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CENTRE DE DÉVELOPPEMENT DE L’OCDE Document de travail No. 190 (Ex-Document Technique No. 190) LA REFORME DU SECTEUR FINANCIER EN AFRIQUE pa Anne Joseph Realisé dans le cadre du programme de recherche: Sni* to View REMERCIEM ENTS… RÉSUMÉ… • Afrique émergente Juillet 2002 TABLE DES MATIÈRES p REFACE 6 7 SUMMARY…… or 112 BANCAIRE APRÈS LES RÉFORMES — 34 VI. UN ENVIRONNEMENT DÉFAVORABLE À ‘ACTIVITÉ v Ill. CONCLUSION. . . 57 60 BANCAIRE 45 VII. LE DÉVELOPPEMENT DE MODES DE FINANCEMENT NON BANCAIRES 50 NOTES . 4 48 ANNEXE 1. LES REFORMES DU SECTEUR BANCAIRE . ANNEXE 2. LE SECTEUR BANCAIRE ALJ BURKINA FASO, EN CÔTE D’IVOIRE, AU GHANA, AU MALI, EN OUGANDA ET EN TANZANIE . ANNEXE 3. LES BOURSES AFRICAI N ES. • • • BIBLIOGRAPHIE 66 AUTRES TITRES DANS LA SÉRIE/ OTHER TITLES IN THE SERI ES 68 4 REMERCIEMENTS 65 Le Centre de Développement exprime ses remerciements aux gouvernements de la Suisse et de la Belgique pour le soutien financier qu’ils ont apporté au proiet portant Mali, de l’Ouganda et de la Tanzanie.

L’objectif de ce Document technique est de s’interroger sur l’efficacité des réformes financières mises en œuvre dans le cadre des plans ‘ajustement structurel pour que

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les banques puissent jouer pleinement et efficacement leur rôle d’intermédiaires entre les épargnants et les investisseurs potentiels au sein de l’économie.

Ces réformes n’ont pas eu l’impact attendu parce qu’elles n’ont pas tenu compte de l’environnement dans lequel s’exerce l’activité bancaire en Afrique subsaharienne, ? savolr : le manque d’informations à la disposition des banques et le manque de fiabilité de ces informations ; un environnement juridique inadéquat. pour être efficaces, les réformes financières devraient donc être précédées ou ccompagnees : d’une révision des plans comptables, si nécessaire, et du renforcement des instituts statistiques nationaux.

A leur niveau, bien que cela soit coûteux, les banques peuvent chercher à améliorer la relation de clientèle afin d’obtenir Document technique devrait donc nourrir le débat stimulé par le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), et dans lequel la BAD et l’OCDE se sont pleinement engagés. Jorge Braga de Macedo Président Centre de Développement de VOCDE 4 juillet 2002 RESUME Cette étude concerne six pays d’Afrique subsaharienne : le

Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, l’Ouganda et la Tanzanie, dont elle décrit les politiques de répression financière appliquées jusqu’au milieu ou la fin des années 80 : politique monétaire interventionniste, prédominance des banques publiques et faible régulation prudentielle. Ces politiques se sont traduites par une accumulation d’actifs non performants, un financement privilégié des gouvernements et une dégradation des systèmes de paiement gérés par les banques.

Elles n’ont pas permis d’étoffer la fonction d’intermédiation financière du secteur bancaire. Afin de corriger es dysfonctionnements, dans le cadre de plans d’ajustement structurel recommandés par les institutions de Bretton Woods, les gouvernements des pays concernés ont libéralisé le secteur financier, assoupli la politique monétaire, restructuré les banques et adopté de nouvelles 4 12 importantes. Le secteur financier est fragmenté, comme en témoigne la déconnexion du niveau des taux d’intérêt entre les marchés financiers formel et informel.

Le fait que les banques restent peu actives dans le financement de l’économie résulte de l’environnement global dans lequel s’exerce leur activité : symétrie d’information, lois inadaptées et système judiciaire inefficace. SUMMARY ThlS study describes the financial repression policies interventionist monetary Policy, predominance of state-owned banks and weak prudential regulation — practised until the middle or the end ofthe 1980s by six sub-Saharan African countries: Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Uganda and Tanzania.

These policies resulted in the accumulation of non-performing Ioans, privileged government financing and breakdown of bank-controlled payment systems. They also prevented growth of financial intermediation in the banking system. n order to correct these malfunctions, the governments concerned liberalised the financial sector, softened their monetary policies, restructured the banks and adopted new prudential regulation within the context of structural adjustment plans recommended by the Bretton Wood institutions. important.

The financial sector is fragmented, as the discrepancy between interest rates in the formal and informal markets demonstrates. The fact that the banks remain hardly involved in financing the economy is a function of the overall environment in which they operate: asymmetry of information, an inappropriate lega’ framework and n inefficient legal system. SIGLES BCEAO BDM BFIA . BAM BAO : BIAO-CI : BINA : BICI-CI : BNDA • BND-3 BOG : BOU : BRCB BRVM : ccp : CEMAC : CNE : CRDB • FCFA : Banque centrale des États s 12 Ouest Bank NMC : National Milling Corporation (Tanzanie) NPART : Non performing Assets Recovery Trust (Ouganda) ODI .

Overseas Development Institute (Angleterre) OHADA : Organisation et Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique Paz : People’s Bank of Zanzibar PIB : Produit Intérieur Brut SFD : Systèmes de Financement Décentralisés SGBCI : Société Générale de Banques en Côte d’Ivoire SIB : Société Ivoirienne de Banque TDFL : Tanganyika Development Finance Company (Tanzanie) THB Tanzania Housing Bank TIB : Tanzania Investment Bank Uganda Commercial Bank LJEMOA : Union Économique et Monétaire Ouest Africaine l.

INTRODUCTION Selon la théorie de McKinnon (1973) et Shaw (1973), la répression financière empêche l’économie d’un pa s d’atteindre son taux de croissance optimal. La répression libéralisation financière dans le cadre des plans d’ajustement structurel mis en place par les institutions de Bretton Woods. En quoi ces politiques ont-elles consisté exactement ? Ont-elles permis au secteur financier des pays africains de jouer un rôle dynamique dans le processus de croissance économique ?

Cette synthèse s’interroge sur ces différents aspects en se concentrant sur six pays d’Afrique subsaharienne qui diffèrent par leur système économique et financier : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Ghana, l’Ouganda et la Tanzanie. Les trois premiers appartiennent à la Zone franc qui repose sur les quatre principes suivants : parité fixe des monnaies, libre transfert des monnaies à l’intérieur de la zone, harmonisation de la réglementation des hanges des pays membres, mise en commun des réserves de change dans le compte d’opération.

Parmi les trois autres pays anglophones, le Ghana a appliqué des programmes d’ajustement structurel dès le début des années 80, et les réformes financières ont débuté en 1987. L’Ouganda a connu une vie politique heurtée, avec plusieurs dictatures dont celle du général Idi Amin Dada et de nombreux conflits inter-ethniques, qui ont altéré la conduite des politiques macro-économiques et financières. Quant à la Tanzanie, elle a longtemps souscrit au modèle socialiste et les entreprises publiques rédominent.

La première section est consacrée à la description des politiques monétaires et financières en vigueur ava s. Les conséquences de 8 12 section. La troisième section fait le point sur les réformes monétaires et financières entreprises, selon les pays, au milieu ou à la fin des les années 80. La quatrième et la cinquième section dressent le bilan des réformes. Enfin, la dernière section est consacrée aux modes de financement non bancaires (sociétés de capital-risque, crédit-bail et marchés financiers). 0 Il. LA POLI IQUE MONÉTAIRE ET LA STRUCTURE DU SECTEUR FINANCIER AVANT LES RÉFORMES 11. 1 La politique monétaire Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la politique monétaire menée jusqu’à la fin des années 80 était interventionniste : il s’agissait d’encourager les investisseurs nationaux et d’orienter les ressources vers les secteurs considérés comme prioritaires. Pour ce, les taux d’intérêt débiteurs et créditeurs étaient arbitrairement fixés à un faible niveau.

Selon la théorie keynésienne inspiratrice de ces politiques, le taux d’intérêt joue un rôle déterminant sur l’investissement mais a peu d’influence sur ‘épargne. En effet, cette dernière dépend du niveau de revenu des ménages, et le taux d’intérêt influence uniquement la composition de l’épargne L’accumulation d’une épargne nationale n’était pas une riorité puisque, dans un premier temps, les capita inflation, la rémunération de l’épargne en termes nets était négative dans les six pays étudiés, comme dans les autres pays d’Afrique subsaharienne.

Ce phénomène était cependant moins marqué dans les pays de la Zone franc, les niveaux d’inflation y étant plus faibles. En outre, du fait de la liberté des mouvements de capitaux et de la libre onvertibilité de la monnaie dans les pays de la Zone franc, les contraintes concernant la conduite de la politique monétaire étaient différentes de celles des autres pays. Ainsi, afin d’éviter les sorties massives de capitaux. e niveau réel de rémunération de l’épargne devait en principe tenir compte des taux pratiqués ? l’étranger, et plus particulièrement en France. Cependant, cette politique n’a pas été très efficace : en 1980, selon les chiffres des Statistiques financières internationales (FMI), le taux de rémunération des dépôts en France était de 1. 2 points supérieur à celui des pays de ‘UEMOA, et les avoirs extérieurs totaux de cette sous-zone étaient importants.

En revanche, au Ghana et en Ouganda, en raison du niveau élevé de l’inflation, les taux d’intérêt réels étaient négatifs (-38 pour cent en 1980 au Ghana, et -137. 6 pour cent en 1985 en Ouganda), ce qui n’a pas encouragé la constitution d’une épargne monétaire. Dans ces deux pays, il faut de plus mentionner une mesure qui a contribué ? éroder la confiance du public dans les actifs financiers. Au Ghana, il s’agit du gel de tous les dépôts bancaires supérieurs à un certain montant en 1982. En Ouganda, c’est PAGF 12