Alain Juillet Interview

Alain Juillet Interview

Alain Juillet (SGDN) Les secrets d’entreprise sont de plus en plus rares Nommé fin 2003 par Jean-Pierre Raffarin, Monsieur « intelligence économique » doit aider la France à rattraper son retard en matière de guerre économique, sans jouer les James Bond. Dans l’aile droite des Invalides, à paris, le bruit des travaux laisse peu d’espoir de conversation. Alain Juillet ferme la fenêtre. Mais il fait chaud, même en chemisette. Il ouvre grand la porte qui donne sur le couloir. Comprenez : l’intelligence économique se pratique la porte ouverte.

Cest du moins le message qu’il veut faire passer. Pourtant, monsieur « intelligence économique » n’a certainement pas été choisi au hasard. Il a mené deux carrieres, S »ige to neKtÇEge l’une dans le privé, l’a renseignement à la D org République l’a nomm économique au Secr (SGDN). Rencontre. ême dirigé le le président de la gé de l’intelligence nse nationale Quelle est la définition du concept d’intelligence économique ? Alain Juillet. Il s’agit de la maîtrise et de la protection de l’information stratégique utile pour tous les acteurs économiques.

De quand cette notion date-t-elle ? L’intelligence économique se pratlqualt déjà au Moyen-Age. Mals ce sont les Anglais qui les premiers l’ont développée, il y a cinq cents ans. Les

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Japonais l’ont systématisée dans les années 50 et les Américains l’ont conceptualisée en 1986. En France, le rapport Martre, point de départ du mouvement, date de 1994. Un comité pour l’intelligence économique a ensuite travaillé avec Be Swlpe to vlew next page Bernard Esambert en 1996. Puis, en 2003, Bernard Carayon a remis un rapport sur le sujet au Premier ministre.

Où la France se situe-t-elle par rapport aux autres pays en matière d’intelligence économique ? un certain nombre d’entreprises, d’administrations et de ministères se sont penchés sur le thème de l’intelligence économique ces dernières années. Des chercheurs d’universités ou de grandes écoles ont également avancé sur ce sujet. Mais nous avons tout de même dix ans de retard par rapport aux Américains ! En France, nous n’avons pas vu l’intérêt du concept d’intelligence économique jusqu’à ce que le Premier ministre ne s’y intéresse en 2002.

Les grandes entreprises, en contact avec de grands groupes américains, utilisaient déjà des techniques d’intelligence économique. Mais cette mécanique n’était pas passée dans l’esprit du grand public français. Nous souhaitons que les moyennes entreprises utilisent cet outil et que les petites entreprises comprennent qu’il est aussi intéressant pour elles. Pourquoi l’intelligence économique est-elle de plus en plus stratégique ? Aujourd’hui, dans le monde entier, toutes les écoles de commerce et toutes les universités de gestion enseignent les êmes théories, les mêmes auteurs.

Les jeunes diplômés ont tous reçu la même formation. Une fois dans l’entreprise, ils abordent leur métier avec les mêmes approches techniques et théoriques. Ensuite, la culture de chacun, qui influence le mode de fonctionnement et de décision, fait la différence. L’intelligence économique apporte un élément nouveau : la capacité d’anticipation. Celui qui pratique l’intelligence économique connaît avant tout le monde les points sur lesquels il d qui pratique l’intelligence économique connaît avant tout le onde les points sur lesquels il doit agir.

Il possède donc un avantage concurrentiel par rapport aux autres. Le jour où tout le monde maitrisera les techniques de l’intelligence économique au meilleur niveau, comme on pratique aujourd’hui le marketing ou la qualité totale, cela deviendra simplement un des concepts élémentaires pour pouvoir bien gérer une entreprise. Mais, pour les vingt ans à venir, c’est un moyen de faire la course en tête. D’autant plus que l’utilisation des techniques d’intelligence économique exige des experts et des outils technologiques de ointe que ne peuvent pas s’offrir tous les pays du monde.

Cest donc un moyen de créer un avantage concurrentiel pour des pays qui ont une capacité d’investissement importante. Cela permet de rester en tête, notamment par rapport à des pays moins développés. Pourquoi l’Etat a-t-il un rôle à jouer en matière d’intelligence économique ? L’intelligence économique répond à la volonté de l’Etat d’être sûr que nos entreprises se battent à armes égales avec leurs concurrents. Dans la concurrence internationale acharnée, l’Etat oit veiller à limiter les distorsions de concurrence au profit des entreprises françaises.

A partir du moment où les règles sont respectées, le meilleur gagne. Nous considérons que nos entreprises sont combatives et capables. Quand le combat se passe à armes égales, elles gagnent très souvent. Jean-Pierre Raffarin vous a nommé haut responsable chargé de l’intelligence économique fin 2003. Quelle est votre mission ? Mon rôle, tel qu’il a été défini par le Premier ministre, consiste ? coordonner les actions de l’Etat et de ses