elle-même ? ours… Mais à se iment personnels , ne risque-t-elle pas Lantiel, d’être enfin t approcher cette frange du désaveu du lyrisme, sans tomber définitivement dans a fosse où il ne trouverait plus que le cadavre sec du poème… Pourtant, avec lui, une force, une nécessité, une pierre taillée de la poésie résiste. Au premier abord, la concision, l’épure règnent en maître.

Il est clair que rien de superflu, de bavardage, ne doit être concédé à ce qui doit restersolide, à cette opiniâtreté d’une écriture, non pas de soi, mais de la seule présence amétaphysique de l’être corporel pensant : « Rien de lyrique / là / on est juste / sur une carie du temps / on fore Peu de majuscule, rarement ou pas de ponctuation à

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ce qui e parait plus un vers, qui n’est évidemment aucun souvenir du noble et souple alexandrin, voire du vers libre : les mots, les phrase brèves, sont jetés, posés avec pein peine et retenue, parmi un blanc qui n’est pas l’irradiation de la blancheur mallarméenne.

Les piètres vers parfa ts dans leur réticence et les semblants de strophes n’ont d’autre nécessité que celle d’un souffle d’homme accroché à la page. Pour quelle survie ? « Creuser « extraire « forer » sont des tâches récurrences pour l’avancée de la prosodie. Comme une taupe dans la terre où vivre un tiret de vie, la démarche ntellectuelle d’Antoine Emaz est d’abord physique.

Car, lors de rares épiphanies on plonge / dans le rouge du géranium / longtemps ne subsiste que « comme une tache / qui dit / quelque chose vraiment autre / que l’on ne comprend pas Le monde alors ne parait pas lisible pour le poète. La fonction de ce dernier n’est plus que celle du « constat de travail comme si la parole poétique n’avait d’autre nécessité, raison et projection que celle d’un être là : « on peut encore poser les mots / comme un rebord de fenêtre / une rambarde qui n’enlève rien au vide ».

Il est clair que cette amie formidablement complice du lyrisme, la transcendance, n’a pas sa place chez Antoine Emaz. A l’au-delà, il oppose un « en-deça Sans cesse, l’homme, le poète, ce « sac d’os et de viande » parait-être à bout, laminé, privé d’assise et de justification dans l’univers et sur le sol. pourtant il résiste ; et c’est cette résistance qul marque la page, comme après la déréliction irattrapable de Sisyphe, comme après la faillite du projet absurde de Camus. « Demeure seul » un « moulage » vide et solipsiste. Une contin