50 ans d’architecture au Maroc

50 ans d’architecture au Maroc

50 ans d’architecture au Maroc ou la politique des ruptures L’habitat vernaculaire 33 Le legs traditionnel ? développer . L’architecture citadine des médinas : Éloge des maâlems . … 33 Les médinas : « patrimoine mondial de l’humanité L’architecture de terre : mode constructif pensee (1995) 37 déchu Carchitecture rurale 0 Swipetaviewn htp g patrimoine — rités …. 35 selon les réglons ‘architecture nomade Monuments et Première rupture : 35 ‘expression culturelle et l’architecture La ville nouvelle sous le protectorat 35 L’habitat social — Deuxième rupture : la modernité diabolisée

Derniers soubresauts pour les métiers 36 d’art . 37 Destruction d’espaces culturels et atteinte à la mémoire collective 40 Les arcades et les tuiles Les industriels à l’assaut de la promotion immobilière . . 41 Le néo-post- modernisme 41 31 sorngt9-2 31 22/1 2/05, e règne de la 1970 : La construction des grands équipements urbains 38 1973 : La « marocanisation » ou la tradition masse — . 39 médiocrité — . angélique 1974 : Création des ERAC pour affronter les besoins de construction de .. 9 La troisième rupture fut totale entre tradition et modernité Les années 80 ou la naissance de l’urbanisme écuritaire 1984 : Discours du roi Hassan

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Il à l’adresse des architectes 1990 : Recherches et propositions nouvelles . 42 2000 : La modernité retro 20 41 phe de l’architecture bon sens, elle est réarsée par des maâlems et profite d’un urbanisme réglé sur un parcellaire aléatoire. La médina développe des activités issues du corporatisme artisan. Le savoir faire des maâlems se transmettait dans un rituel initiatique qui maintenait le secret dans les familles d’artisans et pour l’élite.

La hiérarchie dans ces corporations demeure respectée jusqu’à nos jours. Certains de ces secrets ont isparu d’autres sont en voie de disparition. La médina est un modèle urbain d’une rare beauté qui définit des hiérarchies d’espaces qu’il serait bon de consigner. Les médinas : « patrimoine mondial de l’humanité » Malheureusement, ce qui a fait la prospérité du métier dartisans- Maâlems est en voie de disparition. Les tissus traditionnels vont connaître une pression urbaine et une densification à cause de l’exode rural incontrôlé.

La taudification et le manque d’entretien des maisons par les nouveaux habitants se conjuguent au départ de la population « bourgeoise citadine » qui émigre ans de nouveaux centres comme Casablanca et les villes nouvelles. La « rurbanisation » des centres anciens est un phénomène nouveau tandis que fait son apparition à Asilah puis à Marrakech avant de s’étendre à Fes puis à Azzemour et El Jadida une autre démarche : des artistes occidentaux s’installent cherchant le rêve et le dépaysement à la mode orientale.

Les médinas se vident de leurs habitants originaires des lieux et se transforment en espaces de villégiature pour une population huppée. La vie en médina est modifiée par les nouveaux venus et les maisons (appelées Riads en jargon parisien) deviennent « confortables » avec des salles de bains à tous les étages et des piscines en terrasse créant des perturbations dans les réseaux d’infrastructures. Si Fes, Marrakech, Essaouira sont classé par l’UNE perturbations dans les réseaux d’infrastructures.

Si Fes, sont classé par l’UNESCO, peu d’efforts des intellectuels marocains accompagnent leur préservation. L’architecture de terre : mode constructif déchu Plus qu’un simple matériau, c’est aussi un mode de construction extrêmement sophistiqué qui ne peut se permettre aucune erreur constructive. L’architecture de terre a fait l’objet d’expérimentations institutionnelles au début des années 80 dont des réalisations de prototypes à Douar El Massakine à Marrakech piloté par Jean Dethiers (auteur d’une exposition internationale sur la construction en terre à travers le monde).

Les ERAC de Marrakech en partenariat avec Rexcoop, LPEE et le ministère de [‘habitat (1982) ont lancé un projet de construction réalisée en terre en trois standing. Des recherches au Laboratoire Public d’Essais et la création de Flnstitut Terre à Marrakech sont les outils institutionnels prévus pour installer ce ode constructif dans la durée. Quelques privés ont pris la relève dans la palmeraie de Marrakech dans les années 90 où les maisons de stars internationales en terre étaient nombreuses.

L’un des premiers à réaliser une maison en terre fut le peintre Farid Belkahia avec l’architecte Sijelmassi abderrahim. Charles Boccara avait démarré à Taroudant, puis ce fut l’architecte Elie Mouyal qui reconduit le procédé constructif en formant la main d’œuvre à la maçonnerie en terre performante. Ces recherches pour la reconduction du matériau se sont soldées par un échec et la mondialisation des echniques et des matériaux à base de ciment a gagné le pari de la technologie.

Ce matériau est très lié à la forme de l’habitat introve isme encore à inventer 4 20 à inventer à modéliser et à faire rentrer dans la réglementation urbaine comme une possibilité. La construction en terre aurait pu être le nouveau défi du siècle ? relever dans les pays émergeants et dans la production de logements de masse. Au Maroc, deux conditions doivent être réunies : inventer une nouvelle réglementation appropriée et construire selon les dernières règles de protection de l’environnement et de l’écologie.

Il suffirait pour cela d’inviter les architectes, bureaux d’études, promoteurs à un grand concours national sur l’habitat en terre au service du développement durable. Des artistes de renom comme Hansjorg Voth qui a construit l’escalier céleste à Derkaoua dans le Sahara marocain, pourrait servir de fer de lance à cette opération car il a reconduit les gestes et a retrouvé les outils de cette forme constructive. Les constructions de pierres dans les montagnes sont purement exceptionnelles dans les ksour du sud et dans les simples masures.

Elles restent très localisées et épendent des carrières de pierre du voisinage. Notons cependant la qualité de la pierre de Smara dans laquelle fût construite la Zaouia Maâ El Ainine et sa très belle mosquée, bombardée en 1957 et toujours sans toît. Des Igouders de la région de Tafraout sont aussi à restaurer. Les Tazotas de la région d’Azrou sont très peu connues. Carchitecture rurale connait de grandes disparités selon les reglons De belles architectures isolées sont dans le pré-Rif et constituent les zribates.

Les plus connues sont les ksours du Sud qui sont aujourd’hui reconnus et beaucoup sont en ours de restauration dans la lancée de la mode des « riads » puisqu’ils sont achetés par des occidentaux qui les transforment en m s 0 maisons d’hôtes luxueuses. En dérogeant à la loi de 56 qui interdit aux étrangers d’acquérir des territoires ruraux, l’administration permet à de véritables chefs d’œuvre de renaître de leurs cendres. L’habitat rural a été étudié dans une série d’ouvrages commandités par le ministère de rhabitat à des architectes du privé au début des années 80.

La politique de l’époque cherchait à renouer avec les savoirs faire ruraux en reconduisant les ypo morphologies régionales. L’idée de créer des centres équipés dans les noyaux des communes rurales pour maintenir les populations dans les campagnes n’a pas été réalisée. La construction dans les campagnes marocaines a toujours été négligée au profit de la ville. Quelques chercheurs ont fait un travail formidable qui reste une référence de nos jours de consignation dans le Sud. « Les architectures régionales » ont donné lieu à une série d’études et de relevés restés dans les tiroirs de l’administration.

Il est temps d’exploiter cette richesse pour finaliser un cahier de charge type par Région au Maroc. Si les spécificités sont habilement valorisées alors le cadre de vie rurale pourrait offrir des habitations et des équipements qui allient l’esthétique et le culturel. 34 L’architecture nomade La tente éphémère abrite un mode de vie qui n’a pas encore livré ses secrets, ni été décodé par les professionnels. Pourtant c’est dans la VIe courante des nomades dans le Sahara marocain que devront être relevés des signes et des solutions pour proposer un habitat idoine à la sédentarisation de ces populations.

Sans compter que les couloirs de vents et les réserves archéologiques evraient constituer des zones à protéger. Monuments et patrimoine 6 0 de classification des monuments historiques et des réalisations de génie civil dest effectué pendant le protectorat dans les administrations en charge de l’architecture et de la culture. Les référents de cette architecture néo-mauresque ont été la raison essentielle invoquée par les colons pour respecter les villes anciennes du Royaume du Maroc.

Le Maréchal Lyautey s’est toujours présenté comme un homme de culture qui a rallié à sa cause de nombreuses personnalités. La classification des monuments historiques s’est arrêtée depuis a fin du protectorat. Ce fut la raison essentielle de la dilapidation du patrimoine. Le bonheur de quelques marchands futés qui profitent de la misère des habitants a provoqué de nombreux actes de vandalismes. Parmi lesquels des frises de mosquée, des portes, des fenêtres arrachés aux bâtiments initiaux pour décorer des intérieurs à paris, Londres ou Casablanca.

Ce n’est que vers 2002 que quelques bâtiments de l’époque Art déco du XXe siècles ont été proposés au classement par la Wilaya de Casablanca aux services culturels sous la pression d’un groupe d’intellectuels. L’hôtel Lincoln, en plein cœur de la métropole a fait lever le maki. La consignation des monuments historiques ainsi que des objets est indispensable pour éviter leur destruction et l’oubli. Des bazaristes charlatans profitent du Vide juridique et de ce manque d’ouvrage pour induire en erreur des touristes.

Première rupture : L’expression culturelle et l’architecture pensée La ville nouvelle sous le protectorat Dessinées, voulues, les principales villes du Royaume ont été dotées de plans d’aménagement au service d’une vision, pour un développement orienté pour chaque cité. Cette politique volontariste du protectorat avait deux guides Prost rela é ar Ecochard. Les architectes et les urbanistes qui o protectorat avait deux guides Prost relayé par Ecochard. Les architectes et les urbanistes qui ont travaillé sur les « terrains vierges du Maroc » ont pu expérimenter des théories et des approches architecturales inédites.

Tous les courants mondiaux de rarchitecture ont été défendus par des personnalités fortement imprégnée d’idéologie politique. ‘héritage du protectorat laisse trois types d’architectures : – L’architecture classique de la première période avec la Mahkama comme joyau (Auguste Cadet) – L’architecture moderne dont la période la plus connue est l’Art Déco (Marius Boyer dans les grands centres urbains) L’architecture issue du mouvement moderne et de la Charte d’Athènes avec comme figure de proue l’architecte Suisse Le Corbusier relayé par F. Zevaco, Elie Azagury puis Faraoui Demazlères, Mourad Benmbarek…

Libres et sans contraintes réglementaires rigides, de nombreux architectes ont exercé leurs talents dans ces nouveaux centres où l’expression créative était privilégiée. Les villes marocaines ont été une aubaine our ces gens de métiers qui ne se sont jamais départi du respect des règles de l’art et du savoir faire des artisans. Ils s’obligeaient à composer avec les seuls hommes de l’art local car eux-mêmes étaient des dissidents de l’éducation nationale qui prônait le classicisme dans les écoles des beaux-arts et refusait d’autres expressions en architecture, cet art majeur.

Les révoltes de Mai 68 ont fixé les nouveaux contours d’un enseignement plus libre avec un mot d’ordre : « construire pour ici et maintenant Les nouveaux materiaux comme l’acier, le ciment armé ont incité à toutes les audaces architecturales. ocial n’existait pas dans sa démarche quantitative et de masse. Toujours dans l’anticipation, Ecochard, premier directeur de Purbanisme, va chercher des solutions pour installer les populations rurales qui venaient chercher du travail dans les unités industrielles aux entrées des villes.

Le phénomène s’annonçait envahissant et la cadence de la construction devait répondre à cette déferlante. La fameuse trame sanitaire (qui porte le nom d’Ecochard) inventée pour le Maroc va s’exporter jusque dans les pays d’Amérique du Sud. Les réalisations prennent la forme d’immeubles en barre pour dégager des jardins au sol (cités lateaux CIL, Bournazel) et tendent vers la standardisation du logement en immeubles avec des coursives et des escaliers à l’air libre sur le modèle des appartements européens. Le règlement de voirie fait son apparition et restera valable jusque dans les années 85.

Cette vision à court terme produit des effets pervers dont notamment – Une assiette foncière « asséchée » par les besoins d’un urbanisme horizontal. L’exemple de la densification du quartier Bournazel à Casablanca est édifiant. – Des transports en commun qui ne sont pas adaptés à des villes qui s’étirent et s’étendent. La difficulté d’adaptation aux nouveaux espaces petits ? l’intérieur et réservant des espaces verts sensés accueillir une population habituée à un tissu urbain et à un logement « introvertis » – La raréfaction des terrains urbanisables qui va produire une pression spéculative sur des prix du foncier.

Cependant quelques exceptions conceptuelles ont été réalisées : La cité Bourgogne à Casablanca qui a intégré Fétude des jardins et dont a profité une population de moyenstanding. Les cités Habous à Casablanca, Mohammedia et Rabat qui ont cherché à concilier les règles de [‘art de ‘architecture Casablanca, Mohammedia et Rabat qui ont cherché à concilier les règles de fart de l’architecture professionnelle avec les modes de vie traditionnels.

Ces démarches sont fondamentales et auraient pu démarrer le processus de « modélisation » de l’urbanisme de la médina exemplaire à plus d’un titre et de la mise en espace correspondant aux besoins culturels. es propositions conceptuelles ont créé une rupture entre l’habitat vernaculaire et l’architecture professionnelle. Les matériaux locaux ont été abandonnés car ils ne correspondent plus aux aspirations de la population.

Deuxième rupture : la modernité diabolisée (1955) Derniers soubresauts pour les métiers d’art Expression du pouvoir, l’architecture post-coloniale a répondu aux canons internationaux d’une modernité vive. Au Maroc, elle a été d’une grande qualité faisant de la recherche de l’excellence une éthique et des prouesses de mise en œuvre un défi (exemple de la voûte de la foire de Casablanca). Les maâlems artisans occupaient une place prépondérante et étaient respectés par des architectes de talents qui construisaient dans le respect de la charte d’Athènes.

L’architecture devait éviter a copie, le pastiche et le folklore mais devait répondre aux instances de l’ordre en cas de malfaçons ou de manquements aux règles de l’art ou d’éthique. C’est une période où l’on construit bien. Grâce à l’intégration subtile du savoir faire italien, espagnol, français, qui a transmis l’art du granitos, de la taille de pierre, du fer forgé à des ouvriers formés sur le tas, les richesses des formes et des détails foisonnent.. C’est la période glorieuse des savoirs-faire. À Phabileté manuelle des maêlems, s’additionne le savoir-faire traditionnel d eurs en zelliges, stuc, 0 0