analyse de l’avenir d’une illusion

analyse de l’avenir d’une illusion

L’avenir d’une illusion de S. Freud Les citations sont données dans la trad. Balseinte, Delarbre et Hartmann, PI. JF, « Quadrige 1995. Les paginations font aussi référence à cette édition Oean-Luc Derrien). Chapitre : La culture Les deux tâches de la culture : 1) domination de la nature : le travail 2) régulation des relations humaines ce qui suppose d’im (contrainte au renon « Toute culture doit n le renoncement pulsi or 13 Sni* to View ontrainte sur la contrainte et donc renversement: l’essentiel, la t Che première devient la régulation des rapports humains.

Commentaire l’instauration du refoulement (complexe paternel, évrose) devient là premier, et renvoie au second plan ce qui en soit est premier : le rapport vital à la nécessité externe, le dépassement du narcissisme (désaide, psychose). La masse • « les masses sont inertes et dépourvues de discernement, elles n’aiment pas le renoncement pulsionnel, ne peuvent être convaincues par des arguments que celui-ci est inévitable, et les individus qui les composent se confortent mutuellement en donnant libre cours à leur dérèglement. ? (p. 8) Le pouvoir: « Seules Pinfluence d’individus exemplaires, qu’ils reconnaissent comme leurs meneurs, peut les amener à des prestations de ermettre de mettre fin à la

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contrainte en faisant accepter ces sacrifices. Commentaire : la religion va dans la suite être montrée comme un tel disposltif culturel défectueux. Problème : est-ce là une illusion ? C’est un problème psychologique : les hommes peuvent-ils renoncer à la recherche de la satisfaction pulsionnelle ? Il faut donc distinguer (cf. Chapitre II. : l’économique (les biens et les moyens ou dispositifs permettant de les répartir) le psychologique (les moyens de défense de la culture devant permettre de reconcllier les hommes avec la culture). Chapitre Il : Le fond de la culture. Ce fond de la culture est, non pas le travail et les moyens de régler les rapports humains, mais le sacrifice et son dédommagement. Les interdits et leur intériorisation Distinction entre privations générales (qui concernent tous) et particulières (qui ne concernent que quelques-uns uns : groupes, classes, Individus). ) générales : les plus anciennes (détachement de l’animalité). « ces privations continuent d’être à l’œuvre, continuent de former le noyau de l’hostilité à la culture. » (p. 10) l’inceste le cannibalisme le plaisir-désir du meurtre Les 3 interdits fondamentaux de toute culture. Cf. Totem et tabou. Intérioriser l’interdit signifie dépassement de la nécessité d’une contrainte extérieure : d’adversaire, devenir porteur de culture.

La morale : il faut distinguer entre les interdits introjectés (les plus anciens et généraux) et les interdits ne reposant que sur la contrainte. 13 produisent l’hostilité à la culture. Commentaire : justice / injustice. La religion aura pour tâche, par la promesse d’une justice supérieure et ultérieure, de justifier l’injustice réelle. Chapitre Ill : La religion (les représentations religieuses) « La part peut-être la plus significative de l’inventaire psychique ‘une culture. » (p. 4) le tyran, le dictateur (pouvoir) : celui qui a aboli les restrictions culturelles en ce qui le concerne. Cela suppose que les autres respectent, eux, ces restrictions, au moins le « Tu ne tueras point l’état de nature cruauté de la nature « Cest vrai, la nature ne nous demanderait aucune restriction pulsionnelle, elle nous laisserait faire, mais elle a sa manière particulièrement efficace de nous limiter, elle nous met à mort, froidement, cruellement, sans ménagement aucun, à ce qu’il nous semble, parfois juste quand nous avons des occasions de atisfaction. ? (p. 1 5). rôle de la culture : « C’est en effet la tâche principale de la culture, le véritable fondement de son existence, que de nous défendre contre la nature. » (p. 15). la nature ne semble pas pouvoir être définitivement vaincue: catastrophes, maladies la mort. Donc le travail culturel ne met pas fin au désaide . Question : comment l’individu se protège-t-il psychologiquement contre la surpuissance de la nature, et contre les dommages causés par la culture ? La culture se charge de cette protection. Ses tâches : 1 er temps : humaniser la nature. ?? on se sent en quiétude dans l’inquiétant » (1 7), grâce ? l’animisme. parallèle le i le désaide de l’enfant, les PAGF 13 fois menace et protection. Comme dans le rêve (satisfaction de désirs), l’individu fait de la nature menaçante non seulement un être humain, mais un père protecteur. 2ème temps : la nature se « naturalise » (découverte de lois et de régularités). Dépassement de l’animisme. La triple tâche des dieux : – exorciser les effrois de la nature, – réconcilier avec la cruauté du destin (déni de la mort), dédommager des souffrances imposées à l’homme par la vie en ommun dans la culture.

Le retrait des dieux par rapport aux forces (lois) naturelles, et par rapport à la cruauté du destin (progrès des sciences de la nature) a pour conséquence : la tâche des dieux se concentre sur le domaine moral ( 3ème tâche) : « Et plus la nature devient autonome, les dieux s’en retirant, plus toutes les attentes se concentrent expressément sur la troisième fonction qui leur est assignée, et plus ce qui est moral devient leur véritable domaine. » (p. 1 8).

La séparation de l’âme et du corps , la mort, les règles morales sont celles-là mêmes de la providence, a vie après la mort (une solution au désaide) . « Ainsi, tous les effrois, souffrances et rigueurs de la vie sont vouées à être extirpées ; la vie après la mort, qui prolonge notre vie terrestre, comme la partie invisible du spectre lumineux est accolée à sa partie visible, apportera le plein accomplissement dont peut-être nous avons regretté Pabsence ici-bas. » (pp. 19-20).

Justice et bonté Le monothéisme : concentration des dieux antérieurs, et permet de dégager le noyau paternel dlssimulé sous les anciennes figures. Chapitre IV : La valeur des représentations religieuses. Apparition d’un contradicteur : un dialogue s’instaure qui permet à Freud d’exposer les obie 3 à Freud d’exposer les objections qui peuvent lui être faites, et d’y répondre. Objection 1 : impossible de traiter les représentations religieuses comme de simples créations culturelles Réponse : « les représentations religieuses procèdent du même besoin que toutes les autres conquêtes de la culture. ? (p. 21). Les représentations religieuses sont un héritage culturel. De plus, l’idée de révélation appartient déjà au domaine religieux, et doit donc être interprétée comme telle : elle ne peut être rincipe explicatif des idées religieuses. Objection 2 : Nul besoin de chercher un motif (dans le désaide, et donc le besoin) pour expliquer l’animisme (projection de soi ? l’extérieur) : c’est inné, naturel. Réponse : Déterminisme psychique : chercher les raisons, c’est se référer à un motif pratique.

Objection 3 : Problème de la relation entre complexe paternel et désaide. Réponse : Le désaide est une motivation antérieure : choix d’objet initial : la mère, premier pare-angoisse : relais pris par le père : cette fonction lui sera conservée durant toute l’enfance. Ambivalence du rapport au père • le père est aussi un danger (explication donnée par un rapport antérieur du père à la mère). Cette ambivalence marque toute religion. dentité de la réaction de l’adulte au désaide et celle de l’enfant : « Ainsi le motif de la désirance pour le père est-il identique au besoin de protection contre les conséquences de l’impuissance humaine ; la défense contre le désaide de l’enfant confère à la réaction à ce désaide que l’adulte doit reconnaître, c’est-à-dire à la formation de la religion, ses traits caractéristiques. » (p. 24-25). Chaptitre V : Rep PAGF s 3 à la formation de la religion, ses traits caractéristiques. » (p. 24-25).

Chaptitre V : Reprise de la question de la sgnification psychologique des représentations religieuses. Les représentations religieuses sont des dogmes. Dogmes : « des énoncés sur des faits et situations de la réalité externe (ou interne), qui font part de quelque chose qu’on n’a pas trouvé soi-même, et qui revendiquent qu’on leur accorde croyance. » (p. 25). 1) les dogmes sont le plus souvent le résultat d’un long processus de pensée : ils sont vérifiables par l’expérience, on en donne l’origine ou les preuves xemple : la terre est ronde. ) quelles justifications pour les dogmes religieux ? a) la tradition. Mais nos ancêtres ont cru à des choses qu’il nous est impossible d’admettre. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour la religion ? b) les « preuves » transmises par la tradition. Mais ces preuves ont peu de valeur. Nouvelle mise à l’écart de la révélation c) interdiction de même soulever la questlon de la valeur de ces « preuves L’interdit de penser est constitutif de l’esprit religieux. Cela même démontre l’incertitude de ces croyances. les « dogmes les plus importants » sont aussi les plus fragiles.

Cette incertitude a toujours été présente, mais résistance à son égard : problème psychologique fondamental. 3) Deux tentatives pour échapper à ce problème : a) une ancienne : le Credo quia absurdum ( « Je le crois parce que c’est absurde. y) une transformation de Tertullien : credibile est quia ineptum est ( « c’est croyable parce que c’est insensé 9). Opposition Foi / Raison Or une conviction intime peut valoir pour tous (? peut valoir pour tous (à la différence de la raison). On peut néanmoins l’expliquer et en montrer les raisons psychologiques. ) la philosophie du « comme si Affirme la nécessité de se comporter à l’égard de fictions connues comme telles « comme si » on y croyait. ce n’est qu’un artifice de la philosophie. Chapitre VI : La force interne des idées religieuses : rillusion D’où vient cette force, si elles ne doivent pas leur efficacité de leur reconnaissance par la raison ? C’est une réponse au désaide, et au complexe paternel ; qui retire à la psyché individuelle les conflits non surmontés de l’enfance provenant du complexe paternel. L’illusion . llusion erreur illusion et idée délirante : « Il reste caractéristique de l’illusion qu’elle dérive de souhaits umains ; elle se rapproche à cet égard de l’idée délirante en psychiatrie Nous appelons donc une croyance illusion lorsque, dans sa motivation, l’accomplissement de souhait vient au premier plan, et nous faisons là abstraction de son rapport à la réalité effective, tout comme Plllusion elle-même renonce à être accréditée. (p. 31-32) Les idées religieuses sont des illusions : idées religieuses et désaide :des illusions indémontrables, mais aussi irréfutables.

L’introspection ne peut rien nous apprendre sur la réalité extérieure, seulement — éventuellement — sur notre vie sychique. Le sacré. Le « faux-fuyant le caractère irréfutable comme indémontrable des idées religieuses ne peut être un argument en leur faveur, ni permettre ainsi d’opposer une fin de non recevoir à la thèse selon laquelle elles sont des illusions. Le dieu des philosophes. La religiosité: ce qui en co PAGF 7 3 ce : non pas la philosophes.

La religiosité: ce qui en constitue l’essence : non pas la reconnaissance de la faiblesse et de l’impuissance humaines, mais uniquement le pas suivant : la réaction à ce sentiment. Le tragique de Freud : reconnaître l’impuissance de [‘homme et se efuser au second pas, c’est être, au sens le plus vrai, irréligieux. Mettre au jour la nature psychologique des idées religieuses (illusions) ne juge pas de leur valeur de vérité (vrai ou faux, ça existe, ça n’existe pas). Mais ce serait trop beau qu’elles soient vraies : elles sont si utiles!

Chapitre VII : Religion et ordre social Si la religion est illuslon, n’en est-il pas de même de la croyance en l’ordre social, en la morale sexuelle, en la science? Cette analyse de la religiosité comme illusion éveille donc la Méfiance. Mais, absence de danger de la thèse soutenue ici pour l’ordre social : ) la croyance religieuse est irréfutable « II n’y a pas de danger qu’un homme de croyance et de piété, subjugué par mon exposé, se laisse arracher sa croyance. » (36). 2) Cette thèse a souvent été soutenue. L’apport de la psychanalyse : le fondement psychologique qui a été développé plus haut.

Un constat de Freud : Échec de la religion à apporter ce qu’elle prétend : bonheur, réconfort, soutien à la culture. Une objection : s’il en est ainsi, c’est que la religion perd son efficace a cause des progrès de la science. Développement de l’analyse de ces points : Échec de la religion à rendre les hommes plus moraux. Elle reconnait trop la nécessité du péché : la soumission des masses s’accompagne de grandes concessions à la satisfaction des pulsions. « De tous temps, l’immoralité n’a pas trouvé dans la religion moins d’appui que la moralité » . l’immoralité n’a pas trouvé dans la religion moins d’appui que la moralité » (p. 39) L’esprit scientifique responsable de la perte de crédit de la religion ? « De la part des gens cultivés et des travailleurs intellectuels, la culture n’a pas grand-chose à redouter. Remplacer les motifs religieux d’un comportement culturel par d’autres motifs, rofanes, cela se ferait chez eux sans bruit ; de surcroît, ils sont eux-mêmes, pour une bonne part, des porteurs de la culture. » (p. 40). Mais il n’en va pas de même des masses. Seule alternative : soumettre les masses à la crainte, interdire leur accès à l’irréligion (ce nsure). u bien revoir fondamentalement le rapport culture / religion (40) La thèse à réviser : la religion serait ce par quoi se maintient la culture : un espoir de bonheur futur justifiant les renoncements pulsionnel. Chapitre VIII :Substituer au fondement religieux – symbolique et imaginaire – de la contrainte son fondement rationnel ) Le risque de l’état de nature et la nécessité de la contrainte et de l’interdit. justice et punition. Cette contrainte est exprimée ( et masquée) par l’interdit divin. Elle dépend donc de la croyance en dieu. Cest là qu’est la risque d’une mise en question de la religion.

La mise en évidence du fondement rationnel de la contrainte sociale rend inoffensif l’abandon de la croyance religieuse : le fondement illusoire est remplacé par le vrai. Cette rationalisation permet de plus (autre gain) de désacraliser certains interdits qui supportent mal le caractère sacré (seuls les « grands interdits » le supportent : cf. hapitre Il). La laicité et ses avantages l’interdit doit être compris non comme simple et gratuite contrain e servant les intérêts l’interdit doit être compris non comme simple et gratuite contrainte, mais comme servant les intérêts des individus.

La laïcité permet une réconciliation avec la pression culturelle. 2) Objection : l’apparition de l’interdit du meurtre (cf. Totem et tabou) est-elle une vérité historique ? La question porte sur le statut du contrat social. S’il s’agit d’une construction rationnelle, alors « Les motifs purement rationnels sont, chez l’homme d’aujourd’hui encore, de peu de poids face aux impulsions assionnelles ; combien plus impuissants encore doivent-ils avoir été chez cet animal-homme des temps originaires ! » (p. 3) La croyance rellgieuse (figure du père) travestit la vérité historique (le meurtre du père, l’apparition du complexe paternel). La raison corrige ce travestissement. 3) Les représentations religieuses conjuguent le passé avec l’avenir (l’interdit et l’accomplissement de souhaits). la névrose infantile : elle est spontanement surmontée, ou : le travail psychanalytique consiste à « y mettre ultérieurement bon ordre » (p. 44) La religion « La religion serait la névrose de contrainte universelle de ‘humanité ; comme celle de l’enfant, elle serait issue du complexe d’Œdipe, de la relation au père. ? (p. 44) La religion doit être dépassée spontanément, comme l’enfant dépasse spontanément la névrose infantile (Religion = une force purement affective opérant le renoncement pulsionnel). Spécificité de la religion ( par rapport à la névrose infantile) La religion est d’autre part un système d’illusion de souhaits et donc déni de la réalité effective. Ceci la rapproche d’une confusion hallucinatoire bienheureuse. « L’homme de croyance et de iété est éminemment protégé contre le