Dissert

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Haut du formulaire Peut-on traiter de sujets graves et sérieux sur le mode plaisant ou humoristique Introduction « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer lance Figaro à son maitre dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Le valet conseille donc, comme Rabelais, Molière ou La Fontaine avant lui, et Ionesco ou l’humoriste Raymond Devos après lui, de ne pas évoquer les « choses graves » sur le mode sérieux, mais de prendre le parti d’en sourire ou même d’en rire.

Peut-on aborder les questions graves sur le mode humoristique ? L’artiste doit-il, comme le conseillait Molière, nstruire en faisant rir de tout » n’a-t-il pas des limites ? or7 l. L’humour rend plus to vieu 1. Qu’est-ce qu’un suj Que faut-il entendre grave » ? Sans doute tout ce qui a trait aux questions fondamentales de la condition humaine la vie et la mort, l’ignorance de son destin…

Mais les hommes, à travers toutes les formes d’art, abordent aussi des sujets graves moins philosophiques, plus concrets les faits de société, comme le pouvoir, la guerre, le malheur, la religion… Or, paradoxalement, la littérature et part en général choisissent souvent des registres plaisants pour traiter de ces

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sujets ssentiels La Fontaine ou Molière, l’un dans ses fables, l’autre dans ses comédies, Voltaire, dans Swipe to vlew next page dans ses contes philosophiques, ont pris le parti de « plaire » pour mieux mener leur réflexion, argumenter et « instruire 2.

L’humour pour divertir La Fontaine s’en explique : « une morale nue apporte de l’ennui Car l’humour, par son côté divertissant, détend, évite l’ennui et touche un public varié, peu enclin à lire ou à écouter de longs développements sérieux et rébarbatifs. Marivaux dans La Colonie met en scène avec humour des féministes avant Pheure : le ublic préfère sans doute aborder le problème de l’égalité entre hommes et femmes dans une comédie, plutôt que de lire les considérations de Rousseau sur l’éducation des filles dans son traité Émile ou de « Éducation.

Le succès des apologues, le plus souvent plaisants, confirme le pouvoir de séduction et de persuasion de Phumour. C’est ce qu’avait bien compris Voltaire qui, dans ses contes philosophiques, aborde sur le mode plaisant, en les agrémentant de péripéties rocambolesques, des sujets comme l’esclavage ou la tyrannie. Ainsi, il compose un dialogue plein de vivacité et ‘ironie pour parler de l’inégalité homme-femme, dialogue mené par une maréchale pétulante. 3.

Le rire « fait passer » la critique Celui qui rit est plus ouvert et prêt à accepter ce qu’il ne supporterait pas sur le mode sérieux, parce que le rire introduit une distance. Les « grands les aristocrates, riaient aux comédies de Molière, se plaisaient à lire les Fables de La Fontaine, se pressaient au Barbier de Séville ou au Mariage de Figaro, qui pou PAG » rif 7 Fables de La Fontaine, se pressaient au Barbier de Séville ou au Mariage de Figaro, qui pourtant ne les ménageaient pas et ettaient en cause leurs privilèges.

Molière, dans ses comédies, suit le précepte ancien de la comédie : Castigat ridendo mores : « Corriger les mœurs par le rire À de longs développements sur les vices de son temps, il préfère peindre les défauts des hommes en les amplifiant, en les caricaturant et en les Incarnant dans des personnages comiques. C’est le rire cathartique, qui « purifie » le lecteur ou le spectateur. À l’image de La Fontaine qui voulait « tourner nos vices en ridicule » par une « comédie aux cent actes divers » (ses fables), es humoristes politiques, sur scène ou à travers le dessin, rencontrent un vif succès.

Les caricaturistes de presse jouent de nos jours le rôle de philosophes, tel Montesquieu dont un large public s’empressait de lire les Lettres persanes. Il. Chumour dédramatise la souffrance et libère l’homme 1. Le rire libérateur désamorce l’angoisse Recourir à l’humour, c’est aussi dédramatiser : le ton plaisant, qui pourtant renforce l’horreur et met en valeur l’absurde de la vie, en même temps les désamorce. Le rire est libérateur, allège l’angoisse et donne, devant des sujets trop graves, une porte de sortie.

L’humoriste Pierre Desproges rend bien compte de cet « héroÉme » de l’humour: « Peut-on rire de tout ? Je répondrai oui sans hésiter. Sil est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, [… l alors oui, on peut rire de tout, PAGF3C,F7 hésiter. S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère, et de la mort. » Le théâtre de l’absurde prend ainsi le parti de mettre en scène le tragique de la condition humaine dans des pièces à [‘humour grinçant.

Le prologue de La Résistible Ascension d’Arturo Ui Brecht, 1941) rappelle dans une atmosphère de cirque la montée terrifiante du nazisme : le décalage entre le ton et le fond désamorce l’angoisse. 2. Le rire est domination Mais plus encore : Ihumour rend supérieur. Ainsi l’Église se méfiait du rire. Dans le roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose (1 982), un enquêteur recherche dans un monastère un moine criminel qui veut interdire un livre d’Aristote sur la comédie, sous prétexte que l’ouvrage fait l’éloge du rire. Le rieur acquiert en effet une position de supériorité par rapport à celui dont il rit : il le domine.

Rire de son supérieur, du roi ou de Dieu, c’est le rabaisser, s’en libérer. Ainsi, la maréchale de Grancey, en faisant des hommes une caricature amusante (« le menton couvert d’un vilain poil rude « les muscles plus forts »), se libère en paroles de la domination des « mans » qui, dans la vie, rendent les femmes « esclaves 3. Le rire est une arme, une marque de courage Le philosophe Bergson souligne la force du rire pour lui, « le rire châtie certains défauts à peu près comme la maladie châtie certains excès Il serait donc efficace d’aborder un sujet sérieu