COMMENTAIRE ANDROMAQUE SCENE 1 ACTE 1

COMMENTAIRE ANDROMAQUE SCENE 1 ACTE 1

COMMENTAIRE « ANDROMAQUE » de JEAN RACINE ACTE 1 SCENE 1 Problématique : Cette scène remplit-elle les fonctions d’une scène d’exposition ? Introduction Le XV110siècle, siècle du classicisme donne toutes ses lettres de noblesse au théâtre. En effet, tragédie connaissent un succ La tragédie renoue instituées org Sni* to View mais également la n suivant les règles par Aristote comme celles des trois unités ou de la bienséance.

De plus, la tragédie classique met en scène des personnages nobles, ou des êtres légendaires voués inexorablement à leur perte. Cest dans ce contexte que Racine crée Andromaque, titre ?ponyme qui fut représentée pour la première fois en 1667. Le nom de cette pièce evoque immédiatement pour le spectateur le mythe des Atrides et la Guerre de Troie. Dans cette écriture versifiée, Racine nous livre l’histoire d’Andromaque, la jeune veuve troyenne d’Hector tué par les grecs lors de la compréhension de l’histoire.

Puis nous verrons dans un second temps que cette scène 1 de l’Acte 1 lance le début de l’action tragque créant ainsi des attentes de résolution chez le spectateur ou le lecteur. Une scène de présentation La présentation des personnages sur scène Oreste et Pylade sont présents sur scène comme en témoigne la

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
didascalie relative aux noms des personnages en scène. Ils sont nommés dès le vers 6 par Oreste « Présenterait d’abord Pylade aux yeux d’Oreste Leur manière de s’adresser l’un à l’autre informe le spectateur sur leur relatlon.

Dès le vers 1, on apprend que ce sont deux amis fidèles. ce lien amical réciproque est confirmé par les noms que chacun d’eux utilise. Ainsi, Pylade au vers 16 fait référence à sa triste amitié. Quant à Oreste, il dit à Pylade au vers 39 « Ami, n’accable point un malheureux qui t’aime On comprend que leur amitié s’inscrit dans le temps puisqu’au vers 7 Oreste précise que cela fait plus de six mois qu’il l’avait perdu de vue.

Et l’emploi de l’adverbe « jamais » au vers 40 laisse supposer qu’ils se connaissent depuis Ion em s, En outre , il s’apit d’une am u vu de l’adverbe répétition du verbe « craindre » aux vers 15 et 19 ou l’emploi du verbe « redouter » au vers 17 ainsi que les gestes d’amitié décrits aux 48 et 50 « prêt à suivre partout le déplorable Oreste » « et de moimême enfin me sauver tous les jours » attestent de l’intérêt réel qu’il porte à Oreste. Le champ lexical de la souffrance « souffert »(v. 1 3), larmes (v. 4), « suivi partout » (v. 47) ressentie par 3/1ade pendant l’exil d’Oreste renforce cette impression. De plus, leur statut social est révélé par le tutoiement par Oreste utilise le pronom personnel « tu » (v. 8-41-44) et par le vouvoiement ou des formules de politesse choisis par Pylade pour s’adresser ? Oreste. Ainsi, on relève l’emploi de l’adjectif possessif « vos » (v. 14), « votre (V. 1 8-29), du pronom personnel « vous » (V. 1 5-20-36) mais surtout la marque de domination avec le nom commun « Seigneur (v. 1-107122-126-135).

Cette marque de respect est mis en relief grâce à la ponctuation et la place centrale que le mot occupe dans les vers 21107 et 137. Cette place donne au spectateur qui entend le dialogue une information sur le rôle capital que va jouer Oreste dans le déroulement du drame à venir. Chacun des personnages sur scène joue un rôle bien spécifique. Pylade joue un double rôle celui de confident d’Oreste « t’ai-je jamais caché » (v. 40), mais c’est aussi un personnage créé par Racine pour faire parler Oreste. II mais ne parle lamais de retrouvailles entre les deux amis introduite par la éponse « oui » (v. ) à une question qui n’a pas été entendue par le public est un procédé dynamique appelé in medla res qul donne spectateur un sentiment de vérité, de confidence vraie. Ainsi, les révélations faites par Oreste sur son présent et son passé en reponse aux questions posées par Pylade semblent s’adresser par l’intermédiaire de 3/1ade au public lui-même. Le spectateur apprend très vite qu’Oreste souffre de mélancolie comme en témoignent les expressions « mélancolie » (v. 17), ame ensevelie » (v. 18), « tant de tourments soufferts » (v. 31), « mon désespoir » (v. 4). Le registre tragique employé tout au long de la scène « mes vœux funestes » (v. 5), « la mort » (v. 20), « le trépas » (v. 24), « la vie ou la mort » (v. 28) associé à la fatalité « destin » (v. 25), « mon sort » (v. 27), « fatal » (v. 1 1), « grâces au ciel » (v. 9) contribuent à en faire un être tourmenté. La présentation des personnages hors scène Le premier des personnages hors scène à être mentionné est Hermionne au vers 33. Cest la fille de Ménélas (v. 42) roi de Sparte destinée à être mariée à Pyrrhus, roi d’Epire.

Hermionne est présentée comme la femme dont Oreste est ?perdument amoureux depuis toujours. Cependant, elle ne répond pas à ses avances. Le champ lexical de l’amo ‘oppose à celui de la soufferts » (v. 31), « mes désirs » (v. 40), « ma flamme, mes soupirs » (v. 41), « mon désespoir » (v. 44), « ma chaîne et mes ennuis » (v. 45) Oreste la qualifie « d’inhumaine » au vers 26 ce qui en langage galant du XVIIe siècle désigne une personne insensible à l’amour. Oreste et Hermionne sont cousins puisque leurs pères sont frères.

Cette information est connue du public cultivé de l’époque. Le second personnage annoncé est Pyrrhus, le rival d’Oreste (vers 2 à 44. Pyrrhus est celui qui a vengé l’honneur du roi de Sparte Ménélas (vers 43) lors de la guerre de Troie. Cette information renvoie le spectateur à la célèbre guerre de Troie et à la famille maudite des Astrides. Le troisième personnages qui n’apparaîtra jamais sur scène auquel il est fait référence est le jeune Astyanax, fils d’Hector, roi de Troie d’Andromaque dont on apprend qu’il est élevé par Pyrrhus (v. 1) « Il élève en sa cour l’ennemi de la Grèce » Enfin, le dernier personnage cité par Oreste et dont le public comprend l’importance stratégique est Andromaque. Elle est ésignée par une périphrase « la veuve d’Hector » au vers 109. Cette seule référence suffit au spectateur à l’identifier. On apprend au vers 113 « sa captive » qu’Andromaque est retenue contre son gré par Pyrrhus depuls la destruction de Troie et qu’elle vit dans le souvenir de son époux mort comme le prouve l’expression au vers 110 « cette veuve inhumaine remplit sa fonction d’exposition dans la mesure où elle dévoile les enjeux majeurs de la tragédie.

Au conflit politique se mêle des confllts amoureux. Un conflit politique L’action de la pièce se situe quelques années après la chute de Troie. La longue tirade d’Oreste, du vers 39 au vers 106, fournit un grand nombre d’informations sur des évènements consécutifs à cette guerre mais l’information essentielle porte sur le supplice supposé du fils d’Hector, remplacé par un autre enfant (v. 74-77) et élevé à la cour d’Epire (v. 1 Pour relayer la fausse mort d’Astyannax, place un « j’apprends que… » au vers 74 supposant que le secret qui devralt être bien gardé a fait l’objet d’une trahison au sein même la cour de Pyrrhus. Un enjeu politique nait de cette révélation. En effet, les grecs reums en conférence (v. 60-61) désignent à l’unanimité Oreste en tant u’ambassadeur envoyé auprès de Pyrrhus pour réclamer la tête d’Astyannax par vengeance contre Hector (v. 92-93) et n’offrir aucune descendance royale aux troyens.

Alliées hier pendant la guerre de Troie, la Grèce et l’Epire connaissent aujourd’hui des relations tendues et sont prêts ? devenir des ennemies si Pyrrhus ne leur livre pas ce fils maudit. Le spectateur comprend rapidement que ce conflit politique est l’occasion l’acte 1 révele une série d’intrigues amoureuses. On observe « une chaine des mal-aimés On apprend de la bouche même de Pylade aux vers 33 et 34 qu’Oreste est amoureux fou d’Hermionne epuis longtemps. Or celle-ci promise par son père Ménélas à Pyrrhus (v. 42-43) n’a de sentiments que pour son futur époux. v. 51 Pyrrhus quant à lui est tombé sous le charme d’Andromaque (v. 78-79109) qui reste sourde à ses avances (V. 1 10-111). Elle reste fidèle même dans la mort à son défunt mari, Hector. Conscient de ces intrigues sentimentales, Oreste voit là l’occasion conquérir Hermionne. Chaque personnage est déchiré entre son devoir politique et ses sentiments pour l’être aimé. On sent qu’à chaque instant, le drame peut surgir comme en témoigne le thème de la fatalité récurrent tout u long de la scène 1 « qui peut savoir le destin qui m’amène » (v. 5). La série de questions laissées sans réponse à la fin de la tirade d’Oreste, ses passages de l’espoir au désespoir ainsi que le champ lexical de la fureur « fureur » (v. 48), « courroux » (v. 52), « transport de haine » (v. 55) et le parallélisme « détestant ses rigueurs, rabaissant ses attraits » (v. provoquent de la tension chez le spectateur. D’un côté, Oreste sous-entend qu’il serait capable d’enlever Hermionne et de renoncer à sa mission d’ambassadeur. Dun autre côté, on découvre un P rrhus prêt à tout pour obtenir