Cours De Psychologie Sociale P

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Cours de psychologie sociale (IFS) Bibliographie : Cerclé A. , Somat A. , Psychologie sociale. Cours et exercices. Paris, Dunod, 2005. Delouvée S. , Psychologie sociale. Manuels visuels de licence. paris, Dunod, 2013. Gosling P. (ss. dir. ), Psychologie sociale. ome l, L’individu et le groupe. Bréal, 2009. Chapitre : Qu’est-ce que la psychologie sociale or 15 Sni* to View Histoire La psychologie sociale na au XIX me siecle.

CEurope connaît ? cette époque de profondes mutations sociopolitiques (fin de la monarchie de droit divin en France, exacerbation des nationalismes, émergences des mouvements ouvriers, ransformation des modes de production), qul vont amener des questions nouvelles. On commence alors à penser autrement les rapports sociaux et le fonctionnement de la société. On se demande comment expliquer les phénomènes collectifs. Dans ce contexte, quelques grands auteurs vont poser les jalons de ce qui deviendra la psychologie sociale.

Deux auteurs précurseurs : La foule produit des phénomènes de dépersonnalisation et atténue le sentiment de responsabilité ce qui peut conduire ses membres à des comportements violents. o Gabriel Tarde (1843-1904) Gabriel Tarde est un sociologue et un philosophe. Notamment ? artir des travaux de Le Bon, il va distinguer la notion de foule de celle de «

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public » et estime que les phénomènes d’influence sont présents y compris lorsqu’il ny a pas de co- présence physique. Une coprésence psychique suffirait : par exemple, la lecture d’un même journal tous les jours.

Le public est donc déjà identifié par Tarde comme la cible de la communication de masse naissante. Deux expériences fondatrices La psychologie sociale a très souvent recours à l’expérimentation. Voici deux exemples d’expériences fondatrices de cette discipline, qui présentent la particularité d’avor donné lieu ? des résultats contradictoires… o L’expérience de Norman Triplett (1897) • la « facilitation sociale » Cette expérience est une des premieres réalisées en psychologie sociale.

Elle va ouvrir un domaine de recherche important : l’étude de la performance individuelle d’une personne placée en situation d’interaction sociale. Triplett cherchalt à savoir, après avor observé des cyclistes, si la situation de compétition améliorait la performance de chacun Les résultats montrent que globalement, la performance s’améliore en présence d’autrui même s’il existe des différ s individus. PAGF 15 ous connaissez. o L’expérience de Max Ringelman et la paresse sociale (1883) Max Rlngelman était membre de la société nationale d’agriculture et agronome.

Ringelman va étudier la force de traction des humains durant l’année 1883. Ringelman va observer que les individus ont tendance à fournir un effort moindre en présence d’autrui (penser au travail en groupe pour les exposés… ). L’effort diminue de manière proportionnelle au nombre de membres du groupe. Il en conclut qu’il existe une tendance à la paresse sociale et qu’il est préférable que les individus travaillent seuls… Définition a. Définition

La psychologie sociale s’intéresse à la manière dont le comportement, les cognitions (ie les pensées), les affects (émotions ou sentiments) de Findividu sont affectés par le comportement et les caractéristiques des autres, par les caractéristiques de la situation dans laquelle l’individu est inseré ainsi que par ses propres caractéristiques psychologiques et sociales. b. Les niveaux d’analyse Ils ont été proposés par Doise en 1982 ( ‘explication en psychologie sociale) et sont autant d’échelles d’analyse que l’on peut décliner en psychologie sociale. 5 ce sont les insertions des individus (statuts, rôles, ositions) dans leur milieu qui sont au premier plan de l’analyse. Il peut s’agir de variables explicites ou implicites. Niveau idéologique : niveau des systèmes de croyance et des représentations sociales Méthodes Plusieurs méthodes peuvent être utilisées, qui ne s’excluent pas. a. L’observation Dans ce cas-là, il s’agit donc non seulement de regarder ce qui se passe dans une situation donnée, mais de le faire de manière systématique : par exemple en enregistrant ou en notant les événements observés.

Elle peut se faire dans le « milieu naturel » des individus, avec pour njeu que la présence de l’observateur influence le moins possible le comportement des personnes observées. b. Les entretiens Ici, c’est le langage qui est routil d’investigation central. On s’intéressera notamment ici aux opinions des gens, c’est-à-dire à ce qu’ils pensent ou ressentent ? propos d’un objet, d’une idée, d’une personne, etc. Cette méthode souffre cependant d’une limite fondamentale : de nombreuses expérimentations ont mo parfois aucun lien entre explique le déroulement de la procédure.

La manière dont on explique le déroulement de la procédure peut en elle-même avoir des effets sur la manière dont es sujets vont se comporter pendant l’expérience. ‘expérimentation ne serait alors que la vérification d’une théorie. Pour contourner ce biais : procédé de l’expérimentation en double aveugle où ni l’expérimentateur ni le sujet ne sont informés de l’objectif réel de l’expérimentation. Il s’agit cependant d’une méthode coûteuse financièrement et temporellement.

Seule la recherche médicale y recourt systématiquement pour comparer les effets d’une nouvelle molécule avec ceux d’un placebo. ii. La sélection des sujets Bien souvent, les chercheurs réalisent des expérimentations avec les sujets disponibles pour le aire : par exemple les étudiants, et souvent sur de petits échantillons (15 vs 1000 pour des sondages d’opinion), ce qui pose des problèmes de représentativité, et donc de généralisation des résultats obtenus. Chapitre Il : Le groupe Le ou les groupes auxquels chacun appartient constituent une composante très importante de son identité.

L’être humain va chercher l’affiliation au groupe plutôt que la solitude ou l’isolement. IJn isolement social prolongé peut d’ailleurs avoir des consequences négatives sur le plan émotionne, cognitif ou comportemental. Pourquoi, dans quelles circonstances et pour quels motifs cherche Ier à d’autres personnes PAGF s 5 la notion de groupe et à étudier les interactions qui se déroulent au sein des groupes. Nous verrons ensuite comme de nombreux chercheurs ont étudié les processus présidant aux prises de décisions collectives.

Qu’est-ce qu’un groupe ? Deux situations : 10 personnes dans une file d’attente au cinéma vs 10 personnes réunies à la pause autour de la machine à café. Qu’est-ce qui permet de dire que ces 10 personnes forment ou non un groupe ? En 1976, Shaw définit le groupe comme deux personnes ou plus qui vont, pendant un certain temps, interagir, s’influencer mutuellement et se percevoir omme un « nous Cela signifie que 10 personnes qui sont dans une file d’attente au cinéma ne forment pas un groupe.

Elles constituent seulement un « agrégat b. 4 Critères pour que l’on considère que l’on a affaire à un groupe Établissement de relations interpersonnelles habituellement de face à face La poursuite d’un but commun L’existence d’influences réciproques, d’interdépendances La mise en place d’une organisation Voyons maintenant quels ty es de roupes ont peut identifier. régulières : entourage proche, familiale, amical. Il s’agit habituellement d’un groupe restreint. Il s’agit ici pour Pindividu de satisfaire des esoins fondamentaux.

Le groupe secondaire est constitué d’un nombre de personnes plus important ayant entre des relations plus sporadiques et vont avoir des buts communs ou participer à des actions communes. Les relations ont une base contractuelle et impliquent une hiérarchie. Ex : organisations, associations, clubs sportifs. ii. Groupes d’appartenance et groupes de référence Les groupes d’appartenances désignent des groupes auxquels l’individu appartient effectivement, et dans lesquels il joue un rôle. Famille, association, organisation professionnelle.

En 1942, Hyman va introduire la notion de « groupe de référence ? dans une étude sur les statuts sociaux. Il peut s’agir d’un groupe réel mais aussi imaginaire auquel se réfère l’individu. Le groupe d’appartenance assure notamment deux fonctions : Une fonction normative : l’individu s’approprie les normes de son groupe de référence et elles constituent pour lui un modèle. Ces normes vont définir des attitudes et des comportements auxquels Flndividu va essayer de se conformer. LJne fonction évaluative ou com arative : l’individu va évaluer son comportement et 7 5 groupes d’appartenance.

Un groupe d’appartenance ne constitue cependant pas forcément un groupe de référence et ‘appartenance à un groupe n’est pas toujours désirée. Si les deux types de groupes ne coïncident pas, l’individu va rechercher la mobilité sociale, cèd qu’il va essayer de changer de groupe. iii. Groupes formels et groupes informels Les groupes formels sont des groupes qui sont dotés d’une structure explicite qui établit de manière contraignante la distribution des rôles entre les membres (ex : supérieur et subordonné dans une entreprise).

Le pouvoir est une composante essentielle de cette structure. Les individus y sont interchangeables. Les groupes informels ont une structure de répartition des rôles qui reste le plus souvent mplicite. L’adhésion au groupe informel est volontaire et fonctionne selon les relations affectives entre leurs membres. Quelques approches psychosociales du groupe a. Elton Mayo et le mouvement des relations humaines Entre 1924 et 1933, une série d’expériences psychométriques, psychotechniques et psychosociologiques a eu lieu dans les ateliers Hawthorne de la Western Electric Company, près de Chicago.

L’équipe de recherche travailla dans un premier temps sur les effets de l’éclairage sur la performance des salariés prise. L’intérêt de cet PAGF E 5 manifester un intérêt pour leur activité avait des effets positifs qui ouvaient contrebalancer les effets de facteurs tels qu’un éclairage déficient. Il s’agit là d’une expérience fondamentale, qui amena la fondation du mouvement dit des « relations humaines » qui mit raccent sur l’importance des dynamiques de groupe dans la productivité des salariés. . Jacob Levy Moreno et la sociométrie Moreno (1892-1974), psychiatre autrichien émigré aux Etats-Unis va introduire la sociométrie pour étudier la dynamique des groupes. pour Moreno, il s’agit de « mesurer » les relations interpersonnelles dans un groupe en tentant de quantifier les aspects qualitatifs des relations ntre les individus. Selon Moreno, les être humains sont reliés les uns aux autres par trois types de relation possible : sympathie (attraction), anthipathie (répulsion) ou l’indifférence.

La technique de l’analyse sociométrique repose sur l’utilisation d’un questionnaire où chaque membre est invité à exprimer confidentiellement ses choix et ses rejets envers les autres membres du groupe en vue d’une activité (travail, loisirs, vacances etc). Le dépouillement de ces résultats aboutit à établir une cartographie des liens socio-affectifs à l’intérieur du groupe et met ainsi en évidence le réseau de elations affinitaires. Les résultats sont représentés sous forme d’un tableau et d’un graphlque appelé le sociogramme. . Kurt Lewin et le groupe comme « totalité dynamique » mme le véritable père Kurt Lewin (1890-1947) e des groupes et constitue une figure majeure de la psychologie sociale tant sur le plan de l’apport théorique, des innovations en matière de techniques et de méthodes et des courants de pensée qu’il a initiés. Il a de plus contribué à la formation de très nombreux psychologues sociaux. Pour Kurt Lewin, le groupe doit être un objet central pour la psychologie.

II a une existence n soi (càd qu’il n’est pas simplement la somme des individus qui le composent), et il constitue une entité dont les membres sont des composantes interdépendantes. d. Le groupe comme représentation subjective i. Tajfel et le paradigme du groupe minimal Cette approche a été initiée par les travaux dHenri Tajfel sur l’identité sociale en 1972. Tajfel a un parcours de vie particulier, qui va l’amener à réfléchir ? certaines problématiques concernant la question de Pidentité de groupe. il a survécu à la Shoah en cachant son identité julve alors que toute sa famille est morte). Il va proposer une pproche cognitive de l’identité sociale en insistant sur la différenciation intergroupe : c’est ce qu’on appelle le « paradigme du groupe minimal Dès 1963, il montre que lorsque l’on demande à des sujets de classer des bâtonnets par taille, ils le font en accentuant les similitudes entre les bâtonnets qui seront dans le même groupe, et les différences par rapport à ceux d’un autre groupe.

Avec l’expérience suivante, Tajfel et ses collaborateurs vont démontrer qu’une simple catégorisation arbitraire « eux-nous », sans vrai enjeu, sans relation antérieure entre les groupes ou les individus, connaître les membres