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Y a-t-il des critères de la scientificité ? Introduction Avant de désigner certains domaines de l’activité humaine, la science désigne un phénomène de civilisation qui s’inscrit dans un système de valeurs. La scientificité est une valeur. Dire d’un discours quelconque qu’il est « scientifique c’est porter sur lui, non pas seulement un jugement de fait, mais un jugement de valeur positif : on considère que si c’est scientifique, alors c’e honnête, et surtout c prestigieux.

La scient que tout chercheur s’efforce d’obtenir ca scientifique » a d’abord des or28 fiance, c’est ‘hui comme un label ‘elle est « onséquences sociales : l’obtention de crédits pour de nouvelles recherches, l’obtention d’une chair à l’université pour enseigner les résultats de ces recherches, la promotion des spécialistes de la discipline en experts qui gagnent en autorité et dont on va solliciter le jugement. D’où la nécessité d’établir des critères de la scientificité pour assurer une démarcation entre les discours scientifiques et les discours non- scientifiques.

De tels critères sont encore une nécessité pour le chercheur, en cela qu’il n’a pas seulement besoin de savoir que son domaine de recherche est scientifique, mais aussi de avoir comment il doit procéder capable de délimiter clairement son objet, la

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première tâche de toute épistémologie, avant d’étudier des problèmes particuliers comme, par exemple, la légitimité de l’induction, doit être d’établir des critères satisfaisants. Cest la raison pour laquelle il nous faut demander : y a-t-il des critères de la scientificité ?

Pour dégager de tels critères, l’épistémologie s’efforce de décrire les démarches qui sont celles des recherches scientifiques dans un domaine précis, comme la physique, pour montrer en quoi consiste leur spécificité. Par ce moyen, on peut égager un ensemble complexe de critères mais il semble difficile de trouver les critères qui puissent s’appliquer indifféremment à toutes les sciences, de sorte que la scientificité semble éminemment polysémique, et à chaque fois relative à un domaine précis des sciences.

De plus, on a pas toujours considéré comme « scientifique » les mêmes discours, de sorte que les critères de la scientificité semblent aussi historiquement relatifs, de sorte que leur portée est à chaque fois restreinte. La recherche épistémologique des critères de la scientificité n’est elle pas dès lors ne entreprise vaine ? Elle relativiserait à chaque fois la scientificité, et par là-même la déprécierait, aboutissant à un relativisme complet, là où elle était censée donner aux scientifiques l’idéal de scientificité dont ils ont besoln.

Est-il possible, dès lors, d’affirmer la relativité des critères de scientificité tout en conservant la pertinence et l’efficacité de ces critères ? Nous partirons de l’activit PAGF scientifique dans les en physique, pour décrire, de manière interne, ses méthodes, ses démarches, ses objets, afin d’en cerner les spécificités qui constituent autant e critères de la scientificité.

Ceci nous conduira à nous demander dans quelle mesure ces critères sont applicables à la biologie et aux sciences humaines, afin de montrer si ces critères constituent les normes de la scientificité comme telle, ou bien s’ils sont relatifs à un domaine précis des sciences, et ? étudier, de manière plus externaliste, la relativité historique de tels critères et comment ils sont susceptibles d’être déterminés socialement par des groupes humains.

Enfin, nous analyserons la pertinence de critères de démarcation plus larges, comme la vérifiabilité ou la efutabilité, et nous nous demanderons comment il est possible d’affirmer à la fois la relativité des critères et leur pertinence grâce à un méta-critère. l. Dégager les critères de la scientificité à partir de la physique. Il faut, pour dégager les critères de la scientificité, partir d’un domaine des sciences pour décrire ce qui constitue sa spécificité par rapport à d’autre discours portant sur le même objet.

Nous analyserons donc de manière internaliste la démarche des sciences de la nature, essentiellement la physique qui est considérée comme la reine des sciences depuis le 17ème iècle, et qui fonctionne comme norme de la scientificité. La nature est ce qui dans toute les civilisations, fait face ? l’homme comme quelque chose d’étrange qui doit être expliqué, d’abord par les mythes, par la religion ou encore par la philosophie.

Les sciences n leur scientificité même, s’opposent à de tels discours en leur opposant d’autres méthodes par lesquelles nous caractérisons la scientificité d’une approche des phénomènes naturels depuis l’apparition de la physique galiléenne. a. La méthode expérimentale. La première différence entre les discours mythologiques, religieux ou philosophiques ? ropos de la nature, et le discours scientifique de la physique a trait à la méthode.

La mythologie procède par imagination : la cosmogonie grecque, par exemple, imagine qu’Ouranos se couche sur Gaya pour enfanter les géants, dont descendent tous les dieux grecs, chacun étant responsables d’expliquer certains phénomènes. On a bien affaire à une théorie qui s’efforce d’expliquer la nature, mais celle-ci ne fait jamais l’objet d’un test visant à l’évaluer. Ce qui caractérise ici la science de la nature et fonctionne comme un premier critère de la scientificité, c’est donc d’abord la méthode expérimentale.

Le scientifique ne se contente pas d’observer la nature de manière passive, ni d’élaborer des théories expliquant l’enchaînement des phénomènes naturels, il doit intervenir volontairement, de manière systématique et contrôlée sur le cours des événements. Son discours prétend à l’objectivité et à l’universalité, il prétend être ancré dans les faits, de sorte qu’il doit confronter ses hypothèses au réel, élaborer des procédures de test, afin de ne pas se laisser guider par sa fantaisie subjective mais, au contraire de coller au réel, de laisser la parole à la nature.

Ses scientifiques. La méthode fonctionne à la manière d’un cycle : elle prend son point de départ dans une observation qui donne au chercheur l’idée d’une hypothèse qui doit être testée au moyen d’un disposltif expérimental. Les résultats du test valident ou réfutent l’hypothèse et constituent eux-mêmes une observation qui relance le cycle de l’expérimentation. Par exemple, Galilée est amené, ? partir de certaines observations, à faire l’hypothèse d’une accélération de la vitesse du mouvement des corps en chute libre.

L’hypothèse est testée grâce à un dispositif instrumental : ? savoir, une bille de plomb placée ur un plan incliné où [‘on a placé plusieurs clochettes à égale distance. Le résultat est que l’intervalle entre les sonneries décroît, ce qui valide l’hypothèse de l’accélération. Le résultat appelle lui-même d’autres hypothèses, par exemple pour tenter de mesurer précisément cette accélération à partir d’une loi, et donc d’autres tests.

Pour prétendre à l’objectivité, l’expérimentation doit être reproductible sur des échantillons différents, soit par le même individu à des moments différents, soit par des individus différents, pour assurer la substituabilité des expérimentateurs. Parce que la méthode expérimentale est un critère de la scientificité, on a tendance ? affirmer qu’un domaine de recherche devient scientifique dès lors qu’on réussi à lui appliquer cette méthode. Cest le cas pour la blologie, au 19ème siècle, qui devient proprement scientifique grâce à l’application de cette méthode par Claude Bernard.

Celui-ci écrit, dans son Introduction à l’étude e expérimentale, que la PAGF s OF biologie doit « prendre aux sciences physico-chimiques la méthode expérimentale Le biologiste cesse d’observer passivement et de classer, comme le faisalt Carl Linné, pour agi ur le vivant, dans son cas pour expliquer les mécanismes de la digestion par un dispositif expérimental consistant à faire varier l’alimentation des cobayes pour modifier les sucs gastriques, et ainsi étudier quelle est la fonction de chacune des parties du système vivant étudié.

On modifie ce système artificiellement, et l’on observe les conséquences qui ont valeur de test pour les hypothèses avancées.

De manière semblable, la psychologie a proprement été considérée comme une science lorsqu’on a réussit à y appliquer la méthode expérimentale, au début du 20ème siècle, orsque des scientifiques comme Pieron et Watson ont inaugurés la psychologie behaviouriste, qui consiste dans l’observation de comportements, qui suscitent une hypothèse explicative testée par la production de stimulus, dont les réponses sont des comportements qui valident ou réfutent l’hypothèse, et relancent le cycle expérimental.

L’expérimentation est un critère de la scientificité qui permet de démarquer le scientifique du non-scientifique par la méthode. La scientificité consiste à expliquer d’une certaine manière, à savoir expliquer à partir d’une loi inscrite dans le cadre d’une théorle. On peut expliquer scientifiquement pourquoi un sous-marin remonte à la surface en chassant l’eau de ses ballastes grâce à la loi d’Archimède : le rapport entre volume et poids a diminué, de sorte que le corps imm s et remonte.

Expliquer PAGF OF expliquer par une loi, là où un discours non scientifique pourra expliquer autrement, par exemple en racontant un mythe, l’histoire des origines, l’histoire de la création du monde par Dieu, sans dégager aucune loi. b. La construction de l’objet. Mais la scientificité ne consiste pas seulement dans la méthode, elle consiste aussi dans l’objet. Il y a des objets qui sont proprement scientifiques et qui, dès lors, fonctionnent comme des critères de la scientificité.

Le discours non- scientifique parle de la nature comme dun ensemble d’objets, tels qu’ils nous sont donnés d’emblée, par exemple l’air, là où le discours scientifique prendra pour objet l’oxygène, ou encore l’eau, là où le discours scientifique prendra pour objet H20. Or H20, ce n’est rien qui nous soit donné de prime abord. Autrement dit, l’objet non-scientifique est un objet donné, concret, là où l’objet scientifique est un objet construit, abstrait. Comme le montre

Poincaré dans La science et l’hypothèse, les bases d’une théorie scientifique ne sont pas d’abord les observations, mais bien plutôt un ensemble de conventions par lesquels on construit des objets en les définissant. Soit, par exemple, le principe d’inertie de Newton. Pour formuler une telle loi, il faut construire les notions qui sont des objets scientifiques, comme la force, la masse ou encore l’accélération, ces objets ayant la propriété de se définir l’un par l’autre.

Par exemple, la force c’est ce qui donne l’accélé asse. Par cette construire des lois scientifiques. Là où le discours non-scientifique ‘en tient au donné et voit une pierre qui tombe par terre, le discours scientifique construit son objet et voit une masse qui se déplace en accélérant. On passe ainsi d’objets concrets ? des objets qui sont des concepts. Par exemple, on passe de la foudre comme objet donné au courant électrique qui est un objet purement théorique.

Le critère de la scientificité d’un objet, c’est donc d’être un objet-concept, construit, et définit de manière opératoire. Ce qui définit l’objet scientifique, c’est la procédure qui permet de ratteindre. par exemple, là où un discours non-scientifique rend pour objet le chaud, à partir des sensations de chaleur qui lui sont données, le discours scientifique prend pour objet la température, que l’on ne peut pas définir autrement qu’en disant que c’est ce que mesure un thermomètre.

Cet aspect de construction signifie que la scientificité est une certaine ontologie nonnaturelle au sein de laquelle on peut découvrir des falts à propos des objets-concepts définis par la théorie, et de tels faits sont proprement des faits scientifiques, à la différence des faits immédiatement observables dans l’ontologie nave, qui sont des faits non-scientifiques. Et uisque la scientificité d’une explication consiste à expliquer par une loi, la loi par laquelle on explique des faits scientifiques est ce qu’on appelle une loi scientifique. . La mathématisation. Si la méthode et l’objet des sciences fonctionnent comme critères de scientificité, la manière dont les sciences PAGF E OF une représentation du aussi déterminante, particulièrement en sa spécificité qui réside dans l’usage des mathématiques. Est scientifique une discipline de recherche qui fait usage des mathématiques pour se représenter le réel, ce critère de la scientificité étant hérité de la hysique de Galilée, Kepler, puis Newton.

Les mathématiques sont un outil puissant de modélisation du réel, un modèle étant une représentation géométrique, idéale, simplifiée, approximative et volontairement schématique. Autrement dit, c’est une fiction utile. La physique newtonienne, par exemple, est une modélisation dans un espace euclidien à trois dimensions, plus la quatrième dimension qu’est le temps.

De son côté, la physique quantique fonctionne ? partir de modélisations dans des espaces à dimensions variables, souvent plus de trois, et parfois même une infinité de imensions. L’intérêt d’une telle modélisation est la maîtrise qu’elle permet d’acquérir sur le réel. Par exemple, on peut modéliser la trajectoire d’une comète dans un espace à deux dimensions où les positions figurent en abscisses et les temps en ordonnées, ce qui permet d’obtenir une parabole.

Les mathématiques nous permettent de la mettre en équation afin de pouvoir prédire de manière précise les positions qui correspondent à des temps futurs. L’efficacité prédictive est donc un crltère de la scientificité. L? où les discours nonscientifiques sont incapables de faire des rédictions, ou alors se contentent de prédictions vagues, un discours scientifique est capable de prédictions précises qui sont à relier à la méthode expérimentale p iction est un test de la scientifique.

Par exemple, si l’astrophysicien prévoit la position de la comète à un temps T, et qu’effectivement, à ce temps on pointe un télescope sur la dite position, et qu’on peut y voir la comète, alors l’équation est vérifiée. L’efficacité de la modélisation mathématique du réel réside aussi dans le fait qu’elle permet une mesure quantitative exacte. Si les mathématiques sont un des critères de la cientificité d’un discours, alors on doit affirmer que ce qui est scientifique, c’est ce qui est quantitatif, précis, exacte.

Les mathématiques permettent non seulement la précision numérique, mais encore la précision conceptuelle de la loi scientifique grâce à une formalisation consistant à remplacer chaque objet par un symbole mathématique, « f » pour la force, « m » pour la masse, et ainsi de suite… La loi scientifique est mise en équation dans une formule plus ramassée, plus précise, donc plus efficace. Par exemple, la loi d’ohm : « IJ = RI ou encore la loi de la relativité d’Einstein : « E = mc2 s.

Les rapports entre les objetsconcepts scientifiques sont déterminés dans la mise en équation de telle manière qu’on pourra toujours calculer l’un à partir des autres. Soit, par exemple, la quantification de l’énergie par la formule de Planck : « e = hv » où E désigne une quantité d’énergie, H la constante de Planck et V la fréquence, la connaissance de deux variables permet de déterminer de manière exacte et certaine la variable restante, de sorte que la précision conceptuelle appartient elle aussi à la scientificité en tant qu’efficacité prédictive. Transition