Anthologie

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ANTHOLOGIE : La musique dans la poésie Calligramme d’une note, par Eléa. or 17 Sni* to View Dans cette introduction, il m’est demandé d’expliquer a mes lecteurs « ce que représente la poésie pour [moi], l’importance chanson et la poésie ont été si longtemps séparée, c’est pour moi a cause de l’interprétation. Si l’on a toujours préservé le texte d’un poème de toute modification, on attendait d’un troubadour qu’il aménage chaque chant a sa sauce.

Mals ce n’est désormais plus le cas, le développement de nouveaux moyens d’écouter la musique ont instauré le respect de l’œuvre originale ; et on eproche désormais aux interprètes amateurs d’écorcher les paroles. Cest ce nouveau respect de l’original qui a permis aux chanteurs, tout comme les poètes, de travailler véritablement leur œuvre.

La différence aujourd’hui entre poésie et musique ne tient qu’a la présence ou non d’instrumentation, qui selon moi apporte plus souvent a un texte qu’elle ne lui nuit (j’évoque, pour appuyer ce point de vue personnel, les interprétations en musique de textes de grand poètes, comme par exemple Baudelaire par George Brassens ou encore Léo Ferré).

La musique dans la poésie donc, et non pas l’inverse, car la musique est ésormais pour moi une forme de

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poésie -d’une qualité d’écriture souvent moindre certes, mais cela tient principalement a la plus grande facilitée d’éditer une chanson qu’un poème, et aux faibles attentes en la matière. La musique représente pour moi l’art et donc la poésie- dans sa forme la plus accessible de nos jours, ce qui revêt pour moi une importance capitale.

Ceci s’expllque en grande partie par ma vision personnelle des arts, qui veut que toute chose n’existe que pour être partagée, et par l’élitisme qu’impose la poésie : il faut, pour y accéder PAG » 7 ‘existe que pour être partagée, et par l’élitisme qu’impose la poésie : il faut, pour y accéder, et la comprendre, un bagage culturel important qui la réserve donc a une « élite » de la population. La musique joue donc pour moi un rôle primordlal, en tant qu’art « populaire », accessible a chacun.

Selon le discours que je tient, il est évident que je n’aborderait pas ici de chants anciens, et en effet ma sélection ne porte qu’exclusivement -a une exception près- que sur des textes de la seconde moitié du XXème siècle. Ce sont de plus des morceaux qui reflètent pour oi le rapprochement effectué entre la poésie et la musique. Je me suis efforcé de les proposer dans un ordre qui vous donnera plus l’impression de navigue dans une playlist aléatoire que de suivre une visite guidée. Je recommande chaudement l’écoute des morceaux proposés. Stupeflip, Stupeflip, Stupeflip, 2003.

Jai tenu a commencer avec ce groupe et ses morceaux dans son ensemble, plutôt qu’une musique particulière. Tout d’abord car il ne correspond a aucun standard au classification musicale actuelle, ce qui illustre selon moi que la musique connait ses avancées, tout comme la poésie, par ‘expérimentation. King Ju, le leader de ce groupe (dont les trois membres, toujours anonymes et masqués sur scène comme dans les interviews, utilisent des pseudonymes) déclare vouloir faire simplement « quelque chose de nouveau, car [la musique française d’aujourd’hui] c’est toujours la même chose n.

Mais les exi ences d’une anthologie ne me permettent de sélectionn PAGF toujours la même chose Mais les exigences d’une anthologie ne me permettent de sélectionner qu’une musique, aussi ai-Je choisit de présenter Stupeflip par la chanson éponyme de l’album éponyme ou le groupe se présente de lui-même, a sa manière. Stupeflip Stupeflip c’est l’truc stupéfiant Beaucoup ditravail comme pour un album d’Astérix Ça t’agrippe ça t’attrape et ça nfait pas d’sentiments Stupeflip Stupeflip qu’est ce que c’est que ce truc? ?a t’prend par la croupe et te retourne comme une crêpe Cest l’truc trapu qui prend aux tripes T’AS PAS COMPRIS? Stupeflip tape comme un type devenu aigri Ça vient dinul part et ça t’flle un coup dibarre Ça c’est pour les couche tard qu’on toujours envie d’boire Cest cru, ça craque ça saute et ça s’accroît Moi c’est Stup, moi c’est Flip, à chacun sa croix Stupeflip Stupeflip c’est Itruc stupéfiant Beaucoup d’travail comme pour un album d’Astérix Ça t’agrippe, ça t’attrape et Ça n’fait pas d’sentiment Stupeflip Stupeflip ça fait crac crac crac crac crac Et la trompette de Stéf’ elle fait..

Ya des orgues Bontempi et des caisses claires qui claquent On a la super patate alors à 4 pattes cocotte Stupeflip truc stupide qui tape dans Ibide Trop d’vin trop d’joints et voila I’résultat Musique de barrés, concept de tarés un truc de gaga qui t’bousille l’estomac Stupeflip Stupeflip c’est stupé stupéfiant Beaucoup d’travail comme pour un album dAstérix Stupeflip Stupeflip c’est l’truc stu éfiant Ça t’ag

PAGFd0F17 d’travail comme pour un album d’Astérix Ça t’agrippe ça t’attrape et ça n’fait pas d’sentiments Des samplers, des guitares et puis 2 p’tits connards Qui fument et qui fument qui fument en jouant de la guitare Tard le soir ça agace les voisins On entend plus qu’Ies basses ça fait vibrer l’parquet La vieille dame du dessous elle aime pas les basses Et la vieille dame du dessous elle aime pas beaucoup les basses… ?a t’agrippe, ça t’attrape et ça n’fait pas d’sentiment Ce groupe se caractérise par un fort travall sur les sonorités, souvent agressives par le biais d’assonances en « r en « p » et n « t » (particulièrement dans le bien nommé Mon style en CR). Ces trois sonorités sont presque toujours représentées, même si parfois accompagnées ou accompagnant d’autres assonances ou allitération comme dans la chanson L’Épouvantable Épouvantail (Moi c’est King Ju/l_’épouvantable épouvantail/le zazou qui zone dans la ZUP naze e qui fout rien)(En zigzags j’évolue, v’la I’veule vilain/Le zazou qui zone dans la ZUP naze et qui faut rien).

Les morceaux présentent également un très g vilain/l_e zazou qui zone dans la ZUP naze et qui faut rien). Les morceaux présentent également un très grand nombre de épétitions (refrains extrêmement récurrents), parfois même d’un morceau sur l’autre (l’extrat caisses claires qui claquent est récurrent dans plusieurs titres, et des extraits d’albums précédents sont souvent intégrés par montage dans de nouveaux morceaux). Cette agressivités est également verbale (récurrence des injures adressées aussi bien a l’auditeur quia des personnages fictifs ou réels).

Le résultat final est souvent bien peu agréable a écouter, sa lecture n’ébahit pas par la finesse des textes, et on parle plus facilement de cris que de chant. Cependant ce résultat est issus un travail important sur les onorltés, la musque et le montage, et en tant que travail de la forme prévu justement pour créer un malaise chez l’auditeur, et est donc une qualité pour le moins unique qui vaut a ce groupe de se retrouver dans cette anthologie en tant qu’illustration de la poésie progressiste et innovante, a défaut de plaire au plus grand nombre.

Illustration de l’album, qui montre a la fois le côté déjanté et chaotique des artistes. George Brassens, Fernande, Mourir pour des idées, 1972 George Brassens, a la fois compositeur, écrivain et interprète de ses propres œuvres, sera décrit comme « [l’un des trois] lus grand poète, auteur-compositeur-interprète de la chanson française » par le journaliste ER. Cristiani.

Le passage qui m’intéresse le plus dans cette citation est bien entendu la description du chan description du chanteur comme d’un poète, qui est aisément compréhensible a l’analyse du texte qui suit qui place son œuvre dans la poésie engagée, comique et classique dans sa forme. De plus cet œuvre propose de multiples niveaux de lectures, du message très accessible au moyen plus subtils de le véhiculer, ainsi que de nombreuses références a la poésie. Mourir pour des idées, l’idée est excellente

Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eu Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante En hurlant à la mort me sont tombés dessus Ils ont su me convaincre et ma muse insolente Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi Avec un soupçon de réserve toutefois Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente, Daccord, mais de mort lente Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure Allons vers l’autre monde en flânant en chemin Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure pour des idées n’ayant plus cours le lendemain Or, s’il est une chose amère, désolante En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater

Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente D’accord, mais de mort lente Les saint jean bouche d’or qui prêchent le martyre Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire Cest leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent Bientôt Mathusalem dans 7 3 qui supplantent Bientôt Mathusalem dans la longévité J’en conclus qu’ils doivent se dire, en aparté « Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente D’accord, mais de mort lente »

Des idées réclamant le fameux sacrifice Les sectes de tout poil en offrent des séquelles Et la question se pose aux victimes novices Mourir pour des idées, c’est bien beau mais lesquelles ? Et comme toutes sont entre elles ressemblantes Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau Encor s’il suffisait de quelques hécatombes Pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât Depuis tant de « grands soirs » que tant de têtes tombent Au paradis sur terre on y serait déj? Mals l’âge d’or sans cesse est rems aux calendes Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez

Et c’est la mort, la mort toujours recommencée O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres! La vie est à peu près leur seul luxe ici bas Car, enfin, la Camarde est assez vigilante Elle nia pas besoin qu’on lui tienne la faux Plus de danse macabre autour des échafauds! Mourrons pour des idées, d’accord mais de mort lente D’accord, mais de mort le dans l’ordre: il suffit de deux vers à Brassens pour rendre absurde l’expression qui sert de titre : mourir pour des idées, c’est mourir de ne pas avoir d’idées.

Il oppose également les différents sens d’idée : – mourir pour des idées = pour des opinions, une idéologie. – l’idée est excellente = une proposition, un projet. Bien sûr, cela tend à rendre absurde toutes les idéologies. Ici, Brassens joue avec le fait que la « multitude » l’a convaincu, presque contre son gré (ou son raisonnement) : c’est de l’endoctrinement. Sa muse, sans qu’il ait de contrôle dessus, semble décider d’elle même d’écrire cette chanson. Mourir pour des idées… de mort lente, c’est en somme, vivre pour défendre des idées.

Brassens ne critique pas ceux qui ont des idées et qui les éfendent (il est de ceux-là), mais ceux qui poussent cette défense jusqu’au sacrifice de leur vie, ou plutôt, les « gourous » qui, bien au chaud, envoient les autres (de préférence jeunes et pleins d’idéal) au casse-pipe. Le verbe mourir est un verbe « faussement » exigeant en suggérant un acte délibéré et volontaire, ce qui n’est pas le cas. Brassens souligne la démagogie derrière le slogan en utilisant l’impératif mourons comme on dirait « mourir pour dansons. , mangeons, chantons… ? Mourir c’est leur raison de vivre » ; il ya à une des plus jolies expressions de l’humour noir e Brassens. Ici, Brassens dénonce clairement ces « gourous ». « Les sectes de tout poil en offrent des séquelles » ; Au sens usuel, les séquelles sont les conséquences. La famine et les épidémies sont le séquelles » ; Au sens usuel, les séquelles sont les conséquences. La famine et les épidémies sont les séquelles habituelles de la guerre. Il faut avouer que ça ne veut pas dire grand chose dans le contexte mais le premier sens, vieilli, de séquelle, est celui d’une « suite de gens attachés aux intérêts de quelqu’un ».

La phrase prend ici tout son sens. Il faut donc comprendre: Toutes sortes de sectes nous montrent des bandes de suiveurs inconditionnels prêts à donner leurs vies pour elles. « Et la question se pose aux victimes novices » : On ne meurt qu’une fois. Toutes les victimes sont donc forcément novices. Cest un pléonasme humoristique, qui résume très bien l’œuvre de Brassens : satyrique, humoristique et jeux de la langue. Il détourne d’ailleurs, a deux reprises, des expressions usuelles. Avec leurs gros drapeaux • On pense à l’expression voir venir quelqu’un avec ses gros sabots qui signifie « sans qu’il puisse cacher ses intentions »

Tourne autour du tombeau . Dérivation de l’expression « tourner autour du pot » qui signifie, précisément, hésiter, être indécis, prendre son temps avant d’agir. Depuis tant de « grands soirs » que tant de têtes tombent : Le grand soir, c’est celui de la Révolution (où les têtes vont tomber). On peut y voir une attaque directe a la révolution, qui ne devient ici qu’un massacre de plus n’ayant au final en rien tout arrangé. Brassens termine finalement par des évocations discrète a ses poètes, en guise d’hommage presque dissimulé : La mort, la mort, toujours recommencée évoque Paul Valéry, qui a ver 17