Analyse de la pratique

Analyse de la pratique

ANALYSE DE PRATIQUE Les deux situations ont eu lieu lors du premier stage de la premiere annee de formation. Celui-ci se deroule dans une maison de retraite. Ces deux situations sont en lien avec la competence six concernant la communication et la conduite d’une relation dans un contexte de soin. Deux jours apres le debut du stage et jusqu’a la fin de celui-ci, j’avais a prendre en soin trois residents de l’etablissement dont Madame E. et Madame J. SITUATIONS N°I : La premiere situation est en rapport avec Madame E. agee de 82 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cette maladie est la plus repandue d’un groupe important de maladies appelees «demences». C’est une maladie du cerveau caracterisee par une deterioration des facultes cognitives (facultes intellectuelles) et de la memoire causee par la degenerescence progressive des cellules du cerveau. Les troubles intellectuels portent de maniere partielle ou complete sur : • la memoire : amnesie des faits recents puis anciens, • des troubles des fonctions executives (organisation et realisation d’une tache complexe), des troubles du langage (aphasie), • des troubles de la praxie : apraxie (realisation de gestes complexes), • des troubles de reconnaissance : agnosie. L’aggravation progressive et irreversible de l’ensemble des troubles aboutit a une dependance totale et

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une communication impossible. Il existe quelques substances medicamenteuses susceptibles de retarder l’evolution de la maladie. Sa cause etiologique exacte est encore inconnue, mais on suppose que des facteurs environnementaux et genetiques y contribuent.

A ce jour, la maladie d’Alzheimer est incurable. On distingue trois stades dans la maladie d’Alzheimer : le stade leger (ou premier stade), le stade modere (ou deuxieme stade), le stade avance (ou troisieme stade). Dans le cas de cette residente, le stade avance de la maladie correspond a une incapacite a parler, a communiquer meme par des gestes ou un regard, elle ne peut se mouvoir, son corps est rigide, elle est totalement dependante. Madame E. a tous les jours la visite d’un des membres de sa famille, son epoux, ses deux filles, un de ses petits fils.

Ils prennent soin d’elle en l’emmenant en balade, en lui donnant a manger, en restant assis aupres d’elle ou en lui racontant des nouvelles et en s’assurant qu’elle ait tout ce dont elle a besoin (linge, produit de toilette… ). Elle s’est mariee a l’age de 18 ans a un dentiste pour qui elle effectuait des travaux administratifs puis a divorce quelques annees plus tard et a rencontre Monsieur E. avec qui elle s’est de nouveau mariee et a eu 2 enfants. Elle n’a jamais eu de reel travail. Elle a commence une depression en 1999 qui semble etre le premisse de la maladie d’Alzheimer.

Elle est decrite par son entourage comme une personne qui etait douce et calme, coquette, s’occupant tres bien du foyer familial et qui aimait lire, ecouter de la musique et se balader. Madame E. est prise en soin avec neuf autres personnes atteintes elles aussi par la maladie d’Alzheimer a un stade modere dans un des services fermes de l’etablissement ou interviennent toujours les memes soignants (deux equipes de deux soignants de jour et une de nuit qui se relaient). Ce service est compose d’une dizaine de chambres entourant un grand salon/salle a manger.

Ce lieu est soigneusement decore, la musique y resonne souvent et les proches des residents sont souvent presents et participent a la vie de cet endroit, le rendant encore plus convivial et chaleureux. D’apres les personnes qui entourent cette residente (famille, soignants) et mes observations, ses capacites a comprendre ou non ce qu’il se passe autour d’elle et ce qu’on lui dit ainsi que ses capacites a ressentir les choses physiquement et mentalement ne sont pas certaines. Quelquefois, il semble qu’a travers l’expression de son visage lorsqu’on l’interpelle et a travers son regard qui nous suit, u’elle n’est pas totalement deconnectee de la realite. Leurs attitudes a son egard ne divergeaient pas de celle avec laquelle ils avaient l’habitudes d’aborder les personnes non atteintes de la maladie d’Alzheimer. Chacun prendre soin d’elle en respectant ce qu’elle appreciait avant. Mon attitude avec cette residente etait de lui parler ; de la prevenir et de lui expliquer ce qui allait se passer lorsque j’avais a lui prodiguer des soins ; de lui donner quelques informations diverses sur ce qui est susceptible de l’interesser (telles que la temperature exterieur, le climat, le menu du jour, les faits divers lus dans les journaux etc. ) ; je chantonnait ou faisait le clown ; je la rassurait par le toucher, par la parole lorsque le soin pouvait lui etre desagreable… Dans notre echange il n’y avait pas vraiment de reciprocite, parfois elle semblait sourire en reponse a mes prestations burlesques ou grimacait lorsque j’insistait trop pour qu’elle manger. Cette « relation soignant/soigne » etait souvent parsemee de silence, beaucoup plus que dans une relation avec une personne soignee qui a la capacite de parler.

Je m’occupais de cette personne pour la plupart de ses soins lorsque j’etais presente dans la structure (lui donner ses repas, faire ses pansements, faire sa toilette, lui changer ses protections, l’installer pour la sieste). Au bout de la troisieme semaine de stage, j’ai demande a ma tutrice de stage, cadre de sante de cette structure, de m’evaluer pendant un soin aupres de Madame E. , sa toilette complete au lit qui, de part sa raideur physique est un soin qui demande du temps. Apres avoir termine, j’ai installe la residente dans le salon et me suis entretenu avec ma tutrice.

Certains commentaires sur ce qu’elle a observe m’ont interpelle : « Je trouve que vous n’avez pas assez parle a Madame E. pendant votre soin (…) La toilette complete effectuee au lit est un soin long et cela peut etre desagreable pour elle (…) Parler permet de combler l’espace et faire en sorte que le temps passe plus vite… ». Une discussion s’est alors engagee et a souleve des interrogations. OBSERVATIONS ET ETONNEMENT : Qu’est-ce que la communication, ses fonctions ? Quels sont les avantages de la communication verbale ? Faut-il toujours s’exprimer verbalement lors de la realisation d’un soin ?

Y a t-il d’autres manieres d’occuper le temps pendant un soin long pour que celui-ci passe plus vite ? Le silence a t-il toujours des effets negatifs, oui ou non, dans quel contexte ? Qu’est-ce que le regard et le toucher ? Peut-on considerer le toucher et le regard comme des formes de communications ? Le toucher et le regard peuvent-ils avoir le meme effet que la parole ? Qu’elle sont les differentes approches des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ? DIFFICULTES : Ma principale difficulte a ete de trouver la bonne attitude a avoir en face de quelqu’un qui ne s’exprime plus, ni par le regard, ni par la parole et ni par les gestes.

POINTS A APPROFONDIR : Trouver d’autres manieres que la communication pour rentrer en relation avec des personnes depourvues de capacite a s’exprimer. SITUATION N°II : La seconde situation est en rapport avec Madame J. Madame J. a 87 ans, ancienne assistante sociale, pratiquante de confession catholique a ete victime d’un accident vasculaire cerebrale avec des sequelles au niveau moteur et au niveau psychique. Cette personne ne peut se mouvoir seul meme si elle a encore l’usage de ses bras, elle parle peut, seulement quand on lui pose des questions simples auxquelles elle repond par un oui ou un non.

Elle a tendance a frapper et a insulter les soignants lorsque ceux-ci lui font sa toilette complete au lit. Elle a un visage dur et ne sourit jamais. Cette une personne qui m’a ete decrite comme une personne avec laquelle il est difficile de rentrer en relation de part ses comportement agressifs. Madame J. est une des personnes que j’ai choisie de prendre en soin pour diverses raisons. J’ai egalement eu beaucoup de difficulte a apprecier la prise en soin de cette personne que j’aidait a faire sa toilette complete au lit et a prendre ses repas.

Son agressivite me destabilisait et me contrariait et rendait le soin difficile pour moi et surtout pour elle. Afin de m’aider a resoudre cette problematique qui ne pouvait durer dans ces conditions et ceci malgre mes tentatives d’approche attentives et bienveillante, differents elements devaient etre eclaircies : J’ai demande des explications aux professionnels (aides-soignants et infirmiers) sur ce qui causait ses attitudes. Une explication m’a alors ete donne et l’agressivite de Madame J. peut etre du a la demence lie a son antecedent medical d’accident vasculaire cerebral. Pourquoi se comporte-t-elle comme cela ? Alexandre Manoukian, psychologue clinicien et formateur en milieu hospitalier (La relation soignant-soigne, edition Lamarre, 2008) : « Malgre la qualite des soins ou la competence des soignants, il arrive que l’on soit mis en difficulte par des patients ou leur familles. Leur malaise, la peur du handicap, leur angoisse parfois, la brutalite de l’hospitalisation, leur histoire et les evenements de leur vie dont nous ne sommes pas au courant peuvent aller jusqu’a entrainer un refus du reconfort, de l’aide ou des soins que le soignants s’appretent a fournir au malade ou a sa famille. » Bernadette Cuisinier, psychologue clinicienne specialisee en gerontologie (Accroitre le soin relationnel avec des personnes designees dementes seniles, type Alzheimer, edition Chronique sociale, Lyon, 2008) : « L’ agressivite est une manifestation d’opposition. Elle vient en defense d’une grande souffrance et de l’angoisse. – Peut etre est-elle traumatisee par des violences (maltraitance) qu’elle a pu subir de la part d’autres personnes dont elle a pu dependre ? Comment instaurer une relation soignant/soigne agreable dans un interet mutuel et dans cette situation (personne soignee agressive et soignant deroute) ? Toujours garder en tete que l’agressivite du patient n’est pas forcement du a notre comportement. VOUS SENTEZ-VOUS AUTONOME SUR L‘ENSEMBLE DE CES ACTIVITES POUR LES ASSURER SEUL ? Oui car meme si j’ai conscience que ma pratique, plus precisement mon comportement vis a vis de la personne soignee reste a ameliorer, je reste confiante et cherche toujours a faire du mieux que je peux jusqu’a ce que je trouve ce qu’il y a de mieux. Mes recherches aupres de professionnel que je rencontre ou dont je lirais les ecrits a ce sujet me permettront d’atteindre cet objectif.