78 Boccace

78 Boccace

wv ». comptoirlitteraire. com André Durand présente Giovanni BOCCACCIO BOCCACE (Italie) (1313-1375) Au fil de sa biographi qui sont résumées el (surtout ‘Le décamér Bonne lecture ! orq5 Snipe to Si l’on en croit la légende qu’il a façonnée lui-même grâce ? de subtiles allusions dont il a parsemé son autobiographie, ce Florentin, né à Paris, était un peu Français. Son père, Boccaccio di Chellino, surnommé Boccaccino, était un marchand originaire de Toscane qui voyageait fréquemment pour les célèbres banquiers florentins, les Bardi, inventeurs de la lettre de change.

Quant ? la mère de Boccace, on n’en sait que ce qu’il a lui-même essayé de faire croire à son sujet dans ses autobiographies romancées une fille de roi, en tout cas une veuve appartenant à l’aristocratie. Sa vie tout entière est placée sous le signe de la bourgeoisie marchande du nord de l’Italie. Le jeune Boccace eut une jeunesse assez malheureuse à Florence. Son père n’avait aucune envie trouveront cités tout au long de son oeuvre, y compris Le décaméron. Fiammetta fut ainsi, pour Boccace, ce que Laure fut pour Pétrarque et Béatrice pour Dante.

On ne connaît pas our autant l’identité véritable de cette femme. pour certains historiens, il s’agirait d’une fille naturelle

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de Robert d’Anjou et femme du comte d’Aquitaine. En 1340 les Bardi firent une banqueroute retentissante. Boccace fut rappelé à Florence par son père. qui, alors qu’il avait quinze ans, l’envoya faire un stage à Naples dans la banque des Bardi. Il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte que ses deux seules passions étaient les aventures galantes et les lettres.

C’est donc sous la direction des plus illustres érudits de la cour de Naples qu’i fit son éducation littéraire et sentimentale. Fortement impressionné par la vie fastueuse de la cour, le jeune Boccace séduisit une grande dame que l’histoire retient sous le nom de Fiammetta. Il en fit l’hér6ine de ses romans. Tout comme dans Le décaméron, où les personnages principaux ne font qu’introduire les récits, c’est dans l’introduction du Filocolo que, pour la première fois, Fiammetta demanda au poète d’écrire une histoire, celle de Flore et Blanchefleur.

Boccace resta dix-sept ans à Naples, vivant d’une maigre pension que lui versait régulièrement son père et passant le plus clair de son temps à ecrire (Le Philostrate, La Théséide, La vision amoureuse). Mais, en 1340, des revers de fortune l’obligèrent à rentrer à Florence qui était un grand centre commercial, le siège d’une bourgeoisie marchande. Le contraste avec Naples, carrefour des grandes cours de l’époque des civilisations italiennes, françaises et byzantines, l’impressionna fortement.

Mais Boccace s’adapta, tira parti de cette nouvelle expérience et remplaça l’image du noble par celle du véritable héros de la cité : l’aventurier marchand. Commença alors pour lui une vie besogneuse et précaire qui ne l’empêcha pas d’écrire eaucoup : 5 précaire qui ne l’empêcha pas d’écrire beaucoup « Caccia di Diana » « La chasse de Diane » Poème de terza rima à la gloire des plus belles dames de Naples. « Filocolo » « Le philocope » Roman en cinq livres C’est le récit des amours et malheurs de Flore et Blanchefleur.

Boccace écrivit aussi quantité d’œuvres épiques ou allégoriques. Mais elles semblent n’avoir été que des préparations, des coups d’essai en vue du grand-œuvre : « II decamerone » (1330-1355) « Le décaméron » Recueil de cent nouvelles racontées en dix jours pendant la este, décrite avec un réalisme crupuleux dans le prolog a Florence au printemps PAGF 35 invente un conte qui réponde au thème du jour qui devra inspirer les récits des neuf autres et du sien propre. Ainsi, en dix journées, chacun aura parlé dix fois.

Les dix conteurs sont différenciés ? merveille, de sorte que les thèmes qu’ils imposent tour à tour reflètent cette personnalité, à peine suggérée, et recouvrent peu à peu toutes les variantes des émotions humaines. Première journée Pampinée laisse chacune des personnes aborder le sujet qui lui tient le plus à coeur. « Le génie du christianisme » Nouvelle de 12 pages Ciapelletto fait une fausse confession et trompe un saint frère. Il meurt et passe alors, après avoir été sa vie durant, le pire des bandits, pour un saint : saint Ciapelletto. L’école de Rome » Nouvelle de 4 pages Sur les pressants conseils de Jeannot de Civigne, le juif Abraham se rend en cour de Rome. La vie dépravée des gens d’Église lui fait reprendre le chemin de paris mais le convertit au christianisme. 5 Mais qui a raison? « La règle de l’ordre » Nouvelle de 3 pages Un moine commet une faute justiciable d’une sévère punition. Il eproche fort à propos à son abbé d’avoir fait le même péché et se soustrait au châtiment. « Le roi s’amuse » Au cours d’un repas de volaille, la Marquise de Montferrat, en adressant quelques mots spirituels au roi de France, le détourne d’un fol amour. Méditation sur l’Évangile » Nouvelle de 2 pages En lançant un trait d’esprit, un brave homme confond la méchanceté et l’hypocrisie cléricales. « L’éminente dignité des pauvres » PAGF s 5 « Un chirurgien spirituel » Maître Albert de Bologne fait spirituellement tomber en confusion une dame qui voulait le faire rougir d’être amoureux d’elle. Deuxième journée Filomène propose qu’on traite de «ceux qui, victimes de rudes assauts, n’en parviennent pas moins, contre tout espoir, à une fin heureuse». « La hart au col » Martinello feint d’être perclus et de retrouver sa souplesse sur le cadavre de saint Henri.

Mais sa ruse est percée à jour : il est roué de coups, jeté en prison ; il risque la corde mais finit par se tirer d’affaire. « Saint-Julien ‘hosp•talier’ Nouvelle de 6 pages Renaud d’Asti, victime d’un vol arrive à Castel Guiglielmo où il est hébergé par une veuve. II mmagement pour sa PAGF 6 5 « La tempête » Nouvelle de 5 pages Landolfo Ruffolo, qui s’est appauvri, devient corsaire. Capturé par les Génois, il fait naufrage. Il se sauve en s’aidant d’une petite caisse pleine de bijoux précieux. Recueilli par une brave femme sur la marine de Corfou, il rentre chez lui avec sa fortune. Les parfums de Naples » Fiammette raconte l’histoire d’Andreuccio de Pérouse qui se rend à Naples pour y acheter des chevaux. Mais, en une seule nuit, il est victime de trois grandes mésaventures : il se voit dépouillé de tous ses biens, se retrouve au fond d’un puits, et passe le reste de la nuit dans le tombeau d’un évêque. Cependant, chaque fois, il se tire d’affaire et il rentre à Pérouse en possession d’un superbe rubis. « Béritola » Nouvelle de 13 pages 7 5 vierge, elle épouse le roi de Garbe selon les premières conventions. Vengeance de reine » Nouvelle de 14 pages Le comte d’Anvers, accusé à tort, s’enfuit en exil et laisse ses deux enfants dans deux villes d’Angleterre. Il revient d’Écosse sans se faire reconnaître et constate que les enfants sont heureux. Il s’engage comme valet dans l’armée du rol de France. Son innocence est enfin reconnue : il retrouve sa situation première. « Les bijoux Indiscrets » Nouvelle de 11 pages Trompé par Ambrogilino, Bernabo de Gênes perd son argent et donne l’ordre que sa femme, malgré son innocence, soit tuée.

Elle échappe à la mort et, sous des habits masculins, sert dans l’armée du sultan. Elle retrouve le traitre et fait venir Bernabo en Alexandrie. Le coupable une fois puni, elle reprend ses habits de femme. Le couple, enrichi, rentre à Gênes. « Ne forcez point votre talent » un bien qu’elles ont perdu » Les joyeux conteurs en profitent pour faire prendre à leurs histoires un tour quelque peu leste. La réputation, non imméritée, de licence, voire de luxure, qui ccompagne certaines « journées » du « Décaméron » se vérifie ici.

Après cela, le XVIIIe siècle licencieux n’aura plus rien à inventer. « Le sérail du muet » Filostrate met en scène Masetto de Lamporecchio qui, en jouant les muets, se fait engager comme jardinier dans un couvent et voit les nonnes se disputer la faveur de coucher avec lui. « Le palefrenier avantageux » Un palefrenier couche avec la femme du roi Agilulf qui s’en aperçoit mais ne dit rien, trouve l’homme et le tond. Cependant, le tondu en fait autant à tous ses camarades. Il esquive ainsi le châtiment.

Entremetteur malgré lui » Nouvelle de 8 pages En affectant une conscience pure, une dame qui s’est amourachée d’un galant, fait mine de vouloir se confesser. Elle manoeuvre si bien qu’un r PAGF 5 lui fournit, à son insu, Puccio. « Le moyen de parvenir » Nouvelle de 5 pages et demie En échange d’un palefroi de son écurie, Francesco Vergellesi permet à Zima de parler à sa femme. Elle garde le silence. Mais Zima fait à sa place les réponses qui sont suivies de l’effet attendu. « Le jeu de l’amour et du hasard » Ricciardo Minutolo tombe amoureux de la femme de Filipello Fighinolfi.

Il spécule sur sa jalousie et lui fait croire que Filipello doit, le lendemain, retrouver sa propre femme dans une maison de bains. La femme de Filipello y va et croit avoir rencontré son mari alors qu’elle était dans les bras de Ricciardo. « Une vieille maîtresse » Nouvelle de 16 pages Un caprice de sa maîtresse a chassé Tedaldo hors de Florence. Il y revient après un certain temps, parle à la dame et la convainc de son erreur. Il sauve son mari de l’accusation de meurtre qui pesait sur lui et le réconcilie avec ses frères. Puis, en homme sage, il jouit de l’amour de sa ma