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Un exemple de dissertation sur le roman Extrait du Lycées de Fécamp http://maupassant-lyc. spip. ac-rouen. fr/spip. php? article1638 Un exemple de dissertation sur le roman – Enseignement Disciplines Lettres et sciences humaines Lettres – Français – Méthodes – Date de mise en ligne : mardi 28 Janvier 2014 Lycées de Fécamp Copyright @ Lycées d Page 1/5 p g Sujet : Le lecteur n’accorde-t-il d’intérêt au héros qu’en fonction des épreuves qu’il affronte ? Vous examinerez cette question en vous appuyant sur les romans que vous avez pu lire au cours de votre vie. dl spip_documents spip_documents_left’ Le corrigé Développement Partie 1.

La position de Werber Primauté du narratif Lier l’intérêt d’un personnage à la quantité de « problèmes » qu’il affronte, c’est toujours privilégier la narration, soit u’on veuille imprimer un rythme soutenu à l’intrigue et créer une tension dramatique, soit qu’on désire montrer

combien le héros est un être d’exception. Le modèle du roman d’aventures Dans le premier cas, on est confronté inévitablement au roman d’aventures, dont l’un des plus célèbres promoteurs en France fut Jules Verne.

Le tour du monde en quatre-vingt jours illustre assez bien, ne serait-ce que par son titre, cette notion de rythme, de tension et d’urgence propre à ce type de roman. On y rencontre pêle-mêle des indiens hostiles, un policier soupçonneux, un capitaine ombrageux, un bateau qui n’avance plus… ref, tous les ingrédients chers à Bernard Werber : « l’auteur met son héros dans des problèmes que le lecteur jugera insurmontables et l’auteur sauve à chaque fois in extremis son héros d’une manière que le lecteur n’avait pas prévue. ? Copyright @ Lycées de Fécam 2 de dissertation sur le roman Ses sous-genres Ce type de roman populaire cède souvent à la spécialisation : il se décline en différents sous-genres dont le point commun est la multiplicité des péripéties : heroic fantasy, romans de guerre, récits de pirates, romans picaresques [1 Ce dernier sous-genre est assez bien illustré par Candide.

Dans ce roman de Voltaire, le héros éponyme traverse dans un tourbillon pays et continents et rencontre des épreuves qui le confrontent tour à tour à la guerre, ? l’inquisition, aux richesses vite acquises puis perdues du royaume d’Eldorado, à un retour en Europe difficile, et ? des compagnons d’infortune eux-mêmes embarqués dans des aventures qui les dépassent.

Le cas particulier du roman d’apprentissage Dans le second cas, on met l’accent non sur les aventures mais sur les transformations qu’elles ont opérées sur le héros : l’oeuvre s’inscrit alors dans ce qu’on nomme le roman apprentissage Pour reprendre l’exemple de Candide, le héros de Voltaire a ceci d’intéressant qu’il évolue au fil des épreuves : de l’optimisme béat du début, il passe à la fin du roman à un pessimisme raisonné. La possible identification Plus près de nous, la saga des Harry Potter nous amène ? considérer l’évolution psychologique des héros au fil de leurs nombreuses aventures.

D’une manière inévitable, les films adaptés de l’oeuvre soulignent cette évolution en la doublant d’une évolution physique des personnages : Harry, Hermione Granger et Ronald Weasley quittent peu ? peu leur apparence enfantine personnages : Harry, Hermione Granger et Ronald Weasley quittent peu ? peu leur apparence enfantine pour affecter celle d’adolescents. Du coup, le jeune spectateur qui a grandi avec ses personnages peut dautant plus s’identifier à eux. Car c’est bien cela qui est en jeu : faire du héros, comme dans les contes, son double victorieux et son modèle.

Ainsi, le personnage conçu de cette manière a-t-il un double intérêt pour le lecteur : il privilégie le divertissement pur, tout en ménageant une possibilité d’identification. Mais tout ceci a ses limites. Partie 2. Critique de la position développée ci-dessus Un héros sans épaisseur Conçu comme un aventurier, en effet, le héros n’a guère dépaisseur et ses aventures n’ont pas de terme. Confronté à des péripéties sans fin, il peut vite agacer le lecteur, voire l’auteur lui-même !

On se souvient comment, dans Le Problème final, sir Arthur Conan Doyle, lassé d’inventer aventure sur aventure pour son personnage vedette, avait fait mourir Sherlock Holmes sous les coups de son ennemi juré Moriarty. Pour prendre un autre exemple – qui concerne davantage la bande dessinée que le roman, mais qui est intéressant pour son aspect caricatural – les personnages de l’éditeur Marvel émoignent d’une dépendance très forte à l’action, au point qu’ils s’appauvrissent pour ne plus être que des « gentils » ou des « méchants » fort éloigné de la complexité qui est la nôtre.

Copyright @ Lycées de Fécamp Page 3/5 4 page 3/5 Les ratés de l’identification L’identification fonctionne-t-elle toujours ? Rien n’est moins sûr. Ici encore, ce sont les écrivains qui analysent le mieux les limites du procédé : la crainte est que le lecteur, fasciné par les aventures du héros, prenne la fiction pour argent comptant et s’expose ainsi à de vives désillusions. Quand Cervantès évoque son Don Quichotte, il campe un être abreuvé de littérature romanesque, qui prend les moulins à vent pour des géants, parcourt l’Espagne sur une jument famélique, et s’affuble d’un plat à barbe en guise de casque.

De même, Flaubert crée une Emma Bovary dont les rêves romantiques sont alimentés par la lecture des romans d’aventures qui ont bercé ses années de couvent. Si peu conforme à ses lectures, la vie fera d’elle une victime de a médiocrité de la société où elle évolue. Elle en mourra. es péripéties ne sont pas toujours nécessaires Peut-on faire un roman sans événements et garder en même temps un héros qui conserve un certain attrait ?

Malgré les apparences, c’est possible : dans Le Désert des Tartares, l’écrivain italien Dino Buzzati évoque ainsi un militaire dont la vocation et l’espoir, se battre contre l’insaisissable ennemi Tartare, est constamment déçu. Ironie du sort, il mourra avant de pouvoir prouver sa valeur face ? l’adversaire. Pas d’action, donc, puisque l’absence de péripéties est Inscrite dans le scénario même du roman. On pourrait considérer l’ensemble comme ennuyeux : il n’en est rien. On suit au co S