Anelie nothomb expose

Anelie nothomb expose

A quatre ans, Amelie suit son diplomate de pere et quitte le Japon pour Pekin au coeur de la Chine communiste et ancestrale. Regroupe en ghettos les enfants etrangers s’occupent en jouant a la guerre. Pour eux l’armistice de 1945 est nul et non avenu et il s’agit de faire payer aux Allemands (fussent ils de l’Est). Dans ce contexte Amelie va decouvrir l’Amour a 7 ans pour Elena, belle italienne superieure et etheree. A ce moment elle decouvre aussi qu’elle n’est pas le centre du Monde mais que c’est bien autour d’Elena que le Soleil tourne.

Dans ce court roman Amelie Nothomb nous refait le coup du recit autobiographique d’enfant truffe de reflexions amusantes sur la vision du monde qu’elle a a sept ans. La description du monde des enfants expatries est particulierement reussie entre violence, tendresse et naivete. Je n’ai pas du tout adhere a l’histoire. J’ai eu beaucoup de mal a le finir. J’ai trouve que le vocabulaire ne correspondait pas a une fille de 7 ans. Avec cette auteure c’est du on aime ou on n’aime pas, personnellement je n’ai pas du tout aimer cette autobiographie.

EXTRAIT: « Subjuguee, je repartis. Etat second. Je courais. Une voix soliloquait dans

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ma tete: « Tu veux que je me sabote pour toi? C’est merveilleux. C’est digne de toi et digne de moi. Tu verras jusqu’ou j’irai. » Saboter est un verbe qui trouvait du repondant en moi. Je n’avais aucune notion d’etymologie mais dans « saboter », j’entendais sabot, et les sabots, c’etaient les pieds de mon cheval, c’etaient donc mes pieds veritables. Elena voulait que je me sabote pour elle : c’etait vouloir que j’ecrase mon etre sous ce galop.

Et je courais en pensant que le sol etait mon corps et que je le pietinais pour obeir a la belle et que je la pietinerais jusqu’a l’agonie. Je souriais a cette perspective magnifique et accelerais mon sabotage en passant a la vitesse superieure. Ma resistance m’etonnait. Le velo intensif – l’equitation – m’avait donne un sacre souffle en depit de l’asthme. Il n’empechait que je sentais la crise monter. L’air arrivait de moins en moins, la douleur devenait inhumaine. La petite italienne n’avait pas un regard pour ma course, mais rien, rien en ce monde n’eut pu m’arreter.

Elle avait pense a cette epreuve parce qu’elle me savait asthmatique; elle ignorait a quel point son choix etait judicieux. L’asthme? Detail, simple defaut technique de ma carcasse. En verite, ce qui comptait, c’etait qu’elle me demandait de courir. Et la vitesse, c’etait la vertu que j’honorais, c’etait le blason de mon cheval- la pure vitesse, dont le but n’est pas de gagner du temps, mais d ‘echapper au temps et a toutes les glus que charrie la duree, au bourbier des pensees sans liesse, des corps tristes, des vies obeses et des ruminations poussives.

Toi, Elena, tu etais la belle, la lente-peut-etre parce que toi seul pouvais te le permettre. Toi qui marchais toujours au ralenti, comme pour nous laisser t’admirer plus longtemps, tu m’avais, sans doute a ton insu, ordonne d’etre moi, c’est-a-dire de n’etre rien d’autre que ma vitesse, hebetee, bolide ivre de sa course. Au quatre-vingt-huitieme tour, la lumiere se mit a decliner. Les visages des enfants noircirent. Le dernier des ventilateurs geant cessa de fonctionner. Mes poumons exploserent de souffrance. Syncope. »