Anthologie souffrance mentale

Anthologie souffrance mentale

La souffrance mentale Table des matières préface 1) La souffrance due or 18 Sni* to View 2) La souffrance due à un amour perdu 3) La souffrance due à la solitude Conclusion Annexe souffrance due à la solitude. Ces trois thèmes constituerons l’axe principal de notre anthologie et serons développés autour de la problématique suivante : En quoi la poésie permet-elle d’exprimer sa souffrance mentale ? Pour illustrer ce thème de la souffrance, nous avons choisi le tableau Le Cri, un tableau expressionniste de l’artiste norvégien Edvard Munch peint entre 1893 et 1917.

Ce tableau célèbre représente une personne en train de crier à cause d’une souffrance intérieure. Tout comme par la poésie, par le cri, il extériorise et se soulage, tout du moins partiellement. La souffrance due à la mort d’un proche Giotto, (1267-1337) Déposition de croix, église de l’Arena de Padoue, chapelle Scrovegni, 1303-1306 Derniers Vers Je n’ai plus que les os, un squelette je semble, Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé, Que le trait de la mort sans pardon a frappé ; Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux er nsembles, PAGF 18 Pierre de Ronsard, 1 586 Dans ce poème, le narrateur

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fait d’abord une évocation insistante de son corps avec le champ lexical « os », « bras », « œil », « corps » « face », ‘Yeux ». Le narrateur nous propose une analyse clinique de la dégradation de son organisme. Il souffre de son esthétique, le quatrième vers évoque sa réticence à se regarder. De plus, il y a deux occurrences de la mort, des répétitions avec « mort » deux fois, « adieu » deux fois et une périphrase désignant l’enfer (« où tout se désassemble »). Le narrateur se décrit comme déjà mort.

Le narrateur fait ensuite son adieu au monde, le vers 7 souligne les termes « soleil » et « œil » qui rappellent que le poète ne peut plus voir le monde qui l’entoure. De plus, les sons [an] et [on] qui dominent renvoient à une certaine mélancolie. Le rythme binaire donne aussi une solennité à la cérémonie des adieux. Finalement, ce sonnet « Je n’ai plus que les os qui inaugure un ensemble de poèmes tous consacrés à une méditation sur la mort, nous offre une confidence émouvante sur l’amer constat de la déchéance physique qui accom a ne les derniers jours de la ‘aube, à Iheure où blanchit la campagne, Je partirai.

Vois-tu, je sais que tu m’attends. J’irai par la forêt, j’irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j’arriverai, je mettral sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor HUGO, Les contemplations, 1856 Tout d’abord, la douleur de l’auteur se rapporte à plusieurs raisons. La première, est l’absence de l’être cher. En effet, on constate un grand nombr négatives : « Je ne puis 8 outre, dans la deuxième strophe, on remarque une certaine énumération de sentiments ou d’attitudes tristes telles que : « Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, / Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. De plus, le rejet : « les mains croisées, / Triste, met en relief le mot « triste » et renforce la douleur et cette ambiance melancolique

Enfin, cette douleur semble entrainer une certaine désorientation de l’auteur, qui manifeste une tristesse « sans fin En effet, l’auteur fait une comparaison : « le jour pour moi // sera comme la nuit. qui montre l’assombrissement de son esprit. La Mort et le Bûcheron Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé marchait à pas pesants, Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?

En est-il un plus pauvre en la machine ronde ? Point de pain quelquefois, et ‘amais de repos. Sa femme, ses enfants, le pôts, PAGF s 8 devise des hommes. Jean de LA FONTAINE, Fables de La Fontaine 1668 Les termes  » Gémissant et courbé  » nous renseigne sur l’état physique et psychologique du bûcheron. Le rythme monotone, mais très régulier donne l’effet d’un pas pesant, pénible. Lorsque le bûcheron dit  » Son malheur il reconnaît lui-même son grand désespoir. Il appelle donc la Mort (ici la mort est considérée comme une divinité, donc le mot prend une majuscule), qui arrive très vite orsqu’on la réclame.

Mais il présente un manque de sang-froid face à la Mort, et le motif de sa venue va donc être le fagot qui traîne par terre. La phrase  » Tu ne tarderas guère  » montre qu’il a hâte de la voir disparaitre à présent. La morale de cette fable est que les hommes préfèrent la souffrance à la mort, car ils en ont peur. 6 8 gothique, Un son religieux se répand dans les airs Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts. Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;

Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante : Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts. De colline en colline en vain portant ma vue, Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant, Je parcours tous les ponts de l’Immense étendue, Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! Que le tour du soleil ou commence ou dachève, D’un œil indifférent je le suis dans son cours ;

En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève, Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours. Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière, Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ; Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire ; Je ne demande rien à l’immense univers. Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère, Lieux ou le vrai soleil éclaire d’autres cieux, Si le pouvais laisser ma dé 7 8 désire, Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour ! Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore, Vague objet de mes VŒUX, m’élancer jusqu’à toi ! Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore ?

Il n’est rien de commun entre la terre et moi. Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons ! Alphonse de Lamartine, Les méditations poétiques Lamartine exprime ici ses sentiments. Il pense être voué au malheur et déplore l’absence d’amour dans sa vie. Il tend finalement en fin de poème à un idéal qui semble proche de la mort. Ce poème est écrit dans un contexte très particulier : un an uparavant la femme qu’il à aimé vient de décéder.

Le poème est écrit comme un hommage très peu de temps après la mort de cette femme, Julie Charles : cette dernière décède en décembre 1817 et le poème sera écrit en aout 1818, soit 8 mois plus tard seulement. 2 à un amour perdue 8 un vaisseau qui prend le large, Et dans mon coeur qu’ils soûleront Tes chers sanglots retentiront Comme un tambour qul bat la charge ! Ne suis-je pas un faux accord Dans la divine symphonie, Grâce à la vorace Ironie Qui me secoue et qui me mord ? Elle est dans ma voix. la criarde ! Cest tout mon sang, ce poison noir ! Je suis le sinistre miroir Où la mégère se regarde.

Je suis la plaie et le couteau ! Je suis le soufflet et la joue ! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau ! Je suis de mon coeur le vampire, – Un de ces grands abandonnés Au rire éternel condamnés, Et qui ne peuvent plus sourire ! Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal 1840 Premièrement, nous remarquons que le poème est dédié à une inconnue comportant les initiales _G. F. On peut en conclure que c’est la femme à qui il parl ière strophe car il utilise 18 ui l’a transformé en un monstre qu’il tente de se convaincre qu’il n’est pas.

En effet, il pense qu’il est le reflet du « sinistre miroir où la mégère se regarde » (V 19 à V20). Le narrateur qui ne se supporte plus, va retourner cette violence contre lui. En effet, le « je » joue les deux rôles, celui du bourreau et de la victime. L’auteur l’illustre à l’aide des métonymies « Je suis la plaie et le couteau ! » (V21), « je suis le soufflet et la joue ! » (V22), « je suis les membre et la roue » (V23). La violence qui caractérise ce poème est la conséquence d’une orte peine d’amour qui met le narrateur dans un état de souffrance non négligeable.

Le lac Alnsl, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour ? Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu’elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre Où tu la vis s’asseoir ! Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés, Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes Sur ses pieds adorés.