491520897 Scarron Et Le Picaro

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Paul Scarron, Le Roman comique (1651-1657) -+4 présentation du texte Le Roman comique peut être considéré comme l’un des premiers romans picaresques français. Le voyage est l’un des thèmes principaux de ce récit qui met en scène une troupe de comédiens confrontés à des personnages issus de milieux très différents, de même que les picaros espagnols fréquentent, au fil de leurs aventures, des individus de classes sociales variées. La scène retenue devrait plaire aux élèves par son registre héroï-comique, qui permet une réflexion sur la dégradation du héros romanesque à cette époque. a Bouvillon serait c bouvillons. les jeux de l’amour 1. Le jeu de séductio org Sni* to View es pour en faire des paré à une « bataille » (l. 30). Cette méta- phore est tilee avec les verbes « combattre ou se rendre » (l. 45). Cette image relève du registre épique, registre ici détourné pour évoquer une réalité prosaique : il s’agit donc d’un registre héraiLcomique. 2. Le décor, permet d’isoler les deux personnages : Le destin se retrouve prisonnier de la Bouvillon, dans un espace clos qui représente symboliquement l’emprise de cette femme sur le héros.

En effet, c’est elle qui ferme le verrou (l. 2-23), symbole

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aux conno- tations sexuelles à cette époque. La porte a une fonction dramatique : sa fermeture annonce le début de la Swipe to vlew next page la scène de séduction et c’est à la porte que Ragotin vient frapper, mettant fin à cette scène. 3. Le corps a un rôle important dans ce texte : il en est donné une description précise, à la fois sensuelle et peu flatteuse, comme le montrent les termes péjoratifs « gros visage » (l. 27) et « grosse sensuelle » (l. 31).

Le narrateur décrit avec jubilation l’ana- tomie féminine en la grossissant de manière grotesque, en arlant des « dix livres de tétons » (l. 33). Le corps est le lieu du désir, comme le prouvent la rougeur de la Bouvillon (l. 28, 35, 36) et la « démangeaison » (l. 41-42) provoquée par une « petite bête » (l. 40). Les deux personnages se touchent puisque Le destin finit par « tât[er] les flancs » (l. 43) de cette femme. Ainsi, Scarron s’amuse à décrire avec exagération un comportement qui va ? l’encontre des règles de bienséance. 4. n peut comparer ce texte narratif à une scène de théâtre pour plusieurs raisons : – les dialogues au discours direct rappellent ceux d’une scène théâtrale ; ‘épisode est délimité par la sortie d’un personnage (la servante) et l’arrivée d’un autre (Ragotin), comme dans une scène théâtrale , – le lieu unique et clos de cette scène peut faire penser à un décor, de théâtre. on peut rappeler aux élèves la polysémie du titre Le Roman comique : c’est un roman qui fait rire, qui parle du métier de comédien et dont certains épisodes rappellent des scènes de farce ou de comédie. a voraci de comédien et dont certains épisodes rappellent des scènes de la voracité féminine 5. La première étape de la tentative de séduction de la Bouvillon onsiste à faire asseoir Le destin au pied d’un lit, auprès d’elle (l. 1-2). puis, après la sortie des servantes, le dialogue permet à la Bouvillon de séduire Le destin par des sous- entendus (étudiés dans la question 6). Après avoir elle- même verrouillé la porte (l. 22-23), elle approche son visage du destin (l. 27).

La tentative de séductlon devient explicite quand elle commence à se dévêtir, en « ôt[ant] son mouchoir de col » (l. 31-32) et en montrant ainsi sa poitrine. Enfin, elle finit par demander au destin de la gratter sous ses vêtements, au bas de son pourpoint : la scène est clairement grivoise. . La Bouvillon fait preuve de ruse en prétendant qu’elle n’est pas responsable de la situa- tian dans laquelle les deux personnages se trouvent. Elle accuse d’abord la servante, qui est sa complice, pour cacher ses intentions.

En feignant de vouloir protéger sa réputation (l. 8 à 12), elle sous-entend qu’il pourrait se passer quelque chose avec Le destin, en employant des termes imprécis comme « ce qu’il leur plaira » ou « ce que l’on voudra Finalement, la porte fermée, qui aurait pu nuire à leur réputation, est présentée par la Bouvillon comme une protection contre le egard des autres et la possibilité d’une irrup- tion inopportune (l. 25-26). La Bou protection contre le regard des autres et la possibilité d’une irrup- tion inopportune (I. 25-26).

La Bouvillon se fait donc passer pour une femme de qualité tout en mettant en place ce dont elle a besoin pour séduire Le destin. 7. e destin n’a rien d’héroique dans cette scène, qu’il semble subir. Il est d’ailleurs, la plupart du temps, complément des verbes et non sujet : « madame Bouvillon le fit asseoir » (l. 1-2), « elle approcha du Destin son gros visage » (l. 27), « lui donna bien ? penser » (l. 9), « elle lui allait présenter » (I. 31). Lorsqu’il est sujet, les verbes n’expri- ment rien de glorieux : « Le destin rougissait » (l. 8), « Le pauvre garçon le fit en trem- blant » (l. 42-43). on peut ainsi qualifier Le destin d’« antihéros la jubilation du narrateur 8. Le narrateur se moque de la Bouvillon par de nombreux termes péjoratifs : elle est dotée d’un « gros visage » (l. 27) mais de « petits yeux » (l. 28). Il s’en moque également par une hyperbole peu flatteuse : les « dix livres de tétons » (l. 33) ne représentent qu’un tiers du poids de ses seins. Enfin, la omparaison avec le « tapabor, d’écarlate » (l. 37-38) achève le portrait ridicule de cette femme. 9.

La connivence avec le lecteur est permise par le point de vue omniscient du narra- teur, qui dévoile les intentions de la Bouvillon avant que Le destin ne prenne conscience du piège dans lequel il est tombé. Le lecteur en sait donc plus que les personnages du piège dans lequel il est tombé. Le lecteur en sait donc plus que les personnages : il comprend que la Bouvillon n’est en rien vertueuse et la faiblesse du destin, confronté à cette femme, est comique. En effet, le lecteur sait que celui-ci est terrorisé par a Bouvillon, mais cette dernière, aveuglée par son désir, n’en prend pas conscience.

Ce décalage entre ce que comprennent les personnages de la scène et ce que sait le lecteur, grâce au narrateur, permet ainsi d’établir cette connivence. 10. La femme apparaît comme une prédatrice, guidée par son seul désir. La Bouvillon est ridicule car son apparence physique ne lui permet pas de prétendre à la séduction. L’image de la femme n’est pas valorisante. Mais celle de l’homme n’est pas meilleure . Le destin est un être faible et peureux, qul se laisse facilement piéger par le désir féminin. Scarron se moque ainsi des deux sexes. e commentaire La légèreté rend comique cette scène du Roman comique de Scarron. La Bouvillon est décrite comme une femme soumise à son seul désir tandis que Le destin subit ses assauts sans réagir. La représentation du corps est crue et grotesque : la Bouvillon se déshabille devant Le destin, lui montrant ses seins pesant 30 livres, soit une quinzaine de kilogrammes ! La description exagérée de cette femme ne peut que provoquer le rire du lecteur. La scene devient vraiment ridicule quand Le destin est contraint de gratter La Bouvillon « au défaut du