antigone

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Née de la relation incestueuse d’Œdipe et de sa mère Jocaste, Antigone veut donner une sépulture à son frère Polynice malgré l’interdiction du roi Créon. Il faut enterrer le cadavre, accomplir les rites funéraires, symboliser cette mort livrée au désert, clame-t-elle. Quitte à en mourir. Jamais, elle ne renonce à son projet. Aucune objurgation, aucun raisonnement, rien ! Rien ne la détourne de qu’elle considère comme un devoir sacré. Ainsi, elle va vers la mort et entraîne dans le même désastre la famille de son ennemi. Est-elle folle ? Est-elle monstrueuse ? Est-elle sublime ?

La « pure » Antigone appelle le martyre comme d’autres l’extase amoureuse ! Elle choisit d’être ent appartenance au mo fasciné par l’absolu la fille d’Œdipe pour N’est-elle que le port p g mé son r de Sophocle est osition morale de une loi suicidaire ? qui s’oppose à la loi humaine représentée par Créon ? N’est-elle que le défenseur du droit du frère — ou du père — à obtenir Swige to next page d’être reconnu dans son humanité – inhumé – au-delà de la mort ? N’est-elle que le regard d’un père en exil, aboli ? N’est- elle que l’héritière des passions incestueuses de ses

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parents et de la malédiction de sa lignée ?

Depuis l’espace antique, Antigone continue de nous faire signe, d’ébranler nos certitudes, de renverser nos valeurs, de représenter l’irreprésentable. La question d’Antigone, telle que posée par le génie de Sophocle, n’est-elle pas sans cesse relancée. Qu’est-ce à dire ? Sinon qu’elle personnifie l’inédit de notre rapport à la mort, la nôtre tout aussi bien que celle de ceux qui nous ont précédés et dont nous ne savons rien. Antigone est inhumaine comme seul le surmoi archaïque peut fêtre. C’est une VOIX qui désigne le néant comme étant son objet.

Jouis, dit-il, meurt ! N’est-ce pas encore l’envers du désir pur, incestueux qui traverse la culture et dont nous ne voulons rien savoir ? L’éclat d’Antigone rayonne dans la littérature, le théâtre, la philosophie, la sociologie, l’anthropologie et la psychanalyse. Dans un croisement incessant de fils discursifs, son « destin funeste » donne à penser le féminin contre le masculin, l’amour contre la haine, 2 iscursifs, son « destin funeste » donne à penser le féminin contre le masculin, ramour contre la haine, la rébellion contre la soumission, la vie contre la mort. ? la psychanalyse, elle ouvre des questions importantes qui sont celles du désir de l’analyste, de la symbolisation de ce qu’il y a de plus obscur dans l’expérience subjective, de la fin de l’analyse et enfin, de l’éthique dans la clinique. Toute relation, incluant le transfert, porterait-elle en elle l’image de sa fin en même temps qu’un désir déternité dans une sorte de rappel incestueux qui résisterait à la astration ?

En dialogue avec cette réflexion, le colloque interrogera Antigone à partir des lieux et des champs de pensée propres aux conférenciers et conférencières. Il leur appartiendra d’apporter leurs positions personnelles et d’enrichir par-là notre réflexion. Il s’agit donc de « penser » Antigone, de la revisiter selon des points de vues divers, voire divergents, tout en indiquant la portée de cette figure mythique dans notre imaginaire collectif, dans nos pratiques théoriques et dans la cure analytique. 3