Corpus de textes

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Objet d’étude La question de l’homme dans les genres de l’argumentation, du XVIe siecle à nos jours TEXTE A TEXTE B TEXTE C TEXTE D JEAN DE LA BRUYERE, « De l’homme Les Caractères (1688). DIDEROT ET D’ALEMBERT, Encyclopédie, article « Misérable » (1751-1772). VICTOR HIJCO, Discours à l’Assemblée (1850).

ALBERT CAMUS, L’Hornme révolté (1951 L’on voit certains an répandus par la cam tout brûlés du soleil, Swip next page les et des femelles fouillent et qu’ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils ontrent une face humaine, et en effet ils sont des hommes ; ils se retirent la nuit dans des tanières où ils vivent de pain noir, d’eau et de racine : ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu’ils ont semé.

JEAN DE LA BRUYERE, « De l’homme», Les caractères, 1688. MISÉRABLE, adj. et substantif. (Gramm. ) Celui qui est dans le malheur, dans la peine, dans la douleur, dans la misère, en un mot, dans quelque situation que lui rend l’existence charge, quoique peut-être il

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ne voulût ni se donner la mort, ni l’accepter d’une autre main. La superstition et le despotisme couvrent et ont couvert dans tous les temps la terre de misérables.

Ill se prend encore en d’autres sens ; on dit un auteur misérable, une plaisanterie misérable, deux misérables chevaux, un préjugé misérable. DIDEROT ET D’ALEMBERT, Encyclopédie, article « Misérable b, 1751-1772. 1. Il : le mot « misérable Hé mon Dieu ! ce n’est pas le moment de chercher des délicatesses de langage ! Figurez-vous ces maisons, ces masures habitées du haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés dans ces tanières où il y a des créatures humaines.

Quelquefois jusqu’à dix familles dans une masure, jusqu’à dix personnes dans une chambre, jusqu’à cinq ou six dans un lit, les âges et les sexes mêlés, les greniers aussi hideux que les caves, des galetas 1 où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d’air pour respirer ! Je demandais à une femme de la rue du Bois-Saint-Sauveur : Pourquoi n’ouvrez-vous pas les fenêtres ? Elle m’a répondu : – Parce que les châssis sont pourris et qu’ils nous resteraient dans les mains. J’ai insisté : – Vous ne les ouvrez donc jamais ? Jamais, monsieur ! Figurez-vous la population maladive et étiolée2, 2 OF s Vous ne les ouvrez onc jamais ? – Jamais, monsieur ! Figurez•vous la population maladive et étiolée2, des spectres au seuil des portes, la virilité retardée, la décrépitude précoce, des adolescents qu’on prend pour des enfants, de jeunes mères qu’on prend pour de vieilles femmes, les scrofules, le rachis, l’ophtalmie, l’idiotisme 3, une indigence inouïe, des haillons partout, on m’a montré comme une curiosité une femme qui avait des boucles d’oreilles d’argent !

Et au milieu de tout cela le travail sans relâche, le travail acharné, pas assez d’heures de sommeil, le travail de l’homme, le travail de la femme, le travail de ‘âge mûr, le travail de la vieillesse, le travail de l’enfance, le travail de l’infirme, et souvent pas de pain, et souvent pas de feu, et cette femme aveugle, entre ses deux enfants dont l’un est mort et l’autre va mourir, et ce filetier phtisique 4 agonisant, et cette mère épileptique qui a trois enfants et qui gagne trois sous par jour !

Figurez-vous tout cela et si vous vous récriez, et si vous doutez, et si vous niez… Ah ! Vous niez ! Eh bien, dérangez-vous quelques heures, venez avec nous, incrédules, et nous vous ferons voir de vos yeux, toucher de vos mains, les plaies, les plaies saignantes de e Christ qu’on appelle le peuple ! VICTOR HUGO, Discours à l’Asse 3 OF s les plaies saignantes de VICTOR HUGO, Discours à l’Assemblée, 30 juin 1850. 2. 3. 4. Des galetas : petites pièces misérables. Étiolée : affaiblie. Les scrofules, le rachis, l’ophtalmie, l’idiotisme : maladies.

Filetier phtisique : ouvrier malade de tuberculose. Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de e « non » ? I signifie, par exemple, « les choses ont trop duré », « jusque-l? oui, au-delà non « vous allez trop loin et encore « il y a une limite que vous ne dépasserez pas En somme, ce non affirme l’existence d’une frontière.

On retrouve la même idée de la limite dans ce sentiment du révolté que l’autre « exagère qu’il étend son droit au-del? de la frontière à partir de laquelle un autre droit lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte s’appuie, en même temps, sur le refus catégorique d’une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d’un bon droit, plus xactement l’impression, chez le révolté, qu’il est « en droit de… La révolte ne va pas sans le sentime 4 OF S l’impression, chez le révolté, qu’il est « en droit de…

La révolte ne va pas sans le sentiment d’avoir soimême, en quelque façon, et quelque part, raison. ALBERT CAMUS, L’Hornrne révolté, Gallimard, 1951. Écriture – QUESTIONS : (6 points) : Précisez à quels genres d’argumentation les quatre textes appartiennent. Justifie votre réponse par des procédés d’écriture. Quelle réponse le texte D propose-t-il à la misère exprimée dans les textes A B et C ? Il. VOUS TRAITEREZ ENSUITE AU CHOIX UN DES SUJETS SUIVANTS 14 POINTS) : Commentaire : Vous commenterez le discours de Victor Hugo Dissertation « Qu’est-ce qu’un homme révolté ?

Un homme qui dit non », affirme Albert Camus, dans son essai intitulé L’Homme révolté. Pensez-vous que la littérature doive nécessairement exprimer une forme de révolte ? Vous construirez votre réponse en vous appuyant sur les textes du corpus ainsi que sur vos connaissances et lectures personnelles. nvention • En vous inspirant du discours de Victor Hugo, vous écrivez une lettre ouverte à un journal devant un événement ou une situati qué en vous un S OF s