conscience

conscience

DIEU ET LA SCIENCE La conscience: au deà du cerveau Notion floue et complexe, la conscience est souvent envisagée comme le seul produit de l’activité du cerveau, vu sur le modèle d’une machine. Cette interprétation est contestée notamment par le neuropsychologue Mario Beauregard, qui souligne que c’est bien l’être humain, et non désirs. u’est-ce que la consci Moult réponses sont ule pensées et org Sni* to View possibles, mais c’est la question elle-même qui est nouvelle.

On ne parle de « conscience» dans le vocabulaire scientifique français que depuls quelques années. Le terme s’est imposé ous l’influence de l’anglais, car il était question avant cela de « l’esprit humain au sens philosophique, ou bien du « psychisme voire de la « psyché Pour les religions, l’esprit a un sens différent, et ce qui caractérise que non seulement les choses existent, mais qu’elles sont rapportées, connues », souligne James.

Ces difficultés sémantiques illustrent la complexité du problème et l’ampleur du champ d’investigations qu’il recou et contenu de l’expérience subjective est la première pierre du modèle de conscience proposé par l’école française des neurosciences, sous l’autorité du professeur Jean-Pierre Changeux. Mals il faut d’abord rappeler le basculement qu’ont opéré les sciences cognitives dans les années

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
1950, sous l’influence de la cybernétique, de la Comment quelque chose d’aussi immatériel que la conscience a-t-il pu émerger de quelque chose d’aussi inconscient que la matière? re. « Voici à peine une quinzaine d’années, il n’était pas possible d’étudier les émotions en neurosciences, note le neuropsychologue québécois Mario Beauregard. Peu avant cela, la conscience n’était pas un objet scientifique à part entière. Aujourd’hui, les neurosciences s’intéressent même à l’inconscient. » Les émotions influencent os pensees, notre « état d’esprit », mais les influences inconscientes sont plus puissantes encore.

Tout cela rétroagit, interagit, et produit des « états de conscience n, dont certains sont dits « m machine, alors la conscience est un produit, et cette analogie est aujourd’hui contestée par un nombre croissant de neuroscientitiques comme de physiciens. Mais le plus important dans ce janvier-février 2010 – Le Monde des Religions Lavue en coupe d’un cerveau scanné en IRM. asculement des sciences cognitives, ainsique le souligne Stanislas Dehaene, élèvepuis collaborateur de Jean-Pierre Changeux, c’est « le renversement de erspective sur le problème de la conscience En effet, si la conscience estle fruit de l’activité d’une machine, alors « le traitement non-conscient devient facile à concevoir, expliquet-il, et c’est le traitement conscient qui apparaît difficile à modéliser Pourquoi?

Parce que le fonctionnement inconscient du cen,’eau s’apparente à un automatisme et « I n’y a pas deproblème partlculier à concevoir qu’une machine, par des opérations successives{ }, réalise des opérations qui relevaientauparavant du psychisme note Stanislas Dehaene. La uestion devient alors: comment é PAGF3rl,Fq épouvantables, estime Mario Beauregard. ? partir d’études de neuro-imagerie, ils vont dire que le cerveau désire, mémorise, exécute la fonction, etc. , alors que c’est bien la personne humaine qui fait tout cela et non l’organe.

Cest l’être humain qui a des pensées, des désirs, ce n’est pas le cerveau seul, comme isolé du corps et de l’environnement. Cetteforme extrême de neuro-réductionnisme n’a aucun sens. » Cest bien parallèlement l’explosion des techniques d’imagerie cérébrale que ces conceptions « identitaires » se sont développées. Puisqu’il se passe ceci dans le cerveau quand je fais cela, alors ceci cause cela Cest la seconde « erreur» que pense evoir dénoncer Mario Beauregard: « Dans ces travaux, on ne mesure que des corrélations.

On n’établit pas de lien de causalité. une région cérébrale active dans une expérience indique seulement qu’elle est impliquée dans la fonction étudiée mais pas forcément qu’elle crée la fonction. C’est une erreur de logique, aussi naiVe que de croire qu’on va trouver l’animateur d’une émission de télévision dans le oste_ » La difficulté dans ce débat Kurzweil, gourou de l’intelligence artificielle et futurologue. Pourtant, aucun ordinateur n’a pu passer le test de Turing, censé déterminer si une machine ralsonne.

Comment cela se pourrait-il? C’est le pari de l’émergence, qui veut que d’une structure suffisamment complexe, émerge une propriété nouvelle. Selon les neurosciences contemporaines, c’est donc ainsi que la conscience advint à l’homme, et il en sera de même avec la machine . Il a toutefois fallu attendre le jeune philosophe australien David Chal mers pour que le problème contemporain de la conscience révèle son vrai visage, à deux faces. Chalmers a en effet distingué le problème facile du problème difficile de la conscience.

Le 33 premier est de comprendre comment nous construisons une représentation u monde à partir de nos sens. Les voies sensorielles conduisent les informations recueillies, qui sont traitées dans certaines zones du c » Et le neuropsychologue québécois de se réclamer de « l’empirisme radical» prôné par William James: « Le matérialisme et le réductionnisme sont en quelque sorte internalisés par les scientifiques au cours de leur formation, par osmose.

Lorsque je donne des conférences,je voispaifois des étudiants qui prennent conscience de cettefaçon de procéder, et qui ont comme une révélation. » Le modèle matérialiste serait en effet implicite et sa temise en cause taboue. Lorsque Mario Beauregard ‘esprit humain peut varier au-delà du temps et de l’espace, jusqu’à des expériences d’identification avec tout l’univers, de conscience cosmique» la matière?

Chalmers a poursuivi avec le concept de « qualia soit la façon dont les choses nous apparaissent indlviduellement, les aspects « expérienciels » de nos vies mentales, auxquels nous accédons par l’introspection. Le continent » inconscient» Si certains philosophes, comme Daniel Dennett, réfutent tout simplement l’existence des qualia, d’autres admettent que la science n’a pas de réponse à cette question, mais qu’elle en aura à coup sûr dans le futur race ux progrès technologique ier de l’imagerie cérébrale. recherche sur la perception extrasensorielle.

On peut comprendre qu’on se limite à desphéno- 34 nement automatique, engagés dans des fonctions spécifiques (vision, audition, évaluation, attention, etc. ), et un réseau « horizontal » de neurones à axones (1) longs, qui contribue ? l’intégration de ces multiples activités dans un espace de travail commun. Ce modèle a été bâti en distinguant les activités conscientes et non-conscientes. Surprise: l’activité non-consciente domine largement, mais surtout, elle est également capable de traiter l’information!

Dans Le Nouvel inconscient (Odile Jacob, 2009), Lionel Naccache raconte l’odyssée de l’inconscient « cognitif» (engagé dans des activités de traitement de l’information). Les expériences dites d’amorçage ou de masquage reposent ainsi sur la perception subliminale, donc non-consciente. Et elles montrent sans aucun doute possible que les informations non-perçues consciemment sont traitées jusqu’au niveau sémantique (signification d’un mot ou valeur d’un chlffre par exemple), et modulent nos réactions conscientes à notre insu.

L’inconscient cognitif est lui-même sous l’influence . de la conscience. « À chaque instant, otre posture psychologique consciente façonne et modifie certain a publié un essai dans lequel il le critique, une partie de la presse scientifique anglo-saxonne s’est demandée s’il fallait brûler le livre Pour sa part, le neurobiologisre Jean-Pierre Changeux se défend de toute idéologie quand il adopte le point de vue matérialiste.

Lors d’une conférence récente, il déclarait: « On peut penser avec Bachelard que, comme pour la chimie, nous devons adopter une position qui n’estpas une position idéologique mais qui est un constat de fait, celle d’un matérialisme instruit, cest-àdire comprendre comment onctionne notre cerveau à partir de ses bases moléculaires et chimiques. » Et c’est donc en toute bonne foi qu’il entend Expérience mystique et folie « combler le fossé qui, pour beaucoup, Mais l’inconscient ouvre aussi sur sépare encore le mental du biologique Le modèle Changeux-Dehaene est le transcendant.

Aux États-Unis, la celui de « l’espace de travail conscient psychologie transpersonnelle est un soit un « milieu interne qui intègre les courant reconnu. « Après Freud et différents typesde signaux reçusdu monde Jung, des chercheurs comme Stanislav Grof ont montré que l’inconscient xtérieur et ceux venant de notre propre monde intérieur, de l’activité spontanée humain est beaucoup plus vaste que ce que l’on croyait, explique Mario de notre cerveau ». Le mo l’humanité.

En fait, l’esprit humain peut varier au-delà du temps et de l’espace,jusqu’? des expériences d’identification avec tout l’univers, de conscience cosmique. » Ces phénomènes que l’on retrouve dans les expériences chamaniques ou les expériences de mort imminente (neardeath experiences)sont de surcroît des expériences hyper-conscientes. Lindividu ne décrit pas un état de conscience altéré, mais au contraire décuplé, centuplé. Alors où s’arrête réellement la conscience ?

De l’expérience transpersonnelle et mystique à la folie, il n’y a qu’un pas , en arrière. Pour le psychiatre Henri Grivols, tout délire est mystique: les patients se prennent pour Dieu, ou Dieu leur parle. Son confrère Serge Tribolet embraie. Pour lui, la folie, ou psychose, c’est « l’inconscient à ciel ouvert », et le « fou » a non pas une case en moins, mais « une case en plus », Il est un voyant, au sens où il voit ce que personne ne voit. « Sa perception se situe au-delà du voir, comme Adam et Ève avant qu’ils croquent la pomme et que leurs veu pac;FgœFq